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  • : Blog initialement consacré à la géopolitique de l'Arctique . Il traite désormais de l'actualité politique , economique , socio-culturelle , historique et militaire et présente des analyses " non conformistes " .Il ne pretend pas à l' " objectivité " mais presente un point de vue alternatif , en opposition avec les pretendues " analyses " syndiquées des " mediats libres " des " democrassies occidentales "
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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 14:34
La toponymie a longtemps été en Europe un moyen de revandication territorial , particulièrement dans la période trouble de l'entre deux guerres ou plusieurs états contestaient une région en s'appuyant sur une toponymie d'origine Allemande , Tchéque ou Polonaise .
Une cité comme Katowice dont personne , aujourd'hui , ne conteste la Polonité n'était elle pas aussi la  Kattowitz Allemande avant que les corps francs Polonais , avec la complicité des militaires Français et des chefs politiques Français ,ne s' y livrent à un nettoyage ethnique de la population Allemande entre 1920 et 1921 ?
Le débat vient d'atteindre l'arctique .
La Chambre des Communes Canadiennes vient d'approuver à la quasi unanimité un projet de loi visant à renommer le " Passage du Nord-Ouest " en " Passage du Nord-Ouest Canadien " ( Canadian Northwest Passage " ) . [ 1 ]
Ce vote favorable a eu lieu malgrés l'opposition des chefs communautaires Inuits qui considérent que cette nouvelle toponymie ne prend pas en compte la présence millénaire des Inuits sur les rivages de cette voie d'eau septentrionale .
Selon le chef communautaire Inuit Paul Kaludjak , la région aurait du être rebaptisée " Tallurutik " comme elle est connue par les habitants indigènes . [ 2 ]
La première motion visant à renommer le " Passage du Nord-Ouest " a été déposée le 28 janvier 2008  [ 3 ]

Le " Passage du Nord-Ouest Canadien " fait l'objet d'un conflit de souveraineté entre le Canada qui considère qu'il dépend de sa juridiction nationale et les Etats-Unis ( mais aussi les états Européens ) qui considérent qu'il s'agit d'un corridor maritime international .

On peut désormais se poser la question si avec justesse la Douma Russe ne va pas vouloir renommer le " Passage du Nord-Est " en " Route Maritime Nord Russe " ?


Liens :
[ 1 ] Arctic sea route to be renamed 'Canadian Northwest Passage' - Article de Canwest News Service du 3 décembre 2009 .
[ 2 ] Aboriginals want their culture considered in any renaming of Northwest Passage - Article de Canwest News Service du 14 novembre 2009 .
[ 3 ] L'Arctique : Chronologie des faits marquants au Parlement canadien -
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Published by DanielB - dans Geopolitique
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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 14:17
MOSCOU, 5 décembre - RIA Novosti
Les célébrations du 68ème anniversaire de la contre-offensive des troupes soviétiques aux portes de Moscou ont commencé samedi dans la capitale par un dépôt de gerbes à la Tombe du soldat inconnu et au pied du monument au maréchal Gueorgui Joukov, rapporte le correspondant de RIA Novosti sur place.

"Nous devons tout, même notre vie, aux vétérans", a déclaré devant les journalistes Iouri Rosliak, maire adjoint de Moscou, participant à cette cérémonie traditionnelle.

Le mémorial à la Bataille de Moscou (1941) est érigé au coeur du Jardin d'Alexandre, près du Kremlin. Il fut inauguré en décembre 1966 afin de célébrer le 25ème anniversaire de cette bataille, qui fit entre 650.000 et 1.280.000 victimes au sein de l'Armée rouge mais qui en fut également sa première victoire majeure sur la Wehrmacht.

La bataille de Moscou, plus précisément la période de la fin 1941 et du début 1942, a changé le cours de la guerre. Lancée le 5 décembre 1941, l'offensive soviétique aux portes de la capitale a marqué l'échec de la doctrine hitlérienne de la "guerre éclair".

Note de l'Editeur :
Dans son ouvrage " Barbarossa " consacré à la guerre sur le front de l'Est , l'écrivain militaire pro-Nazi Paul Carell rend un vibrant hommage au rôle des troupes spéciales du NKVD , présentées souvent comme des sicaires par opposition aux soldats de l'Armée Rouge , dans la défense de Moscou .
Celles-ci organisées en commandos ont joué un rôle essentiel dans la lutte contre les blindés Allemands .

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 00:10
Je reprends sur ISZ , cet article du 28 novembre publié par Claude Bourrinet sur le site Vox.NR .
Il n' a rien à voir avec l'arctique , peut être  plus avec la Russie et ses " petits peuples " et les relations entre les " Russes ethniques " et les autres nations de la Fédération de Russie .[ 1 ]
J'invite les germanisants à ( essayer de ) se procurer le livre " Unser Amerika : Der deutsche anteil an den Vereinigten Staaten " de l'écrivain et géopoliticien ( Die Westliche Hemisphäre als Programm und Phantom des amerikanischen Imperialismus - Der Balkan Amerikas. Mit Kind und Kegel durch Mexiko zum Panamakanal ) Colin Ross , interdit dés 1940 par le FBI  aux Etats-Unis et aprés 1945 en Europe , mais ô combien révelateur de la politique Etasunienne envers ses minorités .
Il est disponible épisodiquement à des prix plus qu'abordables ( 10-15 Euros ) dans  toutes les bonnes crémeries d'enchères en ligne  .  

Cet article est  complété  par un extrait de " Winnetou " , représentation du monde Amérindien par l'écrivain Allemand Karl May .


Tout le monde a entendu parler de cette ordure de Custer (lieutenant-colonel Armstrong Custer), ce que le Nouveau Monde a produit de meilleur en matière d’arrivisme, d’infatuation, de poudre aux yeux et de lâcheté. Custer tirait gloire de massacrer les villages cheyennes, ne distinguant pas, par souci de justice sans doute, femmes, enfants et braves, lesquels n’avaient guère les armes suffisantes pour faire face à la technologie yankee.

Cela n’empêcha pas ce « héros » d’être écrasé, à Little Bighorn, à la date bénite du 24 juin 1876, par les Sioux conduits par leurs chefs Gall et Crazy Horse.
Tout patriote devrait célébrer cet évènement digne de mémoire.

