Publié le 7 Mai 2009

Abstract - Canada and USA  wants to beef-up their presence in the arctic  - A new Senate report on Arctic sovereignty says Canada should arm its coast guard icebreakers and turn the North's Rangers into better-trained units that could fight if necessary. These statements for an " hard security " policy in the North are made after the completion of " Nunalivut 09 " military drills by Canadian army , navy and air force .
The federal government plans to step up its efforts to chart northern Canadian waters this year, as Arctic sea ice keeps shrinking and shipping traffic in the region grows.
The militarization of icebreakers suggested by senator Rompkey is dangerous for peace in the region : It erases borders between military , parmilitary and civilian missions .
At the same time at a US senate hearing , many Us lawmakers and analysts have urged the leadership to take care of Us interests in the arctic region . Scott Borgerson from the CFR who had previously a multilteral approach on the arctic issue , now suggests a more " robust " policy of the United-States towards  other arctic nations and especially Canada .All the lawmakers and analysts have suggested that the Us senate should ratify the UNCLOS .



Le senateur Bill Rompkey , connu pour vouloir ethniciser les forces arctiques Canadiennes , vient de publier à la tête d'une commission du Senat Canadien une recommandation qui préconise des mesures urgentes pour l'Arctique dont la création d'un " comité stratégique consultatif  pour l'arctique " afin de développer une " stratégie intégrée pour l'arctique " .
Compte tenu du nombre croissant de navires apellés à emprunter le passage du Nord-Ouest ,cette présence est indispensable affirme le sénateur Libéral qui prévient que " sinon , ce sera le chaos " .
Le Senateur Candaien a surenchérit en affirmant que les unités de Rangers qui ne font que des patrouilles et ne participent qu' à des missions de recherche et de sauvetage doivent être dotées de capacités de combat et que les brise-glaces , dont il recommande la mise en chantier au plus vite , doivent être armés .
Certains experts militaires Canadiens estiment que l'armement des brise-glaces est necessaire compte tenu de l'éloignement des zones ou ils auront à accomplir leurs missions .
Le Sénateur Rompkey se refuse toutefois à parler de " militarisation de l'arctique " et considére seulement que le Canada doit se donner les moyens de faire respecter les legislations prévues pour l('arctique .
Cette annonce d'une politique de " hard security " pour le Grand Nord Canadien survient apres la fin des manoeuvres " Nunalivut 09 " qui se sont déroulées du 30 mars au 20 avril 2009 dans le grand nord Canadien .
Je n'ai pas pu malheureusement pas vous en parler , mais je remercie chaleureusement le ministère de la Défense Canadien qui m'a fourni de la documentation sur celles-ci !
Les principales recommandations des sénateurs du comité sénatoria des pêches et des océans sont :

1- Le Canada doit maintenir ses revandications sur le caractère national des eaux du passage du Nord-Ouest et doit être capable de défendre ses revandications dans le cadre légal .
2- Le Canada doit développer une présence annuelle constante renforcée dans cette région ainsi que des capacités de maintien de l'ordre afin de montrer au monde que le Canada est prêt à controler de manière sérieuse le passage du Nord-Ouest , les intérets du Canada dans la région et les résidents Canadiens habitant le nord et qu'il est capable de faire de ce passage une voie maritime sûre .
3- Goose Bay au Labrador doit devenir une base peri-arctique pour les activités arctiques Canadiennes dans l'arctique , qu'elles soient liées à la pêche , à la science , aux missions de recherche et de sauvetage .
4- Le conseil maritime du Nunavut doit devenir un forum pour définir les missions prioritaires et leur  planification ainsi qu'un outil pour assurer la souveraineté du Canada sur les eaux maritimes arctiques .
5- Le Canada doit assumer un rôle de leadership en assurant une cooperation internationale dans les domaines
a ) des revandications sur le plateau continental
b) la creation de régles obligatoires de construction navale , manoeuvre , équipement des navires opérants dans les eaux arctiques basées sur les standarts Canadiens .
6- Le Canada doit manifester son attachement à une cooperaton internationale dans le cadre du Conseil Arctique en rétablissant le poste d'ambassadeur des affaires circumpolaires [ aboli en 2006 - On pourrait leur envoyer M. Michel Rocard ]
7- Le Ministére de la Défense doit accorder le statut de réservistes aux Rangers .
8- Le gouvernement Canadien doit établir un comité consultatif stratégique pour l'arctique sous la responsabilité du Bureau des affaires Indiennes et des Territoires du Nord qui devra controler et conseiller une stratégie intégrée pour le Nord . Ce comité devra comprendre des représentants du gouvernement fédéral et des agences fédérales concernées par l'arctique , avec un grand rôle pour les gardes-côtes , les représetants des différentsgroupes ethniques et des trois états concernés .
9- Les Inuits doivent être recrutés chaque fois que c'est possible de manière prioritaire das la Garde-Côtière .
Ce recrutement étant favorisé par la prevision de nombreux départs à la retraite .
10- La Garde-Côtière ,aux avants postes des defis maritimes auxquels doit faire face le Canada dans l'arctique doit élaborer elle-même et mettre en oeuvre une stratégie à long terme afin de la guider pour les années à venir .
11 - Tous les navires , quels que soient leur taille , entrant dans les eaux arctiques Canadiennes devront s'enregister auprés du NORDREG . Cet enregistrement est pour le moment declaratif et volontaire et non pas obligatoire .
12- Le gouvernement Canadien doit modifier la nature juridique des " Eaux arctiques Canadiennes " qui doivent  coincider avec la ZEE exclusive Canadienne dans la région .
13- Le gouvernement doit développer une politique d'acquistion à long terme de brise-glaces construits au Canada capables d'opérer tout au long de l'année dans les eaux arctiques . Ce plan doit s'intégrer dans une politique d'acquistion de navires qui met en avant la complementarité entre la Garde Cotière et la Marine Canadienne .
Le rapport souligne qu'entre le projet et le lancement d'un brise-glaces " lourd " il s'écoule un delai de 10-12 ans et que la deciion doit être prise au plus vite .
14 - Le déploiement de brise-glaces multi-missions est la solution la plus avantageuse sur le plan économique pour  assurer les patrouilles de surveilance et de souveraineté .

Le gouvernement Fédéral Canadien a d'autre part decidé de renforcer ses efforts de cartographie des eaux arctiques .Selon le service hydrographique Canadien , le traffic maritime arctique Canadien a augmenté de 25% entre 2007 et 2008 tandis que le nombre de navires transitants dans la region est passé de 50 en 2004 à
250 en 2007 . Actuellement seul 10 % des 7 millions de km2 des eaux arctiques Cnadiennes situées au dela du 60eme paralléle disposent de cartes à jour . La demande pour unecartographie précise des eaux arctiques Canadiennes va s'accroitre de la part des sociétés de transport maritimes opérant dans la région comme
Desgagnés Transarctik Inc. qui a réalisé l'année dernière la première liason commerciale dans le passage du Nord-Ouest . Pour effectuer cette cartographie des eaux arctiques , le service d'hydrologie Cnadien envisage l'utilisation de drones submersibles utilisés pour la cartographie du plateau continental.

De son côté au comité des Affaires Etrangères du Senat Américain , le sénateur démocrate du Massachussets John Kerry a mis en avant la necessité de prendre en compte les effets du réchauffement climatique dans l'arctique et a preconisé le lancement d'un nouveau brise-glaces . Cette declaration a été faite à l'issu d'une audition de deux heures sur les effets du rechauffement global dans l'arctique .
Son point de vue a été approuvé par la sénatrice Lisa Murkowsky, redactrice de la doctrine arctique Etasunienne , qui a souligné que dans l'arctique
 " commence un jeu d'échecs planetaire ou les Etats-Unis commencent la partie avec un manque crucial de pions " .
A cette audition était égalemment présent Scott Borgerson du Coucil on Foreign Relations , bien connu des lecteurs de ce blogue , qui a recomandé une politique " robuste " vis à vis des autres états riverains et plus particulièrement du Canada . On assiste ce faisant à une "ArielCohenisation " du discours de ce promoteur d'une politique multilatérale dansla région ................
Scott Borgerson a aussi suggéré de consulter les " peuples premiers  " de la région qui ont observé les changements de ces dernières années.
" Avec humilité nous devons écouter la sagesse de ces ainés " a t'il ajouté . Voilà qui devrait faire plaisir à Julie Kittka qui lutte depuis des années contre la marginalisation économique et sociale des populations Inuits de l'Alaska .
Lisa Speer , directrice du programme sur les Océans du Natural Resources Defense Council a recommandé que les chefs de l'executif , et plus particuliérement le président Barak Obama et la secretaire d'Etat Hillary Clinton , se préoccupent d'avantage de l'arctique . Elle a suggéré que le dossier de l'arctique soit au menu de la prochaine rencontre entre le président Obama et le président Russe M.Dmitri Medvedev en juillet prochain.
Lors du sommet du Conseil Actique qui s'est tenu à Tromsoe en avril dernier , M. Al Gore et le MAE Russe Sergeui Lavrov sont tombés d'accord pour faire de l'arctique un espace de coopération et non d'affrontement . Cette position a été confirmé par le vice secretaire d'état William Burns lors de la réunion
World Forum qui s'est tenue à Washington le 28 Avril .

"Bien que de nombreux sceptiques considèrent l'Arctique comme un champ de concurrence, pour nous le travail dans l'Arctique représente surtout un terrain de coopération avec la Russie"

"L'Arctique est susceptible de jouer le rôle énorme dans la coopération et devenir un point de contacts pour nos pays "

L'ancien vice-président Etasunien Al Gore , qui coprésidait le sommet de Tromsoe , s'est toutefois refusé à mettre la non-militarisation de l'arctique à l'ordre du jour .

L'ensemble des participants à l'audition a apellé le Congrés à ratifier la convention des nations-unies sur le droit de la mer .

Note de l'Editeur : Comme je l'ai deja souligné à plusieurs reprises , les brise-glaces sont un des moyens essentiels de projection de puissance et de souveraineté , avec les avions et hélicoptères , dans l'arctique et plus particilérement dans les eaux arctiques . La Russie dispose sur ce plan d'un avantage qualitatif et quantitatif certain sur ses principaux rivaux dans la région et la volonté des chefs politiques Russes qui financent la construction d'un nouveau brise-glaces à propulsion nucleaire de maintenir cet avantage est certaine . Le délai entre la conception et le lancement de ce type de navires est trés long , surtout pour des nations qui ne disposent pas de la " culture technologique " relative à ce genre de systèmes . Il est fort probable que les volontés Canadiennes et Etasuniennes de développer une " technologie indigène " ne pourront être réalisées et les Etats-Unis et le Canada devront utiliser des technlogues étrangères comme les Azipods (c) pour le système propulsif . Cette course-poursuite entammée avec la Russie dans le domaine des brise-glaces s'apparente de plus en plus à la célèbre fable de La Fontaine et est un rappel de la "Course à l'espace " des années 50-70 .

On pourra noter la similitude , sauf sur le plan de l'" ethnicisation " des forces armées , entre les directives Canadiennes et les directives Russes ou Etasuniennes .
Mais là aussi la Russie a fait office de précurseur et les reproches adressés alors à la Russie et aux chefs poliqtiques Russes peuvent être aujourd'hui facilement retournés contre les Etats-Unis et principalement le Canada . Le " durcissement " du discours de M. Scott Borgerson est à ce titre particulièrment significatif . Qui se sent morveux .....................
La militarisation de navires comme les brise-glaces , même s'ils appartiennent à la Garde-Côtière , est par contre un dangereux précédent . Cette militarisation efface les frontières entre les unités de sécurité civile , les unités militaires ou para-militaires . S'il est normal que des appareils militaires comme les avions de patrouille maritime participent à des opérations de rechercheet de sauvetage , ils le font non-armés [ en armes anti sous-marines par exemples ] et il clair alors que l'aéronef n'effectue pas une mission de guet aérien armé . Cette tendance à la " militarisation " de missions civiles , ou politique de " hard security " , est deja observable à la frontière entre la Norvège et la Russie .



Liens :

Set up Arctic strategy committee, Senate group urges Ottawa ( Article de CBCnews.ca du 6 mai 2009 ) 
              Arm icebreakers, beef up Rangers to assert Canadian control of Arctic: Senate ( Article deCanadaeast.com  du 6 Mai 2009 )
              Le rapport du Sénat Canadien ( en Anglais , indisponible pour le moment en Français !)
              Canada to boost efforts to chart Arctic waters ( Article de CBCnews.ca du 4 mai 2009 ) 
              U.S. seeks to boost presence in warming Arctic ( Article du newsminer.com du 6 Mai 2009 )
              Arctique: Washington disposé à coopérer avec Moscou ( Article de Ria Novosti du 28 Avril 2009 ) 
              Russia against increasing military presence in Arctic ( Article de Ria Novosti du 29 Avril 2009 )
              Les exercices " Nunalivut 09 "


Articles associés :
                
Bill Rompkey : Il faut ethniciser les forces arctiques Canadiennes

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Rédigé par DanielB

Publié dans #Les Canadiens dans l'Arctique

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Publié le 4 Mai 2009

Abstract : The Arctic Council will not let the EU get permanent observer status, despite the union’s growing interest in the High North. A dispute with Canada on seal product bans is the main reason of the Canadian rebuffal .
Ue has also irked most of the permanent members by its unilateral policy and projects in the region .

L'Ue a été déboutée de sa demande pour un poste d'observateur au Conseil Arctique lors de la réunion de Tromsoe , les membres permanents de cette institution ayant décidé de reporter les futures candidatures ( Italie avec statut spécial , Chine et Corée du Sud ) jusqu' à la prochaine réunion en 2011 .
Les principaux opposants à la candidature de l'Ue ont été la Norvège et le Canada . Ce dernier par la voix de son ministre des affaires étrangères Lawrence Cannon a relayaé les critiques du représentatnt du Nunavut portant sur l'interdication de la commercialisation au sein de l'Ue des produits issus de la chasse du phoque :
" “Canada doesn't feel that the European Union, at this stage, has the required sensitivity to be able to acknowledge the Arctic Council, as well as its membership, and so therefore I'm opposed to it "
L'autre sujet qui a irrité les membres permanents est la politique unilatéraliste décrétée par l'Ue , qui n'a pas consulté les membres permanents du conseil , dans sa  doctrine arctique publiée l'année dernière .
La présidence du Conseil Arctique est désormais assurée par le Danemark .
Dans sa déclaration finale , le MAE Norvègien Jonas Gahr Store a souligné les principaux axes de la politique du conseil pour la nouvelle présidence :
1- Les opérations de recherche et de sauvetage
2- L'établissement de normes de sécurité pour le transport et la production de pétrole et de gaz dans l'arctique .
3- L'établissement d'une task force pour détecter et réduire les émetteurs de substances à effet de serre hors CO2 , le méthane par exemple .

