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Jeudi 13 août 2009 4 13 08 2009 20:16
Une petite pause pour vous parler d'un ouvrage en trois tomes que les " vacances " me permettent de (re)relire .
Il s'agit de l'oeuvre magistrale de Jacques Benoist-Mechin : " Soixante jours qui ébranlèrent l'occident " .
Pourquoi vous en parler ?
Par ce que tout simplement , il s'agit de la plus belle synthèse sur cette période dont nous allons bientôt commémorer le soixante dixième anniversaire , à savoir " les évenements survenus en Belgique et en France entre le 10 mai et le 10 juillet 1940 "
Si beaucoup de personnes connaissent le personnage controversé de Jacques Benoist-Mechin , celui-ci fait preuve d'une remarquable honnêteté intellectuelle dans le traitement jour aprés jour de ces " événements " et ces trois tomes constituent la synthèse de dizaines d'ouvrages et de sources les plus diverses , de De Gaulle à Weygand en passant par Paul Reynaud ou " Pertinax " et Kammerer .
Les points les plus contreversés sont abordés et particulièrement l'accord Franco-Anglais du 28 mars 1940 ainsi que l'insuffisance de l'aide aérienne de la part de l'Angleterre durant la bataille des Flandres et la bataille de France .
Si a posteriori , la quasi non-intervention de la RAF peut se justifier par la bataille d'Angleterre , il n'en reste pas moins que dans la vision de l'auteur , cette non-intervention doit s'analyser au moment même ou elle sollicitée .
D'ou les rappells fréquents des recriminations du Generalissime  Weygand à l'égard des Anglais et la démarche , elle est révelatrice , de Winston Churchill qui dissuade Paul Reynaud de faire le bilan de l'" aide " Anglaise devant le parlement ..........
D'une autre manière , et ce n'est nullement contradictoire , la liste des destructions systématiques opérées dans les arsenaux et les ports lors de l'avance Allemande , le sabordage ultérieur de la Marine Nationale à Toulon en 1942 , n'en rendent que plus méprisable l'ignoble massacre de Mers-El-Kebir .
L'oeuvre en trois tomes de Benoist-Mechin est donc une remarquable synthèse qui jour aprés jour nous décrit la situation militaire et politique de cette période dont les derniers soubresauts ne sont pas totallement effacés .
Elle nous invite , comme je l'ai fait et continue de le faire , à nous procurer chacune des références citées en annexe et de les consulter . Des quelques 1200 pages des trois tomes , on en arrive vite à plusieurs milliers et des rayons de bibliothèque ...............
Quand au style , je ne ferais que reprendre les critiques publiées lors de la sortie de cette oeuvre ( Match - L'Express ,.....) . Les trois tomes se lisent comme on regarde un film et souvent on constate qu'il est deux ou trois heures du mat' et malgrés les yeux qui commencent à se fermer on a envie de passer à la page suivante .
Si Ibn-Seoud ou Mutspha Kemal de JBM se lisent et se " regardent " comme une épopée, on pense au " Lawrence d'Arabie " de Lean ou au " 55 jours de Pekin " , c'est ici  la tragédie de mai-juillet 40 qui défile sous nos yeux .

Lors de ma première lecture , j'avais envisagé de dresser un tableau Excel (c) de soixante lignes ( les 60 jours ) et de colonnes avec les noms de Weygand , Petain , De Gaulle , Gamelin , ............ afin d'avoir de manière synthétique la vision de savoir qui se trouvait à quel endroit à telle date et qui faisait quoi .
Je n'en ai malheureusement jamais eu le temps .