Sitting Bull (v. 1834-1890), l’un des chefs sioux, n’était pas présent à cette victoire, qui s’avéra vaine tellement le destin historique était contraire aux peuples indiens.
Sitting Bull s’appelait, de son vrai nom, Tatanka Yotaka. En 1867, il s’opposa à l’annexion par le gouvernement U.S., des terres de son peuple. Après la bataille de Little Bighorn, il dut s’enfuir au Canada, poursuivi par la haine de ses ennemis.
Etant revenu aux Etats-Unis, l’industrie du spectacle tenta de le récupérer en le faisant participer au Wild West show du viandard Buffalo Bill. Sa déchéance parut s’achever, avec ce qui restait de son peuple, dans une réserve, à Wounded Knee, dans le Dakota du sud. Mais un sursaut d’orgueil transforma sa fin en martyre glorieux. Wovoka, un prophète de la tribu des Paiutes, avait enseigné à ses frères une religion qui annonçait, par la pratique de la danse de l’Esprit, le retour aux terres natales, la résurrection des ancêtres, la fin de la colonisation. Les autorités, après avoir assassiné le 15 décembre 1890 Sitting Bull, soupçonné d’être l’inspirateur de ces aspirations subversives, massacrèrent 200 Indiens désarmés.

Presque un siècle plus tard, le 27 février 1973, des membres de l’American Indian Movement s’emparèrent de Wounded Knee. Deux Indiens furent tués. Après un siège de soixante jours, les représentants du mouvement furent reçus à la Maison Blanche. On leur jura que le Congrès écouterait leurs doléances.

Aucune démarche ne fut entreprise pour donner suite à cette promesse.
Voilà des extraits de discours tenus par Sitting Bull, magnifiques textes qui n’ont pas vieilli, et qui sont en mesure d’inspirer tous les êtres attachés à leur terre :

« Voyez Mes frères, le printemps est venu ; la terre a reçu l’étreinte du soleil, et nous verrons bientôt les fruits de cet amour !

Chaque graine s’éveille et de même chaque animal prend vie. C’est à ce mystérieux pouvoir que nous devons nous aussi notre existence ; c’est pourquoi nous concédons à nos voisins, même à nos voisins animaux, le même droit qu’à nous d’habiter cette terre.

" Pourtant, écoutez-moi, vous tous, nous avons maintenant affaire à une autre race, petite, faible quand nos pères l’on rencontrée pour la première fois, mais aujourd’hui grande et arrogante. Assez étrangement, ils ont dans l’idée de cultiver le sol et l’amour de posséder est chez eux une maladie. Ces gens-là ont établi beaucoup de règles que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour leurs propres usages et se barricadent contre leurs voisins ; ils la défigurent avec leurs constructions et leurs ordures. Cette nation est pareille à un torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage.

Nous ne pouvons vivre côte à côte. »

(Discours prononcé en 1875)

« Quel traité le blanc a-t-il respecté que l’homme rouge ait rompu ? Aucun.

Quel traité l’homme blanc a-t-il jamais passé avec nous et respecté? Aucun.

Quand j’étais enfant, les Sioux étaient maîtres du monde ; le soleil se levait et se couchait sur leur terre ; ils menaient dix mille hommes au combat.

Où sont aujourd’hui les guerriers ?

Qui les a massacrés ?

Où sont nos terres ?

Qui les possède ?

Quel homme blanc peut-il dire que je lui ai jamais volé sa terre ou le moindre sou ? Pourtant ils disent que je suis un voleur.

Quelle femme blanche, même isolée, ai-je jamais capturée ou insultée ? Pourtant ils disent que je suis un mauvais Indien.

Quel homme blanc m’a jamais vu saoul ?

Qui est jamais venu à moi affamé et reparti le ventre vide ?

Qui m’a jamais vu battre mes femmes ou maltraiter mes enfants ?

Quelle loi ai-je violée?

Ai-je tort d’aimer ma propre loi ?

Est-ce mal pour moi parce que j’ai la peau rouge ?

Parce que je suis un Sioux ?

Parce que je suis né là où mon père a vécu ?

Parce que je suis prêt à mourir pour mon peuple et mon pays ? »

« Je tiens à ce que tous sachent que je n’ai pas l’intention de vendre une seule parcelle de nos terres ; je ne veux pas non plus que les Blancs coupent nos arbres le long des rivières ; je tiens beaucoup aux chênes dont les fruits me plaisent tout spécialement. J’aime à observer les glands parce qu’ils endurent les tempêtes hivernales et la chaleur de l’été, et - comme nous-mêmes - semblent s’épanouir par elles. » 


Sites  :

Winnetou


Le Western Allemand  - La série des Winnetou

Articles associés :

[ 1 ] " Il vaut mieux être Zyriane ( Komi ) ou Nenets en Russie que ....." ( 2 ) : La " Legende noire " de la " Prison des peuples

 



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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 22:08
Pour des raisons professionnelles je n'ai pu écouter ce matin qu'une petite demi-heure du programme de " questions - réponses " en compagnie du  Premier Ministre Russe Vladimir Poutine : «Разговор с Владимиром Путиным. Продолжение».
Celle qui était diffusée depuis la ville de Pikalevo et depuis la centrale hydro-électrique de Saïano Chouchenskaïa . Bien sûr si les réponses ont du être quelquefois préparées avant l'émission , il n'en reste pas moins que cet exercice de " démocratie directe " a montré un premier ministre Russe  trés au fait des problèmes de ses concitoyens et particulièrement humain . C'était le cas en particulier lorsqu'il répondait à une question d'une  " liquidatrice "  de la catastrophe survenue au cours de l'été 2009 ou lorsqu'il répondait à une retraitée sur les modalités de revalorisation des pensions .
Le " Verbatim " de l'émission  et les vidéos sont disponibles sur ce lien .
Dossier " La Ligne directe " de Vladimir Poutine sur le site de Ria Novosti .


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Published by Daniel BESSON - dans Opinions
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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 19:43