Liens : Canada slows Eu entry to Arctic Council ( Article du Financial Times du 29 Avril 2009 ) 
             La déclaration finale de la reunion de Tromsoe 
             Le site du Conseil Arctique

Articles associés : le Japon postule au Conseil Arctique et l'Ue fait profil bas 
                                    Le premier ministre du Nunavut s'oppose à la présence de l'Ue au sein du conseil arctique 
                                 

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Rédigé par DanielB

Publié dans #Geopolitique

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Publié le 4 Mai 2009

VYBORG, 28 avril - RIA Novosti. Des munitions et deux voiliers vieux de 200 ans ont été découverts dans la mer Baltique où passera le gazoduc Nord Stream, ont annoncé mardi à Vyborg, non loin de Saint-Pétersbourg, les spécialistes chargés du projet.

"Une vingtaine de munitions conventionnelles ont été découverts dans le secteur où sera construit le pipeline. On en a trouvé une trentaine en Finlande, une en Suède. Trois armes chimiques se trouvaient dans les eaux danoises", a indiqué Neel Strobeck, directrice des projets d'infrastructure de la société danoise Rambøll chargé d'évaluer l'influence du projet Nord Stream sur l'environnement.

"Des armes chimiques ont été abandonnées dans ce secteur (à l'est de l'île de Bornholm). Le gazoduc contournera la zone où sont submergées les munitions. (...) La pose du tuyau n'aura pas d'effet négatif sur l'environnement de cette région", a indiqué Mme Strobeck.

Les spécialistes ont également découvert deux voiliers commerciaux ayant coulé au XVIIe siècle et susceptibles d'intéresser les archéologues, a rapporté l'ingénieur en chef du projet Nord Stream Simon Bonnell. Nord Stream AG en a informé les autorités de la région de Leningradskaïa.

Nord Stream est un itinéraire foncièrement nouveau pour l'exportation de gaz russe vers l'Europe (avant tout vers les marchés allemand, britannique, néerlandais, français et danois), qui reliera Vyborg (Russie) à Greifswald (Allemagne) en contournant les pays de transit traditionnels.

Sa première conduite, longue de 1.200 km et d'une capacité annuelle de 27,5 milliards de mètres cubes, doit entrer en exploitation en 2011. L'opérateur du projet est la société Nord Stream AG enregistrée en Suisse et détenue à 51% par Gazprom, à 40% par les allemands Wintershall Holding et E.ON Ruhrgas et à 9% par le néerlandais Gasunie. Gazprom affirme que les partenaires ont abordé les négociations sur l'adhésion de Gaz de France Suez au projet.

Articles associés :
De Pierre le Grand à GAZPROM

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Rédigé par DanielB

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Publié le 3 Mai 2009

Encore un article sur la pandémie de grippe dite " A (H1N1 ) " , l'actualité étant assez importante .

1- On vient d'assister à une curieuse bataille sémantique autour du patronyme à donner à ce virus .
Tout d'abord baptisée " porcine " , elle fut appelée " Mexicaine " avant de se trouver la désignation définitive ( ? ) de " A (H1N1) " . En analysant l'évolution de ces désignations , on constate que tout d'abord elle fut  débaptisée de " porcine " à " Mexicaine " afin de ne pas froisser le ministre de la santé Israélien , un ultra-orthodoxe juif , et les multi-nationales de l'agro-alimentaire , que l'on soupçonne par ailleurs d'être en partie responsables du fléau ,  pour ensuite être dépabtisée de " Mexicaine " en " A(H1N1 ) " afin ne pas ostraciser les Mexicains .
On comprendra bien vite pourquoi la proposition de certains scientifiques de la nommer " Grippe Nord-Américaine" n' a pas été retenue .....................
Voilà de curieuses priorités de la part de l'OMS : Savoir si le navire qui coule doit s'appeler " TITANIC " ou " TENACITY " pour satisfaire un passager !
On croyait avoir atteint les sommets du politiquement correct lorsque il fut question de donner des prénoms masculins , et non plus uniquement féminins , aux cyclones et tempêtes tropicales , mais non .

2- Les réactions des divers états face à la pandémie qui se dessine ont montré leur indépendance vis à vis de ce que l'on appele la " communauté internationale" .
Les chefs politiques Français ont du quémander à Bruxelles  en robe de bure , les pieds couverts de cendres et la corde au cou des autorisations de contrôles aux frontières .
La Russie a instauré le contrôle aux frontières et décidé l'embargo sur tous les produits à base de porc en provenance des Etats-Unis .
Il est clair qu'entre des états qui ont totalement adhérés aux principes de " la libre circulation des personnes et des marchandises " et d'autres états historiquement plus protectionnistes et moins liberaux dans ces domaines , les " tendances lourdes " sont réapparues .
Mais il est vrai que la Russie ne fait partie ni de l'Ue , ni de l'OMC et les réactions outragées de ce dernier organisme multilatéral et supranational semblent peu impressioner le gouvernement Russe , y compris des sanctions éventuelles qui pourraient être brandies .
D'autres états comme la Chine , la Serbie , l'Argentine , Cuba , le Brésil , le Japon , l'Egypte , ....... ont adopté des mesures intermédiaires dans le contrôle aux frontières et sur l'embargo de viande de porc en provenance d'Amerique du Nord .

3- Les divers " machins " , OMS , OMC , ONU et FAO , ont de plus en plus de mal à adopter une ligne commune et un langage commun . Au même moment ou l'OMS condamne l'Egypte pour avoir lancé l'abbatage systématique des porcs précisant que les porcs ne transmettent pas la maladie et ou l'ONU et l'OMC condamnent la Russie , la Chine , la Serbie , les Phillipines ,l'Ukraine pour avoir instauré des mesures d'embargo total ou partiel sur la viande de porc et ses dérivés , la FAO recommande une vigilance accrue sur les élevage porcins aprés la découverte d'un foyer de contamination au sein d'un élevage au Canada ( transmission homme-animal ) ( 1 )
De purement sanitaire , l'enjeu devient économique , politique et même idéologique : Il faut à tout prix , y compris à celui de la santé des populations , ne pas déroger au principes libre-échangistes .
Ce " rififi " dans les organisations multi-latérales met en tout cas sérieusement à mal les discours des partisans d'un " gouvernement mondial " .

4- Il est fort probable que si la pandémie se confirme , va se poser la question de la protection des brevets sur les medicaments comme le Tamiflu (c) . Certains états desireux de protéger leurs populations vont certainement devoir " nationaliser " la production de ces molécules indépendemment d'un accord avec les propriétaires et les laboratoires détenteurs des brevets .
Ici encore les " régles " multilatérales d'une mondialisation harmonieuse vont être mises à mal .

5- Au delà de l'aspect sanitaire du problème , c'est l'autonomie et l'indépendance des états qui est donc en jeu dans cette crise . Il y a vingt ou trente ans , des mesures renforcées de contrôles aux frontières et d'embargo pour des raisons sanitaires seraient passées innaperçues et en tout cas n'auraient  pas fait l'objet de " condamnations " d'organisations multilatérales ou supranationales . En cas d'aggravation de l'épidémie , de sa transformation en pandémie , les chefs politiques des états " mondialistes et multilatéralistes " devront faire face à la pression des opinions publiques qui auront de plus en plus en plus de mal à accepter le maintien de la " libre circulation des personnes et des marchandises " . L'exemple des bagagistes de Roissy CDG qui viennent de faire valoir leur droit de retrait est là pour le prouver .



Note de l'Editeur : N'en déplaise aux ministres de la santé Israéliens , aux islamistes et aux multinationales de l'agro-alimentaire , je continuerais à poster sous la dénomination de " Grippe porcine "

( 1 ) " La transmission du nouveau virus H1N1 d'un homme à un élevage de porcs annoncée par les autorités canadiennes est un motif de préoccupation et démontre la nécessité d'une surveillance accrue des élevages
porcins - Nous sommes préoccupés par ce qui s'est passé, mais nous ne cédons
pas à la panique- Cela renforce  simplement le principe selon lequel la surveillance des porcs doit être intensifiée."















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Rédigé par DanielB

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Publié le 30 Avril 2009

Avant de reprendre l'actualité de l'arctique apres cette interruption du blogue pour des raisons familiales , quelques reflexions sur l'actualité de la semaine phagocytée ( ! ) par la pandémie de grippe porcine ou de grippe Mexicaine .
Ce ne sont ni les reflexions d'un medecin ou d'un epidemiologiste mais d'un simple observateur de l'acualité .

Ce qui apparaît , ou plutôt qui transparaît tant les mediats chechent à l'occulter , c'est le retour en force de l'état souverain et en particulier dans ses fonctions régaliennes de contrôler les allées et les venues aux frontières portuaires ou aeroportuaires ainsi que dans son monopole d'usage de la force pour empêcher des reunions ( sécurité extérieure et sécurité intérieure ) susceptibles de propager une épidémie .

1- En organisant le contrôle sanitaire aux frontières , avec l'usage par exemple de cameras thermiques pour detecter la fièvre au Japon , l'état ou plutôt les états créent un maillage qui empêche la propagation du virus en detectant les porteurs eventuels . Plus ce maillage est serré , c'est à dire par exemple en Europe en decrêtant une sortie temporaire du dispostif Schengen , plus les chances de detecter les malades sont grandes et plus la propagation du virus est entravée . Tout le monde comprendra qu'un voyageur malade se rendant en Italie via la France a plus de chances d'être  repéré et soigné s'il passe à travers deux controls successifs : L'un à son entrée dans l'espace Schengen à Roissy CDG par exemple , et l'autre à son arrivée en Italie en provenance de France .
De la même manière alors qu'un nouveau foyer semble apparaîte en Espagne , j'ai été consterné de voir ce jour des centaines de camions en provenance de la peninsule Ibérique sur l'A7 comme si rien n'était .

En 1990 dans le Nordeste du  Bresil au Ceara , j'ai pu assister au quadrillage des routes et des villages par l'armée Brésilienne lors d'une épidémie de Choléra . C'est ainsi qu'entre Bélèm et Fortalezza , lors d'un voyage en bus de douze heures nous avons été controlés six fois . Seul un état disposant de ressources et de forces armées suffisantes peut mettre en place un tel contrôle interieur systématique pour juguler une épidémie .


Les chefs politiques Français en s'abaissant à demander à Bruxelles l'autorisation dinterrompre les vols en provenance ou à destination du Mexique commetent en cela un crime de haute trahison .
Il faut donner raison aux états souverains qui ont encore pu exercer leur autorité en interdisant en son temps l'entrée sur leur territoire de personnes porteuses du SIDA , de la grippe aviaire ou du SRAS alors qu'ils ont du subir les foudres d'organisations mondialistes comme l'OMS .


2- En interdisant certaines reunions publiques sur son territoire , y compris par la contrainte de la force , l'état Mexicain a pris des decisions justifiées par des considerations sanitaires locales Mexicaines qui ne relévent pas d'une institution multilatérale et supranationale . Il est est de même de la décision souveraine de l'état Egyptien qui a décidé de procéder à l'abbatage des porcs . Ces considérations locales Mexicaines ou Egyptiennes ne sont pas le conditions Françaises , Espagnoles , Italiennes , Norvégiennes ( deux cas suspects viennent d'être signalés à Tromsoe ) , Canadiennes ou Russes .
En faisant face de manière ferme à cette épidémie , l'état Mexicain retrouve aupres de son opinion publique et aupres de l'opinion publique internationale la credibilité qu'il semblait avoir perdu face aux cartels de la drogue.
La " frontière " qui est une des marques de l'état retrouve ici tout son rôle et sa raison d'exister dans une période ou il n'est question que de les abolir .


3- Cette compétance des états ne doit pas s'effacer devant la " réponse coordonnée " , qu"elle soit à l'échelle régionale , continentale ou mondiale dont on nous cesse de gonfler les oreilles ces derniers jours . Cette réponse coordonnée, bien sûr tout à fait nécessaire ,  ne doit pas empiéter et diminuer les prérogatives des états .Elle doit s'exercer dans le cadre d'une coopération sanitaire entre états souverains pouvant à tout moment mettre en oeuvre , ou refuser de mettre en oeuvre , telle ou telle mesure de santé publique .

4- Pour faire face à des épidémies l'état Brésilien et l'état Indien ont a plusieurs reprises nationalisés des brevets privés concernant des molècules souvent detenus par des firmes transnationales . Ce faisant ils ont contrevenus aux accords multilateraux sur le commerce et en particulier ceux portant sur la protection des brevets mais ils ont pu protéger leur population . Ici encore , c'est la puissance d'un état qui a été necessaire face à ces acteurs non-étatiques que sont les sociétés transnationales mais dont la puissance à l'époque , les années 70 , était deja importante . Or le Brésil des années 70  c'est un junte militaire et l'Inde des années 70 c'est Indira Gandhi , c'est à dire des " états forts " .
De la même manière , ce sont les puissances publiques  Brésilienne et Indienne qui ont formé  et encadré les dizaines de milliers de volontaires civils , les militaires , qui assuraient les vaccinations dans les rue , les campagnes , les sorties de bus , les magasins , ............les bordels .

L'exemple de l'Union Européenne qui a décidé " d'entammer des pourparlers" avec les laboratoires Roche pour la production de Tamiflu (c) montre par contre l'impuissance de cette institution supranationale en comparaison des deux exemples sus-cités .
Notons que c'est cette même Union Européenne qui lors l'épidémie d'ESB enjoignait aux états, et en particulier à la France ,  à " ne pas dramatiser la situation afin de ne pas développer l'anglophobie " !

5- Ce sont les actions de l'état au travers de " grands travaux " dans le cadre de l'aménagement du territoire , Etat Français à partir de 1942  et Italie Fasciste par exemple  , qui ont rendu vivables des régions inhospitalières et dangereuses comme la Camargue , le littoral de la plaine du Pô et les marais Pontins . Il faut se souvenir que dans ces régions la malaria tuait encore il y a un siècle ! [ De la même manière qu'elle tuait dans le Marais Poitevin et Bretagne ] Oui ! On mourrait de la malaria aux portes d'Arles en 1900 et cette maladie ne fut éradiquée de Corse qu'en 1950 .
Seuls les garanties accordées par les Etats Français et Italiens aprés la seconde guerre mondiale ont pu y péréniser , avant l'intervention de Bruxelles , la riziculture faisant de ces " zones de non-vie " , des regions prospères .


