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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 19:46
Par Maria Selivanova, RIA Novosti

Les nombreux litiges entre la Russie et les pays européens sur la question gazière s’expliquent par la perception radicalement opposée des parties concernée de la situation sur le marché mondial du gaz et de ses perspectives de développement, estiment les experts.

Dans moins d’un mois, le 8 novembre, le gazoduc Nord Stream sera mis en service. "La construction du premier tube est terminée, on effectue les travaux de remplissage du tube en gaz", a déclaré la semaine dernière Alexeï Miller, président de Gazprom, lors de l’entretien avec le premier ministre russe Vladimir Poutine.

Par ailleurs, le thème gazier demeure l’un des plus complexes dans les relations entre la Russie et l’Union européenne. Qui plus est, les experts russes et européens évaluent très différemment les divers aspects du problème gazier.

L’UE cherche à diversifier les fournitures de gaz…

Les principaux objectifs de la politique énergétique de l’Union européenne consistent, en particulier, à diversifier les sources d’hydrocarbures, à diminuer la dépendance du pétrole et du gaz, ainsi que la sujétion envers les plus gros fournisseurs. En 2009, le Parlement européen a adopté le Troisième paquet énergie, qui interdit aux sociétés vendeuses de gaz de posséder des réseaux d’acheminement. Ainsi, les Européens s’efforcent de séparer les ventes et les fournitures, ce qui va à l’encontre des intérêts de Gazprom.

Stephan Kohler, directeur de l'Agence allemande de l'énergie, estime qu’en Europe la stratégie énergétique vise à limiter les fournitures de gaz russe. "Bien sûr, d’ici 2015 nous auront réussi à économiser une quantité significative de gaz naturel, et au final la consommation de gaz en Allemagne et en Europe diminuera au profit du gaz naturel liquéfié et du gaz produit sur le plateau continental", a-t-il déclaré lors d’une vidéoconférence Moscou-Berlin sur le thème "Gaz pour l’Europe. Coopération Russie-UE dans le secteur gazier." C’est la raison pour laquelle les experts allemands estiment que la Russie dépend de l’Allemagne, et pas le contraire, car les hydrocarbures sont le principal élément des exportations russes. Actuellement, près de 80% du gaz russe sont exportés vers l’Union européenne.

"L’UE a une stratégie de diversification", confirme Claudia Kemfert, responsable du département Energie, transports et environnement à l'Institut allemand de recherches économiques.

Actuellement, la dépendance de l’UE vis-à-vis du gaz russe pourrait augmenter en raison d’un abandon progressif de l’énergie nucléaire, estime Claudia Kemfert. Toutefois, selon elle, le charbon pourrait être une alternative au gaz naturel. "L’Europe construit des centrales thermiques au charbon, dont les émissions des gaz à effet de serre sont supérieures à celles de centrales au gaz, tandis que leurs capacités sont deux fois moindres, confirme Leonid Grigoriev, directeur adjoint de l’Agence russe pour l’Energie. Mais compte tenu des pronostics mondiaux et du climat, le gaz c'est l’avenir."

"L’Europe pourrait importer plus de gaz liquéfié", déclare Behrooz Abdolvand, coordinateur du Centre de recherches énergétiques et écologiques de la région caspienne de l’Université Libre à Berlin. De plus, selon lui, il est possible d’utiliser le gaz azerbaïdjanais.

La Russie sous-estime considérablement les changements sur le marché du gaz, déclare Behrooz Abdolvand.
… mais il n’existe aucune alternative au gaz russe
Les experts russes ne croient pas en la possibilité d’une diversification des fournitures de gaz en Europe.

La production de gaz de schiste ne permettra pas aux Européens de réduire la part de Gazprom, estiment les experts de la société Wintershall Russia. De plus, la France a interdit la production de gaz de schiste sur son territoire pour des raisons environnementales. D’autres pays pourraient suivre son exemple.

La situation change très rapidement sur le marché du gaz liquéfié, le marché asiatique croît rapidement et il ne faut pas espérer qu’il y aura beaucoup de gaz liquéfié bon marché pour l’Europe, déclare Tatiana Mitrova qui dirige le département du développement du secteur pétrogazier russe de l'Institut de l’Energie de l'Académie des sciences de Russie. Konstantin Simonov, directeur général de la Fondation russe de la sécurité énergétique nationale, est plus catégorique dans ses prévisions: "En Europe il existe beaucoup de terminaux pour le gaz naturel liquéfié, mais ils seront tous vides."

"Le mythe du gaz turkmène bon marché est tenace, mais ce n'est qu’un mythe", ajoute Tatiana Mitrova.

Il n’existe pas non plus d’importantes ressources de gaz dans la mer Caspienne, sur lesquelles comptent les partisans de la diversification. "Actuellement, tout le monde se jette sur le gaz azerbaïdjanais. La demande dépasse déjà les capacités de l’Azerbaïdjan, déclare Konstantin Simonov. Hélas, il n’y a pas beaucoup de gaz azerbaïdjanais. Il n’y aura aucune nouvelle découverte [de gisements] dans la mer Caspienne, arrêtons de croire à ces affabulations."

Les nouveaux gisements prévus pour l’Asie
L’offre de gaz est limitée dans le monde, insistent les experts russes. "Actuellement, les investissements dans seulement dix projets pour 85 milliards de mètres cubes de gaz par an ont été approuvés. D’ailleurs, ces projets sont principalement concentrés en Australie et en Nouvelle-Guinée, et tous sont destinés au marché asiatique. Il en reste très peu pour l’Europe, moins de 25 milliards de mètres cubes", déclare Konstantin Simonov.

Très probablement, le gaz en provenance des nouveaux gisements ne sera pas envoyé en Europe, mais en Asie, car les Asiatiques sont prêts à acheter le gaz plus cher que les Européens.

"Actuellement, le gaz qatari en Chine vaut plus de 500 dollars les 1.000 mètres cubes", a déclaré en guise d'exemple Konstantin Simonov. A titre d’information, l’Allemagne paye actuellement 403 dollars les mille mètres cubes de gaz russe.

L’Europe ne doit pas non plus compter sur l’augmentation des fournitures de gaz norvégien et qatari. Le Qatar a déjà décrété un moratoire sur la réalisation de nouveaux projets gaziers jusqu’en 2014. En Norvège, selon les experts, le plafond des ressources ne permet pas de continuer à augmenter la production au même rythme qu’auparavant. "Dans cette situation, la politique d'évincement de la Russie du marché gazier de l’Europe est absurde", a ajouté Konstantin Simonov

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