Nous avons vu dans ce blogue les conséquences du ( supposé ) réchauffement climatique global pour la Russie [ 1 ] et pour le Groenland [ 2 ] .
Un rapport établi par le TRNEE ( Table Ronde sur l'Environnement et l'Economie ) , organisme indépendant du gouvernement fédéral ayant pour mandat d'effectuer des recherches et de formuler des conseils sur les enjeux de développement durable intéressant le Canada et les Canadiens , souligne l'impréparation des infrastructures du Grand Nord Canadien à faire face aux conséquences du réchauffement climatique global . [ 3 ] - [ 4 ]
Cette impréparation pourraït à terme comprommettre les projets de développement de l'arctique Canadien  [ 5 ] et même menacer la souveraineté du Canada sur ces régions arctiques .
Tout comme la Russie , le Canada doit faire face à l'effet de la fonte du pergelisol sur ses infrastructures de communications , de transport énergetiques et même d'habitations .
Tout comme la Russie , le Canada est confronté à l'exercice de la souveraineté sur de vastes zones peu peuplées possédant de grands potentiels de richesses minières .
Or la mise en valeur de ces régions nécessite des conditions de vie décente et sécurisées pour les " pionniers " et les " autochtones " ( infrastructures d'habitation ) , des moyens de communication sécurisés et en bon état de fonctionnement ( routes , voies , ferrées , pistes d'aéroport )
Les infrastructures de transports énergetiques ( lignes à haute-tension )  et minières (  oléoducs ; gazoducs ; voies ferrées ) sont nécessaires poour l'évacuation vers les centres de consommation , de transformation et d'exportation des richesses minières et énergetiques ( petrole , gaz ) présentes dans les regions arctiques .
Ce rapport montre aussi que les décideurs politiques Canadiens , mais aussi Russes , doivent desormais intégrer dans leurs plans de développement des régions arctiques les effets du réchauffement climatique  , tout comme le font les planificateurs militaires [ 6  ] .
Dans le domaine militaire les infrastructures comme les pistes d'aéroport et les voies de communication ( voies ferrées , routes ) sont tout aussi utiles pour la projection dans la toundra , la défense opérationnele du territoire et l'exercice des missions de souverainté .
La publication de ce rapport survient en même temps que le gouvernement Canadien vient de désigner  WorleyParsons Westmar Ltd. pour la phase préliminaire des études d'un port militaire arctique , Nanisivik Naval Facility (NNF) au Nunavut , destiné à assurer une présence militaire accrue de la marine Canadienne dans la région .
La base de Nanisivik est destinée à devenir un hub logistique pour les missions de la marine Canadienne dans le grand nord durant la saison navigable . Sa construction doit commencer en 2011 et la disponibilté opérationnelle est prévue pour 2014 [ 9 ]-[ 10 ]
Selon le rapport du TRNEE , les conditions déja trés difficiles du Grand-Nord Canadien pourraient empirer avec les conséquences de la fonte du pérgelisol , particulièrement dans le domaine des communications .


OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 26 nov. 2009) - L'infrastructure et les collectivités du Nord canadien ne sont pas préparées à faire face efficacement à la menace émergente que pose le changement climatique aux routes, aux bâtiments, aux sites d'élimination des déchets industriels, à l'infrastructure de transmission de l'énergie et aux autres infrastructures essentielles, selon un nouveau rapport publié par la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie.

"Le Nord canadien est sur la ligne de front du changement climatique", affirme la TRNEE, ce qui exige un effort soutenu pour faire en sorte que l'infrastructure et les collectivités soient mieux préparées à s'adapter au changement climatique attendu, qui pourrait entraîner la dégradation du pergélisol, la fonte des routes de glace, des ondes de tempêtes et l'érosion des côtes.

Parmi ses 16 recommandations, Franc Nord : adaptation de l'infrastructure du Nord canadien au changement climatique suggère de mettre à jour les codes et les normes de construction et de génie, d'améliorer les données et l'information sur le climat et le pergélisol, d'examiner les changements à apporter au système d'assurance et d'utiliser les programmes fédéraux de financement des infrastructures pour faire en sorte que la construction des nouvelles infrastructures tienne compte de l'évolution du climat.

Le rapport arrive juste au moment où les nations du monde se rencontrent à Copenhague pour discuter de la meilleure façon de travailler ensemble pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, blâmés pour différents phénomènes arctiques comme la dégradation du pergélisol, la fonte de la glace marine et les changements aux régimes de précipitations. Par contre, si la diminution des émissions de carbone est importante à long terme, la TRNEE souligne que l'adaptation à l'échelon local est critique pour composer aujourd'hui avec des effets du changement climatique qui semblent inévitables.
"Le changement climatique connaît sa progression la plus rapide dans les régions arctiques, exigeant du Canada qu'il devienne un chef de file mondial dans les pratiques d'adaptation," explique le président de la Table ronde, Bob Page.  " Nous croyons que notre rapport s'inscrit dans un créneau important pour la mise en place par le gouvernement fédéral de sa Stratégie pour le Nord."[ 5 ]

Le rapport note que les routes de glace fondent plus tôt au printemps, forçant les collectivités à recourir à l'avion pour importer les produits de base, tandis que la fonte du pergélisol peut déstabiliser les fondations des bâtiments. Par ailleurs, l'augmentation des chutes de neige et les changements dans les conditions de glace ajouteront des charges sur les immeubles et les infrastructures de communications et de transmission de l'énergie, construits pour des conditions de neige et de glace différentes. La dégradation du pergélisol peut aussi miner les pistes d'atterrissage et les routes, tandis que les ondes de tempête augmentent le risque pour les collectivités côtières et peuvent forcer la relocalisation des infrastructures.

La Table ronde a constaté que les normes et les codes nationaux n'accordaient pas suffisamment d'importance aux intérêts et aux conditions du Nord et qu'il existait des écarts importants dans la disponibilité et l'accessibilité des données qui forment la base de la gestion des risques et de la prévention des pertes en matière d'infrastructure. La TRNEE a également constaté que la capacité des collectivités nordiques d'évaluer le risque posé par le changement climatique aux infrastructures était inégale et insuffisante. L'absence de stratégies coordonnées entraîne des réponses gouvernementales au gré des circonstances qui pourraient être inefficaces et coûteuses.

"Des bâtiments aux routes, des aéroports aux pipelines, les infrastructures sont essentielles à la sécurité des collectivités modernes,"  explique le président et premier dirigeant de la TRNEE, David McLaughlin.
"Cette nouvelle étude de l'infrastructure du Nord menée par la TRNEE offre des conseils pratiques pour rendre l'infrastructure plus résiliente et moins vulnérable au changement climatique."

La TRNEE s'est penchée sur le rôle de trois mécanismes clés pouvant être utilisés dans la gestion du risque pour l'infrastructure :

1. les codes, les normes et les instruments connexes, qui fixent les exigences de construction, d'entretien et autres de l'infrastructure;

2. les polices d'assurance, qui peuvent offrir des mesures incitatives de rajustement des primes afin de réduire le risque;

3. les politiques de gestion des catastrophes, qui peuvent augmenter le degré de préparation des collectivités et leur capacité de réaction en cas de catastrophe.

Voici quelques points saillants des 16 recommandations formulées par la TRNEE.

- Les codes et les normes nationaux d'ingénierie et de construction doivent être revus et modifiés pour tenir compte des risques découlant du changement climatique.

- Le gouvernement du Canada doit rajuster les moyens de financement pour le développement et la restauration des infrastructures, afin qu'ils deviennent des incitations à intégrer le risque de dommage causé par le changement climatique aux décisions en matière d'infrastructure.

