guerre de l'information

Publié le 4 Juin 2011

Repris depuis geostrategie.com

 

 

Q – Yves Bataille, vous avez regardé le film suivi par un débat. Comment l’analysez-vous ?

Yves Bataille – Ils ont présenté ça comme un film mais c’est de la grossière propagande. Mal fait et typique de la désinformation médiatique contemporaine. Cela ose se présenter comme une enquête. Le « film » commence par trois mensonges, l’attentat de Markale, les snipers serbes à Sarajevo et une exécution sommaire à Srebrenica. Tout le monde http://www.geostrategie.com/cms/cms_images/yapb_cache/serb_manif_pro_mladic_nm.48px69sztdmoc8gcw04kko804.1n4kr7rgh18gs08gcg0csw4kg.th.pngsait que l’attentat du marché de Sarajevo (Markale) a été commis par les Bosniaques Musulmans pour en incriminer les Serbes. Le premier attentat a été fait avec une mine bondissante. C’est un type de mine qui saute et qui explose à hauteur d’homme. Il y avait déjà eu un semblable montage devant une boulangerie rue Vasa Miskin et la télévision bosniaque comme par hasard présente, avait filmé avant, pendant et après. Cette propagande parle des tireurs embusqués serbes mais chaque camp en avait. Au début de la guerre le journaliste Philippe Buffon a réalisé pour Envoyé Spécial un reportage sur le sujet. Il a filmé ces « snipers » bosniaques que le film ignore car il faut faire croire qu’il n’y avait que des snipers serbes. Enfin l’affaire de l’exécution sommaire de bosniaques qui venaient de tuer des Serbes s’est déroulée à Trnovo, à 170 kilomètres de Srebrenica. Mais l’extrait vidéo collé au mot Srebrenica sert à accréditer la légende du massacre de 8.000 bosniaques musulmans dans l’enclave.

Pour le reste le film nous a ressorti tous les clichés habituels et montré l’immoralité de ses auteurs. Ce criminel de Mladić a eu le toupet de faire la fête, de jouer aux échecs et de marier son fils. Et sa femme a prouvé que l’amour était plus fort que l’argent. C’est inadmissible. Le film nous a baladé dans des coins reculés de Bosnie pour filmer des paysans, des membres de la famille du « criminel de guerre ». De braves gens refusant d’abord de parler à des inconnus puis s’épanchant devant ces espions d’opérette à caméra cachée en offrant le raki. On a eu droit au James Bond de sous préfecture Raymond Carter, ce gendarme de la république qui se vante d’avoir chassé le criminel de guerre et d’avoir été entravé dans ses recherches par des méchants. Le film reprend enfin à son compte les dires des dirigeants serbes actuels, accusant l’ancien président Kustunica d’avoir saboté la « traque » du « criminel de guerre ».

Q – Que dire du débat ?

Yves Bataille – Après le film le débat censé être conduit par Nicolas Poincaré, ancien envoyé spécial de France Info en Yougoslavie, n’a pas eu lieu. Nous avions d’un côté, y compris avec ce Poincaré, des accusateurs patentés de Serbes, Florence Hartmann et Rémy Ourdan, et censé être de l’autre, Dusan Bataković, l’ ambassadeur de Serbie en France. Mariée à un croate, l’hystérique Hartmann a commencé sa guerre contre les Serbes au Monde et l’a continuée comme porte parole du Tribunal de La Haye avant d’être inculpée en 2008 et condamnée en 2009 par ce même TPIY pour divulgation de documents confidentiels. Cela n’a pas été évoqué. Dans ses activités journalistiques Rémy Ourdan a toujours fait preuve d’une hostilité rabique envers les Serbes. Ce collaborateur de Crimes of War dirigé par Roy Gutman, David Rieff & Anthony Dworking continue sa croisade en couvrant pour Le Monde la « révolte libyenne ». Enfin l’ambassadeur Bataković, membre du Club Atlantique Serbe, n’était là que pour défendre la politique du gouvernement Tadic et empêcher un autre serbe de dire la vérité.