Au delà de ces cinq premières reflexions , une autre plus large sur la " mondialisation " . Le mexicain José Vasconcelos dans " A raza Cosmica  " avait déja entrevu en 1928 les conséquences des progrés techniques dans le domaine des transports et en particulier du transport aérien : Une plus grande interpenetration des sociétés et un " métissage global " .
Dans les années 70 , la montée en puissance de ce transport aérien et surtout sa democratisation a initié le débat sur la sécurité sanitaire . Lors de l'ouverture de l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle , une reflexion a été menée dans l'émission de prospective " l'avenir du futur " ou un médecin déclarait qu'un projet d'hôpital aeroportuaire avait été envisagé mais par la suite abandonné car à l'époque on craignait qu'il ne ..........serve à rien !
Roissy CDG maintient donc une compagnie de chasse-neige qui sert une année sur quatre , cinq ou six jours par an , mais a refusé d'investir dans un plateau sanitaire digne de ce nom .

La multiplication des pandémies ces dernières années monte que l'existence de ces " Fort Bastiani " sanitaires est nécessaire , de même qu'il faudra des " Lieutenant Drogo " pour les garder .Car les pandémies arriveront par ce moyen privilégié de transport qu'est l'avion dans les aéroports comme les Tartares sont apparus devant le glacis du Fort Bastiani .
Là encore l'action de la puissance publique sera primordiale a un moment ou l'état Français , ou du moins ce qu'il reste , cherche à se désengager du secteur de la santé .




Pour illustrer cet article , une photo du " Mur de la Peste " érigé par le Royaume de France et les territoires Pontificaux , c'est à dire des états , lors de l'épidémie de peste de 1720 . Le mur était gardé par la force armée .

Déja , par un arrêté du 10 janvier le Parlement de Provence avait décidé lors d'une épidémie précédente de limiter aux seuls ports de Marseille et de Toulon l’accès des navires venus en « droiture » des pays levantins. Cet exemple fut suivi par la République de Gênes, en 1661. Cette décision avait pour corollaire la mise en quarantaine dans une annexe du port des bâtiments suspects, d’où la création de lazarets :

« La Cour ordonne que tous patrons et mariniers conduizants vaisseaux et barques venant des parties du Levant ou Barbarie et Midy prendront port et feront des contes ès villes et ports de Marseille ou Thollon respectivement où ils feront voir leurs patentes de santé ou faict inhibition et deffences aux dits patrons et mariniers de descendre ny prendre port en autre port ny décharger aucuns mariniers ny marchandises en autres ports de la dite province à peine de la vie et dix mil livres d’amende. »



Liens : Article Wikipedia sur le Mur de la peste 
             La plaine du Pô en 1916

 L'illustration filmique est constituée par " Le Hussard surle toit " dont l'action se déroule durant une épidémie de choléra , toujours en Provence .

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Rédigé par DanielB

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Publié le 24 Avril 2009

Par Andrei Grozine, chef du département Asie centrale et Kazakhstan de l'Institut des pays de la CEI, pour RIA Novosti

La sonnette d'alarme vient de retentir pour Gazprom: d'importantes ressources pétrolières et gazières du Kazakhstan sont passées sous le contrôle de compagnies publiques chinoises. Pékin accorde un crédit de 10 milliards de dollars à Astana (capitale du Kazakhstan), en échange d'une participation à d'importants projets énergétiques et d'infrastructure dans ce pays. La CNPC chinoise (China National Petroleum Corporation) prévoit d'acheter la moitié de la compagnie Manguistaoumounaïgaz au monopole gazier kazakh Kazmounaïmaz. Poursuivant son expansion pétrolière et gazière, la Chine atteint ainsi directement le littoral de la Caspienne qui, comme on le sait, fait partie de la zone des intérêts nationaux et géostratégiques de la Russie.

La politique d'Astana penche ces derniers temps en faveur d'une extension de la présence de la Chine dans l'économie kazakhe. Un tiers du pétrole produit au Kazakhstan, soit plus de 20 millions de tonnes par an, appartient déjà aux compagnies chinoises. Cela fait visiblement l'affaire des autorités du Kazakhstan, sa coopération avec l'"Empire céleste" lui permettant de diminuer sa dépendance, que ce soit vis-à-vis des compagnies occidentales, en ce qui concerne les conditions d'investissement, ou de l'influence de la Russie sur le transit des combustibles vers les marchés mondiaux.

Cependant, il ne faut pas oublier que la coopération économique de Pékin avec les pays étrangers (y compris le Kazakhstan) vise uniquement à atteindre les objectifs du développement de l'économie chinoise. La somme de 10 milliards de dollars est insignifiante pour la Chine, compte tenu de ses réserves, qui avoisinent les 2.000 milliards de dollars. Le problème qui préoccupe aujourd'hui Pékin est plutôt de savoir où investir avantageusement cet argent. Dans le même temps, avec ces nouveaux accords sino-kazakhs, la Chine accède à des ressources très importantes. Manguistaoumounaïgaz possède 36 gisements, dont 15 sont en exploitation. Selon les estimations des experts, les ressources de pétrole dont dispose cette compagnie kazakhe se montent, au total, à 1,32 milliard de barils, ce qui représente, en prix actuels, environ 65 milliards de dollars. Par conséquent, la CNPC recevra environ 16,3 milliards de dollars.

L'acquisition des actifs de Manguistaoumounaïgaz par la CNPC va renforcer les positions chinoises et affaiblir celles de la Russie et de l'Occident dans le secteur énergétique kazakh. La Chine devient non seulement un acteur majeur sur le marché régional, mais aussi le détenteur d'importantes ressources lui permettant de rectifier en sa faveur la stratégie pétrolière du Kazakhstan.

Il faut que la Russie réfléchisse très sérieusement à ce tournant dans la politique multivectorielle de son allié stratégique.

Les événements de ces dernières semaines témoignent, globalement, d'une nouvelle escalade de la lutte mondiale pour l'héritage énergétique postsoviétique. Par exemple, la polémique qui se poursuit entre le Turkménistan et la Russie au sujet de l'explosion de gaz sur le gazoduc Asie centrale-Centre montre que le rapport des forces géopolitiques dans la lutte pour les ressources énergétiques du bassin de la Caspienne subit des changements qui ne sont certainement pas en faveur de la Russie.

Il est parfaitement évident que cet accident est le résultat du mauvais entretien du gazoduc et de réparations mal faites. De telles explosions se produisent au Turkménistan à peu près une fois par semestre, sans être abondamment commentées. Le gouvernement turkmène est tristement connu pour négliger l'entretien des gazoducs. Il n'est pas exclu qu'il soit le principal responsable de ce qui est arrivé.

Cependant, les dirigeants turkmènes ont politisé à l'extrême ce banal incident technique. Achkhabad (capitale du Turkménistan) n'en démord pas: il s'agit, selon lui, d'un acte de sabotage perpétré par la Russie.

Ces accusations s'expliquent par la lutte invisible qui se mène pour les prix du gaz exporté. Le Turkménistan craint de perdre le niveau de prix sur lequel il s'est entendu avec la Russie en 2008. Le prix payé par Gazprom pour le gaz turkmène se fonde depuis plusieurs mois sur la formule des évaluations adoptées sur le marché européen. Les volumes des livraisons de gaz dépassant considérablement, dans les conditions de la récession globale, ceux de la consommation, Achkhabad doit se préparer à une réduction substantielle de ses exportations. A l'été ou à l'automne 2009, les prix commenceront à baisser sensiblement. Et Gazprom ne sera plus disposé à payer le prix fort pour ce combustible, comme il le faisait auparavant.

Le consortium russe se heurte visiblement à des problèmes de plus en plus difficiles. Il a accumulé de gros excédents de gaz: en 2008, les réserves de la compagnie se sont accrues de 11%. La demande continuant à diminuer, ses excédents de gaz vont augmenter cette année à un rythme rapide.

Pour toute une série de raisons, l'arrêt des livraisons en provenance du Turkménistan est actuellement avantageux pour Gazprom. Cela lui permet de réduire le volume de ses réserves disponibles et d'économiser un peu. Selon les experts, durant le premier trimestre de cette année, le gaz turkmène était vendu à Gazprom, à la frontière avec l'Ouzbékistan, 310 à 315 dollars les 1.000 mètres cubes.

Les dirigeants turkmènes veulent fixer un prix qui accroîtrait au maximum leurs chances de réaliser des bénéfices. Mais Gazprom ne se presse pas, compte tenu des prévisions de baisse prochaine des prix. Ses responsables ont peur de conclure une nouvelle transaction désavantageuse qui conduirait, au final, à des pertes. La position de la compagnie repose sur une certitude: le Turkménistan n'a pas aujourd'hui d'autre choix que la Russie pour ses exportations.

Et pourtant� Le président Gourbangouly Berdymoukhammedov a reçu récemment à Achkhabad une délégation du consortium allemand RWE, qui participe au projet de gazoduc Nabucco. A l'issue de la rencontre, le président de l'Agence nationale de gestion des ressources d'hydrocarbures, Iachgueldy Kakaïev, et le directeur général de la compagnie allemande, Jürgen Grossmann, ont signé un mémorandum de coopération à long terme. Bien qu'un mémorandum ne soit pas un accord ni, a fortiori, un contrat, ces négociations entre Européens et Turkmènes marquent une nouvelle étape pour les dirigeants d'Achkhabad. Gourbangouly Berdymoukhammedov manifeste clairement sa volonté de rechercher d'autres acheteurs pour ses hydrocarbures.

Si le contentieux entre le Turkménistan et la Russie devait se prolonger, Achkhabad pourrait exprimer le désir de s'engager à exporter de grandes quantités de gaz par le gazoduc Transcaspien (TKT), dont l'idée de la construction est soutenue ardemment par les Etats-Unis.

Pour l'instant, le calme avec lequel Moscou observe la réaction émotionnelle turkmène témoigne de sa foi inébranlable dans les atouts russes, atouts que rien n'est censé abattre. Mais il vaudrait bien mieux que cette foi ne soit pas fondée sur des raisonnements abstraits. D'autant que les dirigeants du monopole gazier russe, qui ont mal apprécié les tendances du marché mondial et la dynamique des prix des matières énergétiques, ont déjà "fait une gaffe". Ils tentent maintenant de redresser la situation en faisant passer leurs relations avec Achkhabad, fixées par un contrat, dans la catégorie des circonstances de force majeure.

Ne ressort-il pas de tout cela qu'en mettant l'accent sur l'orientation exclusive de leur société vers l'Europe, les dirigeants de Gazprom ne renforcent pas l'influence de la Russie en Asie centrale, et qu'en se concentrant sur des objectifs tactiques, ils laissent échapper, pour ne pas dire plus, les intérêts stratégiques de la Russie dans cette région d'une importance cruciale?

Les revenus assurés par le contrat conclu avec le consortium russe sont aujourd'hui la seule source importante de rentrées du budget turkmène. Achkhabad a beau se vanter de pouvoir "supporter le blocus gazier russe", ce n'est que du verbiage. Achkhabad n'a personne à qui vendre son gaz. Or, sans les recettes provenant de son exportation, le budget du pays ne sera pratiquement plus alimenté.

Outre la pénurie financière qui peut affecter les dirigeants turkmènes en cas d'arrêt prolongé des achats de gaz par Gazprom, d'autres facteurs jouent également en faveur de la position russe.

Premièrement, le Turkménistan ne dispose pas d'infrastructure pour acheminer le gaz des gisements de l'Est du pays jusqu'au littoral de la Caspienne.

Deuxièmement, l'absence de règlement du problème du statut de la Caspienne est un obstacle à la construction du TKT. La situation est si complexe, autour de cette question, que des conflits armés locaux ont failli éclater. Qui plus est, la flottille militaire russe de la Caspienne surpasse, en puissance, les forces réunies des autres pays du bassin.

Troisièmement, le TKT ne peut avoir de débouché que par le territoire de l'Azerbaïdjan. Or, les rapports entre Bakou et Moscou se sont considérablement réchauffés ces derniers temps: le président russe Dmitri Medvedev s'est entretenu avec son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev des perspectives de vente du gaz du gisement de Shah Deniz-2 à des compagnies russes.

Si Moscou jugeait nécessaire d'employer un large éventail d'instruments en vue d'influer sur le Turkménistan, l'"image politique" de cet Etat pourrait changer brusquement. La question est de savoir si Moscou a besoin de prendre des mesures extrêmes pour défendre les intérêts particuliers d'une structure certes puissante, mais tout de même commerciale. Dont environ un quart des actifs, soit dit en passant, n'appartient pas à la Russie.

De brusques perturbations au Turkménistan risqueraient d'entraîner un glissement vers l'instabilité de l'Asie centrale dans son ensemble. Dans ce cas, le total des avantages éventuels serait bien inférieur à celui des inconvénients. Conscients de cela, les dirigeants russes marquent leur volonté de trouver, exclusivement sur la base d'un compromis, une issue à cette situation embarrassante engendrée par les intérêts divergents d'Achkhabad et de Gazprom.

Le premier ministre Vladimir Poutine a demandé au vice-premier ministre Igor Setchine, en charge du complexe russe combustibles-énergie, et au président du directoire de Gazprom, Alexeï Miller, d'"entretenir des contacts étroits et de concerter toutes les actions avec nos partenaires stratégiques, en premier lieu ceux d'Asie centrale". Les prochaines négociations avec les partenaires turkmènes sont prévues pour les 23 et 24 avril dans le cadre d'une grande conférence sur la sécurité énergétique, qui se tiendra à Achkhabad. Ces négociations, à l'évidence, ne s'annoncent pas faciles.

Liens : Explosion sur un gazoduc turkmène: Washington plaide pour la diversification

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Rédigé par DanielB

Publié dans #Le " Nouveau Grand Jeu "

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Publié le 24 Avril 2009

Abstract : An analysis of the Russo-Ukrainian gaz crisis throught the larger issue of the " Fight for Eurasia " , the modern version of the " Great game " . New approaches towards Russia from the Obama admnistration can't hide that the Us develops a bellicose policy towards Russia ( then Soviet Union ) since nearly 70 years ans will continue to pursue it under the influence of rabid Russia-haters like Zbigniew Brzezinski or Robert Gates .
One more reason after hydrocarbons for Russia to construct a " Cordon sanitaire " in Central Asia between Russia and Nato occupied A-stan .