Je finirais la critique de cette oeuvre par la préface de JBM sur la jaquette de couverture : "Il est necessaire de comprendre et de connaître les événements du passé pour ne pas répeter les mêmes erreurs ". Tout comme la France a déclaré la guerre sans y être préparée , agissant sur les injonctions de Londres , nos alliances actuelles , notre engagement  en Afghanistan mériteront un jour un Benoist-Mechin pour être révélées au grand public .
De la même manière que notre pays s'est engagé dans une guerre qui n'était pas la sienne , de la même manière que Paul Reynaud au travers de l'accord du 28 mars 1940 liait  notre politique ( non-signature d'un armistice sans l'accord des deux gouvernements ) à celle de l'Angleterre , nos chefs politiques actuels , sans l'aval du Peuple Français et de ses représentants , ont engagé notre pays dans une guerre étrangère .

Le second livre que je vous recommande , avant de vous parler de " Le dernier jour du vieux monde" début septembre , est un autre chef d'oeuvre : " Une petite ville Nazie  "de William Sheridan Allen .
Il s'agit de la mise sous microscope d'une petite ville Allemande , Thalburg dans le livre, Northeim en réalité  durant la période 1930-1935 et de sa prise de contrôle par les Nazis .
Le livre est remarquable est qu'en dehors des analyses globales de la prise de pouvoir par les nazis ( Diktat de Versailles , crise économique ) ou de la trajectoire de " Lord Valdemort " ( La prise de pouvoir par Hitler 1928-1933 -  Paul Marie de la Gorce ) , il nous invite à une analyse locale de cette prise de pouvoir et il nous amène à la conclusion qu'elle a pu se faire en dehors des phènomènes " globaux " , par une gestion des divisions des opposants et un marketing politique ( on parlerait de propagande ) trés habile : Dans les quartiers " bourgeois "  le candidat du parti Nazi se présentait sous l'étiquette " NATIONAL - socialiste " alors que dans les quartiers " populaires " il se présentait sous l'étiquette " national-SOCIALISTE DES TRAVAILLEURS ALLEMANDS " .
Ce n'est qu'aprés que les Nazis aient acquis la " masse critique " , que les méthodes violentes ont commencé à être utilisées .
Le livre nous montre aussi la pauvreté du " materiel humain " dont disposait le parti Nazi dans les villes de Province , un élèment à prendre en compte lorsque l'on regarde les origines sociales et professionelles de la plupart des fonctionnaires du Reich qui auront à " gérer " un Empire s'étandant des rivages de l'Atlantique au Caucase .
L'autre élèment remarquable de ce livre , et ici on rejoint les " soixante jours........ " de Benoist-Mechin , est que l'auteur a su analyser cette prise de pouvoir en dehors de toute référence aux " événements survenus en Europe et dans le Monde entre 1936 et 1945 " .
Analyser le nazisme entre 1930 et 1935 , sans être influencé par la " suite ", voilà peut être ce qui donne à ce livre toute sa valeur !



Par DanielB - Publié dans : La bibliothèque - Communauté : Relations Internationales
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Mercredi 22 avril 2009 3 22 04 2009 17:26

Le pétrole, « maître du monde » ? Oui, mais comment en est-on arrivé là ? Des rivalités pour contrôler la route des Indes à l’émergence des Etats-Unis comme puissance mondiale, les pays anglo-saxons ont su étendre leur influence en Asie centrale, dans le Caucase et au Proche-Orient, avec, au final, leur mainmise sur les principales ressources pétrolières mondiales.

Gilles Munier remonte aux origines du Grand jeu et de la fièvre du pétrole pour raconter la saga des espions de l’or noir et la malédiction qui s’est abattue sur les peuples détenteurs de ces richesses. Il brosse les portraits des agents secrets de Napoléon 1er et de l’Intelligence Service, du Kaiser Guillaume II et d’Adolphe Hitler, des irréguliers du groupe Stern et du Shay - ancêtres du Mossad - ou de la CIA, dont les activités ont précédé ou accompagné les grands bains de sang du 19ème et du début du 20ème siècle.

