Les Canadiens dans l'Arctique

Dimanche 11 octobre 2009
Dans sa quête identitaire et sa volonté d'affirmer sa souveraineté , contestée par le gouvernement Etasunien , sur le " Passage du Nord-Ouest " , un groupe de parlementaires Canadiens vient de déposer un projet de loi visant à inclure le nom du pays dans la dénomination de cette voie maritime .[ 1 ]
La toponymie est aussi un vecteur de souveraineté . Il faut se souvenir des débats qui ont empoisonné l'Europe sur la dénomination des villes d'Europe Centrale soumises aux influences Allemandes , Tchéques , Polonaises ,......ou les débats qui ont cours en France sur la " Bretonnisation " ou la " Catalanisation " des noms de ville , de rues et qui ont valu au prefêt Erignac des menaces de la part des mouvements autonomistes . Le " Passage du Nord-Est " , est considéré comme étant la  " Route Maritime Nord " ( Sevmorput ) par la Russie .

Liens :
[ 1 ] Canada wants name in arctic waters - Depêche UPI du 8 octobre 2009 .


Par DanielB
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Dimanche 6 septembre 2009

La réthorique souverainiste du premier ministre Canadien , M. Stephen Harper , sur le dossier arctique a de plus en plus de mal à convaincre certains politiques Canadiens ainsi que les éditorialistes ( [  7 ] - [ 8 ] )
C'était déja le cas lors des exercices ICEX 2009 au début de l'année lorsqu'il fut évident que des submersibles Etasuniens ont pénétré dans les eaux territoriales Canadiennes pour se rendre sur zone et même probable que ceux-ci aient emprunté le passage du Nord-Ouest que le Canada considére comme faisant partie de ses eaux territoriales mais que les Etts-Unis considérent comme une voie d'eaux internationale .
Un silence des autorités Canadiennes pouvant valoir reconnaissance tacite des revandications Etasuniennes devant les juridictions internationales . [ 1 ]
Cette suspicion sur la sincérité du premier ministre Canadien a vouloir défendre les interêts du Canada face aux prétentions Etasuniennes est réapparu aprés le manque de réaction , dans l'immédiat , de son gouvernement face au projet de moratoire de la pêche dans les eaux arctiques ( Américaines )  au large de l'Alsaka annoncé  le 27 aout dernier par le secretaire d'Etat au commerce Etasunien Garry Locke .
Ce moratoire s'étend sur les eaux arctiques au large de l'Alaska et du Yukon et en particulier sur une zone de 21 436 Km2 ( 11 500 km2 selon d'autres sources ) dans la Mer de Beaufort actuellement sous souveraineté Etasunienne mais revendiqué par le Canada .[ 2 ]

Le parlementaire NDP Dennis Bevington accuse M. Stephen Harper de " rester silencieux " face à ce qu'il apelle un "empiétement " sur la juridiction Canadienne dans la Mer de Beaufort .[ 3 ]

" Pour le premier ministre faire un grand spectacle dans le Nord [ Les exercices Nanook 2009 - NDLR ] montrant qu'il protège le Nord , tout en restant silencieux sur cet empiétement sur la souveraineté Canadienne , montre que l'interêt de Harper pour le Nord ce n'est que du spectacle "
" Je pense que cette action des Etats-Unis est une menace plus sérieuse pour notre souveraineté que le fait que les Russes ont planté un drapeau au fond de la mer au Pôle-Nord "


M.Bevington a demandé au gouvernement conservateur d'adresser une note diplomatique de protestation auprés du gouvernement Etasunien et a demandé à M.Harper de soulever cette question lors de sa rencontre le 16 septembre prochain avec le président Obama afin " de faire savoir aux Americains qu'ils ne peuvent pas imposer de manière unilatérale un moratoire sur la pêche ou de se livrer à d'autres actions dans ces eaux disputées .
Nous pouvons résoudre ce problème diplomatiquement mais nous ne pouvons pas rester silencieux " .

M. Bevington a déclaré aux journalistes qui l'interviewaient que la zone dispusté représente " un bon morceau  " avec de possibles réserves en pétrole et en gaz .

" Ce n'est pas l'ilôt de Hans ou des bombardiers Russes volant dans l'espace aérien international " en ajoutant que les autres disputes avec le Danemark [ sur l'ilôt de hans - NDLR ] ou avec la Russie [ vols des bombardiers Russes - NDLR ] ont été largement exagérées ".

Selon le professeur Micahel Bayers , spécialiste dans la géopolitique de l'arctique à l'université de British Columbia , même si la Mer de Beaufort ne présente pas pour le moment de grandes opportunité pour la pêche " Le Canada doit encore protester face à cette action des Etats-Unis afin de préserver nos positions en ce qui concerne les frontières maritimes en général " .

Dans un premier temps certaines sources auprés des autorités fédérales Canadiennes envisageaient de s'associer au moratoire de la pêche dans les eaux de la Mer de Beaufort décrété de manière unilatérale par les Etas-Unis  , une manière de botter en touche alors que les responsables des services fédéraux ne cessent de proclamer que " Le Canada dispose de données historiques pour prouver sa souveraineté dans la région " et que la question de la dispute est " parfaitement gérée par les deux parties " . .
Le moratoire institué par le gouvernement Etasunien ne concerne pas les pêches traditionelles des autochtones .Du coté Canadien la pêche dans la Mer de Beaufort est régulée depuis 1984 par le département fédéral des Pêcheries et des Océans et par six commauntés indigènes [ 4 ] .
En instituant le moratoire qui ne peut que rencontrer l'accord des communautés indigènes puisque celles-ci ne sont que peu concernées , le gouvernement de M.Harper fait " acte de souveraineté " , tout en s'évitant une démarche pènible auprés de ses " amis Américains " . Une belle manière de " noyer le poisson " si l'on peut dire de la question de la souveraineté sur les eaux disputées .