- Les gouvernements et l'industrie de l'assurance doivent travailler ensemble pour que les produits d'assurance encouragent les modifications abordables à l'infrastructure pour tenir compte des risques liés au climat.

- Tous les ordres de gouvernements doivent collaborer avec les experts du Nord à élaborer les meilleures lignes directrices possible en matière d'aménagement et d'ingénierie pour le Nord.

- Le gouvernement du Canada doit investir dans la mise à jour et la transmission des données plus complètes sur le climat, les projections liées au changement climatique, et les informations en ce qui a trait à l'aménagement des infrastructures.

- Le gouvernement du Canada a besoin de diffuser l'expertise et l'expérience du Nord canadien dans la lutte contre les risques climatiques à l'infrastructure avec d'autres nations polaires dans le cadre de la Stratégie pour le Nord du Canada

Note de l'Editeur :
Il ne s'agit pas ici de prendre parti pour ou contre les prévisions parfois alarmistes et controversée d'organismes comme le GIEC .
Il s'agit de présenter des conséquences géo-politiques et géo-stratégiques dans l'hypothése d'un tel réchauffement . Le viel adage " prévoir , c'est gouverner " étant plus que jamais d'actualité .
Outre les éttas riverains de l'arctique , la planification climatique et ses conséquences sur la sécurité ( compétition  accrue pour les ressources , migrations - N'annonce t'on pas des " guerres du climat " [ 7 ] ) doit desormais être prise en compte par tous les chefs politiques et militaires

Documents :
[ 4 ]
Franc-Nord : Adaptation de l'infrastructure du Nord Canadien au changement climatique .
[ 5 ] Le Canada publie sa stratégie pour le Grand Nord : Notre Nord , notre patrimoine , notre avenir .
[ 10 ] Stratégie de défense Le Canada d’abord
" Les régions arctiques du Canada sont touchées par des changements climatiques qui transforment l’environnement, facilitant la navigation maritime et favorisant ainsi l’activité économique. La calotte polaire rétrécit, offrant de nouvelles possibilités de transport, de tourisme et d’exploration des ressources. L’ouverture de nouvelles voies navigables est considérée, notamment l’ouverture du passage du Nord- Ouest. Bien que cette situation promette d’être très lucrative pour le Canada, elle est également porteuse de nouveaux problèmes sur d’autres fronts. Elle pourrait aussi ouvrir la voie à l’augmentation d’activités illégales lourdes de conséquences pour la souveraineté et la sécurité du Canada et pouvant entraîner la nécessité d’obtenir de nouveau le soutien des militaires.

Le gouvernement s'est engagé à s'assurer que le Canada possède les outils dont il a besoin afin de faire face à la grande variété de menaces et de défis posés aux Canadiens. La Stratégie de défense Le Canada d'abord représente une étape majeure en ce sens en offrant aux Forces canadiennes les capacités dont elles ont besoin afin de mener leurs opérations à bien aujourd'hui et demain dans un environnement incertain."


Liens :
[ 3 ]L'infrastructure du Nord n'est pas prête pour le changement climatique, conclut la TRNEE - Depêche Marketwire du 26 novembre 2009 .
[ 9 ]  Canada's Government Awards Contract for Arctic Infrastructure Project - Depêche de Marketwire du 26 novembre 2009 .

Autres sites :
[ 7 ] Les guerres du climat sur EGEA

Articles associés :
[ 1 ]
L'Arctique Russe menacé par le réchauffement climatique
[ 2 ] Qaannaq s'enfonce à cause du réchauffement global et meurt de faim à cause de l'UE !
[ 6 ] L'US Navy va créer une " Task-Force arctique "tandis que la militarisation de l'arctique se poursuit
[ 8 ] Le pont sur le fleuve Iouribéï - Les nouvelles infrastructures de l'arctique Russe doivent s'adapter au réchauffement climatique .




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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 16:33

Le commentateur militaire Ilia Kramnik poursuit le débat dans les colonnes de Ria Novosti .
Il fait un rappel de l'histoire de l'Infanterie de marine Russe depuis la periode de Pierre le Grand et le raid contre la forteresse de Noteborg jusqu'aux combats de la Guerre contre la Géorgie en aout 2008 .
Il aurait pu aussi parler de l'action de la " Morskaya pekhota - Морская пехота " lors de la libération de la Crimée en 1944 ou des opérations dans l'arctique en octobre 1945 .


Ce 27 novembre était la Journée de l’infanterie de marine en Russie.
Cette fête est célébrée depuis 1996 en souvenir de la création du premier régiment de « soldats de la Marine » formé le 27 novembre 1705 sur décret de Pierre Ier.

Les unités destinées à l’abordage et au débarquement sont apparues pour la première fois en Russie au XVIIe siècle: un tel détachement servait par exemple à bord du premier navire de guerre russe Orel, construit sous le règne d’Alexeï Mikhaïlovitch. Ensuite, sous le règne de Pierre le Grand, des unités des régiments Preobrajenski et Semenovski ont été utilisées en tant qu’infanterie de marine dans les campagnes d’Azov. En 1705, lorsque la flotte est apparue sur la Baltique, il a été décidé de former une unité d’infanterie de marine permanente.

Durant les trois siècles de son histoire, l’infanterie de marine russe s’est distinguée dans de nombreuses batailles: des combats contre les Suédois pendant la guerre du Nord à la guerre des cinq jours d’août 2008 (le conflit entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud).   

La Marine de guerre russe compte actuellement cinq brigades de marines et un grand nombre de bataillons et de compagnies, y compris des unités spéciales. L’objectif principal de l’infanterie de marine est avant tout de participer aux combats sur la côte en débarquant des forces spéciales, mais, vu la situation mondiale aujourd’hui, cet objectif est devenu bien plus large.

Quelles sont les missions actuelles de l’infanterie de marine russe ? En plus de sa mission principale, c’est-à-dire le débarquement en lui-même, les unités de marines peuvent être utilisées dans les opérations de paix, la lutte contre les pirates, les opérations spéciales et les opérations à longue distance, ainsi qu’en qualité de forces d’accompagnement à bord de navires transportant des cargaisons particulièrement importantes, etc.

Pour accomplir ces missions, l’infanterie de marine emploie des navires de débarquement et des vedettes de différents types, des blindés, des hélicoptères et d’autres armements qui ne diffèrent presque pas de ceux des troupes terrestres.

La question de l’accroissement des possibilités de combat de la Marine de guerre, y compris de l’infanterie de marine (par exemple l’achat à la France d’un navire universel de débarquement de type Mistral et la construction d’une série de navires de ce type dans les chantiers navals russes) est actuellement vivement débattue en Russie.