Parmi d’autres, on croise les incontournables T.E Lawrence dit d’Arabie, Gertrude Bell, St John Philby et Kermit Roosevelt, mais aussi des personnages moins connus comme Sidney Reilly, William Shakespear, Wilhelm Wassmuss, Marguerite d’Andurain, John Eppler, Conrad Kilian. Puis, descendant dans le temps, Lady Stanhope, le Chevalier de Lascaris, William Palgrave, Arthur Conolly et David Urquhart.

« On dit que l’argent n’a pas d’odeur, le pétrole est là pour le démentir » a écrit Pierre Mac Orlan. « Au Proche-Orient et dans le Caucase », ajoute Gilles Munier, « il a une odeur de sang ». Lui qui a observé, sur le terrain, plusieurs conflits au Proche-Orient, montre que ces drames n’ont pas grand chose à voir avec l’instauration de la démocratie et le respect des droits de l’homme ( 1 ) . Ils sont, comme la guerre d’Afghanistan et celles qui se profilent en Iran ou au Darfour, l’épilogue d’opérations clandestines organisées pour contrôler les puits et les routes du pétrole.

330 pages, avec photos, cartes et index - 22,60 euros - Editions Koutoubia - Groupe Alphée-Editplus
Les espions de l’or noir, par Gilles Munier (Ed. Koutoubia)
Dédicace : le mercredi 29 avril, à 19 heures
Galerie Arcima : 161, rue St Jacques, à Paris (métro : Luxembourg)



Bibliographie conseillée :
- " La guerre secrête pour le pétrole " - Antoine Zischka - PAYOT - 1933     INDISPENSABLE , le précurseur toujours d'actualité !
Méprisé en France , " La guerre secrête .......... " est avec " La guerre secrête pour le coton " un livre scolaire et universitaire en Amérique Latine ( Bresil , Venezuela ) .
- " Ölkrieg - Wandlung der weltmacht öl " - Anton Zischka - NS Verlag ou Wilhelm Goldmann Verlag - 1941 
Le même mais beaucoup moins " politiquement correct " - Actualisé en 1941 à l'aune des " événements survenus en Europe et dans le monde entre 1933 et 1940 " (c) - Mis à l'index par les troupes d'occupation alliées en 1945 mais disponible sur les sites de vente en ligne .
-" Agyptens weg zur freiheit   " - " All-Islam " - " Frankreich in Nord-Afrika " - " Die Arabische Revolution"- " Politiker und propheten am Roten Meer " - Paul Schmitz-Kairo - Wihlem Goldmann Verlag - de 1937 à 1942 .
Décrit sans concessions la situation au proche et au moyen-orient durant l'entre deux guerres - Férocement Anglophobe et Francophobe mais une analyse lucide et prémonitoire des enjeux dans la région par un specialiste Allemand - A l'époque ou le livre est écrit , les potentialités pétrolières de l'Afrique du Nord Française et Italienne sont inconnues , toutefois Paul Schmitz -Kairo prohétise " Si jamais du pétrole est découvert dans cette région , les Anglo-Saxons s'activeront à en chasser les Français et ceci même au large de la Riviera Française , de l'autre côté de la Méditerranée  "  - Voir supra mais disponible dans toutes les bonnes crémeries  ( lien temporaire ) .
- " Cette guerre a cinquante ans - C'est la guerre du pétrole " - Paul Vallot - Librairie Nationale - 1943
Encore un livre trés " politiquement incorrect " - Ecrit par un collaborationiste , il actualise le livre de Zischka
et présente les dessous de la conference de San-Remo et les enjeux au proche et au moyent-orient vue de la France de Vichy .
-  " Sieg der Arbeit : Geschichte des fünftausendjährigen Kampfes gegen Unwissenheit und Sklaverei " - Anton Zischka - Wilhelm Goldmann  Verlag - 1941 - Voir supra - Décrit les tentatives Allemandes pour mettre au point un carburant synthétique et du  " Widia " précurseur des outils de coupe synthètiques utilisés par les industries mécaniques .- Utilisé dans un mémoire de fin d'études .
- " Paris- Match " - Reportages de Raymond Cartier dans les années 50 sur la " Guerre du Pétrole " - Excellente couverture du coup d'état contre le Dr Mossadegh - Un temoignage pour l'histoire .
- " Power play , Oil in the Middle East " - Leonard Mosley - Random House - 1973
Présente de manière neutre et détaillée la révolution Irakienne de 1941 - Des élèments trés interressants sur les tentatives d'implantations Japonaises en Arabie Séoudite à la veille de la sgm -  Beaucoup de documents sur l'ARAMCO - Se termine à la veille du choc pétrolier de 1974 .
- " Le pétrole et la haine - Choses vues en terre d'islam " - François Quilici - Anthème Fayard - 1957
Point de vue d'un Français qui a " mal à l'Algérie " - Violente critique de Nasser .
- " Ibn Seoud ou la naissance d'un royaume " - Jacques Benoist-Mechin - Plusieurs editions - 
On ne présente plus l'auteur de " l'Histoire de l'Armée Allemande " - Se lit d'une seule traite comme une épopée  . Prevoir une apres-midi entière .
- " Lawrence d'Arabie " - Jean Loup Julien -  Editions Chronique Dargaud - 2006
Superbement illustré avec des cartes et des photos - présente les événements contemporains de la vie de TE LAWRENCE .
- " Geopolitique - Constantes et changements dans l'histoire " - Aymeric Chauprade - Ellipses - 2007
- " Le Grand Jeu - Les enjeux gépolitiques en Asie centrale " - Collectif - Autrement - 2009
Déja présenté sur ce blogue . 