Un article qui replace la récente crise gazière Russo-Oukraïnienne dans une plus large perspective . Il a été publié par beaucoup de blogues " résistants "  , originalement sur Vox.Nr , et " Ice Station Zebra " ne pouvait ne pas le publier à son tour .
il vient à contre-courant des analyse " optimistes " esquissées sur le volonté de " réarmer " ( Reset Button )  les relations Russo-Americaines de la part de la nouvelle admnistraion Us et replace celles-ci dans une perspective historique plusgrande .
L'auteur y mentionne un document fondateur des relations Russo-Etazuniennes , ettoujours d'actualité aux Etats-Unis , de ces soixante cinq dernières années : Le " Long telegram " de G.F. Kennan .
En complément , un articledu Chicago Tibune ( " Central Asia and Russia: Countries can't afford to say no to Kremlin - Russia buys influence in region crucial to war in Afghanistan " )
Il est fort probable que le retour aux affiaires de " Zbig " et son souci de retirer les troupes d'Irak pour les déployer sur le front du conflit Afghan motivent la direction Russe a créer un " cordon sanitaire " sur ce flanc , au delà du contrôle de ressources petro-gazières .
L'article du Chicago Tribune faisant explicitement réference au " Grand Jeu " , et celui-ci transparaissant au travers de chacune des lignes de l'article de M. Jean Géronimo , je vous invite à lire si vous ne l'avez pas déja fait :

 
Le retour de Zbigniew Brzezinski ?

« Dés 1994, Washington accorde la priorité aux relations américano-ukrainiennes. Sa détermination à soutenir l’indépendance du pays est généralement perçue à Moscou – y compris par les ‘modernisateurs’ – comme une intrusion dirigée contre les intérêts vitaux de la Russie, laquelle n’a jamais abandonné l’idée de recréer un espace commun. »
Z. Brzezinski
Le Grand échiquier
(2000, p. 140

Après la crise géorgienne de l’été 2008 - centrée sur un problème nationaliste(2) - la Russie a dû affronter en janvier 2009 la crise ukrainienne, centrée sur un problème énergétique (3). Avec une hardiesse surprenante et selon une approche unilatéralement focalisée contre Moscou, restée selon eux « fidèle à l’URSS », certains ont qualifié la récente crise gazière de « nouvelle guerre froide » (4). Il s’agit, dans un premier temps, de relativiser cette analyse fondée sur des préjugés désormais caducs et percevant la Russie comme un simple « avatar de l’Union soviétique » (5). Dans l’optique de comprendre l’implicite de cette crise, on se doit d’abandonner toute lecture conjoncturelle et événementielle, privilégiant une dimension médiatique nourrie des vieux réflexes anti-communistes.

Dans une perspective plus structurelle, si on considère que la Géorgie et l’Ukraine sont des leviers potentiels de l’ingérence américaine en zone post-communiste, cette succession de crises prend une dimension stratégique, liée au vieil antagonisme russo-américain. En effet, depuis la disparition de l’Etat soviétique le 25/12/1991 (6) – et faute de contrepoids idéologique crédible – Washington tend à projeter, de manière unilatérale, sa puissance militaire et sa vision du monde à l’échelle planétaire. Cela a été clairement rappelé par R. Kagan (2006, p. 46), un des leaders du courant néo-conservateur américain : « Dans l’Histoire, la puissance militaire des Etats-Unis à l’issue de la guerre froide et, notamment, sa capacité à propulser cette puissance aux quatre coins du globe, demeurent sans précédent. » (7) Et surtout, selon l’aveu troublant de Z. Brzezinski du 30 mars 2008, l’Amérique se devait de saisir « l’opportunité du moment unipolaire » né de l’effondrement de l’Union soviétique (8).

Tendanciellement, l’Amérique a réussi à imposer ses choix stratégiques majeurs au monde, finissant par configurer un ordre international conforme à ses intérêts. De manière implacable, cette orientation stratégique post-guerre froide a été patiemment appliquée, souvent au mépris des intérêts russes : « Les Etats-Unis n'ont (jamais: jg) renoncé à aucune des leurs décisions précédentes telles que l'élargissement de l'OTAN, le redéploiement des leurs bases de l'Europe de l'Ouest vers l'Europe de l'Est, la militarisation de l'espace et de l'Arctique, ainsi que des opérations militaires hors de la zone de responsabilité de l'Alliance. De plus, Washington poursuit le dialogue stratégique avec Pékin » (9) .

Désormais, l’hyperpuissance américaine, autoproclamée seul arbitre légitime du nouvel ordre international, considère l’Eurasie comme « son » espace politique et en cela, comme son espace potentiel d’intervention : « Les Etats-Unis règnent comme superpuissance unique et l’avenir se joue sur la scène eurasiatique où ils sont pour une durée indéterminée en position d’arbitre. » (10) Cette aspiration au leadership en Eurasie post-communiste a été (paradoxalement) réactivée par le nouvel homme fort de l’administration Obama, Joe Biden, interdisant à la Russie toute ingérence politique - via la manipulation d’alliances - en périphérie post-soviétique et, en particulier, dans sa zone historique d’influence, la CEI (Communauté des Etats indépendants). Ainsi, le 9/02/2009, lors de la Conférence de sécurité à Munich, J. Biden a, avec arrogance, refusé à Moscou le droit « de décider au lieu de ses voisins à quelles alliances ils doivent adhérer. » (11) – alors que dans le même temps, Washington abuse de ce droit dans le cadre de l’Otan qui reste, selon la formule de l’ex-président B. Clinton utilisée en mars 1997, « l’image inversée du pacte de Varsovie » (12) . Inutile provocation.

Dans ce schéma, la montée de crises dans les anciennes républiques soviétiques – historiquement stratégiques – de Géorgie et d’Ukraine n’est pas fortuite. De manière globale, ces deux crises s’inscrivent dans une lutte d’influence au cœur de l’espace eurasien, entre les deux anciens ennemis de la guerre froide. En ce sens, on assisterait à une véritable partie d’échecs russo-américaine, surfant sur les crises eurasiennes et visant, in fine, à une utilisation optimale de ces dernières. Car, depuis la phase post-communiste, les Etats russe et américain n’hésitent pas à instrumentaliser les crises émergentes en vue, in fine, de les intégrer dans une stratégie de « zones d’influence ». Ainsi, face à une Amérique chancelante sur ses bases eurasiennes, l’Etat russe tend à utiliser ces crises comme levier de son retour comme grande puissance sur la scène internationale. Et pour se mieux se défendre - et par ce biais, réduire l’instabilité internationale - l’Amérique, selon Kagan (2006, p. 148), doit « rester la première puissance militaire du monde, et (…) rester assez forte pour dissuader tout autre pays de contester sa supériorité » (13). En ce sens, il y aurait une inertie comportementale dans cette confrontation latente, ressurgie des abîmes de la guerre froide, entre deux superpuissances structurellement antagonistes.

Une crise instrumentalisée : lutte d’influence

Dans son essence, cette confrontation est donc fondamentalement guidée par les intérêts géopolitiques russes et américains – ici relayés par l’Ukraine. Certes, la nouvelle orientation de la politique américaine, suite à la victoire présidentielle de B. Obama, devrait - en théorie - infléchir cette orientation. Mais - en réalité - dans un proche avenir, on peut redouter certaines dérives. Au sens où la politique démocrate risque d’être influencée par des personnalités telles que Z. Brzezinski, R. Gates et J. Biden, peu soucieuses de moralité et dont la lecture à géométrie variable des critères démocratiques a un caractère inquiétant. D’autant plus qu’ils manifestent une hostilité instinctive à l’égard de la Russie, perçue comme l’héritière politique de l’Union soviétique et, en cela, comme un « résidu » de la guerre froide (14). A ce titre, on rappellera que le tandem Brzezinski/Gates est fortement enclin à poursuivre la vieille politique de contrôle de la puissance russe, inaugurée en phase de guerre froide. Il s’agirait, en particulier, de se rapprocher de l’Iran, pays « voyou » de l’administration Bush, pour court-circuiter les relations étrangères avec la Russie et continuer la politique de déstabilisation des anciens satellites de l’URSS. Pour cette raison, il convient de revenir sur ces deux personnalités majeures l’équipe démocrate.

D’une part, Z. Brzezinski (2000, p. 141) - actuel conseiller d’Obama - est poussé par une haine viscérale envers les russes et, il est persuadé que « la Russie post-soviétique n’a accompli qu’une rupture partielle avec le passé. Ses dirigeants ‘démocratiques’, bien que conscients du passif du système, en sont eux-mêmes le produit (…). Les institutions clés du pouvoir soviétique (…) n’ont pas disparu. A Moscou, sur la place rouge, le mausolée de Lénine, toujours en place, symbolise cette résistance de l’ordre soviétique. » Cette méfiance, encore actuelle, l’a conduit très tôt à élaborer une stratégie anti-soviétique de guerre froide. Rappelons, notamment, que le mouvement des talibans est un produit direct de la ligne anti-soviétique de Brzezinski, qui a précipité l’intervention de l’armée rouge en Afghanistan en décembre 1979 – dans le but de l’enliser dans un conflit périphérique. Pour reprendre l’expression de Brzezinski, c’était alors « l’occasion de donner à l’URSS sa guerre du Vietnam ». Et ce dernier a fièrement précisé, le 15 mai 1998, dans le cadre d’une interview au Nouvel Observateur, que sa politique était la bonne: « Qu'est-ce qui est le plus important au regard de l'histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l'empire soviétique ? Quelques excités islamistes ou la libération de l'Europe centrale et la fin de la guerre froide ? » Fin janvier 2009, Brzezinski a réaffirmé que la stratégie américaine d’extension du bouclier anti-missiles ABM en Europe de l’Est dépendait « du comportement » de la Russie, admettant en cela, de manière implicite - dans la continuité de la lutte anti-soviétique - la centralité de la Russie dans la politique étrangère américaine.

D’autre part, R. Gates – secrétaire actuel à la Défense du président Obama – a longtemps reproché à la Russie, sous l’administration Bush, son « impérialisme latent » dans la pure tradition soviétique. Et, selon une ligne structurellement anti-communiste, il est à l’origine du soutien financier de l’armée contre-révolutionnaire des Contras en vue de déstabiliser le régime sandiniste de D. Ortega au Nicaragua. A l’instar de l’Etat russe, l’Etat américain a besoin d’un ennemi central et virtuel pour réguler son métabolisme en tant que « système » (15). Ainsi, au début de février 2007, Gates a déclaré que les Etats-Unis devaient « résister aux menaces auxquelles ils sont confrontés en raison (notamment : jg) des positions floues de pays tels que la Russie ou la Chine qui ne cessent d'augmenter leurs arsenaux » (16). Cette rhétorique de guerre froide sera ouvertement condamnée par le président russe regrettant, peu de temps après, que le « Mur » n’était pas tombé dans toutes les têtes. Dans son célèbre discours de Munich du 12/02/2007, centré sur l’unilatéralisme américain, V. Poutine a en effet affirmé que « les blocs de béton et les pierres du Mur de Berlin sont depuis longtemps des souvenirs. Mais il ne faut pas oublier que sa chute est devenue possible notamment grâce au choix historique de notre peuple - le peuple de Russie - en faveur de la démocratie et de la liberté, de l’ouverture et du partenariat sincère avec tous les membres de la grande famille européenne. Or, maintenant, on s’efforce de nous imposer de nouvelles lignes de démarcation et de nouveaux murs. » (17) Le plus inquiétant, aujourd’hui, est de constater le maintien de ce comportement hostile de l’élite dirigeante américaine envers son ennemi historique, la Russie.

Depuis la chute de l’URSS, un nouveau rapport de forces a émergé en zone eurasienne post-communiste, dans un premier temps au profit de l’Amérique. Jusqu’en 1991, Washington a mesuré sa puissance internationale à sa capacité à « endiguer l’expansion militaire et politique soviétique » selon l’affirmation de H. Kissinger (2004, p. 30). Cette politique « d’endiguement » (18) de l’Union soviétique théorisée par G. Kennan visait, selon Kissinger, « à faire face au conflit entre superpuissances nucléaires » (p. 30). Mais par la suite et jusqu’à aujourd’hui, de manière insidieuse, la prude Amérique de G.W. Bush a cherché, par diverses manœuvres politiques, à renforcer son autorité dans l’espace post-communiste face à une Russie avide de recouvrir son statut prestigieux de superpuissance de l’ère soviétique. Il s’agit donc de bloquer la stratégie russe de « restauration impériale » au cœur de la CEI. Pour reprendre Brzezinski (2000, p. 121), « il est indispensable qu’elle (l’Amérique : jg) contre toute tentative de restauration impériale au centre de l’Eurasie qui ferait obstacle à son objectif géostratégique numéro un : la mise sur pieds d’un vaste système euro-atlantique ».

Or, dans ses grandes lignes, la stratégie de reconquête russe semble en bonne voie, d’autant plus que désormais, elle se fait à nouveau respecter dans l’ancien espace soviétique, son pré-carré géopolitique et que in fine, elle a réussi à contrecarrer « les tentatives des Etats-Unis d'accroître leur influence dans les anciennes républiques soviétiques » (19) . En outre, ce « retour russe » est facilité par le fait que la sur-extension impériale de l’Amérique a fini par épuiser son économie et, par ce biais, remis en cause sa stratégie militaire partiellement focalisée contre Moscou (20). Cette orientation stratégique est illustrée par le projet américain d’implanter un bouclier anti-missiles dans l’Est européen (Pologne, Tchéquie) voire, à terme - envisagé par l’administration Bush - en Géorgie et en Ukraine, aux portes de la Russie. Le 7/02/2009, le vice-président des Etats-Unis, J. Biden, a confirmé cette orientation en rappelant que « Nous poursuivrons la mise en place de notre bouclier anti-missiles pour parer à d’éventuelles attaques venant du Proche-Orient (…) » (21). En ce sens, on observerait une forme d’inertie comportementale de la puissance américaine - indépendamment de la couleur politique de son administration - intégrant la Russie comme « ennemi systémique », selon l’expression judicieuse de J. Fontanel (1998, p. 6) (22) et, au-delà, comme une cible stratégique potentielle. Cette inertie stratégique justifie, dans son essence, la méfiance de S. Ivanov.