Le 23 novembre, le Mistral est arrivé en visite amicale à Saint-Pétersbourg et de nombreux officiers de marine et spécialistes sont montés à son bord pour prendre connaissance des possibilités et des caractéristiques de ce navire. Le 27 novembre, le Mistral est parti pour effectuer des exercices avec la Flotte de la Baltique, au cours desquels des hélicoptères russes, y compris le Ka-52, se poseront sur le pont du navire.

L’attitude à l’égard de ce navire dépendra pour beaucoup des résultats de ces exercices, mais certaines conclusions ont déjà été tirées à l’issue du premier examen du navire.

Selon le rédacteur en chef de la revue Moscow Defense Brief, l’expert militaire Mikhaïl Baranov, qui a visité le navire, le Mistral représente un « projet bien réfléchi et équilibré de navire correspondant aux exigences concrètes françaises: c’est un navire d’expédition destiné aux opérations prolongées à longue distance, il peut également être utilisé en tant que navire de commandement, sa « composante combative » étant minimale.

Cette utilisation du navire est déterminée par son aspect: afin de de diminuer le coût du projet, le navire a été construit en se basant sur des technologies commerciales, sa résistance est bien moins élevée que celle exigée pour les navires de guerre, c’est pourquoi il rappelle à bien des égards un ferry boat civil. L’armement du Mistral se borne à deux rampes de lancement de missiles de combat rapproché, deux pièces d’artillerie de DCA de 30 mm et quatre mitrailleuses de gros calibre, c’est pourquoi il nécessite une escorte renforcée.

Le potentiel de débarquement du
Mistral n’est pas très grand, notamment à cause des grandes exigences de confort pour l’équipage et les marines en raison des longs séjours sur les théâtres d’opérations éloignés.

Le Mistral peut être également utilisé comme navire de commandement, comme hôpital flottant, comme base pour les opérations de paix et comme soutien dans les situations d’urgence.

Bref, pour être utilisé dans la Marine de guerre russe, le projet du Mistral a besoin de changements importants: il faut assurer le stationnement d’hélicoptères de fabrication russe, renforcer la DCA du navire et accroître ses possibilités de débarquement, en tenant compte qu’il est probable que le navire participe plus souvent à des conflits armés sérieux que dans le cadre des opérations pour la France.

Vu l’ampleur des modifications éventuelles du projet et son coût, on peut s’interroger: est-il opportun d’acquérir un navire de type Mistral ? Il y a dans le monde plusieurs autres projets de navires de cette classe et d’autres compagnies de construction navale capables de réaliser rapidement un projet en tenant compte de ces exigences concrètes.

Il ne faut pas oublier non plus l’existence du projet national UDK 11780 conçu au bureau d’études Nevski dans les années 80 du siècle dernier. Certes, ce projet ne peut pas être  immédiatement réalisé, il a besoin d’une sérieusement révision, compte tenu des exigences actuelles, mais, à la différence du Mistral, c’est un navire de guerre conçu en tenant compte des exigences de résistance plus rigoureuses et, par conséquent, capable, s’il est dûment équipé, d’accomplir un éventail plus large de missions.

Bref, il serait judicieux de lancer un concours parmi les grandes firmes étrangères et russes pour faire ressortir le projet qui correspond au mieux aux conditions russes, qui pourrait être perfectionné en collaboration avec la Marine russe et mis en œuvre rapidement. De cette façon, la coopération avec les constructeurs de navires étrangers peut apporter à l’industrie russe un avantage qui dépasserait l’effet de l’apparition de navires d’assaut universels dans la flotte russe.

 

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Published by DanielB - dans Defense
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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 14:26


Une interview publiée par le site " Le Courrier de Russie "

Aymeric Chauprade enseigne la géopolitique depuis 10 ans au Collège interarmées de défense. Il est l’auteur du grand traité Géopolitique : Constantes et changements dans l'histoire, devenu rapidement un manuel de référence. Son récent atlas de géopolitique mondial Chronique du choc des civilisations, en revanche, a déclenché une polémique qui s’est soldée par sa mise à pied, exigée par le ministre de la Défense.

 

Il se trouve que Chauprade défend et incarne une approche scientifique de la discipline qui prend en compte le « facteur culturel », et donc la représentation que les peuples se font d’eux-mêmes et des autres dans l’histoire. A ce titre, il a consacré au 11 Septembre un chapitre dans lequel il a entrepris de « montrer que le choc des civilisations, c'est d'abord le fait qu'une immense partie de l'humanité, en dehors du monde occidental, ne croit pas à la version officielle de cet événement donnée par le gouvernement américain et qui est devenue la version obligatoire des médias occidentaux. » Mais la distanciation scientifique n’est pas de mise sur tous les sujets.

 

Le Courrier de Russie : Dans l’entretien sur la Russie que vous avez accordé récemment à la NRH*, vous proposez une interprétation dans laquelle la stratégie de Poutine – et de Medvedev aujourd'hui – est aussi claire que déterminée. Sa politique en matière d’énergie n’est pas seulement « économique », elle est au centre d’un plan stratégique très précis. Dans le même entretien, vous dites aussi qu’il s’agit d’une réaction de la Russie à un certain sentiment d’encerclement, à une politique américaine qui détermine finalement la donne a priori, les acteurs les plus faibles se défendant avec les moyens dont ils disposent.

Aymeric Chauprade : Ce n’est pas en opposition, bien au contraire. La Russie se vivait comme assiégée par la géopolitique américaine avant l’arrivée de Poutine, et elle l’était. Les Etats-Unis et leurs alliés progressaient à la périphérie, dans l’Etranger proche de la Russie. Celle-ci s’est dit qu’elle devait retrouver son statut contesté de puissance régionale, et même de puissance internationale. Or elle n’avait qu’un atout sur la scène internationale : les ressources énergétiques. C’est le levier principal qui a été trouvé. En géopoliticien, je considère que les Etats ont une économie qui fait partie de leur puissance et je regarde le moment où l’économie rentre dans leur stratégie de puissance. C’est typiquement ce qui se passe aujourd'hui en Russie avec le secteur de l’énergie.

L’autre volet est indissociable de cette stratégie : il s’agit de savoir comment repousser l’avancée américaine avec les Révolutions colorées, par lesquelles les Etats-Unis entreprennent de faire basculer les uns après les autres les républiques de l’ex-Union soviétique dans l’OTAN et le camp américain, et d’étendre le bloc transatlantique jusqu’aux frontières de la Russie et de la Chine.

 

LCDR : Que peut-on dire, de ce point de vue, du cas des Etats-Unis avec leur système financier, dans un contexte de crise mondiale ?