(1 ) " Während dieses buch in druck ging , bracht der krieg der " Demokratien " gegen das nationalsozialistische Deutschland aus . Wie der Weltkrieg wurde dieser krieg Englands vom ersten tag an als " Krieg für freiheit und recht " getarnt , hetzte England unzälige in den tod , nur " um die ideale der menschheit aufrechtzuerhalten "
Diese geschiechte des rohstoffes öl ist nun zu einer antwort auf die mit allen mitteln in der welt verbreitete hetzpropaganda geworden"
Préface de " ôlkrieg " par Anton Zischka
 

 

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Samedi 21 mars 2009 6 21 03 2009 20:21

La nomination de Michel Rocard au poste d'ambassadeur polaire semble avoir relancé l'interêt pour le sujet au sein des mediats Français .

Le premier est  la revue " Geopolitique " , édité par l'Institut International de Geopolitique , qui dans son numéro 104 de Janvier 2009 ( et donc avant la nomination de Michel Rocard - encore disponible en kiosques ) publie un article de Richard Labevière .
Celui ci est co-auteur du livre " La bataille du Grand Nord a commencé  " .
Cet article résume parfaitement les enjeux liés autour de ce dossier , et en particulier liste les  " conflits duaux " de souveraineté autour de l'arctique , mais une fois de plus Richard Labevière  fait preuve de malhonneteté intellectuelle en attribuant à la Russie , et plus particulièrement à Vladimir Poutine , la remilitarisation de l'arctique .
Il cite pour cela le discours particulièrement " musclé " du Président Russe à la Wehrkunde 2007 ( 10 Fevrier 2007 ) en affirmant que celui-ci y a annoncé sa volonté de remilitariser la région ( Ce qui est absolument faux ! ) .
Il passe sous silence les exercices des états membres de l'alliance , particulièrement du Canada et de la Norvège , dans cette region depuis 2005 .
Dommage ! M . Labevière m'était sympathique depuis que j'ai appris son liceniement par " Madame K. " de RFI .

La revue consacre aussi un article trés intressant aux frontières maritimes de la Chine .




Vient ensuite l'interview au Nouvel Obs ou notre nouvel ambassadeur Polaire nous livre sa " Weltanschaaung "  et deja évoquée sur ce blogue .