Ainsi, selon le vice-premier ministre russe, le bouclier ABM serait le « maillon d'une infrastructure stratégique visant à neutraliser le potentiel balistique nucléaire russe » (23). Dans le prolongement de l’affrontement bipolaire de la guerre froide, il s’agit donc d’une lutte de domination - par alliés interposés - mais cette fois centrée sur le contrôle du pouvoir énergétique (soft power) et qui s’est exprimée in fine, par la récente crise de trois semaines, qui a privé de gaz la moitié de l’Europe. Dans cette optique, la crise russo-ukrainienne s’inscrit dans une forme de guerre froide réactualisée et atténuée, axée sur le contrôle de l’espace eurasien : la guerre « tiède » (24). Depuis l’amorce de la transition post-communiste, Washington - selon la ligne anti-russe de Brzezinski - n’a pas hésité à manipuler certains Etats majeurs (pivots géopolitiques) de l’ancien espace soviétique, dont l’Ukraine, la Géorgie, l’Azerbaïdjan et - dans une moindre mesure - l’Ouzbékistan et le Kirghizstan (25). Or dans ces deux derniers pays, cette stratégie politique est remise en cause par le récent retour de l’influence russe - et de son aide économique et militaire – habilement « monnayée » contre l’expulsion de facto de la puissance américaine. Ce recul de Washington en Eurasie post-soviétique est, notamment, symbolisé par la perte récente de ses bases militaires (bases ouzbek de Karshi-Khanabad en 2005 et kirghize de Manas en 2009).

De manière implicite, cela montre que rien ne peut se faire dans cette partie de l’Eurasie sans « entente » avec Moscou. F. Loukianov, analyste politique, l’a parfaitement souligné : « Le Kremlin montre actuellement que pour coopérer avec les pays d’Asie centrale, il faut d’abord se mettre d’accord avec la Russie. » (26). Mais, surtout, cette évolution géopolitique menace les fondements eurasiens de la suprématie mondiale américaine. Car comme l’a rappelé Z. Brzezinski (2000, p. 250), « la longévité et la stabilité de la suprématie américaine sur le monde dépendront entièrement de la façon dont ils manipuleront ou sauront satisfaire les principaux acteurs géostratégiques présents sur l’échiquier eurasien et dont ils parviendront à gérer les pivots géopolitiques clés de cette région ». Dans ce schéma, le futur recentrage de l’effort stratégique américain sur l’Afghanistan – au détriment d’un désengagent progressif du bourbier irakien – s’inscrit dans la volonté de Brzezinski de stabiliser la domination de Washington en Asie centrale. Ce dernier a ainsi reconnu : « La fin de l’occupation (de l’Irak : jg) sera donc une opportunité pour la guerre contre Al Qaïda, mettant ainsi un terme à une aventure malheureuse qui non seulement a précipité l’apparition d’Al-Qaïda en Irak, mais a aussi détourné les États-Unis de l’Afghanistan, où la menace originelle d’Al Qaida persiste et augmente. » Et il ajoute que « mettre fin à la guerre en Irak » est une « première étape nécessaire » (27).

Dans le cadre de cette confrontation bipolaire en Eurasie post-soviétique, la Géorgie et l’Ukraine présentent un intérêt vital, en vue notamment du « reformatage stratégique » de la région. De ce point de vue, la crise gazière de janvier 2009 - élément clé d’une partie d’échecs à l’échelle du continent eurasien - est une indéniable opportunité stratégique. Mais, pour mieux la comprendre, un bref retour sur le passé s’impose.

Le poids de l’histoire : la rupture de 1991

Sur un plan historique, l’Ukraine est structurellement liée à la Russie. Dans l’inconscient politico-psychologique russe, Kiev a une place à part : elle reste un élément clé de l’identité impériale russe et de son statut de grande puissance. En ce sens, pour reprendre Brzezinski (2000, p. 151), « aucune restauration impériale, qu’elle s’appuie sur la CEI ou sur un quelconque projet eurasien, n’est possible sans l’Ukraine ». Initialement, Kiev a été son cœur politique et a tenu une place centrale dans la formation de l’Empire russe (tsariste puis soviétique). Sous la période soviétique, elle a été son « grenier à blé » dans le cadre d’une division internationale (socialiste) du travail assise sur une spécialisation productive des différentes régions de l’ex-URSS. Dans ce cadre, de forts liens politiques et économiques se sont progressivement noués renforçant, par ce biais, l’interdépendance des deux Etats. Sur un plan politique, l’Ukraine était alors une république centrale de l’URSS et avait un certain poids - via ses lobbies, relayés par certains cadres du Parti - dans l’orientation de la politique soviétique. Sur un plan économique, elle assurait - dans le cadre du plan - une forte production agricole au profit des autres républiques soviétiques et en contrepartie, bénéficiait d’une énergie à bon marché (pétrole et gaz). Dans la logique de l’économie centralement planifiée (ECP), les prix – dont ceux de l’énergie – avaient une fonction surtout politique (mais aussi comptable), dans la mesure où le plan soviétique était fondamentalement subordonné à un objectif idéologique : la construction de la société communiste (28).

Dans sa politique de Restructuration (Perestroïka), conduite de 1985 à 1991, M. Gorbatchev - dernier président de l’URSS - avait bien compris le statut stratégique de l’Ukraine et il s’était efforcé de la conserver sous influence russe. Dans la configuration réformée de l’URSS, visant à instaurer un « socialisme à visage humain » - par la suite, transformé en « économie sociale de marché » - et à renforcer la cohésion de la nouvelle Union, Gorbatchev voulait donc préserver cette centralité politique de l’Ukraine. Mais l’histoire l’a rattrapé et le processus final de décomposition de l’URSS a rendu caduc ce projet de « réforme radicale » et en cela, n’a pu préserver une Ukraine « soviétisée ».

En décembre 1991, suite au coup d’Etat militaire du 19 août, on assiste en effet à l’implosion finale de l’Union soviétique, opportunément précipitée et utilisée dans une optique de pouvoir, par B. Eltsine. Très vite, l’Ukraine a été courtisée par Washington - et donc, par l’Otan - dans le cadre d’un « partenariat pour la paix » et de la mise en œuvre de « dispositions spéciales », pour reprendre l’expression de H. Kissinger (2004, p. 52). Certes, dans un premier temps, l’Ukraine post-communiste est restée très proche de Moscou, du fait de la « culture soviétique » de ses élites dirigeantes, jusqu’à la présidence de Leonid (Danilovytch) Koutchma.

Mais la « révolution orange » va, de manière radicale, remettre en cause cette orientation.

La révolution orange : la main de Washington.

En 2004, on assiste en Ukraine à une révolution politique, soigneusement impulsée, encouragée et planifiée par l’Etat américain. On peut alors noter l’activisme politique de certaines ONG américaines et – guère surprenant – de Z. Brzezinski. Cette élection présidentielle manipulée amène au pouvoir Viktor (Andriïovytch) Iouchtchenko - partisan d’un rapprochement avec Washington - et dont la femme est une ancienne fonctionnaire du Département d'État des Etats-Unis… A l’époque, on parlait d’un danger de dictature préparé par Moscou, dans le cadre d’élections « arrangées » comme à la plus belle époque soviétique. Moscou était alors soupçonnée de vouloir reconstituer son espace impérial et, notamment, de récupérer les « républiques infidèles ». Aux yeux d’une Amérique étrangement convaincue de sa « destinée manifeste » à l’échelle planétaire, cela a justifié un droit d’ingérence politique sous prétexte de protéger les libertés et d’étendre la démocratie, comme levier d’une paix (libérale) universelle. V. Poutine a récemment dénoncé cette ingérence : « Les manifestations de rue de ces dernières années en Ukraine (Révolution orange de 2004 notamment - ndlr) résultent de l'attitude de la précédente administration américaine et de l'UE qui ont soutenu ces actions anticonstitutionnelles » (29). Sous une apparence de démocratie, une élite libérale pro-américaine est donc arrivée au pouvoir à Kiev et a adopté une politique ouvertement anti-russe axée, en dernière instance, sur l’instauration d’une économie de marché. Le divorce avec la Russie était donc définitivement consommé malgré certaines tentatives russes, sous l’impulsion de V. Poutine, de se rapprocher de l’Ukraine.

Une suite logique à cette séparation politique, soigneusement dirigée par l’élite néo-conservatrice américaine, était pour Moscou de revenir à un certain réalisme économique. Il s’agissait, notamment, de tirer les conséquences de ce revirement politique de Kiev - avide de se rapprocher de la sphère occidentale et de bénéficier de l’aide américaine aux réformes (30) - dans le cadre d’un réajustement des prix de l’énergie, dont avait jusque là allègrement bénéficié l’Ukraine à titre de « pays frère » (tarifs du gaz au moins de trois fois inférieurs à ceux du marché). Autrement dit, les bas prix énergétiques - autrefois politiquement justifiés - n’avaient plus aucune raison d’être. Car l’Ukraine était sortie de la sphère soviéto-russe et ne pouvait plus, pour cette raison, bénéficier de tarifs « amicaux », d’autant plus qu’elle pratique depuis une politique hostile et relativement provocante à l’égard de la Russie, en qui elle voit désormais – à travers V. Poutine – un « ennemi » (31), pour reprendre le terme du président géorgien Saakasvili, totalement solidaire avec son homologue ukrainien, le président Iouchtchenko. Ainsi Kiev prévoit, à terme, une adhésion à l’UE et - comme la Géorgie - à l’Otan, bras armé de l’Amérique et vestige de la guerre froide.

Dans la vision russe, l’Otan reste une alliance hostile et cette méfiance a été renforcée, très tôt, par l’attitude du sénat américain soulignant, le 4 mai 1998, que l’Otan était « avant tout et surtout une alliance militaire » dont l’existence devait empêcher « la réapparition d’une puissance hégémonique susceptible de menacer l’Europe » (32). L’ancien conseiller du président Nixon et stratège émérite de la guerre froide, H. Kissinger (2004, pp. 37-38), a réaffirmé cette instrumentalisation politique de l’Otan, soutenant notamment qu’elle demeurait « la clé de voûte de la politique étrangère américaine. Même après la disparition de la menace soviétique, l’Alliance atlantique est restée pour les Etats-Unis le principal rempart de l’ordre international. » (33) Cette fonction politique de l’Otan est d’ailleurs rappelée par R. Kagan (2006, p. 37), soulignant avec une certaine euphorie, que son élargissement à l’ancien bloc soviétique était une « consécration de la victoire de la guerre froide ».

Aujourd’hui, cette volonté politique de l’Ukraine et de la Géorgie de rejoindre une Otan américanisée a été réitérée par les élites dirigeantes – libérales – au pouvoir. D’une part, le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a déclaré, le 12/02/2009, qu'il ne voyait pas d'alternative à l'adhésion de son pays à l'Alliance de l'Atlantique Nord, soulignant que c'était un objectif à long terme : « L'adhésion à l'OTAN est un projet à long terme qui demande du temps. (…) la seule issue pour notre pays (…). Et je suis convaincu que l'Europe n'a pas, elle non plus, d'alternative. Nous sommes une partie intégrante de l'Europe, et la participation à ce système de sécurité peut être la seule politique possible pour nous. » (34) D’autre part, le président géorgien Mikhaïl Saakachvili, dans le cadre de son message annuel au pays, a précisé que la Géorgie aspirait toujours à adhérer aux structures européennes et euro-atlantiques : « Nous y sommes poussés par l'existence de l'ennemi qui a occupé nos territoires et ambitionne une dislocation complète de la Géorgie. » (35) Car, précise Saakachvili, « depuis la disparition de l’Union soviétique le Kremlin tente de reconquérir des fragments de l’ex-URSS par la force (…) », tout en comparant la Russie de Poutine à « l’Allemagne nazie ou l’URSS de Staline » (!). Enfin, il souligne que le conflit russo-géorgien a permis à l’Europe de découvrir que « pour les russes, le mensonge est un mode de vie et un instrument de communication » (36) (!). Cette attitude haineuse à l’encontre de Moscou est perçue par celle ci comme un réflexe de guerre froide. Inutile gifle.

Dans ce schéma, la Russie serait considérablement fragilisée dans son proche étranger et, en particulier, à sa périphérie sud-eurasienne, déjà grevée par une forte instabilité nationaliste. Et, dans la mesure où elle perçoit une forme d’encerclement par les structures de l’Otan, elle se sent ouvertement menacée. Et cela, d’autant plus que l’extension future de l’Otan risque de concerner d’autres ex-républiques soviétiques, dans l’axe des objectifs américains. « L’élargissement de l’Europe et de l’Otan serviront les objectifs aussi bien à court terme qu’à long terme de la politique américaine » a confirmé Brzezinski (2000, p. 255). En dernière instance, cette avancée de l’Otan a conduit Moscou à rénover et renforcer son potentiel nucléaire militaire, centré - dans le prolongement du soviétisme - sur une logique de dissuasion.

Ce maintien de la dissuasion nucléaire a été confirmé par le chef de l'Etat-major général des Forces Armées de Russie, Nikolaï Makarov : « Pour l'armée russe, l'arme nucléaire reste le facteur essentiel de dissuasion, elle l'était et le reste et elle peut se perfectionner ». Le général Makarov rappelle, en outre, que « des menaces peuvent surgir que seule la menace de les utiliser (les forces nucléaires : jg) pourrait écarter. Aussi le rôle de ces forces pourrait-il croître à l'avenir » (37). Dans cet axe, en référence à une inertie stratégique soviétique, et pour reprendre le titre de notre précédent article, on peut parler du « retour de l’Atome rouge » (38). A terme, Moscou espère faire de l’OTSC (39) un réel contrepoids à l’Otan - via, notamment, la création d’une Force collective de déploiement rapide (FCDR). Sous l’ère Bush, D. Rumsfeld voyait à travers l’OTSC et surtout l’OCS, la « main de Moscou » et dénonça son « comportement inamical » ( !). Dans ses grandes lignes, l’OTSC (avec l’OCS) est considérée par Moscou comme un moyen privilégié de refouler l’avancée américaine en Asie centrale, région politiquement stratégique et riche en hydrocarbures. Et surtout, il s’agit désormais pour les Etats membres de l’OTSC et (en particulier) pour la Russie, « de mener une politique indépendante dans leur sphère d’influence, sans laisser des pays tiers s’y immiscer » (40). Une fois encore, les velléités agressives de Washington sont implicitement visées.