A.C. : Les Etats-Unis disposent aujourd'hui de deux armes pour déstabiliser les puissances émergentes : leur présence militaire dans le monde, et la finance, qui n’est pas inodore et neutre. Je pense que les crises ne sont pas le reflet de la maladie générale d’un système ou de la surproduction de produits dérivés. Ces maux existent, mais des stratégies de déstabilisation, notamment de la Russie et de la Chine, s’immiscent dans la finance et l’orientent, faisant d’elle une arme au service du projet américain.

 

LCDR : Que voulez-vous dire quand, à propos des Etats-Unis et de la Russie, vous opposez unipolarité et multipolarité ? On comprend la notion de pluralité de centres de décision stratégiques, de rapports de puissance dans le contrôle des ressources énergétiques, etc. Mais on peut aussi se demander si la multipolarité ne doit pas supposer l’existence d’une pluralité de types d’organisations sociales. La Russie est-elle vraiment un modèle alternatif par rapport aux Etats-Unis ?

A.C. : Il faut revenir aux mots : pôle unique ou plusieurs pôles. L’unipolarité, c’est le modèle et le projet américains depuis les Pères fondateurs du Mayflower. C’est un projet messianique dans le sens où il vise à transformer le monde à l’image de la nation américaine. Celle-ci se vit comme une société aboutie, idéale, de libertés fondamentales. Si cette nation cherche à optimiser sa richesse sur le plan international, c’est pour des raisons liées au protestantisme et à l’idée de la réussite temporelle, matérielle, comme attestation de l’élection divine.

La multipolarité, c’est une autre vision du monde, d’un monde fait de nations et de civilisations différentes, et qui ont le droit de défendre leur spécificité. Ceux qui croient à cette forme d’organisation du monde pensent qu’il y aura moins de conflits si les pôles de puissance s’équilibrent entre eux, alors que la suprématie d’une puissance sur les autres créerait une instabilité permanente.

En fait, il ne faut pas considérer les Etats-Unis comme une nation au sens classique. C’est un acteur étatique, mais aussi un réseau de réseaux, un acteur trans-étatique. Le sociologue américain Lipset écrivait : « l’Amérique n’est pas seulement une nation, c’est une idéologie ». Les Chinois ne disposent pas de ces réseaux, et les Russes ne les ont plus depuis l’effondrement de l’URSS. La Russie est redevenue un Etat-nation classique, sans idéologie exportable. L’unipolarité et la multipolarité, ce sont donc aussi deux réalités à des moments différents. Le monde de 1990, avec l’effondrement de l’URSS et l’extension de l’OMC, avait l’air de tendre vers la première. Aujourd'hui, on revient à une réalité multipolaire, avec la Chine et la Russie. Et dans ce basculement, j’insiste sur le rôle de Poutine et je dis que son arrivée est un événement aussi important pour les relations internationales que le 11 Septembre. Il a pensé la puissance de la Russie par le biais de la stratégie énergétique, avec pour objectif une reprise de contrôle des ressources, une reconquête sur un certain nombre d’oligarques, pour les mettre au service de la reconstruction de la puissance russe, avec des leviers comme Rosneft pour le pétrole et Gazprom pour le gaz.

 

LCDR : C’est ce que vous expliquez dans l’entretien auquel nous avons déjà fait référence. Pourriez-vous nous en donner un exemple ?

A.C. : Oui, le démantèlement de Youkos suit un plan de reconstruction méthodique : reprendre physiquement la main sur les ressources, avec les deux grands opérateurs, puis faire en sorte qu’ils exportent dans des directions multiples s’équilibrant entre elles. Tout ne doit pas aller vers les Etats-Unis, contrairement à ce que pensait Khodorkovski. La Russie doit devenir indispensable pour les Européens, mais aussi pour les Asiatiques. C’est pourquoi le gaz est aujourd'hui redirigé en partie vers l’Asie.

 

LCDR : Beaucoup de gens, en Russie même, doutent de la viabilité de cette politique énergétique sur le long terme et critiquent la focalisation actuelle de tous les moyens disponibles sur un seul secteur. On revient ici à l’économie, la réussite économique n’étant plus alors l’attestation matérielle de la réalisation d’un projet hégémonique, mais le simple substrat sur lequel on peut asseoir une puissance.

A.C. : Les profils des pays sont très différents. La Russie, c’est un peu plus de 7% des réserves prouvées de pétrole, et plus du tiers des réserves prouvées de gaz. C’est un réservoir pour longtemps et c’est un pays qui a du charbon comme les Etats-Unis et la Chine. Il y a probablement encore un gros potentiel pétrolier, car c’est un pays qui a été peu sondé, contrairement à l’Arabie saoudite. C’est un facteur dont l’importance saute aux yeux : si on met le paquet sur ce secteur, on retrouve une utilité très forte dans le monde et on dégage de la richesse. Je ne suis pas sûr que ceux qui pourfendent le choix du tout énergétique aient raison. C’est seulement la première étape d’une stratégie de redressement politique.

 

LCDR : Un second problème se pose, celui des fluctuations du prix du pétrole dont la Russie est chroniquement tributaire. A-t-elle aujourd'hui les moyens d’opérer un contrôle quelconque sur le marché du pétrole ?

A.C. : Les Américains ont en tout cas de moins en moins les moyens de donner le ton sur ce marché. Il y a aujourd'hui un axe de contrepoids au pétrole américain et à ses alliés, Arabie saoudite en tête, qui s’est constitué : Venezuela, Kazakhstan, Iran, Russie. L’Iran détient la 2e réserve mondiale de gaz, et de pétrole. L’Iran, la Russie et le Venezuela sont d’accord pour ne plus vendre le pétrole en dollars et donc pour affaiblir le statut du dollar comme devise internationale. Cette logique selon laquelle le pétrole devrait être vendu dans des devises différentes (le rouble, le yuan, etc.) est portée par un nombre croissant de pays. On touche là au coeur de la puissance américaine : la centralité du dollar comme devise internationale, que les Etats-Unis ont maintenue grâce à l’invention du pétrodollar. Il me semble que l’on est là encore dans la multipolarité, en l’occurrence c’est la multipolarité monétaire qui est à l’ordre du jour. Depuis 2006, il s’est passé des tas de choses. Il ne s’agit pas seulement de la bourse de Kish créée par l’Iran pour vendre des produits énergétiques dans toutes les devises sauf en dollars. Il y a eu, en 2007 et 2008, tout un cycle de réunions entre différents pays, qui se sont accordés, y compris les pays de l’OPEP à l’exception de l’Arabie saoudite, sur cette idée de multipolarité monétaire.

