Russie-Ukraine: la délimitation frontalière débute en 2010 (ambassadeur russe)

Publié le 25 Avril 2010

KIEV, 23 avril - RIA Novosti

 

La démarcation de la frontière russo-ukrainienne commencera en 2010 et, sur fond de réchauffement des rapports entre les deux pays, des ressources importantes pourraient être économisées, a estimé vendredi l'ambassadeur russe à Kiev, Mikhaïl Zourabov.

"Ces travaux commenceront par la démarcation de la frontière terrestre, alors que les négociations sur la frontière maritime s'intensifient", a expliqué le diplomate lors d'une conférence de presse à la représentation de RIA Novosti dans la capitale ukrainienne.

"Toute démarcation frontalière est une opération onéreuse. Si ces travaux se déroulaient par exemple dans la logique qui était propre aux rapports russo-ukrainiens ces cinq dernières années, ils coûteraient des milliards de dollars", a précisé M.Zourabov.

Pourtant selon lui le récent réchauffement dans les rapports entre Moscou et Kiev laisse espérer que ces ressources pourraient être économisées pour financer notamment le développement des infrastructures frontalières.

"Pour avant tout améliorer le niveau de vie des gens qui vivent des deux côtés de la frontière. Je trouve absolument absurde que des gens doivent attendre des heures avant de pouvoir la franchir", a fait observer l'ambassadeur russe.

L'Ukraine souhaite tracer la frontière entre les deux pays sur la base de la limite administrative existant entre les républiques soviétiques de Russie et d'Ukraine. Moscou refuse de reconnaître le "tracé de la frontière d'État" établi unilatéralement par Kiev dans ses eaux en 1999. Moscou rappelle que, conformément à la législation soviétique, les eaux intérieures n'étaient pas délimitées entre les républiques de l'URSS, et propose de s'en tenir aux normes internationales stipulant que la frontière doit suivre le chenal navigable.

 

Note de l'Editeur .

 

La dispute frontalière russo-ukrainienne met en avant le problème de la reconnaissance comme frontières internationales des états sucesseurs de l'URSS les frontières admnistratives de cette URSS .

Dans le cas d'espèce la question de la Crimée est prépondérante .

Il n'est en effet nullement gravé dans le marbre que des frontières administratives au sein d'un état doivent  se transformer en  des frontières internationales et ceci surtout depuis le " rapt du Kossovo " et la guerre Russo-Géorgienne d'aout 2008 .

Ce débat qui a été shunté au moment de l'implosion de l'URSS revient sur le devant de l'actualité .

  Outre la Crimée , se pose entre la Russie et l'Ukraine le problème de l'île de Touzla  ,  du contrôle du déroit de Kerch et du statut de la Mer d'Azov .

Le statut de cet " objet géopolitique"  qu'est l'îlot de Touzla est particulièremment intéressant : Détachée de la péninsule du Taman aprés une tempête en 1925 , l'action Russe de 2003 avait pour objectif de rétablir la géographie originelle [ Et le cours de l'histoire géologique de la péninsule de Taman ] .Elle est aujourd'hui menacée par l'érosion et pourrait disparaître si les travaux d'enrochements du rivage ne sont pas poursuivis .

Dans lequel des deux cas l'action humaine est elle licite ?

  L'élargissement des eaux territoriales russes auraient des conséquences importantes tant économiques, politiques que stratégiques.
Le détroit est un enjeu stratégique et la Russie redoute l'apparition de navires de guerre étrangers, dont ceux de l'OTAN, en direction du port ukrainien de Kertch dans la mer d'Azov puisqu'il en contrôle seul l'accès.
La possession de l'île de Touzla agrandirait les eaux territoriales russes aux limites extrêmes des possibilités de navigation, tout en repoussant les eaux ukrainiennes, permettant alors un contrôle russe sur le détroit et les entrées en mer d'Azov.

En plus des enjeux politiques et stratégiques, les enjeux économiques sont importants sur deux points : les droits de passage et les gisements de pétrole et de gaz de la mer d'Azov.

Le chenal Kertch-Enikal est le seul navigable, or il est dans les eaux ukrainiennes et par conséquent, tout navire doit faire obligatoirement monter à bord un pilote ukrainien et doit payer une taxe pour traverser le détroit.
Chaque année plus de 9000 navires empruntent le chenal ukrainien et les compagnies maritimes, essentiellement russes, versent entre 150 à 180 millions de dollars de taxes de navigation. Dans l'hypothèse d'un " usage commun " ukraino-russe, les navires n'auraient plus rien à payer mais les pertes économiques seraient énormes pour le port de Kertch, la Crimée et l'Ukraine.

Enfin, 120 gisements off-shore en mer d'Azov fournissent du pétrole et du gaz. La production est encore modeste mais la mer d'Azov est au deux-tiers ukrainienne et les possibilités d'extraction peuvent à l'avenir s'avérer intéressantes. Les autorités russes contestent d'ailleurs l'extraction des hydrocarbures par les Ukrainiens .

[ 3 ]

Liens :

Ukraine-Russia border tension grows - Article de BBC News du 20 octobre 2003 .

  Reportage de Vesti Nedeli du 26 octobre 2003

[ 3 ] L'Ukraine , le détroit de Kerch , l'île de Touzla et la Russie .

 

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Rédigé par DanielB

Publié dans #Géopolitique de la Russie

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