Pour Moscou, une conséquence logique de cette nouvelle configuration géopolitique était de réajuster son partenariat économique avec ses anciens « alliés » de la période soviétique. Autrement dit, il convenait d’appliquer les prix de marché dans le cadre des nouvelles relations russo-ukrainiennes, notamment au niveau des échanges commerciaux (dont énergétiques). Pour reprendre une source officielle russe, il s’agissait de concrétiser « le passage au mécanisme européen transparent du marché pour former le prix sur la base de la formule généralement admise » (41). Or, à l’origine, l’Ukraine a refusé toute remise en cause brutale des tarifs préférentiels, déclenchant par ce biais une crise gazière qui, in fine, s’est étendue à toute l’Europe (42).

Réaction légitime russe : l’arme énergétique.

Aujourd’hui, on peut donc comprendre l’incompréhension russe. Et Moscou se sent d’autant plus blessée, que l’Europe l’a rendue partiellement responsable du conflit gazier (43). Dans la vision russe, il s’agit d’un soutien implicite à Kiev. L’augmentation des prix du gaz est doublement justifiée sur les plans politique et économique. Il s’agit d’un réajustement légitime des prix aux structures de coût réel. Dans la nouvelle configuration géopolitique, Moscou n’a plus à subventionner une économie ukrainienne adhérant aux principes du marché sous-tendus par l’idéologie libérale. Mais il n’est pas dans son intérêt d’aggraver une crise coûteuse en termes d’image vis-à-vis de ses clients européens. En outre - contrairement aux accusations de Kiev - Moscou n’a pas intérêt à couper l’approvisionnement énergétique de l’Europe, source de devises et de financement pour son développement (44). D’autant plus que l’effondrement du prix du pétrole tend à réduire le surplus financier potentiellement disponible pour les investissements d’infrastructures et stratégiques (complexe militaro-industriel, recherche/développement, technologies de l’information, capital humain), dans l’optique finale d’intensifier la croissance économique. Par contre, l’Ukraine peut utiliser cette crise gazière - via le blocage du transit (45) - pour inciter l’Union européenne (client majeur de Moscou) à faire pression sur la Russie et l’obliger à modérer sa politique (46).

En dernière instance - conformément à la volonté de Brzezinski d’empêcher l’apparition d’une superpuissance eurasienne hostile et au-delà, de la « refouler » (47) - l’Europe et l’Amérique ont la capacité de freiner l’intégration de l’économie russe au nouvel ordre international. Or cette intégration, comme levier de son renforcement économique et de son retour comme grande puissance, est devenue une priorité vitale de la transition russe post-communiste. En effet, en tant que futur membre de l’OMC, la Russie cherche à s’insérer dans le système économique mondial dans le cadre d’une logique de marché et de respect des règles et normes économiques (48) (dont les normes de prix). Mais Washington s’est longtemps opposée à l’adhésion russe à l’OMC et, par différents moyens, l’a considérablement retardée. Ainsi le 18/09/2008, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a prévenu la Russie que son adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) était « remise en cause ». Madame Rice a, à l’époque, accusé Moscou d'être « de plus en plus autoritaire dans le pays et agressive à l'étranger » (49) visant, de manière explicite, son comportement - et sa réaction « disproportionnée » - dans la crise géorgienne. Du fait de sa stratégie d’insertion internationale impliquant une restructuration économique, Moscou a un besoin énorme d’investissements. Or dans son essence, la crise mondiale actuelle menace son projet d’instaurer un modèle économique mixte, fondé sur une « troisième voie » et s’appuyant sur une identité eurasienne.

L’affaire du gaz ukrainien prend donc une indéniable dimension (géo-)politique. L’Ukraine, dans l’axe de la ligne américaine, a politiquement intérêt à pousser Moscou - déjà meurtrie par la crise géorgienne - dans ses derniers retranchements et à la faire passer pour une dictature, renouant avec ses vieux reflexes soviétiques et cherchant à imposer ses seuls intérêts nationaux, voire « impériaux ». Cette volonté impérialiste lui est ouvertement reprochée par l’élite politique de l’UE, véritable nomenklatura européenne, repliée sur ses préjugés et son confort bureaucratique. Ainsi, dans le cadre des auditions sur les relations Russie-UE à la commission des Affaires étrangères du Parlement européen à Bruxelles, le député russe K. Kossatchev a dénoncé l’idée répandue en Europe, selon laquelle « la Russie était faible et reprenait la politique impériale de l'URSS » (50). Dans la vision américaine, la Russie viserait à reprendre le contrôle de son « étranger proche » qui, selon Brzezinski (2000, p. 144) « recouvre un ensemble de considérations géopolitiques aux résonances impériales indubitables ». La rhétorique de guerre froide de « l’axe du mal » est donc de retour.

A ce titre, on rappellera qu’en 2003, la Géorgie - autre ex-république centrale de l’URSS - s’est politiquement éloignée de Moscou suite à une autre « révolution libérale » (« révolution des roses »), encore une fois fomentée par Washington. Or cette stratégie d’extension de l’espace politique américain a partiellement échoué en Asie centrale : « les Etats-Unis se sont punis eux-mêmes en essayant de faire en Asie centrale ce qu'ils ont fait en Géorgie et en Ukraine : renverser les régimes existants et y imposer des régimes pro-américains faibles et incompétents » a affirmé D. Kossyrev (51). Car l’Amérique, quel qu’en soit le coût, vise à « détacher » la sphère eurasienne post-communiste de la domination politique russe, selon une volonté jamais démentie : « Les Etats-Unis s’emploient à détacher de l’empire russe ce qu’on dénomme aujourd’hui l’étranger proche, c'est-à-dire les Etats qui, autour de la fédération de Russie, constituaient l’Union soviétique » (51).

A terme, un risque majeur de cette offensive américaine en Eurasie est de déstabiliser la CEI et notamment, le Caucase et l’Asie centrale, au sens où Moscou y joue historiquement un rôle régulateur (52). Or le contrôle de cet espace énergétique est une priorité fondamentale de Washington. Cela est clairement dit par Brzezinski (2000, p. 193) soulignant, en outre, qu’il fallait « résister aux efforts que la Russie déploie afin de garder le monopole sur cet accès (aux sources énergétiques de l’espace eurasien : jg), car il est nuisible à la stabilité de la région ». Cette rivalité énergétique en zone eurasienne post-communiste a parfaitement été anticipée par H. Kissinger (2004, p. 466), reconnaissant que « la rivalité entre Etats-Unis et Russie pour accéder aux gisements et aux réseaux de distribution de pétrole » risquait de faire obstacle à « la coordination de leurs politiques ». En renforçant leur influence en zones ukrainienne, sud-caucasienne et centre-asiatique, les Etats-Unis selon G. Minassian « ont pour ambition de contrôler les routes des hydrocarbures » (53). Dans le même temps, Washington vise – en imposant une culture libérale – à y créer une nouvelle forme de dépendance politique à son profit. Cela a été flagrant en Afghanistan : « l'Occident renforce sa pression militaire et instaure des institutions démocratiques sur le sol afghan, en imposant aux habitants autochtones des formes d'administration et de structure sociale qui leur sont étrangères » (54). Pour le bien de l’humanité, dont elle s’est autoproclamée l’avant-garde messianique, la vertueuse Amérique cherche à imposer la démocratie libérale en Eurasie post-communiste, contre les intérêts russes et selon la ligne de R. Kagan (2006, p. 239), spécifiant que Washington doit promouvoir « les principes de la démocratie libérale, non seulement comme moyen de renforcer la sécurité mais aussi comme une fin en soi. »

Dans ce cadre, il s’agit véritablement d’une lutte d’influence entre deux camps structurellement opposés, au cœur de l’Eurasie et centrée sur le contrôle des ex-républiques « stratégiques » de l’URSS. L’ingérence américaine en zone post-communiste est donc politiquement orientée et joue de manière alternative sur les variables militaire, nationaliste et énergétique. D’autant plus qu’elle se réclame, selon l’idée de R. Kagan (2006, p. 156), d’un unilatéralisme légitime : « les Etats-Unis doivent suivre les règles d’un monde hobbesien (…). Ils doivent refuser de se plier à certaines conventions internationales qui risquent de limiter leur capacité à combattre efficacement (…). Ils doivent soutenir le contrôle des armements, mais pas toujours pour eux-mêmes. Il leur faut observer une double norme, et il leur faut parfois agir unilitateralement (…) ». Tendanciellement, Washington cherche ainsi à rendre légitime son droit à la « double norme », c'est-à-dire son droit à manipuler les règles et institutions internationales dans l’optique d’imposer « sa » politique extérieure. Sur long terme, cette politique d’ingérence s’inscrit dans la stratégie de « roll back » (reflux) de la puissance russe prônée par le stratège américain Z. Brzezinski et visant à comprimer cette dernière au cœur de son espace historique (55). Ultime provocation.

La ligne Brzezinski : au cœur du Grand échiquier eurasien…

Jusqu’à aujourd’hui - et l’élection de B. Obama - l’Amérique de Bush sous la férule théorique de Z. Brzezinski, a cherché à prendre le contrôle de l’Eurasie, cœur stratégique du monde et en cela, elle s’oppose au retour russe dans l’espace post-soviétique. Cela a été reconnu sans ambiguïté par Brzezinski (2000, p. 249), enclin à définir une géostratégie globale à l’échelle de l’Eurasie et qui, paradoxalement - si on admet l’influence déterminante de Brzezinski - pourrait être mise en œuvre par la politique démocrate : « L’heure est venue pour les Etats-Unis de formuler et de mettre en place une géostratégie d’ensemble à long terme concernant l’Eurasie. » Mais, de manière plus générale, elle s’oppose aussi à l’émergence d’une puissance majeure en Eurasie post-communiste, comme l’a précisé Z. Brzezinski (2000, p. 193) : « Le principal intérêt de l’Amérique est (…) de s’assurer qu’aucune puissance unique ne prenne le contrôle de cet espace géopolitique et que la communauté mondiale puisse y jouir d’un accès économique et financier illimité ».

Car la Russie fait - à nouveau - peur et elle cherche, à terme, à travers la CEI, à restructurer une zone sécuritaire et économique politiquement stable, dans la continuité du glacis protecteur de l’ère soviétique (56). Et elle fait d’autant plus peur qu’elle reste une superpuissance nucléaire - perçue comme la digne héritière de l’Etat communiste - et n’hésitant pas à s’opposer aux intérêts stratégiques américains (57). Désormais, elle a recentré sa politique étrangère sur la défense de ses intérêts nationaux - élargis à la CEI - selon l’axe défini par le président Medvedev et repris par le ministre des Affaires étrangères, S. Lavrov : « Nous avons l'intention de poursuivre la politique étrangère active et constructive fondée sur le pragmatisme, l'ouverture et la promotion ferme mais sans confrontation des intérêts nationaux » (58). Tout en s’inscrivant dans l’ancienne ligne soviétique Gorbatchev/Primakov, la politique extérieure russe vise l’instauration d’un ordre mondial multipolaire fondé, selon l’expression du premier ministre, V. Poutine, sur « un mécanisme de consensus collectif dans le cadre du droit international. » Pour reprendre l’expression pertinente de Lavrov, il s’agit de jeter les bases d’un véritable « polycentrisme politique » (59), désormais rendu possible par l’orientation politique d’Obama – inversement à l’impérialisme militaire de Bush. Dans cette optique, Poutine a rappelé, le 29/01/2009, « que le penchant excessif pour la force lors du règlement des problèmes et le mépris des normes du droit international sont destructifs pour les relations internationales ». Dans le prolongement de son discours de Munich de février 2007 - véritable harangue anti-impérialiste - Poutine a affirmé que les « questions clés de la vie internationale » ne devaient pas être résolues « sur la bases de décisions unilatérales adoptées dans un centre unique » (60).

Mais ce faisant, Moscou freine la stratégie d’expansion américaine dans l’espace post-communiste qui vise à fragiliser, voire à déstabiliser la CEI, dans l’optique d’y réduire l’autorité russe et par ce biais, y inverser les rapports de force (61). Pour cette raison, la composante géopolitique du conflit gazier continuera d’être instrumentalisée par les deux anciennes superpuissances de la guerre froide, en vue de renforcer leurs positions en Eurasie. Certes, la nouvelle orientation de la politique démocrate américaine va certainement atténuer cette conflictualité structurelle et quasi instinctive. Mais, sur longue période, le prix du gaz russe conservera une fonction politique indéniable, justifiant son utilisation comme « arme stratégique ».

Dans la mesure où ses adversaires ne reculent devant rien et ont une pratique de tricherie systématique, Moscou aurait objectivement tort de se priver d’une telle arme. D’autant plus que Z. Brzezinski est de retour, au cœur de la politique américaine – et que J. Biden vient de confirmer, dans le prolongement de la ligne Bush, son soutien total à Kiev, en vue « d’épauler la progression de la démocratie en Ukraine »(62). Les américains, pour reprendre la prophétie de G.F. Kennan (1947), doivent accepter les « responsabilités du leadership moral et politique, dont l’Histoire voulait tout simplement les charger » (63). Les leçons de l’histoire n’ont pas été retenues. Sur le grand Echiquier eurasien, désormais, tous les coups sont permis…

Grenoble le 20/02/2009.

notes

Jean Géronimo est Docteur en Economie, Spécialiste de l’Economie centralement planifiée, de la Russie soviétique et post-soviétique. Mail : mailto:Jean.Geronimo@upmf-grenoble.fr

1 - La stratégie eurasienne de l’Amérique est décrite dans 2 ouvrages majeurs de Brzezinski. Voir donc Brzezinski Z. (2000) : Le grand échiquier – L’Amérique et le reste du monde, éd. Hachette (1° éd. : Bayard, 1997) et Brzezinski Z. (2004) : Le Vrai Choix, éd. Odile Jacob.

2 -Suite à la provocation militaire géorgienne du 8/08/2008 - intervention meurtrière de Kiev dans la république sécessionniste d’Ossétie du sud - la Russie a été contrainte d’intervenir, pour (notamment) protéger ses ressortissants nationaux. Cette crise a débouché sur la double indépendance autoproclamée de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud, le 28 aout 2008, très vite reconnue par Moscou. Aujourd’hui, le Caucase est devenu particulièrement instable, d’autant plus que l’Amérique de Bush l’a utilisé pour comprimer la puissance russe. Le président de l’Ossétie du Nord, Taïmouraz Mamsourov, a ainsi affirmé : « Nous ne nous faisons pas d’illusions, et sommes conscients que le Caucase est la première cible de ceux qui essayent de faire désintégrer la Russie et d’y semer le chaos ». www.rian.ru.fr, « Caucase russe : les présidents nord-ossète et ingouche prônent la stabilité », 22/01/2009.