Le Gouvernement Canadien réagit

 

Le lendemain de la déclaration de M.Bevington le gouvernement Canadien a " rompu son silence " face à la décision unilatérale d'un moratoire de la pêche dans les eaux arctiques par le gouvernement Etasunien .
Selon le MAE Canadien , l'ambassade du Canada à Washington aurait remis dés le 27 avril , c'est à dire dés que le projet Etasunien de moratoire a été annoncé , une note diplomatique de protestation :[ 5 ]
" Le 27 Avril 2009 , l'ambassade du Canada à Washington a remis une note diplomatique rejettant officiellement le prétendu exercice de juridiction par les Etats-Unis ou l'Alaska dans la Mer de Beaufort à l'Est du 141°de longitude "
Washington a du trembler de peur et la décision de l'administration Etasunienne est là pour le prouver !
Il faut ici rapeller que le Canada et les Etas-Unis ménent actuellement une mission conjointe de cartographie du plateau continental dans la Mer de Beaufort .[ 6 ]



Liens :

[ 2 ]
U.S. Bans Commercial Fishing in Warming Arctic - Article du Scientific American du 21 aout 2009 .
[ 3 ]
Arctic MP left cold by Tories’ Beaufort silence - Article du National Post du 2 septembre 2009 .
[ 4 ]
Ottawa mulls ban on Beaufort Sea fishing - Article du National Post du 25 septembre 2009
[ 5 ]
Canada files protest over U.S. fishing ban in Arctic - Article du National Post du 5 septembre 2009 .
[ 7 ] Matt Gurney: Promises aren't enough to protect the Arctic - Editorial du National Post du 16 aout 2009 .
[ 8 ] Harper treks north as Arctic strategy teeters on icy slope - Editorial de Canwest du 18 aout 2009.
Articles associés :

[ 1 ] 
ICEX 2009 : Stephen Harper est il sincère ?

Sites :

Le site de Dennis Bevington

Pêches et Oceans Canada - Région du Centre et de l'Arctique

Affaires étrangères et Commerce international Canada

 

 


Par DanielB
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Dimanche 30 août 2009
Encore un excellent article de Rick Rozoff publié au début des manoeuvres " Canadiennes " Nanook 2009 qui viennent de se terminer dans le Grand Nord Canadien .[ 1 ] - [ 2 ]
Il confirme mon analyse selon laquelle le discours " Souverainiste " des principaux chefs politiques et militaires Canadiens sur le dossier de l'arctique , et plus particulièrement celui du premier ministre Stephen Harper , ne sert que de paravent et de " pilule " pour justifier le rôle du Canada en temps que " proxy " de l'OTAN dans l'arctique .[ 3 ]

Continuant le modèle des hauts responsables fédéraux canadiens durant l'année écoulée consistant en des déclarations fermes et bravaches visant la  Russie au sujet de l'Arctique, le 1er août, le ministre de la Défense Peter MacKay a été paraphrasé comme "avertissant la Russie que les chasseurs Canuck décolleront pour accueillir tout appareil non autorisé", ce qu'une agence de presse canadienne bien en cour formulait moins délicatement en tonnant que " les avions de chasse canadiens  décolleraient pour "accueillir" tout appareil russe  "approchant "  l'espace aérien du Canada." [1]

MacKay a dit que « nous allons protéger notre territoire souverain » [2]  bien que de façon transparente le message ait été dirigé exclusivement contre la Russie, qui ne compromet d'aucune manière la souveraineté et l'intégrité territoriale du Canada, et non contre les États-Unis, qui le font.

Dans un autre compte-rendu des commentaires de MacKay, indiquant cette fois qu'il parlait en réponse à un rapport selon lequel la Russie envisage de déposer un petit détachement de parachutistes dans presque un an sur une partie de l'Arctique, sur laquelle il est reconnu internationalement qu'elle a  des droits, le chef de la défense a été cité comme disant « Nous avons fait décoller les jets F-18 dans le passé, et ils seront toujours là pour les recevoir. » [3]

Il semble avoir saisi ce qui passe à Ottawa pour une fleur de rhétorique du contexte erroné, cependant, celui de " protéger l'espace aérien canadien" des bombardiers à long rayon d'action russes volant dans l'espace aérien international d'une manière qui ne viole ni le territoire du Canada, ni aucun traité ni loi. Pourtant le même rapport reconnaît que "MacKay a dit qu'il n'y a pas eu d'intrusion récente de bombardiers russes". [4]

Le dernier moulinet de sabre de MacKay est pleinement conforme à une série de diatribes comparables émanant du trio du premier ministre et des ministres de la défense et des affaires étrangères du Canada revenant une année après la guerre de cinq jours entre Géorgie et la Russie, de façon assez révélatrice.

En août dernier le premier ministre Stephen Harper a accusé la Russie de revenir à une "mentalité de l'ère soviétique" et le mois d'après MacKay a continué avec " Quand nous voyons un Bear russe [Tupolev Tu-95] approcher l'espace aérien canadien espace, nous l'accueillons avec un F-18. "  On est aujourd'hui à presque un an du ministre de la défense du Canada menaçant la Russie  avec les  F-18, chasseurs polyvalents produits par la Boeing basée à Chicago. MacKay brandissant les avions de guerre US est conforme aux circonstances comme il est également le reflet et le représentant des visées des USA et de l'OTAN sur l'Arctique et contre les revendications et les intérêts russes dans cette région.
 
En février Barack Obama a effectué sa première visite en dehors des États-Unis en tant que président du pays, en allant voir Ottawa et le premier ministre Harper. Le gouvernement de ce dernier a choisi cette occasion pour mettre en scène une machination  qui dans une situation plus grave aurait signifié un départ en guerre ou qui pourrait en avoir précipité une.  Le Canada a fait décoller des avions de guerre au dessus de l'océan Arctique pour intercepter et faire retourner des bombardiers russes engagés dans ce qu'ont été  depuis 2007 des vols de routine dans un espace aérien neutre. 

Avec la présence du président américain nouvellement inauguré pour garantir le maximum d'attention des médias du monde, a dit le premier ministre canadien, " Nous défendrons notre espace aérien, nous avons également des obligations de défense continentale avec les États-Unis. Nous remplirons ces obligations pour défendre notre espace aérien continental et nous défendrons notre souveraineté et nous répondrons chaque fois les Russes feront tout type d'intrusion sur la souveraineté dans l'Arctique du Canada". [5]

Les avions russes en question n'ont en aucune manière fait intrusion dans l'espace aérien canadien et de ce fait n'ont pas menacé  la "souveraineté" de la nation.

Que Harper ait souligné  les "obligations de la défense continentale avec les États-Unis" en référence à la visite du président des USA et certaine "menace" fantastique posée par un bombardier russe à plusieurs milliers kilomètres de la capitale canadienne où Obama était à ce moment-là  était peut-être destiné à la fois à prouver les mérites d'Ottawa à son voisin du sud  - après tout, Harper et MacKay prenaient  la posture d'avoir sauvé le chef d'état américain d'un raid de bombardement fictif russe - et à démontrer que " la défense continentale" est une affaire réciproque qu'appuie la superpuissance mondiale lors de toute future confrontation avec la Russie.

Le troisième membre du triumvirat belliqueux du Canada, le ministre des affaires étrangères Lawrence Cannon, qui, en s'adressant à la Russie en mars, a déclaré "Soyons tout à fait clairs ici. Le Canada ne se laissera pas intimider," à la fin du mois de juin s'est référé au Canada en tant que  "superpuissance" à la fois arctique et énergétique.