Je vous livre enfin ce reportage du Figaro , bien entendu qui ne manque pas de clichés Russophobes .
Le Figaro a censuré ma reaction . Ce blogue ne pratique pas la censure  . Vous aurez donc l'article du Figaro dans son entier , en remarquant que les deux " spécialistes " maisons de la Russie , MM. Nodé-Langlois et Mandeville , ont été "écartés ".
Bien sûr on n'en voudra pas au Figaro d'être égal à lui même ! Apres que ses journalistes furent grassement rétribués par l'Okhrana pour faire la promotion des emprunts Franco-Russes  , il semble depuis 90 ans vouloir se racheter une conduite !
Ceci dit  dans la Russphobie , comme dans tout , l'exces rend ridicule !
L'image du début de cet article montre une flamme tout ce qu'il ya de plus classique d'une torchère et on brûle des mercaptans ( composés organiques sulfurés ) et de l'H2S certainement prés de chez vous !  Dans les décharges par exemple !

La fonte de la calotte polaire s'accélère inexorablement et, avec elle, la compétition pour le contrôle des fabuleuses richesses du pôle Nord.

Depuis Moscou, il faut plus de deux heures de vol pour atteindre Usinsk. De toute évidence, le Tupolev 134 qui y mène n'a jamais été rénové depuis son entrée en fonction dans les années 1970. Mais le pilote est un virtuose à en juger l'atterrissage sur un tarmac tapissé d'une épaisse couche de neige qui aurait semé la panique à Roissy pendant au moins 48 heures.

Usinsk, cité-dortoir de 44 000 habitants agrémentée de deux églises orthodoxes, d'une mosquée, d'un hôpital et d'un casino, est un fief de la compagnie Loukoil. Créée au début des années 1970, la ville ne vit que par, et pour le pétrole. L'alcoolisme y fait des ravages. Les antennes paraboliques qui pointent bizarrement vers le sol indiquent au visiteur qu'il se trouve sur le toit du monde. Ou presque.

À 80 km au nord d'Usinsk, un globe hissé sur un piédestal en béton marque l'emplacement du cercle polaire, et le début d'une zone hostile où seuls les pétroliers osent s'aventurer. Truffée de nids de poule et de joints érodés, la route verglacée qui conduit d'Usinsk au champ de Khariaga (170 km) est un danger public. Malgré la limitation de vitesse et un millier d'alcootests chaque mois, les camions-citernes y foncent à toute allure et les accidents y sont monnaie courante.

Passé le cercle arctique, la toundra se substitue subitement à la taïga. Couronnés de forêts de pins et de bouleaux rachitiques, les vallons traversés par la rivière Kolva cèdent la place à un grand désert blanc sillonné par un dédale de pipelines que surmontent ça et là de gigantesques torches actives 24 heures sur 24.

Khariaga se situe sur le territoire autonome des Nénets (40 000 habitants pour une superficie équivalente à trois fois la France), à 90 km au nord du cercle polaire. Un champ de pétrole de 320 km² que se partagent Loukoïl et Total. Les difficultés logistiques ne constituent que l'un des nombreux défis affrontés par Michel Pick, responsable des « objets » 2 et 3 exploités par le groupe français, deux joyaux situés respectivement à 1 800 et 2 800 mètres de profondeur. D'abord, la forte proportion de paraffine contenue dans l'huile de Khariaga. « En dessous de 29 °C, elle se fige et ressemble à du cirage ». Il faut donc la chauffer en permanence. Sur des centaines de kilomètres, des câbles électriques sont enroulés autour des oléoducs pour maintenir l'or noir à l'état liquide.

 

Un véritable casse-tête

 

Il y a aussi le H2S, l'hydrogène sulfuré contenu dans le gaz associé au pétrole. La moindre fuite de ce poison sèmerait la mort en quelques minutes. Des travaux sont en cours pour arrêter le «torchage» des 200 000 mètres cube de gaz éliminés chaque jour. Un gaspillage d'énergie, mais aussi une menace pour l'environnement. Car une fois brûlé, le H2S se transforme en SO2, du dioxyde de soufre qui contribue à alimenter l'effet de serre. Moins scrupuleuses ou moins pragmatiques, les compagnies russes éludent pour l'instant ce casse-tête.