3 - Moscou a coupé le 1° janvier 2009 l’approvisionnement en gaz de l’Ukraine, faute d’un accord sur les prix pour 2009 et sur des arriérés de paiement. Par la suite, le 7/11/2009, Moscou a été obligée de suspendre ses livraisons de gaz via l’Ukraine, accusant celle-ci de « voler » une partie du gaz russe transitant sur son territoire vers le reste de l’Europe. En effet, un contrôle du groupe gazier Gazprom a établi que les ukrainiens siphonnaient le gaz destiné à l’Europe (au moins 86 millions de mètres cubes détournés depuis le début de l’année). Le 11/01/2009, les pertes de Gazprom, consécutives à l’arrêt du transit du gaz russe sur le territoire ukrainien, s’élevaient selon V. Poutine à 800 millions de dollars. www.rian.ru.fr, « Arrêt du transit du gaz via l’Ukraine : Gazprom perd 800 M USD », 11/01/2009. Le 14/01/2009, selon I. Setchine, vice-premier ministre russe, les pertes de Gazprom étaient de 1,2 milliards de dollars et les pertes de recettes d’exportations, de 1,1 milliards de dollars. www.rian.ru.fr, « Rencontre quadripartite à Moscou : Medvedev propose un sommet », 14/01/2009. Au 22/01/2009, après la reprise du transit (20/01) les pertes directes de Gazprom dépassaient les 2 milliards de dollars !

4 - « La guerre du gaz, nouvelle guerre froide », I. Kadare, Le Monde, 4/02/2009.

5 - www.LExpress.fr, « Pourquoi la Russie nous menace », P. Sylvaine/A. Chevelkina, 22/08/2008.

6 - Date de la démission de M. Gorbatchev de la présidence de l’URSS.

7 - Kagan R. (2006) : « La puissance et la faiblesse », suivi de « Le revers de la puissance », éd. Hachette littératures.

8 - « Comment sortir intelligemment de cette folle guerre ? », Z. Brzezinski, Washington Post, 30/03/2008.

9 - www.rian.ru.fr, « Les USA renoncent à l’ABM et Moscou raisonne Téhéran: piège ou marché honnête », (Vremia novosteï), 16/02/2009.

10 - Brzezinski (2000, p. 21).

11 - www.rian.ru.fr, « Munich : Biden et Ivanov s’offrent une partie de poker diplomatique » (Moskovski komsomlets), 9/02/2009.

12 - Cité par Kissinger (2004, p. 52).

13 -Cette contrainte de domination, d’après Kagan (2006, pp. 148-149), serait l’expression « d’un principe tacite de la planification stratégique de l’Amérique, sinon de son budget de défense et de son potentiel militaire, depuis la fin de la guerre froide ».

14 - Z. Brzezinski - ancien conseiller à la sécurité des présidents Carter et Bush (père) - est le promoteur d’une ligne anti-russe depuis la guerre froide, qui s’inscrit dans une stratégie globale visant à empêcher l’émergence d’une puissance majeure et hostile en Eurasie, potentiellement menaçante pour le leadership américain. Aujourd’hui, il espère un désengagement militaire de la puissance américaine en Irak pour renforcer sa présence en Asie centrale et en Afghanistan. En 2007, il a qualifié la guerre menée par Bush en Irak, de « calamité historique, stratégique et morale ». R. Gates - ancien directeur de la CIA et secrétaire à la Défense de Bush - est d’une part, lié au scandale de l’Irangate portant sur les ventes d’armes à l’Iran pour financer la guérilla des Contras au Nicaragua et d’autre part, à l’origine d’une stratégie de renforcement militaire américain en Irak. Il prône, encore aujourd’hui, le maintien d’une politique interventionniste en Irak. De plus, dans les années 80, il a volontairement déformé des informations émanant des renseignements pour renforcer la politique anti-soviétique de R. Reagan. J. Biden - vice-président d’Obama - a soutenu M. Saakachvili contre Moscou lors de la crise géorgienne de l’été 2008. Il est à l’origine d’une aide économique et financière considérable en faveur de Saakachvili - dont le financement du budget géorgien - pour renforcer son régime. Un tel soutien s’inscrit dans une longue tradition américaine d’ingérence politique en zones eurasienne et sud-américaine. Enfin, Biden est partisan de l’extension du système anti-missiles américain à l’Est européen, perçu par Moscou comme un menace…

15 - Au sens de la théorie des systèmes - voir donc, Bertalanffy L.V. (1978) : « Théorie Générale des Systèmes », Dunod. Sur le thème de l’auto-régulation des systèmes, voir Mélèse J. (1979) : « Approches systémiques des organisations : vers l’entreprise à complexité humaine », éd. Hommes et Techniques.

16 - www.rian.ru.fr, « A Munich, Poutine sème le désarroi » (Vedomosti), 12/02/2007.

17 - Discours à la Conférence de Munich sur la sécurité », V. Poutine, 10/02/2007. www.voltairenet.org/article145320.html.

18 -En juin 1947, dans un article « The Sources of Soviet Conduct », Kennan note la détermination de Staline à internationaliser la révolution communiste. Afin de contenir l’expansionnisme soviétique, il prône une politique d’endiguement connue comme doctrine Truman.

19 - www.rian.ru.fr, « Afghanistan : l’Occident dans le sillage de l’ex-URSS », I. Kramnik, 16/02/2009.

20 - On peut donc prévoir une réduction du budget militaire américain. Le futur premier secrétaire adjoint à la Défense, William Lynn, a récemment déclaré que le budget actuel du Pentagone (180 milliards de dollars par an !) était excessif. Sur la thèse de « sur-extension impériale » de la puissance américaine, voir P. Kennedy (1988) : « The Rise an Fall of Great Powers », Fontana Press.

21 - www.rian.ru.fr, « ABM en Europe : les Etats-Unis demanderont l’avis de la Russie », J. Biden, 7/02/2009.

22 - Fontanel J. (1998) : « L’économie russe, ou la transition douloureuse » in « L’avenir de l’économie russe en question », PUG (sous la direction de).

23 - www.rian.ru.fr, « ABM américain en Europe : le potentiel nucléaire russe visé », S. Ivanov, 6/02/2009.

24 - Sur ce thème, voir notre précédent article sur le site www.geostrategie.com « Le retour de l’Atome rouge, amorce d’une guerre tiède ? », repris dans la revue Eurasia n° 4.

25 - Par la suite, l’Ouzbékistan et le Kirghizstan se sont éloignés de la tutelle américaine, en remettant en cause la politique et la présence américaine (via la fermeture de ses bases militaires). Dans ce schéma, l’initiative PPTE (pour les Pays Pauvres et Très Endettés) est, pour Washington un moyen d’imposer une politique libérale au Kirghizstan permettant, par ce biais, d’accroître son influence dans l’espace post-soviétique. Sur ce thème, voir Géronimo J (2007) : « Les leviers d’une stratégie anti-russe », Revue trimestrielle Nouvelle Fondation, n° 6, pp. 130-133 ou www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=NF&ID_NUMPUBLIE=NF_006&ID_ARTICLE=NF_006_0130. Version russe: Revue d’Etat Obshestevennyi Reitin’, Bichkek, Kirghizistan (19/04/2007). www.pr.kg/or/detail.php?id=33.

26 - www.rian.ru.fr, « Afghanistan : Moscou tente d’acculer Washington à la coopération en Asie centrale » (Gazeta.ru/Kommersant), 5/02/2009.

27 – « Comment sortir intelligemment de cette folle guerre ? », Z. Brzezinski, Washington Post, 30/03/2008.

28 - Sur cette fonction politique des prix en ECP, voir notre thèse. Géronimo J. (1998) : « Légitimité et rôle du Parti communiste dans la régulation du système économique soviétique », Thèse de doctorat en Economie Appliquée, UPMF Grenoble 2.

29 - www.rian.ru.fr, « Poutine salue les signaux provenant de l’administration Obama », 26/01/2009.

30 - Un autre objectif sous-jacent était d’obtenir la protection militaire de Washington pour s’émanciper définitivement de la tutelle russe.

31 - www.rian.ru.fr, « Saakachvili qualifie Poutine d’ennemi de la Géorgie », 23/01/2009.

32 – « Protocoles du traité de l’Atlantique Nord de 1949 sur l’accession de la Pologne et de la République tchèque », 4/05/1998, section 3, Congressional Record (Sénat), pp. S4217-4220 – cité par H. Kissinger (2004, p. 53).

33 - Kissinger H. (2004) : « La Nouvelle Puissance Américaine », Fayard, le Livre de Poche.

34 - www.rian.ru.fr, « Ukraine : pas d’alternative à l’adhésion à l’Otan », V. Iouchtchenko, 12/02/2009.

35 - www.rian.ru.fr, « L’Abkhazie et l’Ossétie du Sud réintégreront la Géorgie », M. Saakachvili, 12/02/2009.

36 - www.express.fr, « Poutine ne s’arrêtera pas là », M. Saakachvili, 1/09/2008.

37 - www.rian.ru.fr, « L’arme nucléaire : facteur essentiel de dissuasion », Etat major général russe, 9/02/2009.

38 - www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=765, « Le retour de l’Atome rouge : amorce d’une guerre tiède ? », Revue Regard sur l’Est, 30/092007.

39 - On rappellera : OTSC (Organisation du Traité de sécurité collective) et OCS (Organisation de coopération de Shanghai).

40 - www.rian.ru.fr, « OTSC : Moscou consolide son pré carré en Asie centrale », I. Kramnik, 06/02/2009.

41 - www.rian.ru.fr, « Gaz : Kiev et Moscou ont convenu de ne pas lier le transit et les livraisons en Ukraine », 18/01/2009.

42 - Depuis le 20/01/2009, suite au compromis entre V. Poutine et I. Timochenko, le transit énergétique a pu reprendre son cours normal. Lors des négociations à Moscou dans la nuit du samedi 17 janvier entre les premiers ministre russe et ukrainien, une entente sur le prix du gaz pour l’Ukraine et sur le tarif du transit a été enregistrée. Il a été notamment convenu qu’en 2009, un rabais de 20% sera accordé à Kiev pour le gaz russe - sous condition du maintien des tarifs de 2008 pour son transit à travers le territoire ukrainien. www.rian.ru.fr, « Gaz: Timochenko attendue lundi à Moscou », 19/01/2009.

43 - M. Grouchko, vice-ministre russe des affaires étrangères a exprimé « sa perplexité face à certaines évaluations » de la présidence de la Commission européenne, à l’occasion de la crise gazière, « provoquée par le sabotage par Kiev de ses engagements en matière de transit ». www.rian.ru.fr, « Crise gazière : Moscou perplexe face aux déclarations de l’UE », 22/01/2009.

44 - Au total, la Russie fournit 40% du gaz importé de l’UE, dont 80% transitent par l’Ukraine. D’où la possibilité pour cette dernière de menacer Moscou au moyen de manœuvres douteuses et de contraindre sa politique de prix énergétiques. Comme l’a confirmé V. Poutine, l’Ukraine « souhaite parasiter sur le transit de gaz (…) ». www.rian.ru.fr, « L’Ukraine veut parasiter sur le transit de gaz vers l’Europe », 11/01/2009. « Cette situation, lorsqu’un pays exige de lui accorder tout gratuitement ou trois fois moins cher qu’à d’autres, menaçant de couper le transit de gaz vers l’Europe qui, nous promet-il encore, pèsera sur nous pour exiger de le rétablir - cette situation n’est plus tolérable », a estimé le 16/01/2009, le chef du gouvernement russe. www.rian.ru.fr, « Conflit gazier: V. Poutine critique l’UE pour son approche égale envers la Russie et l’Ukraine », 16/01/2009.

45 - Refusant les nouveaux prix de Gazprom, Kiev avait objectivement intérêt à freiner le transit gazier vers l’Europe, dans le but de faire ac
cuser Moscou.

46 - Kiev n’a pas hésité à bloquer l’approvisionnement gazier de l’Europe et à prendre celle-ci en otage, conduisant fort justement V. Poutine à dénoncer le 12/01/2009 le « blocus gazier » de l’Ukraine. www.rian.ru.fr, « Poutine dénonce le blocus gazier mené par Kiev contre l’Europe », 12/01/2009. Un peu plus tard, le premier ministre a confirmé que « aucun des pays de transit n’est en droit d’abuser de sa situation ni de spéculer sur celle-ci, pour prendre en otages les consommateurs en Europe ». www.rian.ru.fr, « Rencontre quadripartite à Moscou : Medvedev propose un sommet », 14/01/2009.

47 - Brzezinski (2000, p. 19) a ainsi déclaré : « La partie qui se joue dans le pourtour de la Russie n’est plus l’endiguement de la guerre froide, mais le refoulement (roll back ) ».

48 - Le chef de la diplomatie russe, S. Lavrov, a ainsi déclaré que « la Russie mène aujourd’hui une politique extérieure exempte de confrontation, compréhensible, basée sur des intérêts clairs et légitimes et sur la base du droit international et sur les règles de l’économie du marché ». www.rian.ru.fr, « La plupart des pays occidentaux rejettent une confrontation avec la Russie », S. Lavrov, 16/01/2009.

49 - Rappelons qu’un seul pays (principe du droit de véto) peut empêcher l’adhésion russe à l’OMC. http://archives.lesechos.fr/archives/2008/lesechos.fr/09/18/300294165.htm.

49 - www.rian.ru.fr, « La Russie incomprise par l’Europe », K. Kossatchev, 12/02/2009.

50 - www.rian.ru.fr, « Nos amis d’Asie centrale », D. Kossyrev, 26/01/2009.

51 - Brzezinski (2000, pp. 18-19).

52 - Le président ouzbèk Islam Karimov a ainsi affirmé, à propos du rôle stabilisateur de Moscou en Asie centrale : « Le monde change très vite (...). La Russie est un pays qui a toujours été présent dans cette région, elle a déterminé la politique et l'équilibre des forces ». www.rian.ru.fr, « Medvedev en Ouzbékistan : un signal fort », 23/01/2009.

53 - www.LExpress.fr, « Russie-Géorgie : les enjeux du conflit en 7 points », G. Minassian, 22/08/2008.