Un service d'information par fil canadien de l'époque a écrit "En minimisant la récente "chevauchée" de la Russie pour une place dans la ruée du pétrole polaire émergent, le ministre des affaires étrangères Lawrence Cannon a déclaré que le Canada était une «superpuissance arctique. » " [6]

Bien que les rapports de nouvelles occidentaux tentent de dépeindre la concurrence accrue pour l'énergie de l'Arctique et les itinéraires de ressources et de transport comme un concours à cinq entre les nations qui ont des revendications solides sur la région – États-Unis, Canada, Russie, Danemark et Norvège – toutes sauf la Russie sont membres de l'OTAN et obligées en vertu de l'article 5 du bloc de fournir une assistance militaire à tout membre qui la demande. La Grande-Bretagne, la Finlande et la Suède, ces deux dernières étant rapidement draguées dans une complète intégration de l'OTAN, ont également rejoint la bagarre de l'Arctique. La Norvège a récemment déménagé son quartier général de commandement opérationnel dans le Cercle Arctique et le Danemark a annoncé des plans visant à établir un Commandement Arctique tous services, une force de réaction arctique et un renforcement militaire à la base aérienne de Thulé au Groenland, à partager avec ses alliés de l'OTAN.

« Avec le Danemark qui devient la dernière nation à révéler de grands plans pour affuter ses capacités militaires arctiques, l'accumulation mondiale des outils de la guerre nordique a rendu soucieux les experts préoccupés par un risque accru de conflit". [7]

L'année dernière la Norvège a acheté 48 chasseurs Lockheed F-35 "en raison de leur aptitude à des  patrouilles dans l'Arctique. En mars, ce pays a effectué un très important exercice de pratique militaire de l'Arctique impliquant 7 000 soldats de 13 pays dans lequel un pays fictif appelé Northland s'est emparé des plateformes pétrolières offshore.
 
« Les manœuvres ont déclenché une protestation de la Russie -qui a protesté à nouveau en Juin après que la Suède ait tenu son plus grand exercice militaire du Nord depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Environ 12 000 soldats, 50 avions et plusieurs navires de guerre ont participé. » [8]

Ce qui précède suit de près les menées du secrétaire général de l'OTAN et des hauts commandants militaires réunis en Islande les 28- 29 janvier de cette année pour procéder à un séminaire sur les perspectives de la sécurité dans le Grand Nord, dans lequel le chef de l'OTAN du moment, Jaap de Hoop Scheffer, a déclaré :

“ Le Grand Nord va nécessiter encore plus d'attention de la part de l'Alliance dans les années à venir.
“ Comme la calotte glaciaire diminue, la possibilité augmente d'extraction des richesses  en minéraux et des gisements énergétiques du Grand Nord.
“ A notre sommet de Bucarest de l'an dernier, nous avons convenu de quelques principes directeurs pour le rôle de l'OTAN dans la sécurité de l'énergie...." [9]

La réunion de l'OTAN, qui, pour la première fois a ciblé explicitement le Cercle Arctique comme une zone d'opérations pour l'Alliance, s'est tenue dix-sept jours après que l'administration Bush sortante ait émis la Directive Présidentielle de Sécurité Nationale  66 qui comportait l'affirmation que "les États-Unis ont des intérêts vastes et fondamentaux de sécurité nationale dans la région arctique.... Ces intérêts incluent des questions telles que la défense anti- missiles et l'alerte avancée ; le déploiement des systèmes mer et air pour le transport maritime stratégique, la dissuasion stratégique, la présence maritime et les opérations de sécurité maritime ; et la garantie de la liberté de navigation et survol. [10]

La Directive de Sécurité Nationale conteste ouvertement l'affirmation du Canada que le Passage Nord-Ouest, qui, en raison de la fonte de la calotte glaciaire polaire, est maintenant entièrement navigable pour la première fois dans l'histoire connue, est son territoire exclusif et appelle à l'internationalisation de la voie navigable stratégique.

Si la souveraineté du Canada et l'intégrité territoriale sont menacées par quelque nation, cette nation-là  est les Etats-Unis et non la Russie.

Avec la possibilité que les Libéraux de l'opposition du Canada réclament un vote de non-confiance au Parlement le mois prochain et déclenchent une élection subite, le premier ministre en place intensifie le thème du "renforcement de la souveraineté du Canada dans l'Arctique oriental" et assistera aux exercices militaires annuels  dans l'Arctique  de ce mois-ci, l' Opération Nanook, aux côtés du ministre de la défense MacKay et du chef d'état-major de la défense Walter Natynczyk.

Afin  "de voir de près ce mois-ci les efforts du Canada pour renforcer sa présence militaire dans l'Arctique," Harper sera amené par hélicoptère aux exercices d'un mois et déposé sur la frégate HMCS Toronto de même que pour sa visite du sous-marin  HMCS Charlottetown.

"Les fonctionnaires gouvernementaux ont annoncé les détails de la tournée du 17 au 21août de Harper, au milieu de la montée des tensions avec la Russie sur les réclamations territoriales arctiques. » [11].

Cette année l'Opération Nanook sera une opération de grande envergure avec la participation de l'armée, de la marine et de l'armée de l'air canadiennes, et des forces spéciales engagées pour la première fois. Les exercices comprendront le débarquement amphibie d'un Groupe Compagnie de la Réserve Arctique, des exercices anti-sous-marins, des opérations de soutien aérien et un exercice d'accident de masse. [12]

Rappelant à nouveau que les États-Unis sont le rival principal du Canada pour le contrôle du passage Nord-Ouest, en fin juillet, le département d'État des USA a révélé « Aux États-Unis et au Canada débutera en août une  expédition commune de 42 jours dans l'Arctique pour examiner le plateau continental dans l'Arctique" et que "La mission, programmée du 6 août au 16 septembre, poursuivra la collaboration dans la collecte des données du plateau continental étendu dans l'Arctique, collecte  commencée au cours de l'examen commun de l'été dernier, avec des projets pour davantage de coopération en 2010. » [13]
s
Fin juin, lorsque le ministre Cannon a vanté les mérites du Canada en tant que superpuissance arctique, il a révélé par défaut quelle nation était ciblée par son pays et ses alliés de l'OTAN lorsqu'il a salué "les avantages des recherches conjointes avec les scientifiques américains dans les eaux proches de la frontière Yukon-Alaska et avec les scientifiques danois près du Groenland..... Sur l'épineuse question de qui détient le passage du Nord-Ouest - l'itinéraire à travers l'Archipel Arctique que le Canada considère comme ses "eaux territoriales" , Cannon a dit qu' il n'existe actuellement aucun plan pour tenter de dissuader les États-Unis de leur point de vue que l'itinéraire est un 'détroit international ' au-delà de tout contrôle d'un seul pays ". [14]

La dernière phrase dissipe toute considération sérieuse des revendications d'Ottawa concernant la souveraineté et les droits territoriaux.