 

LCDR : S’agissant d’évaluer les chances de réalisation de cette stratégie russe, on peut s’interroger sur les risques de chute dans un modèle d’économie de rente du type du Venezuela.

A.C. : Je trouve qu’il y a, par exemple, une grande différence entre la Russie et l’Iran, qui se concentre à 100% sur la rente pétrolière et gazière, sans autre vision que l’énergie pour durer. La preuve, c’est que les Iraniens veulent développer le nucléaire pour fabriquer leur électricité et pouvoir réserver le pétrole exclusivement à l’exportation. En Russie, il y a un véritable Etat capable d’insuffler une stratégie, et je crois que les interdépendances énergétiques vont déboucher sur d’autres natures de flux économiques. Quand un canal existe et qu’un premier produit passe, d’autres peuvent passer par la même voie, comme l’histoire le montre.

 

LCDR : Revenons pour fi nir à la question du modèle économique, c’est-à-dire aussi social. La multipolarité peut-elle être définie autrement que par son opposition à l’unipolarité ?

A.C. : Dans la multipolarité, chaque pays invente son propre rapport entre l’économie et l’Etat. Les Occidentaux s’offusquent souvent de certains types d’intervention de l’Etat dans des pays qu’ils souhaitent pénétrer. Or, il faut accepter ce qui relève à mes yeux d’une différence culturelle, et en particulier le fait que l’Etat a un rôle plus fort à jouer dans certains Etats que dans d’autres. Le rapport de la Chine à la propriété individuelle n’est pas du tout le même que dans le monde occidental. Il faut savoir, si on investit en Chine, que la propriété est fragile. A tout moment, l’Etat peut annuler une propriété privée s’il estime que le bien commun de l’empire l’exige.

C’est le problème de la pensée libérale : elle postule que tout doit fonctionner de la même façon partout. Or, il y aura de plus en plus d’interdépendances, mais entre des systèmes politico-économiques différents. La mondialisation bien ordonnée, c’est d’abord accepter le fait que la place de l’Etat en Chine et en Russie n’est pas la même que dans le monde occidental. Le principe de base, c’est le respect de la différence entre les modèles politiques, économiques et sociaux des nations.

 

Propos recueillis par Simon Roblin

simon.roblin@lcdr.ru

 

* « La géopolitique de la Russie », in La Nouvelle Revue d’Histoire, n° 38, sept.-oct. 2008.

Note de l'Editeur :

 

Je ne peux que souscrire à la démarche de M.Aymeric Chauprade de prendre  la représentation que les peuples se font d’eux-mêmes et des autres dans l’histoire.
C'est que le géopoliticien Karl Haushofer qualifiait de " prisme déformant de nos fantasmes " en parlant de la vision " occidentale " du Japon des années 20-30 .
Cela fait l'objet de la rubrique " Kulturkampf  " de ce blogue .
Demain sur RTR Planeta le premier ministre Vladimir Poutine répondra aux questions des auditeurs et des internautes . Deja 700 000 questions ont été posées .

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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 14:09

RAMBOUILLET, 27 novembre - RIA Novosti
Le producteur indépendant russe de gaz Novatek et le groupe français Total ont signé un accord sur la création d'une coentreprise spécialisée dans la mise en valeur d'un gisement de condensat de gaz dans la péninsule de Iamal (région arctique), rapporte un correspondant de RIA Novosti.

Le document a été signé par le directeur général de Total Christophe de Margerie et le représentant du Conseil d'administration de Novatek Leonid Mikhelson en présence du premier ministre russe Vladimir Poutine lors de sa  visite de travail en France.

Fondé en 1994, le groupe Novatek est le plus grand producteur de gaz naturel en Russie après Gazprom.
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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 11:06

Signe de l'intêret accru des responsables militaires Etasuniens pour l'arctique , l'US Navy  a décidé de metre en place une " Task Force arctique " (Task Force Climate Change - TFCC )  pour determiner quels équipements , quelles procédures , quelles stratégies  devront être employées dans l'arctique tant dans le domaine des équipements , des régles de navigation que des procédures et des matériels de communications .[ 1 ]
Cette Task Force fera plus appel aux bâtiments de surface , à ceux de l'USCG par exemple , qu'auparavant , l'essentiel des missions arctiques ayant été jusqu' à présent assurées par les submersibles comme ce fut le cas lors de la dernière mission de L'Uss Texas qui a fait surface à proximité du Pôle Nord à la mi-octobre 2009 ou lors des exercices ICEX 2009 . [ 2 ] - [ 3 ]
Lors des exercices ICEX 2009 l'Uss Helena et l'Uss Annapolis  ont effectué des lancements de torpilles pour vérifier les capacités opérationnelles de ces armes dans les eaux polaires .  Une fois le lancement effectué, la torpille est récupérée et envoyée aux Etats-Unis pour dépouillement des données.
Cette Task Force fera aussi appel de plus en plus à des  agences gouvernementales comme l'Applied Physics Laboratory , agence qui a déja participé aux exercices ICEX 2009 ou le Snow and Ice data center . [ 3 ]

L'ensemble des objectifs à atteindre durant les cinq prochaines années ont été définis dans une " Feuille de route arctique " publiée le 10 novembre dernier sous la signature de l'amiral Jonathan W. Greenert co-responsable des opérations navales ,et vise à la constitution d'un Strategic Implemention Plan ( SIP )( Action Item 1.4 ) déstiné à definir les stratégies et les politiques de l'Us Navy dans l'arctique ainsi qu'un renforcement de la coopération avec les forces armées étrangères ayant des interets dans l'arctique ( Action Item 1.8 ) .Cette Task Force aura  aussi pour objectifs d'appuyer les revandications Etasuniennes dans la région ( Action item 1.9 ) mais aussi à assurer la préparation au combat dans la région de l'Us Navy ( Action item 2.1 ) .[ 4 ]
Ce dernier item fait référence à la DAM ,certainement évaluer les capacités opérationelles du systéme AEGIS dans les eaux arctiques ,  ce qui pourrait justifier les craintes Russes d'une implantation d'élements navals de la DAM dans l'Océan arctique ou la Mer de Barents [ 5 ]
La nécessité de prévoir le comportement des autres acteurs de la région , principalement de la Russie , soulignée dans ce document va avoir pour corrolaire le renforcement des missions dites de " renseignement " .
Cette "feuille de route arctique " reconnaît aussi la possibilité de tensions accrues  dans la région ( p°6 ) du fait de l'interêt soulevé par la mise en valeur des ressources qui y sont présentes .