54 - www.rian.ru.fr, « Afghanistan : l’Occident dans le sillage de l’ex-URSS », I. Kramnik, 16/02/2009.

55 - De ce pont de vue, suite aux « révolutions colorées », le double contrôle de la Géorgie et de l’Ukraine s’inscrit dans la ligne Brzezinski de déstabilisation, d’encerclement et de compression de l’influence russe dans son espace historique. Brzezinski considère l’Ukraine comme un pivot géopolitique central de sa stratégie de « roll back ».

56 - Dans cet axe, Moscou a renforcé sa sécurité politico-stratégique à travers la création de l’OTSC et de l’OCS. L’OCS est une organisation régionale regroupant 6 Etats : la Russie, la Chine, le Kazakhstan, la Kirghizie, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan. Elle a été crée à Shanghai les 14 et 15 juin 2001 par les présidents des six pays eurasiatiques. L'OTSC est une organisation militaire regroupant sept Etats - Arménie, Biélorussie, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan, Russie et Ouzbékistan - soit près de 70% du territoire de l'ex-URSS. Elle a été crée le 25 mai 2001.

57 - Elle s’oppose notamment au projet américain d’implanter un bouclier anti-missiles (ABM) en Europe de l’Est (Tchéquie et Pologne) dont, à juste titre, elle estime être une cible potentielle. Sous G.W. Bush, il aurait même été question d’étendre le bouclier ABM à certaines ex-républiques soviétiques…

58 - www.rian.ru.fr, « Le conflit osséto-géorgien a brisé le mythe d'un monde unipolaire », S. Lavrov , 1/02/2009.

59 - www.rian.ru.fr, « Moscou espère qu’Obama optera pour le polycentrisme politique », S. Lavrov, 12/02/2009.

60 - www.rian.ru.fr, « Davos : la Russie souhaite que les USA renoncent à leur unilatéralisme », V. Poutine, 29/01/2009.

61 – « Ce qui entrave le développement de la coopération dans cet espace - ce sont les conflits qui perdurent, et nous devons nous efforcer de les régler en utilisant les mécanismes de paix et les négociations, ainsi que les tentatives de diviser l'espace de la CEI et d'y semer la discorde politique et militaire », a souligné S. Lavrov, ajoutant qu'il ne fallait pas utiliser les pays de la CEI comme otages de projets géopolitiques. www.rian.ru.fr, « La Russie luttera contre les tentatives de division de la CEI », S. Lavrov, 16/01/2009.

62 - www.rian.ru.fr, « La nouvelle administration US soutiendra l’Ukraine », I. Timochenko, 11/02/2009.

63 - G.F. Kennan (1947) : « The Sources of Soviet Conduct », article, Foreign Affair, juillet 1947.

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Publié le 24 Avril 2009

Abstract - Japan seeks role in Arctic Council as Ue shows low profil - The Japanese government has applied to join the Arctic Council as an observer, hoping to keep abreast of growing global efforts to exploit the Arctic Circle for various purposes .

The Arctic Council, an international body comprising coastal countries in the region, recently has gained a higher international profile as two new shipping routes , the Northwest Passage and the Northeast passage become more likely as the Arctic Ocean ice melts due to global warming. Future competition for natural resources in the region, including energy reserves, is an issue also on many minds . Since WWII , Japan has a territorial dispute with Soviet Union and now Russia in the peri-arctic archipelago of the Kurils . Tokyo maintains its position on the issue , a gesture which prohibits any progress in this conflict .
Despite the fact that the European Commission places increasing stress on the Arctic Council as an instrument in Arctic developments, the European government body will not send any commissioners to the upcoming Arctic Council meeting in Tromsø, northern Norway .

Le Japon va postuler pour un statut  de membre observateur au Conseil Arctique lors de la pochaine réunion de cet organisme qui va se tenir à Tromsoe en Norvège le 29 Avril 2009  . Bien que n'étant pas une nation riveraine de l'Arctique , le Japon est concerné par les problèmes et les mutations de cette région du monde car il est appellé à être la destination privilégiée à partir de l'Europe au travers de la Route Maritime du Nord et le passage du Nord-Ouest .
La socièté Allemande Beluga Shipping envisage ainsi de réaliser un trajet de Hambourg vers Yokohama vai l Route Maritime du Nord , projet avorté au mois d'Aout 2008 probablement en raison de la guerre en Géorgie .
Le Japon a un conflit frontalier avec la Russie membre fondateur du Conseil Arctique dans la zone peri-arctique des Kouriles depuis 1945 , et malgres les souhaits de l'Heritage Foundation qui voit dans sa résolution un moyen pour détourner la Russie de la Chine celui-ci ne semble pas prêt de se résoudre , le Japon maintenant ses revendications .
Le Japon a mené au début de la seconde guerre mondiale une guerre en zone arctique et peri-arctique contre les Etats-Unis dans l'archipel des Aléoutiennes .

L'autre candidat à un statut de membre observateur , l'Union Européenne , fait profil bas puisque sa délégation ne comportera certainement pas de personnalités politiques de premier rang et en particulier aucun commissaire , entrant ainsi en contradiction avec sa politique volontariste affichée ces derniers temps . En novembre l'Ue avait souligné l'importance de l'arctique dans le cadre de sa politique septentrionale et appellait à une gouvernance multilatérale de la règion dans le cadre du Conseil Arctique . Si chacun des états membres sera certainement représenté par son ministre des affaires étrangères , dont M. Serguei Lavrov pour la Russie et probablement la secrétaire d'état Hillary Clinton pour les Etas-Unis , il est probable que ce sera M .Thomas Dux , Directeur Général des Affaires Maritimes et des pêches qui représentera l'Ue .
Le territoire du Nunavut a demandé au MAE Canadien M. Lawrence Cannon  de s'opposer à la candidature de l'Ue en raison de l'interdiction de commercialisation des produits issus de la chasse du phoque sur le territoire de l'Ue . Il rejoint en cela les critiques formulées par les reprséentants Groenlandais .

Note de l'Editeur : Et notre ambassadeur Michel Rocard , a quoi sert il ?


Liens :
Japan seeks role in Arctic Council
            EU will not send leaders to Arctic Council meeting
            Kouriles: la position de Tokyo reste invariable ( Article de Ria Novosti du 17 Avril 2009 )

               The Arctic Council
                Le Rôle de la RMN durant la Guerre Russo-Japonaise 
                La Route maritime du Nord ( Document Annales de Geographie  - 1954 ) 
                La Route Maritime du Nord est  OUVERTE

Articles liésLe maire de Tokyo s'intéresse à l'arctique

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Rédigé par DanielB

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Publié le 23 Avril 2009

MOSCOU, 23 avril - RIA Novosti. Le ministre russe des Ressources naturelles Iouri Troutnev et le ministre norvégien du Pétrole, Terje Riis-Johansen ont passé en revue, lors d'une rencontre à Moscou, la coopération des deux pays dans la mise en valeur du plateau continental, a annoncé un communiqué officiel du ministère.

Les perspectives du partenariat stratégique entre Moscou et Oslo dans le domaine de l'énergie et de l'exploitation des gisements d'hydrocarbures sur le plateau continental de la mer de Barents ont été examinées, a précisé le texte.

 "Nous avons toujours estimé que les sociétés norvégiennes possédaient une expérience unique en matière de mise en valeur de gisements off-shore", a indiqué M.Troutnev cité par le communiqué .

Note de l'Editeur : Cette annonce survient au moment ou la pétrostatale Norvègienne StatoilHydro ASA a manifesté son intêret pour les gisements arctiques Russes et ou le gouvernement Norvégien semble privilégier des compagnies étrangères pour la mise en valeur de son plateau continental , menaçant le monopole de StatoilHydro ASA qui a besoin desespérément de nouveaux champs pour compenser la baisse de production de ses gisements .La Norvègevient de se voir attribuer par la Commission des Nations Unies sur l'extension du plateau continental 235 000 km2 dont certaines zones très prometteuses sur le plan petrogazier . La zone contestée entre la Russie et la Norvège dans la Mer de Barents pourrait faire l'objet d'une exploitation conjointe .


C'est le premier ministre Russe Vladimir Poutine qui assume la gestion directe du plateau continental Russe en particulier dans l'octroi des licences , tandis qu'en Norvège les nouvelles licences  d'exploration et d'exploitation dans des zones protégées sont soumises à des décisions parlementaires . C'est le cas par exemple dans la zone située prés des îles Lofoten et Vesterålen qui font l'objet d'intenses débats . Les différents acteurs politiques sont pour l'instant d'accord sur la necessité de préserver ces zones jusqu'en 2010 et ils ont reçu l'appui d'une partie du clergé Norvègien et en particulier du président du conseil des evêques Jens-Petter Johnsen  . Certains directeurs de conscience de l'Eglise  , et particulièrement dans les diocèses du Nord , soutiennent toutefois l'industrie pétrolière Norvègienne et les syndicats Norvègiens favorables à la mise en exploitation sine die de ces zones . C'est le cas par exemple
de l'evêque Luthérien Per Oskar Kjølaas qui considère qu'" iln'existe pas de contradictions  entre  exploiter de manière raisonnée les créations de Dieu et oeuvrer pour la préservation d'autres  " .


La  décision du gouvernement Norvègien pourrait s'expliquer par la conjonction de quatre  facteurs :

1- Les gisements ON-SHORE , et à plus long terme off-shore , de l'arctique Russe de la peninsule du Yamal sont moins couteux à mettre en exploitation . Les gisements du plateau continental Norvègien plus gourmands en investissements sont laissés au financement par des capitaux étrangers .

2- La volonté récurrente du gouvernement Norvégien d'" internationaliser" le dossier de l'arctique et d' y inclure des acteurs extérieurs , y compris non-étatiques , afin d'éviter de se retrouver face à face avec la Russie . C'est le cas dans la Mer de Barents .

3- StatOilHydro ASA  doit accepter les règles de la compétition si elle veut se développer à l'international .
( C'est le point de vue exprimé dans l'article de Bloomberg )

4- Les problèmes techniques réccurents  de l'usine de gazéification de Melkoya qui nécessitent l'arrivée d'acteurs extérieurs et de leur expertise technique .

Liens : 
Norwegian petroleum directorate
StatoilHydro Touts Russia for Arctic Energy
Statoil’s Arctic Status Threatened as Exxon, Shell Make Bids 

Articles associés : La Norvège renonce au Pôle Nord .



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Rédigé par DanielB

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Publié le 23 Avril 2009



MOSCOU, 23 avril - RIA Novosti. Voici une lettre ouverte du Pédiatre du Monde, de l'Européen de l'Année (Reader's Digest) et de l'Etoile de l'Europe (Business Week) à Monsieur Jean-Michel André.

Monsieur Jean-Michel André,  

Pardonnez-moi de me mêler de votre vie privée. Mais, malheureusement, aujourd'hui elle est devenue publique  pour le monde entier. Il y a longtemps que je ne suis plus un jeune homme. Je suis grand-père. Voilà pourquoi je peux parler en toute sincérité et en connaissance de cause. De plus, j'ai consacré toute ma vie à la santé des enfants.

J'ai essayé de vous joindre, y compris par internet, mais je n'ai pas réussi. Voilà pourquoi, je vous envoie une lettre ouverte. Tout d'abord, je condamne le fait que l'on vous ait agressé. C'est horrible. J'ai beaucoup d'amis en France et j'aime la France.

L'amour peut se transformer en haine. Cela est bien connu. Et à mon humble avis, Votre relation avec Irina est aujourd'hui inspirée par la haine. Chacun de vous pense à soi-même  et peu à votre enfant. Cela peut beaucoup influencer l'état psychique et émotionnel de la pauvre Elise. Réfléchissons à l'avenir d'Elise.  

Aujourd'hui  c'est vous  qui décidez pour elle : où et avec qui elle doit vivre, et qui va payer la pension alimentaire. Peu de temps passera et c'est elle-même qui décidera de ces diverses questions. Cela sera son choix et son droit. Personne ne la prive de la citoyenneté française ou russe. Mais il ne faut pas transformer en cauchemar la vie de cet enfant et la priver de sa mère et de vous-même. Vous n'êtes pas le premier au monde à divorcer en ayant un enfant, mais je m'incline devant les parents qui font preuve de haute spiritualité et qui font tout pour atténuer la tragédie de l'enfant. Dans cette situation, l'enfant est la priorité. Les lois pour les animaux et les hommes sont les mêmes. La femelle privée de son enfant est prête au sacrifice suprême. Faites preuve de commisération.

Je vous propose de vous conduire comme un homme véritable, digne et vaillant, dont la France et le monde entier pourraient être fiers - venez à Moscou et remettez tranquillement Elise à sa mère sous réserve de la promesse d'un contact permanent avec vous et sans décision judiciaire.  Je garantie votre sécurité. Je vous demande de cesser de partager l'enfant. Cela sera une tragédie pour tous.

C'est complexe, mais il existe une autre voie qui permettrait à Elise de vivre une vie normale et non-partagée dans les années qui viennent. Laissez Elise à sa mère dans sa famille, et vous-même, pour le bien de l'enfant, partez dans l'ombre. Quand elle atteindra sa majorité, il sera possible de lui raconter toute la vérité et elle pourra elle-même prendre une décision concernant son avenir. Je puis dire avec une quasi-certitude que son choix en votre faveur sera plus que probable.

Et, finalement, dernière question. Il faut résoudre le problème financier, celui de la pension alimentaire. En cas d'absence d'accord raisonnable entre vous, je vous propose mon aide personnelle pour Elise.

 Respectueusement,

Léonide Rochal, Pédiatre du Monde .

Note de l'Editeur : Le Dr Leonid Rochal est intervenu lors de la prise d'otages de BESLAN .
Face aux mensonges des mediats " libres " occidentaux  et plus particilièrement  des mediats Français  , il a organisé une conférence de presse à Paris ou il a mis en avant le courage des forces anti-terroristes Russes soulignant qu'un des Spetnatz est décédé dans ses bras aprés avoir fait de son corps un bouclier pour protéger les sauveteurs .
A la fin de la conférence de presse , il a demandé aux journalistes présents d'associer dans une minute de silence toutes les victimes , sauveteurs et Spetnatz compris . La plupart ont refusé .
A l'issue de cette conférence de presse , il a eu cette remarque terrible :
" Desormais pour moi tout journaliste , et plus particulièrement un journaliste Français , est desormais un menteur en puissance " .

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Rédigé par DanielB

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