Avec le Canada en train de budgétiser des centaines de millions de dollars pour construire un centre d'entraînement militaire arctique à Resolute Bay, pour de "nouveaux navires de guerre et une nouvelle infrastructure militaire dans le Nord et...sa propre unité consacrée à l'Arctique basée à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest,"[15]  le programme de surveillance par satellite Polar EPSILON et les drones aériens avancés dans l'Arctique, son partenaire américain a complété ses efforts.

Mi-juillet le  commandant de l' US Air Force, le lieutenant général Dana Atkins a parlé de         " l'importance d'avoir une forte présence militaire dans l'Arctique et de la réaction militaire devant la continuation des vols côtiers de la Force Aérienne Russe".

Expliquant quels sont les véritables objectifs des États-Unis et de l'OTAN dans la région, il a ajouté  " l'Arctique deviendra de plus en plus important stratégiquement  dans l'avenir, non seulement en raison de la valeur estimé à des trillions de dollars de pétrole et de gaz naturel inexploités sous sa surface, mais aussi en raison des occasions en croissance pour des expéditions maritimes dans la zone, " ce qui pourrait permettre  "à un navire de voyager  de l'Asie à l'Europe pour diminuer de moitié ses frais en passant par cet itinéraire plutôt que via le canal de Panama". [16]

Atkins a préconisé un port en eau profonde sur le versant nord (qui borde l'Arctique) qui était "nécessaire pour mieux défendre la région. " [17]

Également au milieu du mois dernier le Pentagone a tenu ses manœuvres de guerre Northern Edge  [[(bordure nordique ]] en Alaska, "situé entre la Russie et le Canada et à l'intérieur d'une bonne partie du Cercle Arctique, "avec plus de 9 000 soldats, des navires et des avions de guerre.
"L'Air Force, la Navy, l'Armée, le Corps des Marines et le personnel de la Garde Côtière ont participé avec des avions en combat aérien simulé, souvent volant au-dessus de la vitesse du son, une restriction trouvée presque partout ailleurs aux États-Unis.

« Les navires de guerre et les forces terrestres se sont aussi synchronisés avec l'aviation en créant une grande force combinée". [18]

Pour démontrer qu'un état est beaucoup plus que la plus grande partie des réserves inexploitées de pétrole et de gaz naturel et que de nouvelles routes internationales d'expédition commerciale,  tandis que les exercices militaires U.S. ont été menés en Alaska, la Russie a organisé des exercices à grande échelle de sous-marins nucléaires sous la calotte glacière arctique, exercices qui comprenaient " le déploiement de plusieurs sous-marins nucléaires d'attaque ... dans la zone de lancement pour assurer la sécurité à … deux  sous-marins stratégiques" lançant des missiles balistiques et qui ont aidé ces derniers à  éviter d'être détectés par les défenses US. [19]

" Une source de renseignements russe a précédemment dit que la région autour du Nord Pôle est l'endroit parfait pour des lancements de missiles balistiques parce qu'elle permet aux sous-marins d'arriver sans être détectés dans une zone désignée et de raccourcir le temps de vol des missiles jusqu'à leurs cibles. » [20]

La Russie est la seule nation dans le monde ayant une triade nucléaire - bombardiers stratégiques, missiles balistiques terrestres à longue portée et missiles balistiques lancés par sous-marins - capables de se défendre contre une première attaque nucléaire venant des États-Unis et leurs alliés.

Une description en ligne standard de la nécessité d'un tel système dit, "le but d'avoir une capacité nucléaire à trois branches est de réduire considérablement la possibilité qu'un ennemi détruise l'ensemble des forces nucléaires d'un pays dans une frappe de première attaque ; ceci, à son tour, garantit la menace crédible d'une seconde frappe et augmente ainsi la dissuasion nucléaire de la nation. [21]

Avec le développement d'un système international de missiles intercepteurs, pour ne rien dire de la militarisation de l'espace, les États-Unis et leurs alliés militaires de l'OTAN et ce qu'on est amené à appeler l' OTAN asiatique  sont en train de déployer des missiles intercepteurs et des bases de radar en République tchèque, en Pologne, en Norvège, en Grande-Bretagne, en Alaska (y compris les îles Aléoutiennes), au Japon, en Australie et partout ailleurs où cela pourrait rendre inutiles la dissuasion nucléaire et les capacités de représailles russes - et chinoises - et par conséquent préparer le terrain pour le lancement d'une première frappe nucléaire qui serait lancée avec une impunité présumée.

Le Cercle arctique est l'endroit où la Russie est en train de concentrer sa dernière ligne de défense contre une telle menace. Si les États-Unis et l'OTAN, utilisant le Canada comme leur avant-garde, affrontent et expulsent la Russie de l'Arctique, la possibilité d'un chantage nucléaire et d'attaques non-provoquées augmente de façon exponentielle.

Le rôle assigné au Canada est de servir soit d'appât dans un piège soit d'agent provocateur pour déclencher une confrontation avec la Russie à laquelle les États-Unis et l'OTAN, les premiers par les accords bilatéraux de la défense et la seconde par le biais de la clause d'assistance militaire mutuelle de l'article 5 de l'Alliance, auraient à répondre.

Le Canada, avec une population de 33 millions d'habitants, serait alors être présenté comme un victime petite et sans défense  de "l'impérialisme russe" renaissant, beaucoup comme avec l'Estonie et la Géorgie respectivement sur la Baltique et sur la mer Noire.

Après être revenu de ses visites en Ukraine et en Géorgie, toutes deux bordant la Russie et toutes deux promues par les États-Unis à une l'adhésion complète à l'OTAN, le mois dernier le vice président Joseph Biden a donné une interview au Wall Street Journal dans laquelle il a dit de la Russie que "C'est une chose très difficile à traiter que la perte d'un empire"- ceci venant  du commandant en second de la superpuissance phare du monde avec des centaines de milliers de soldats autour et des centaines de bases militaires parsemant la planète.

Il a continué en prévoyant ce qui pourrait avoir été repris mot pour mot du livre de 1999 Le Grand Echiquier de Zbigniew Brzezinski : La primauté américaine et ses impératifs géostratégiques,  et son affirmation que la Russie, "une entité politique artificielle " était vouée à la fragmentation et à une extinction éventuelle.