La nature du terrain est une autre gageure. Le pergélisol, un mélange de roches, de sable et de glace d'environ 300 mètres d'épaisseur, devient spongieux lorsqu'il se réchauffe. Pour éviter que les installations ne s'enlisent, tout doit être construit sur pilotis. Et puis bien sûr, il y a le froid, le plus féroce ennemi, pour les hommes comme pour les équipements. Il n'est pas rare ainsi qu'une des puissantes piles en acier enfoncées à une dizaine de mètres de profondeur se fracasse contre le sol gelé. La moindre tête de puits est isolée par un conteneur équipé d'une soufflante qui apporte un peu de chaleur.

Perchés au sommet d'un derrick, sur un monkeyboard, à 28 mètres de hauteur, les «accrocheurs» doivent régulièrement se relayer pour résister à des rafales de vent impitoyables. «Au bout de deux heures, les mâchoires se collent, raconte Éric Verbrugge, un jeune Lyonnais, chef du site. Et à partir de - 40 °C, il est impossible de tenir plus de dix minutes dehors.»

Les aurores boréales, les arcs-en-ciel verticaux dessinés par les torches, les visites fugitives de renards blancs ou les passages inopinés de nomades transhumants à la tête de leurs troupeaux de rennes ne suffisent pas à adoucir une vie quotidienne qui peut vite basculer de la contemplation à la folie. Ici, au milieu de nulle part, les hommes, soumis à un régime spartiate, sont mis à rude épreuve, reconnaît Éric. «Deux heures de jour en plein hiver, pas de nuit en été, des températures qui oscillent de - 56 °C à parfois + 30 °C, un sol qui, dès juin, se transforme en cloaque peuplé de moustiques énormes et voraces qui vous harcèlent sans répit pendant trois mois…»

N'en déplaise aux âmes romantiques, l'Arctique est un enfer. Les ennemis de la révolution bolchevique y étaient déportés dès le début des années 1930 pour y développer l'exploration minière. C'est ainsi que naquit, à 200 km au nord-est d'Usinsk, le goulag de Vorkouta où séjourna Soljenitsyne.

Depuis longtemps, on sait que ce Grand Nord recèle de fabuleuses richesses. Le réchauffement climatique et de nouvelles technologies les rendent désormais plus accessibles. La fonte de la calotte polaire s'accélère inexorablement et, avec elle, la compétition pour le contrôle de l'Arctique. Selon les experts du programme Damoclès de l'Union européenne, la banquise pourrait complètement disparaître en été dès 2015. Si les conséquences sur les écosystèmes s'annoncent inquiétantes voire tragiques pour la faune locale, la fonte des glaces offre en revanche des perspectives économiques considérables, mais aussi susceptibles d'exacerber les tensions politiques et d'amplifier les risques de pollution.

 

Un raccourci entre l'Europe et l'Orient

 

Selon une étude de l'US Geological Survey, le pôle Nord contiendrait 20 % des ressources énergétiques de la planète non encore découvertes. Et parmi les cinq États qui bordent l'océan Glacial Arctique, la Russie, qui détient plus de la moitié de ce littoral, se taille la part du lion. Près de 80 % des réserves de pétrole et 90 % des réserves de gaz et de charbon russes seraient situées dans la zone arctique. Dans la mer de Barents, le champ offshore de Shtokman, qui devrait entrer en production en 2013, renferme à lui seul 3 800 milliards de mètres cubes de gaz, soit la consommation de la France pendant quatre-vingts ans.

Ce nouvel eldorado a aiguisé les appétits du club des cinq (Russie, États-Unis, Canada, Norvège et Danemark) et donné lieu à des revendications territoriales inédites dans la région. Depuis 2001, la Russie réclame ainsi auprès de la commission ad hoc de l'ONU l'extension de son plateau continental via la dorsale Lomonossov, qui lui permettrait de contrôler près de la moitié de la haute mer polaire.