 "While the United States has stable relationships with other Arctic nations, the changing environment and competition for resources may contribute to increasing tension, or, conversely, provide opportunities for co-operative solutions,"
Cette feuille de route s'accompagne de projets de militarisation de la région déja en cours avec par exemple  la présence depuis 2007 de 36 chasseurs F-22 Raptor ( 20% de la flotte de l'Us Air Force de F-22 ) sur la base d'Anchorage en Alaska [ 6 ]
On ne peut que se poser la question à l'image de cet editorialiste : " Dans un contexte de guerre contre le terrorisme , contre qui vont être utilisés ces avions ? "- à Anchorage précisement NDLR "
'The real issue is, who are we going to fly the F-22 against?' 'I don't think al-Qaida is going to shrink back into their caves because there are F-22s flying overhead rather than F-16s.' [ 7 ]
Parmis les missions de ces F-22 basés en Alaska figure l'interception des vols d'entrainement de l'aviation stratégique à long rayon rayon d'action dans le secteur des îles Aléouetiennes [ 8 ] .Vols qui se font toujours dans l'espace aérien international .
Comme le souligne Rob Huebert du Centre for Military and Strategic Studies de Calgary  le langage employé dans ce document est double : D'une part il souligne la necessité de renforcer la coopération dans l'arctique mais il souilgne aussi la volonté de donner des nouvelles connaissances opérationelles aux militaires ( Assessment of current and required capability to execute undersea warfare, expeditionary warfare, strike warfare, strategic sealift (and) regional security co-operation  ) .[ 6 ]
On s'étonne de pouvoir encore s'étonner !
La " feuille de route arctique " de l'US Navy n'est pas la première directive de l'Us Navy concernant les implications stratégiques de la fonte de la calotte glaciaire arctique .
Des avril 2001 , l'Us Navy a tenu une conférence intitulée " Naval operations in an ice-free arctic "
Au mois d'octobre 2009 , la publication " Power games in the arctic ocean " du Contre-Amiral Kazumine Akimoto de l'Ocean Policy Research Foundation faisait la liste de ces documents tout en y incluant une vision Nippone au travers de l'ouverture de la RMN et de la guerre Russo-Japonaise de 1904-1905 .[ 9 ]
" The military use of the Arctic Ocean will bring forth the presence of naval power there, which signifies that the Arctic Ocean will serve as waters for power projection to land areas. "
Ca aussi on en avait parlé sur ISZ [ 10 ]

Liens :
[ 1 ] Navy preps for uncharted Arctic waters - Article du Navy Times du 24 novembre 2009 .
US navy braces for Arctic resources fight - Article de ABC News du 20 novembre 2009 .
[ 6 ]
U.S. navy plots Arctic push -  'Roadmap' details plans to enlarge fleet in northern waters - Article de l'Ottawa Citizen du 28 novembre 2009 .
[ 7 ] Air Force's F-22 Raptor meets criticism - Article de ABCmoney.co.uk du 6 aout 2007
[ 8 ] Russian strategic bombers perform Arctic patrol mission - Article de Ria Novosti du 20 novembre 2009 .

Articles associés
[ 2 ] .
L'USS Texas fait surface au Pôle-Nord sous le nez des Canadiens
[ 3 ] ICEX 2009 : Les Etats-Unis s'en vont en guerre dans l'arctique !
[ 5 ]Des élèments du bouclier anti-missiles dans l'Arctique ?
[ 10 ] La circumnavigation de l'Europe septentrionale et de la Sibérie par une escadre Russe est elle possible ?

Documents :

[ 4 ] US Navy Arctic roadmap
[ 9 ] Power games in the arctic ocean

[ 11 ] Naval operations in an ice-free arctic

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 16:43
Voilà qui vient confirmer ce que j'écrivais il y a quelques jours [ 1 ] et ce que publiais Rick Rozoff [ 2 ]
C'est , mine de rien , la deuxième fois que mon point de vue est confimé par M.Dmitri Rogozine !

BRUXELLES, 1er décembre - RIA Novosti

Certains pays membres de l'OTAN sont hostiles au partenariat avec la Russie, a déclaré mardi à Bruxelles le représentant permanent de la Russie auprès de l'OTAN Dmitri Rogozine à l'issue d'une réunion du Conseil Russie-OTAN au niveau des ambassadeurs.

"Il est tout à fait clair que certains membres de l'Alliance ne souhaitent pas avoir de relations de partenariat normales avec la Russie. Ils cherchent des prétextes pour inverser la situation", a indiqué M.Rogozine commentant la décision de la délégation canadienne de bloquer l'adoption des documents préparés pour la prochaine rencontre ministérielle Russie-OTAN programmée pour le 4 décembre à Bruxelles.

La Grande-Bretagne et les pays baltes ont appuyé les Canadiens, "le scénario avait été préparé d'avance", a annoncé le diplomate russe après la démarche canadienne.

"La situation s'est aggravée après que la Fédération de Russie eut présenté lundi le projet du Traité pour la sécurité européenne" à l'Alliance, a noté M.Rogozine avant d'ajouter : "ils étaient au pied du mur, ils devaient dire s'ils étaient pour ou contre".

"Toutes les ruses diplomatiques que nous avons observées à la rencontre ministérielle de l'OSCE à Athènes et au Conseil Russie-OTAN à Bruxelles, cachent le désir des partisans de la "guerre froide" d'empêcher tout compromis avec la Russie sur les questions de principe", a-t-il estimé.

Il s'agit avant tout du principal de "la sécurité indivisible de l'Europe" mentionnée dans le projet russe de Traité pour la sécurité européenne. "S'ils le mettent en doute, nous n'avons rien à leur dire", a noté M.Rogozine.

En été 2008, le président russe Dmitri Medvedev a proposé de créer un mécanisme de sécurité en Europe rendant impossible le monopole d'un seul État ou d'une organisation internationale sur les activités de maintien de la sécurité. Dimanche dernier, un projet du Traité pour la sécurité européenne a été mis en ligne sur le site du président russe. Lundi, il a été présenté aux organisations européennes.

Le document prévoit notamment que les pays signataires du Traité puissent considérer une attaque armée contre un autre État membre comme une attaque perpétrée contre eux-mêmes et se prêtent un soutien militaire, interdit aux pays signataires de prendre des engagements contraires aux principes du Traité. Le document est ouvert à la signature pour tous les pays de l'espace euro-atlantique et eurasiatique, de Vancouver à Vladivostok, pour l'UE, l'OSCE, l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), l'OTAN et la Communauté des États Indépendants (CEI).

Articles associés
[ 1
]" La Russie a dépassé les bornes " : Le gouvernement Conservateur Canadien reprend sa réthorique belliciste .
[ 2 ] Aux quatre points cardinaux: le Canada mène les affrontements de l'OTAN avec la Russie dans le Nord



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