« Ils ont une base de population qui rétrécit, ils ont une économie qui se fane, ils ont un secteur et une structure bancaires qui ne semblent pas être en mesure de résister au cours des 15 prochaines années, ils sont dans une situation où le monde évolue avant eux et ils sont en train de s'accrocher à quelque chose du passé qui n'est pas durable. »

« Ce pays, la Russie, est dans une circonstance très différente de celle de n'importe quel moment au cours des 40 dernières années, ou plus. » [22]

Le soutien de Biden pour les dirigeants des « révolutions en couleur » de l'Ukraine et de Géorgie- l'un, Mikhaïl Saakashvili, un ancien résident U.S  et l'autre, Viktor Iouchtchenko, marié à une personne née à Chicago et ancien fonctionnaire de Reagan et de George H.W.Bush - s'intègre agréablement dans ce scénario. Il a demandé que les soldats de maintien de la paix russes soient retirés de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud et a décrété que la Russie n'aurait aucune "sphère d'influence" dans l'ancienne Union soviétique, ce qui veut dire dans l'histoire de la Russie. Les quatorze anciennes  Républiques Soviétique aux côtés de la Russie sont désignées par les U.S. A et l'OTAN comme étant leur territoire privé.

« Alors que nous rétablissons les relations avec la Russie, nous réaffirmons notre engagement pour une Ukraine indépendante et nous ne reconnaissons aucune sphère d'influence ni aucune capacité de toute autre nation à opposer son veto au choix fait par une nation indépendante » a déclaré Biden dans la capitale ukrainienne de Kiev. [23]

Les choix qu'il mentionnait incluent  -en fait sont centrés sur- l'intégration et l'adhésion à l'OTAN, dont les urnes montrent que 80 % d'Ukrainiens leur sont opposés.

Biden a été la première personnalité officiel américaine majeure à visiter la Géorgie après la dernière attaque géorgienne d'août dernier contre l'Ossétie du Sud et du conflit armé de cinq jours entre la  Géorgie et la Russie. Alors que là il a promis 1 milliards de dollars dans d'aide après-guerre et préparé le terrain pour la Charte États-Unis -Géorgie sur le Partenariat Stratégique qui a été officialisée en décembre dernier.

En réponse à sa plus récente visite le ministère des affaires étrangères d'Abkhazie a publié une déclaration disant que "En ce moment les États-Unis utilisent Saakashvili comme un instrument pour menacer la sécurité du Caucase" et "Le gouvernement géorgien continue son processus de militarisation et est en train d'élaborer des plans pour une intrusion militaire revancharde dans des territoires qui n'appartiennent pas à  la Géorgie". [24]

L'Ossétie du Sud a signalé la reprise du bombardement par la Géorgie de sa capitale et d'autres parties de son territoire peu après le départ de Biden de Tbilissi et le 3 août le président de l'Ossétie Edouard Kokoïty a annoncé que les troupes russes dans son pays commenceraient des manœuvres préventives. [25]

Le même jour le ministère de la défense russe a publié une déclaration disant « En cas de nouvelles mesures provocatrices [de part de la Géorgie] menaçant la population de la république et le contingent militaire russe stationné en Sud Ossétie, le ministère de la défense russe se réserve le droit d'utiliser tous les moyens et ressources disponibles pour protéger les citoyens de la République d'Ossétie du Sud et les militaires russes. [26]

Le 4 août la Russie a placé ses troupes d'Ossétie du Sud sur pleine alerte de combat trois jours avant la date du premier anniversaire du début de l'agression par la Géorgie le 7 août 2008.

Dans l'Azerbaïdjan voisin, qui borde la Russie et la mer Caspienne, il a été annoncé le 1er août que "les spécialistes des Forces navales des États-Unis effectueront  des exercices à Bakou pour les Forces Spéciales de la Marine Azerbaïdjanaise" et effectueront " des exercices [qui] auront lieu du 15 août au 5 septembre conformément à un plan de coopération bilatérale convenu entre les deux pays. " [27]

En déplaçant l'infrastructure militaire des USA et de l'OTAN en Ukraine avec ses 2300 kilomètres de frontières avec la Russie,  la Géorgie et l'Azerbaïdjan feraient manifestement progresser l'encerclement de la Russie déjà en cours dans la Mer de Barents, la Mer Baltique, la Mer Noire et la Mer Caspienne .

Dans la région baltique les avions de guerre de l'OTAN ont mené des patrouilles continues à quelques minutes de vol de la deuxième plus grande ville de la Russie, Saint-Pétersbourg, depuis 2004 et que l'Alliance a ouvert un centre de guerre cybernétique en Estonie l'an dernier.

Le mois dernier le Parlement britannique a émis un rapport qui a appelé à "de robustes plans d'urgence qui couvrent l'éventualité d'une attaque sur les états membres baltes et qui ont mis au point une réponse militaire planifiée de l'OTAN. [28]

L'Estonie, la Lettonie et la Lituanie, comme la Géorgie et le Canada, sont devenus les points de ralliement pour les grandes puissances militaires occidentales en apportant la totalité de la puissance militaire de l'OTAN contre la Russie sur ses frontières ouest, sud et nord.

Vers l'est de la Russie, en même temps que les parlementaires britanniques étaient en train de tracer des plans pour que  l'OTAN invoque  sa prestation de guerre prévue article 5 dans la région de la mer Baltique région, leurs homologues japonais ont adopté une loi reconnaissant officiellement les quatre Îles Kouriles du Pacifique Nord, cédées à la Russie après la seconde guerre mondiale, comme "territoire historique" japonais.

Un analyste russe a dit en réponse à la mesure :
« Les Îles Kouriles sont la région stratégique pour les sous-marins nucléaires russes faisant route de leurs bases de l'intérieur vers l'océan Pacifique.

« Si Russie donne certaines îles au Japon,  cela va créer immédiatement un précédent pour que le Japon demande Sakhaline et d'autres îles de la ceinture des Kouriles jusqu'au Kamchatka. » [29]

Avec ses sous-marins nucléaires délogés des océans Pacifique et Arctique, Russie serait un objectif encore plus tentant pour une première frappe conventionnelle ou nucléaire.

Le rôle du Canada est de mener la confrontation avec la Russie dans l'Arctique. S'il réussit, intentionnellement ou par accident, à provoquer un incident avec ses F-18 fournis par les U.S.A. au-dessus des eaux arctiques et si cette rencontre escalade en une crise plus grave, les États-Unis et l'OTAN sont prêts à le soutenir.