Pour faire valoir ses revendications, contestées par le Danemark et le Canada, Moscou a cru utile de les accompagner d'incursions de bombardiers stratégiques aux confins des zones de défense de l'Otan. De quoi interpeller le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jaap de Hoop Scheffer, qui s'est dit «sûr», il y a un mois, que « le Grand Nord va retenir encore plus l'attention de l'Otan dans les années à venir».

Les enjeux sont considérables. Selon Serge Ségura, expert en droit maritime, l'ouverture de nouvelles routes maritimes permettra «une économie de distance de 40 % entre l'Europe et l'Extrême-Orient». En octobre dernier, pour la première fois, un bateau de recherche scientifique, le Polarstern, a pu emprunter les passages du Nord-Ouest (le long de l'Amérique) et celui du Nord-Est (le long de la Russie) sans avoir à briser de glace. Mais la fonte de la banquise nécessitera aussi de gros investissements en matière de sécurité en raison d'une augmentation des glaces dérivantes.

De même, l'exploitation offshore des hydrocarbures induira une logistique aussi importante que coûteuse en matière de transport. La pêche, elle aussi, pourrait soulever une nouvelle foire d'empoigne, avec la migration attendue de certaines espèces (morue et hareng notamment) vers les eaux réchauffées de l'Arctique.

La bataille qui vient de s'engager a focalisé l'intérêt de la communauté internationale sur cette terra incognita. En août 2007, lorsque les Russes ont planté, à grand renfort de publicité, un drapeau en titane à 4 261 mètres de profondeur, il n'existait aucune cellule en charge de l'Arctique au sein du ministère français des Affaires étrangères. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

L'Union européenne s'est elle aussi mobilisée. En octobre dernier, sous la houlette de Michel Rocard, le parlement européen a plaidé pour l'adoption d'un traité international destiné à protéger l'Arctique, à l'instar du traité de Washington (1959) qui a fait de l'Antarctique une zone sans souverainetés nationales. Les experts ne se font pas d'illusion. Selon Serge Ségura, «les recettes appliquées pour l'Antarctique, un continent entouré d'océans, sont difficilement applicables à l'Arctique, un océan entouré de terres». L'UE en a déjà pris acte. Si elle vient de préconiser une meilleure gouvernance multilatérale, elle a entériné aussi «la promotion de l'exploitation durable des ressources » du pôle Nord








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Dimanche 15 mars 2009 7 15 03 2009 19:42
En parcourant le " Dictionnaire de géopolitique " d'Yves Lacoste , je suis tombé sur l'article  " Guadeloupe " ( situé à côté de Groenland........................... )

L'auteur y écrit :
" Il eut été possible d'instituer une région Antilles comprenant la Guadeloupe et la Martinique . Mais de vieilles rivalités opposaient les deux îles . La métropole eût accordé plus d'importance à la Martinique , et , surtout les Guadeloupéens en majorité , s'estimet méprisés par les Martiniquais qui sont en majorité des métis . De plus , il existe une différence dans la formation sociale des deux  îles , pourtant toutes deux trés marquées par l'héritage colonial des planations esclavagises . Pendant la Révolution Française , la Guadeloupe connut de luttes violentes , ce qui ne fut pas le cas de la Martinique , alors contrôlée par les Anglais " ( 1794 ) .
Avec le soutien des révolutionnaires envoyés de métropole par la Convention , les esclaes noirs se révoltérent en 1793-1794 contre les planteurs Blancs de la Guadeloupe .
Le groupe que formaient ces derniers fut anénanti , beaucoup s'enfuirent , à Cuba notamment .
Voilà pourquoi le groupe des békés ( planteurs balncs martiniquais " , dont le rôle est resté si important en Martinique , n'existe pas en Guadeloupe .

