La cause des Peuples : le quai Branly invite sur la banquise

Publié le 30 Septembre 2008

PARIS (AFP) - Dorset, Inuit, Yupik, Ipiutak, Okvik... Le musée du quai Branly présente pour la première fois en Europe une sélection d'oeuvres - masques, objets rituels, sculptures... - parmi les plus importantes des arts esquimaux, de la Russie au Groenland, en passant par l'Alaska et le Canada.

Intitulée "Uspide Down, les Arctiques", l'exposition (30 septembre-11 janvier) plonge le visiteur dans les cultures du monde polaire, dont certaines ont plus de 2000 ans, lui donnant l'impression d'avoir quitté Paris pour la banquise: entrée rafraîchie, couleur blanche du sol au plafond, lumière crue ou atténuée et vitrines ressemblant à des blocs de glace, grâce à la scénographie de l'Américain Doug Wheeler.

Une manière aussi de souligner l'absence de verticalité dans une région où la terre et le ciel ne font parfois qu'un, où tout repère entre le haut et le bas ("Upside down" ou "sens dessus dessous") disparaît "quand les vents se lèvent et que la neige poudreuse envahit l'atmosphère", comme l'écrivait en 1973 l'anthropologue Sir Edmund Carpenter, commissaire de l'exposition parisienne.

 

Quelque 500 pièces sont réunies en provenance des fonds de la Rock Foundation de Sir Carpenter et de musées étrangers (Russie, Danemark, Etats-Unis, Canada).

 

"Uspide down" se veut une référence également à des cultures qui croient à un monde souterrain où les ancêtres sont représentés à l'envers, tout comme le film projeté à l'entrée de la salle principale dont les artistes se retrouvent la tête en bas.

Un monde où le mythe de Sedna, jeune fille qui règne sur le fond des océans, est le plus important.

 

Les populations de l'Arctique "sont des chasseurs et les masques mi-hommes mi-animaux représentent le lien de respect entre l'humain et l'animal. C'est la continuité de la vie, les Esquimaux ont besoin des morses ou des phoques pour survivre, donc ils ont un profond respect pour eux", explique Sean Mooney, coordinateur de l'exposition pour la Rock Foundation, en montrant la sculpture en ivoire finement travaillée d'un bébé morse.

 

Les esprits sont omniprésents dans ces cultures où l'on pratiquait le chamanisme, et de nombreuses sculptures représentent des animaux - têtes d'oiseaux, morses, ours, phoques, baleines - qui, comme les masques, ont des vides pour laisser passer les esprits.

 

A l'opposé, deux masques mortuaires Ipiutak montrent comment les orifices du visage - yeux, nez, bouche - étaient obturés pour empêcher les mauvais esprits de tourmenter le mort.

 

L'exposition utilise à plusieurs reprises le mot "esquimau", toujours controversé, en l'absence de terme qui fasse référence à l'ensemble des peuples de l'Arctique. Inuit signifie en effet "les être humains", Yupik "les vrais gens". Pour les premiers, "esquimau" est un terme péjoratif mais pas pour les seconds. Et pour cause, pendant longtemps, il a été prêté au mot "esquimau" la signification de "mangeurs de viande crue", issu d'un terme algonquin, la langue parlée par des indiens d'Amérique. Mais d'autres explications sont avancées. Il proviendrait d'un dialecte des indiens Cree qui pourrait être traduit par "tisseurs de raquettes".

 

(tlj sauf le mardi de 9H00 à 18H00, 20H00 les samedis et 22H00 les mercredis et vendredis. 9,50 euros, 13 euros avec les collections permanentes. TR : 11 euros. Catalogue : 480 pages. Hazan/Musée du Louvre Editions, 42 euros. Hors série Découvertes Gallimard. Mantegna à Padoue, 8,40 euros).

Nota : Je suis loin d'être un amateur de ces raouts ethno-museographiques car pour moi ces objets , principalement les objets cultuels ou funeraires , auraient du rester dans les mains de leurs propriétaires .......

Rédigé par P@lp@tine

Publié dans #La cause des peuples

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