Notes

1) Canwest News Service, August 1, 2009
2) Ibid
3) Associated Press, August 1, 2009
4) Ibid
5) Canadian Broadcasting Corporation, February 27, 2009
6) Canwest News Service, June 28, 2009
7) Canadian Press, July 26, 2009
8) Canadian Press, July 26, 2009
9) NATO International, January 29, 2009
10) National Security Presidential Directive 66, January 12, 2009     
   
http://www.fas.org/irp/offdocs/nspd/nspd-66.htm
11) Canadian Press, August 1, 2009
12) National Defence and the Canadian Forces, July 10, 2009
13) Russian Information Agency Novosti, July 23, 2009
14) Canwest News Service, June 28, 2009
15) Canadian Press, July 26, 2009
16) Fairbanks Daily News-Miner, July 15, 2009
17) Ibid
18) The Evening Times, July 17, 2009
19) Russian Information Agency Novosti, July 15, 2009
20) Ibid
21) Wikipedia
22) Wall Street Journal, July 25, 2009
23) Azeri Press Agency, July 23, 2009
24) The Messenger (Georgia), July 29, 2009
25) Interfax, August 3, 2009
26) Ibid
27) Azeri Press Agency, August 1, 2009
28) Reuters, July 10, 2009
29) Russia Today, July 9, 2009

Liens :

[ 1 ] L'article de Rick Rozoff sur Mondialisation.ca

Articles associés :

[ 2 ] : Grand Nord Canadien : Fin des exercices Nanook 2009
[ 3 ] ICEX 2009 : Stephen Harper est il sincère ?


Par DanielB
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Samedi 29 août 2009
L'opération annuelle de souveraineté Canadienne dans l'Arctique est maintenant terminée.

 

Plus de 700 personnels ont participé à l'opération NANOOK 2009, pendant trois semaines. Cette année, elle comportait de nombreuses patrouilles de souveraineté, une formation militaire et un exercice pangouvernemental visant à mettre à l'essai l'état de préparation aux situations d'urgence dans le Nord.

Selon le général Walter Natynczyk, chef d'Etat-Major des forces armées Canadiennes , le Canada n'est pas confronté à une menace conventionnelle dans l'Arctique. L'augmentation du trafic maritime, avec l'ouverture du passage du Nord-Ouest par la fonte des glaces due aux changements climatiques, pourrait mener à de nouveaux problèmes dans cette région: risque de désastre écologique, infiltrations criminelles et immigration illégale, par exemple.Des unités de plongeurs de l'armée Canadienne , du personnel de la Police Montée , un submersible et des brise-glaces ont participé à ces exercices .

Les autorités Canadiennes souhaitent que de tels exercices permettent aussi à la Garde côtière et à la sécurité publique d'apprendre à intervenir rapidement
Selon le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, l'opération a permis de démontrer la capacité du Canada à exécuter des opérations terrestres, maritimes et aériennes dans un environnement nordique austère tout en répondant à des situations d'urgence pour appuyer le gouvernement territorial.

 Selon le commandant de la défense continentale Canadienne, le vice-amiral Bruce Donaldson, il faut apprendre à opérer dans ce nouvel environnement avant d'inventer des menace militaires fictives..
" En travaillant ensemble avec nos partenaires fédéraux et territoriaux , nous pouvons accroître notre capacité à répondre aux urgences . Dans le grand nord , répondre aux urgences nécessite un travail d'équipe " a souligné le chef d'Etat Major des forces armées Canadiennes , le général Walter Natynczyk . [ 1 ]


Stephen Harper se rend aux armées

Le premier ministre Canadien Stephen Harper s'est rendu aux armées dans la région du 17 au 21 aout .
M. Harper effectue ce voyage chaque année, mais la  presse Canadienne précise que cette visite intervient alors que le Canada et le Danemark commencent à envisager une coopération militaire plus serrée dans cette région.
Il a été accueilli dans la baie de Frobisher à bord de la frégate Toronto par le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, et par le général Walter Natynczyk .
Avant son départ ,  le ministre de la Défense nationale a commenté le projet Russe d'envoyer des parachutistes dans l'Arctique en avril 2010. [ 2 ] Peter MacKay a affirmé qu'il surveillera le projet de près, mais ne voit pas pour l'instant de problème, précisant : «
 S'il y a une menace dans notre territoire, nous sommes prêts à défendre notre intérêt ».

Le premier ministre a pris les commandes d'un hélicoptère Sea King durant une partie du vol qui l'a mené d'Iqaluit, au Nunavut, jusqu'à la frégate NCSM Toronto.

M. Harper a également embarqué dans le sous-marin NCSM Corner Brook pour assister à un exercice de lutte anti-sous-marine . Les autorités Canadiennes soupçonnent que des submersibles Russes [ 3 ] mais aussi Etasuniens patrouillent dans la région . De la part des Etats-Unis , ces patrouilles serviraient de pretexte à une non-reconnaissance de la souveraineté Canadienne , plus particulièrement sur le passage du Nord-Ouest . [ 4  ]



Du militaire , mais aussi du social au Nunavut  


Conformément aux nouvelles dispositions qu'adoptent de plus en plus de nations riveraines du cercle arctique , dont le Canada , la souveraineté s'exerce aussi au travers d'une meilleur prise en compte des aspirations des populations autochtones .[ 5 ]

Stephen Harper a affirmé que les besoins sociaux et le développement de l'Arctique canadien ne sont pas relégués au second plan par l'importance qu'accorde son gouvernement à une présence militaire dans la région.

 

Le premier ministre assure être conscient des "problèmes importants" qui sévissent dans le Grand Nord, et il a affirmé que des investissements "sans précédent", au niveau des infrastructures et à vocation communautaire, aideront à corriger la situation. 

M. Harper a indiqué que l'agence, baptisée CanNor, mettra fin à une situation où les décisions concernant l'économie du Nord étaient prises dans les bureaux du Sud.

L'agence pourra compter sur un budget de 50 millions $ au cours des cinq prochaines années. Elle aura son siège à Iqaluit et des bureaux de district à Whitehorse et à Yellowknife. Un bureau chargé des politiques et de la coordination sera situé à Ottawa.

M. Harper a émis ces propos dans le cadre d'une visite à Pangnirtung, où il a confirmé  la construction d'un nouveau port pour petits bateaux. Une fois terminé, ce port offrira aux pêcheurs de la région une base d'exploitation qui se veut moderne et fiable.

 

Le gouvernement avait réservé 10,7 millions $ pour ce projet dans le budget fédéral de 2008. Un montant additionnel de 17 millions $ a été ajouté à cette somme dans le budget de 2009. Les travaux débuteront en septembre.