Le métissage y est beaucoup moins important . C'est ce qui explique que les dirigeants économiques et les capitaux d'origines métropolitaines ( sociétés anonymes , etc ) ou martiniquaise soient  extérieurs à l'île . Par ailleurs , les souvenirs des luttes très dures de 1793-1794 et de 1848 , à laveille de l'abolition de l'esclavage , restent trés vivaces parmi les Gaudeloupéens " 

Ceci m'amène à me poser les questions suivantes :

1- Nous aurait on menti ? ( sur la " continuité historique " entre les familles de planteurs esclavagistes et les " blancs " propriétaires de supermarchés ou de rhumeries de notre temps )

2- Pourquoi Lacoste n'a jamais été cité par les journalistes lors des derniers " événements " dans les Antilles ?

3 - N'y a t'il pas abus de language lorsque l'on parle de " Békés " en Guadeloupe , un abus soigneusement entretenu par le LKP et les mediats  ?

4 - Lacoste commet il une erreur dans son analyse ?

Finalement , un " Dictionnaire de Géopolitique " , que ce soit celui de Lacoste ou de Chauprade , c'est un peu comme le Bled ou le Bescherelle !
Il faut toujours l'avoir sous la main !



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Samedi 14 mars 2009 6 14 03 2009 23:33
Tous les mediats en parlent c'est pourquoi mon blog ne pouvait  pas laisser passer l'information : L'Occident " fête le jubilé de l'Hégire du Dalaï-Lama en Inde . Sans verser dans le pathos Dalaïlamaiste ou drouâdelômiste , je vous propose de rédécouvrir  l'operation de restauration de l'ordre constitutionnel au Tibet par l'Armée Populaire de Liberation au travers d'une " BD " oubliée . Ne voyageant pas malheureusement  avec  ma bibliothèque d'adolescent , je ne pourrais vous en montrer des extraits que dans cinq ou six semaines .La " BD ouliée " est tirée de la série " Aymone " parue dans le journal " SPIROU " entre 1975 et 1977.


Aymone est une jeune et ( trés ) jolie Antilliaise  du XVIe siècle. Un bracelet magique lui permet de voyager dans le temps.
Dans trois de ses aventures , Les louves du toit du monde , l'otage des neiges et l'Hiver de la trongue traque elle se trouve plongée , au sein d'un groupe de terroristes Tibetains , au milieu de l'operation de rétablissement de l'ordre constitutionnel au Tibet .
C'est ainsi qu'elle concourt à la destruction par engloutissement d'un convoi mécanisé de l'APL en faisant sauter un bouchon de glace retenant un lac .

Bien sûr le ton des aventures est pro-insurectionniste mais les sinophiles seront aussi comblés !
Je pense en particulier à la " commissaire Su " envoyée par Pekin pour remonter ,  manu militari , le moral parfois défaillant des soldats de l'APL .
Celle ci est vénéneusement sexy avec sa silhouette élancée , son chignon , son rouge à lèvres provoquant et sa cravache .Je la trouve particulièrement avenante lorsqu'elle observe négligemment le bombardement du Potala par l'artillerie de l'APL , fume-cigarette à la bouche , talons hauts , une longue robe de soirée échancrée laissant apparaître ses jambes longilignes .....................
Ceci dit , elle est tout aussi ravissante lorsqu'elle " interroge " ( avec sa cravache ) en hurlant un rebel Tibetain ou la malheureuse Aymone , en tenu d'officier de l'APL avec " col Mao  "ad-hoc .
Je suppose que c'est la moiteur des salles d'interrogatoire qui lui fait parfois déboutonner sa veste pour laisser poindre son anatomie que l'on suppose aussi généreuse que celle d' Aymone . D'ou peut être le titre ?
En attendant de vous livrer une ou deux planches , et d'admirer les magnifiques jambes de la commissaire Su , je vous propose d'admier celles d'Aymone , de visionner un sketch de Pierre Dac et Francis Blanche et un extrait de" Les Chinois à Paris  "








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