Géopolitique des ressources - ARLIT : Derrière l'AQMI au Niger , la guerre pour le contrôle des ressources en Uranium ?

Publié le 19 Septembre 2010

L'enlèvement des coopérants Français sur le site de la mine d'Arlit au Niger géré par la multinationale Française AREVA et attribué à un groupe liè à la nébuleuse Al-Qaïda - l'AQMI ou Al-Qaïda au Maghreb Islamique - ne serait il  pas en fait un épisode d'une guerre pour le contrôle des ressources en Uranium ?

L'épuisement prévisible des ressources en hydrocarbures et la nécessité de trouver des sources d'énergie ne dégageant pas des gaz à effet de serre a relancé l'attrait pour l'énergie nucléaire et par là la compétition internationale pour l'accés aux réserves d'Uranium .

Mongolie , Kazakhstan , Namibie , Brésil , Niger   et même Groenland et Afghanistan  les multinationales se lancent dans une course pour décrocher , voir monopoliser les réserves du minerai de base de l'industrie nucléaire tandis qu'une pénurie se profile à l'horizon , le tout pour présenter une offre intégrée du minerai au combustible nucléaire et même de centrales nucléaires .

Ce qui caractérise cette lutte c'est une concentration des activités au sein de grands groupes soutenus par des états : Parmis les 10 sociétés qui regroupent l'essentiel de l'offre on trouve les uranostatales   Areva le  leader du secteur avec une production de 8623 tonnes - 17 % [ données 2009 ]  , KazAtomProm ([K-stan - 4éme rang ]  avec 7 467 tonnes - 15% , ARMZ [ Russie - 5éme rang ]  avec 4624 tonnes - 9 % qui vient d'acquérir au début de l'été une participation majoritaire dans le Canadien Uranium One [ 8éme rang mondial ]  avec 1368 tonnes et 3% de la production et enfin le conglomérat Ouzbèke Navoi avec 2429 tonnes et 5% de la production mondiale . Trois groupes à capitaux Anglo-Saxons , Cameco , BHP Billiton et Rio Tinto s'intercalent dans ce groupe qui totalise 89% de la production mondiale , le reste étant réparti entre des indépendants .

  La maitrise des ressources en uranium est donc bien une affaire d'états , bien plus qu'une lutte entre groupes privés .

 

 Actuellement, la demande mondiale en uranium s'établit à 60 000 tonnes. Les mines produiront cette année environ 55 000 tonnes. la différence étant  comblée par l'uranium recyclé des têtes nucléaires ex-soviétiques et du combustible retraité .

Alors que les projets d'équipement en centrales nucléaires se multiplient sur la planète la pénurie pointe augmentée par la raréfaction des découvertes  des gisements en haute teneur et donc exploitables avec des couts non-prohibitifs [ - 130 $ le kilo ] ainsi que par l'épuisement de grandes mines comme  MacArthur River [ Australie] , Cigar Lake [ Canada]  et Akuta [ Niger ]  dont la fin d'exploitation est prévue pour 2025 avec une productivité qui a  commencé à décroitre .

Selon l'Association mondiale du nucléaire (AMN), 436 réacteurs sont actuellement en service, 53 tranches étant en cours de construction et 142 planifiées, surtout dans le monde émergent. Selon les projections du cabinet spécialisé UxConsulting, 492 réacteurs seront en activité en 2015 puis 568 en 2020 .

Pire ! Une récente publication du New Scientist confirmée par le physicien Michel Ditmar du CERN de Genêve affirme que les les ressources mondiales d'uranium peuvent avoir été surestimées, ce dernier remettant en doute les chiffres publiées par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AEIA) et l'Agence d'Énergie nucléaire (NEA).

Les gisements comme ceux d'Arlit deviennent donc des réserves stratégiques pour les grandes sociètés minières de la filière nucléaire  soutenues par les états et , in fine , les garants de l'indépendance énergétique de ces états à moyen terme . De la même manière l'intégration du secteur aménera de plus en plus  les constructeurs de centrales nucléaires à proposer des offres comprenant  la fourniture durant le cycle de vie de la centrale du combustible nucléaire [ ainsi que son retraitement ] .

Le gisement d'Arlit présente la particularité de se trouver dans une " zone grise " ou l'autorité de l'état Nigérien est déliquescente malgré une présence militaire tandis que cette région  devient le terrain de lutte des expansionismes avec par exemple les manoeuvres de l'AFRICOM «Flintlock 2005» qui ont pour pretexte  la lutte contre " Al - Qaïda " et le " terrorisme "  ! La société AREVA vient de sortir d'une période de relations conflictuelles avec le gouvernement Nigèrien et son statut n'y est plus celui d'un  prima inter pares  .Les rébellions sont de plus courantes dans la région et la plupart d'entre elles  réclament le départ de la société  Française .

 



Alors Cui Bono ?

Qui cherche à évincer la France - derrière AREVA -  des réserves d'Arlit au profit d'un de ses " poulains " minier ? Qui cherche à y semer le chaos dit " constructif " ?

Les " usual suspects " en matière de nucléaire et de barbouzeries minières peuvent se compter sur les doigts d'une main : Etats-Unis , Russie , Chine , Canada , Israël auquel je rajouterais sans beaucoup de convictions le Brésil de plus en plus intéressé par l'uranium Africain pour obtenir le chiffre de six  La  France étant - pour une fois - le dindon de la "farce ".

Si l' AQMI est bien derrière cet enlèvement - il faut toujours des executants - il se pourrait bien

que ses membres soient les " idiots utiles " d'enjeux qui les dépassent !

 

 

 

Données : L'Edito Matières Premières .

 

 Documentation : 

 Cartographie du rôle des puissances étrangères en Afrique de l'Ouest et au Sahel sur Realpolitik . TV [ Voir lien à droite ] ainsi que l'ensemble des analyses de Mehdi Taje .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par DanielB

Publié dans #Geopolitique

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