Une organisation économique et culturelle du Nunaavut  a prié le gouvernement conservateur d'appliquer en totalité l'Accord sur les revendications territoriales du Nunavut, affirmant que la meilleure façon de solidifier l'empreinte canadienne sur le Grand Nord passe par des communautés locales vivantes .

Selon le vice-président de Nunavut Tunngavik Inc., James Eetoolook, l'importance actuellement accordée à une présence militaire ne tient pas compte de la réalité historique. Selon lui, le Nord s'est bâti notamment grâce au commerce, et sans les Inuits, le drapeau du Canada ne flotterait pas sur l'Arctique.

L'entente de revendications territoriales, conclu en 1993, a mené à la création du territoire du Nunavut il y a 10 ans.

 

En vertu de cet accord, le nouveau gouvernement territorial se voyait confier la gestion de divers dossiers, notamment la faune, l'utilisation et le développement du territoire, et les taxes foncières.

 

Dans un communiqué, M. Eetoolook a rappelé que cette entente faisait du Canada et du Nunavut des partenaires pour les années à venir. Mais le Nunavut a trop souvent l'impression de jouer le rôle de "partenaire oublié ou même invisible", a-t-il aussi déploré.


De la viande de phoque au menu

 

Snobant une fois de plus l'UE qui interdit la commercialisation des produits issus de la chasse au phoque  ,  le premier ministre Canadien et les membres de son cabinet ont mangé de la viande de phoque crue et bouillie lors de leur visite à Iqaluit ( Nunavut ) .

"L'appui de notre gouvernement envers l'industrie du phoque est bien connu", a affirmé M. Harper.

 

"Les normes mises de l'avant dans cette industrie sont, honnêtement, supérieures à celles que l'on retrouve dans d'autres industries de produits animaliers. Il n'y aucune raison justifiant le fait que l'industrie du phoque fasse l'objet d'un traitement discriminatoire de la part des Européens ou de citoyens d'autres nations", a ajouté le premier ministre.


Lors de la dernière réunion du Conseil Arctique , l'UE a été déboutée de sa demande d'un statut de membre observateur au sein de l'organisation en raison de sa décision sur les produits issus de la chasse du phoque par le veto de plusieurs membres permanents entrainés par le Canada et le Groenland .[ 6 ]

Vers une coopération militaire entre le Canada et le Danemark

Le Canada et le Danemark, qui se sont autrefois disputés au sujet du contrôle de l'île Hans, ont récemment commencé à forger des liens militaires plus serrés. Cette collaboration qui va en s'amplifiant démontre une dépendance au moment même où les deux pays tentent de définir leurs revendications sur le Nord, une région potentiellement riche en minéraux.

 

Le mois dernier, un avion des Forces armées danoises a visité plusieurs sites d'atterrissage en gravier dans des avant-postes canadiens dans le Haut-Arctique. L'opération est presque totalement passée sous silence dans les médias.[ 15 ]  Toutefois, selon un communiqué de presse danois, elle s'inscrivait dans le cadre de préparations pour une éventuelle collaboration avec le Canada.

 

L'hiver dernier en Islande, le chef d'état-major de la Défense, Walter Natynczyk, avait rencontré son homologue danois lors d'une conférence sur l'Arctique.
Le Danemark a d'autre part fait état de sa volonter de renforcer ses unités arctiques [ 7 ] tandis que le nouveau secretaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen , ancien premier ministre du Danemark  , a preconisé un renforcement du rôle de l'OTAN dans la région lors de sa dernière visite en Islande [ 8 ] .De nombreux experts pensent que les manoeuvres Canadiennes Nanook 2009 ne servent que de paravent à ce renforcement de l'OTAN dans la région sous couvert de la réarfimation d'une souveraineté " Canadienne " . [ 11 ]

Selon Rob Huebert, de l'université de Calgary, des commandants militaires des deux pays se seraient rencontrés pour discuter de terrains d'entente et de coopération, plus particulièrement de missions de recherche et de sauvetage dans le Nord.

 

"Je sais que les deux parties se parlent à un niveau plus élevé que par le passé", a-t-il affirmé.

 

A son avis, les deux Etats ont réalisé que leurs infrastructures et leurs capacités respectives n'étaient pas assez importantes pour être en mesure, par exemple, de mener des missions de recherche et de sauvetage, de faire face à un désastre environnemental ou de s'attaquer aux contrebandiers par soi-même.

 

"Même s'ils font tout ce que (le gouvernement fédéral) a promis de faire, ce ne sera pas suffisant sur le terrain, et une collaboration avec les pays voisins sera nécessaire", a-t-il ajouté.

 

M. Huebert a dit que le chef du Commandement du Nord, le brigadier-général Dave Miller, a apparemment discuté avec son homologue du Groenland, un territoire autonome du Danemark .

Le Canada et le Danemark ont déja entrepris des opérations de cartographie commune du plateau continental arctique . [ 9 ]

Le goulot d'étranglement des brise-glaces et des télécommunications

Si l'actuel premier ministre Canadien ainsi que le ministre de la défense ont a plusieurs reprises état de leur volonté de moderniser , et même d'armer [ 14 ] , la flotte de brise-glaces opérants dans l'arctique , ce sujet reste le principal goulot d'étranglement aux capacités de projection du Canada ( et des Etats-Unis ) dans l'arctique .

La Garde Cotière Canadienne affirme qu'elle ne peut pas étendre la période de présence de ses brise-glaces dans l'arctique . La plupart des brise-glaces opérant dans l'arctique Canadien proviennent d'autres régions du Canada et doivent , au début de la saison d'hiver , retourner dans leurs bases pour y subir des opérations de maintenance et de réequipement avant de reprendre leur missions au service de leurs régions et admnistartions d'origine .

Selon l'expert Canadien Rob Huebert , c'est l'ensemble de la flotte de brise-glaces Canadiens qui est vieillissante .
Si le Canada ne renouvelle pas cette flotte dans un proche avenir il sera obligé de louer des brise-glaces à d'autres pays , à la Russie par exemple , pour pouvoir mener ses missions dans l'arctique .[ 10 ]

L'autre problème constaté est la saturation du réseau de téléphonie mobile dans le Grand Nord Canadien .Le Brigadier Général David Millar a déclaré que les utilisateurs de téléphones portables ont eu des problèmes pour communiquer en raison de la hausse du traffic provoquée par les exercices . Selon David Millar un renforcement du réseau de communications est nécessaire non seulement en raison de la présence de militaires mais aussi pour améliorer les conditions de sécurité lors des opérations de recherche et de sauvetage . Les forces armées Canadiennes comptent faire du renforcement des communications dans le Grand Nord une de leurs priorités .[ 16 ]

D'aprés AFP et La Presse Canadienne , autres sources voir infra .

Liens :

[ 1 ] 
Annual Arctic Sovereignty Operation Comes to a Close - Depêche de Marketwire du 29 aout 2009 .
[ 3 ]
Canada monitors Russian subs off East Coast  - Article de CBCNews du 12 aout 2009 .
[ 10 ]
Can't extend Arctic icebreaker season: Coast Guard - Article de CBCNews du 27 aout 2009 .
[ 11 ] Canada flies NATO flag in arctic showdown - Depêche UPI du 18 aout 2009 .

[ 12 ]
Cameras de combats des forces armées Canadiennes
[ 13 ] Banque d'images des forces armées Canadiennes , tapper " Nannok 2009 " dans le moteur de recherche .
[ 14 ] Stephen Harper announces the new defence policyput forward by the Conservative Party of Canada
sur le site de la Canadian American Strategic Review
[ 15 ]
A Danish Military Aircraft on Familiarization Flights over Canada's Arctic - Article de CASR du 3 juillet 2009 .
[ 16 ] Northern communications need more 'horsepower': general - Article de CBCNews du 27 aout 2009 .

Articles associés :

[ 2 ]
Des parachutistes Russes au Pôle-Nord en 2010 .
[ 4 ]
ICEX 2009 :Stephen Harper est il sincère ?

[ 5 ] Le Canada publie sa stratégie pour le Grand Nord : Notre Nord , notre patrimoine , notre avenir  
[ 6 ]
Le premier ministre du Nunavut s'oppose à la présence de l'UE au sein du Conseil Arctique
[ 7 ] La militarisation de l'arctique par le Danemark augmente le risque de conflits dans la région
[ 8 ] Rasmussen plaide pour une coopération renforcée avec la Russie mais veut renforcer l'OTAN dans l'arctique .
[ 9 ] Le Canada et le Danemark rompent la glace pour se partager l' arctique .







Par DanielB
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Mardi 28 juillet 2009



Lors d'une conférence de presse à Gatineau au Quebec , le MAE Canadien Lawrence Cannon , le ministre des Affaires Indiennes et du Nord Chuck Strahl et le ministre de la Science et des Technologies Gary Goodyear ont dévoilé la nouvelle doctrine arctique Canadienne ( 1 ) .
Celle ci s'intitule : Strategie arctique Canadienne : Notre Nord , notre patrimoine , notre futur .
Elle est disponible en FRANCAIS sur le lien infra .
La Stratégie pour le Nord du Canada est axée sur quatre domaines prioritaires : exercer la souveraineté dans l'Arctique, promouvoir le développement social et économique, protéger le patrimoine naturel du Nord et améliorer la gouvernance dans le Nord et y transférer des responsabilités, et ce, afin que les résidants du Nord aient un plus grand contrôle sur leur avenir.
Le Canada va mener au début du mois d'Aout des exercices de souveraineté dans le Grand Nord ( 4 ) .

Le Canada et les États-Unis s'apprêtent à mener une deuxième mission de cartographie du palteau continental conjointe dans les eaux de l'Arctique. ( 3 )

La mission consistera à mesurer l'étendue du plateau continental dans l'océan Arctique et ainsi à tenter d'affirmer la souveraineté des deux pays sur la région.

L'expédition portera plus précisément sur la région située au nord de l'Alaska, au-dessus de la dorsale Alpha-Mendeleïev, et vers l'est, en direction des îles canadiennes de l'Arctique, selon un communiqué du ministère canadien des Affaires étrangères.


Le gouvernement fédéral a aussi promis que des navires de guerres seraient plus présents dans l'Arctique et la construction d'infrastructures militaires. Il a commencé à former une nouvelle unité militaire qui sera basée à Yellowknife, dans les Territoires-du-Nord-Ouest, dont le rôle sera d'assurer la défense du nord canadien.

Une nouvelle strategie pour la construction navale 

Le gouvernement conservateur a réuni les principaux constructeurs navals du pays et une poignée d'entrepreneurs liés à la défense nationale, lundi, dans l'espoir d'économiser des dizaines de milliards de dollars dans sa stratégie de doter le pays de plusieurs nouveaux navires.

 

Au début de la rencontre, qui doit durer deux jours, quatre ministres fédéraux ont demandé aux entreprises de collaborer afin d'aller de l'avant avec le projet de construire au moins 50 grands navires au cours des 30 prochaines années, un programme estimé à 40 milliards $.

 

Le gouvernement veut trouver une solution alternative au processus actuel, long et complexe, à la suite de l'échec de deux projets importants, l'an dernier.

 

Le ministère de la Défense nationale ainsi que celui des Pêches et Océans ont dû retourner à la planche à dessin après que des entreprises approchées pour construire trois navires eurent envoyé des soumissions beaucoup trop onéreuses.

 

Selon la ministre des Pêches, Gail Shea, la situation est aussi frustrante pour les entreprises que pour le gouvernement. Elle a dit espérer que la rencontre permettra aux intervenants de se lever les manches pour aller de l'avant.

 

Le ministre de la Défense, Peter MacKay, a dit que les ministères impliqués indiqueront tous leurs besoins, qu'il s'agisse du nombre de navires, du type, des caractéristiques et des dépenses prévues.

 

Des spécialistes des question de la défense se sont plaints que le gouvernement tente de contraindre la Marine et la Garde-côte à investir en fonction d'un budget pré-établi plutôt que de leurs besoins. Ils citent l'exemple du projet gouvernemental de construire six brise-glace pour l'Arctique. Toutefois, afin de respecter le budget, la Marine a dû réduire ses attentes même si la mission des navires sera de renforcer la souveraineté canadienne dans le Nord.

 

Selon M. MacKay, la préparation d'une stratégie à long terme permettra aux entreprises de bien planifier l'avenir et d'éviter les cycles d'expansion et de ralentissement trop souvent liés aux programmes gouvernementaux de construction de navires. ( 5 )


Liens :
( 1 )
Ottawa energizes strategy for Arctic sovereignty - Article de CTV..ca du 26 juillet 2009 .
( 2 )
Arctique , un territoire à revandiquer - Article de Radio-Canada du 27 juillet 2009 .
( 5 )
Le gouvernement du Canada lance la consultation sur la construction navale
Articles associés :
( 3 )
Canada , Etats-Unis , Russie : La cartographie du plateau continental  continue .
( 4 )Les forces Canadiennes méneront une opération de souveraineté dans l'arctique
Documents :
Stratégie arctique Canadienne : Notre Nord , notre patrimoine , notre futur
.
Par DanielB
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