En effet, il faut savoir que le débat consécutif au film a été enregistré deux fois. Une première fois le 6 janvier dernier avec pour représentant de la partie serbe, Milivoje Bata Ivanišević, porte parole de Radovan Karadzic au Tribunal de La Haye et président de l’association des victimes de guerre serbes. Ce qu’a dit Milivoje Bata Ivanišević ne plaisait pas à ses interlocuteurs, au gouvernement serbe et au Quai d’Orsay. La 2 a donc tout simplement sucré le premier débat et en a improvisé un faux qui convenait mieux à la défense de la vérité officielle. Comme l’on dit, Français c’est comme ça que vous êtes informés.

Q – Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Yves Bataille – D’abord une remarque sur deux phrases du faux débat. Pour Nicolas Poincaré « un cadeau de choix a été offert à la communauté internationale ». On en revient toujours à cette étiquette mensongère qui cache la réalité géopolitique car la communauté internationale ça n’existe pas. Ou si ça existe ce n’est rien d’autre que l’étiquette de l’impérialisme anglo-américain et de sa succursale de Bruxelles, dite Union Européenne. Ensuite ces mots serviles de l’ambassadeur aligné, qui s’emboîtent sur la phrase du journaliste de service : « c’était une obligation internationale pour la Serbie » (…) Pour cet ambassadeur la livraison au Sanhédrin de résistants de son pays est une obligation internationale.

Ensuite, et c’est sans doute la chose la plus importante, cette information puisée dans les milieux généralement bien informés à Belgrade, ceux qui disposent des renseignements : si le général Mladić a bien été arrêté pour la photo à Lazarevo, petit village du Banat près de la ville de Zrenjanin, en réalité il était déjà depuis un moment en prison à l’autre bout de la Serbie occupée dans la base américaine de Camp Bondsteel au Kossovo d’où il a été transféré pour les besoins de la mise en scène et du « calendrier démocratique ». L’arrestation du général Mladić, telle qu’elle nous a été racontée, est donc un mensonge de plus dans une longue série de mensonges.

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Rédigé par DanielB

Publié dans #Guerre de l'information

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Publié le 19 Avril 2011

Il faut malheureusement aller sur un chaîne Russe anglophone pour voir des Français s'exprimer sur la censure et la propagande de guerre généralisée sur les trois guerres coloniales que même la France de Sarközy . Russia Today souligne le fait que la pègre ailée Française tue ELLE AUSSI des civils Libyens !

 

 

 

 

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Rédigé par DanielB

Publié dans #Guerre de l'information

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Publié le 4 Avril 2011

Rédigé par DanielB

Publié dans #Guerre de l'information

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Publié le 3 Avril 2011

J'avais évoqué sur ce blogue les " activités cinétiques " de Robert Gates , voici un dictionnaire " Français - Otanais " repris depuis mondialisation.ca
Lexique médiatique de la guerre de Libye

Les mots de la guerre au service de la guerre ?

Toutes les informations ne relèvent pas de la propagande ou ne se réduisent pas à de la propagande. Et la propagande ne consiste pas seulement (ni parfois principalement) en mensonges grossiers et délibérés ou en partis pris outranciers, cibles faciles pour la contre-propagande.

Dans les conflits les plus aigus, qu’ils soient sociaux ou militaires, les médias et les journalistes et, le cas échéant, leurs critiques, ne sont jamais de simples observateurs. Ce sont des acteurs. Mais ce n’est pas rêver à une improbable « neutralité » ou à une très aléatoire « objectivité », que de souligner que les partis pris les plus insidieux se dissimulent derrière le vocabulaire apparemment le plus anodin.

Que l’on soit ou non favorable à l’intervention militaire en cours en Libye, on est en droit d’attendre des médias et des journalistes, quelles que soient leurs prises de position, que la condamnation du régime libyen ne se transforme pas en propagande de guerre qui se bornerait à rediffuser, sans les vérifier, les informations fournies par les états-majors, ou, plus simplement, à épouser le vocabulaire diplomatique, politique ou militaire de l’un des camps en présence.

« Guerre » - Se dit, dans le cas présent, le moins souvent possible, non seulement dans les déclarations des responsables politiques et militaires, mais sous la plume et dans la bouche de nombre de commentateurs. Comme dans nombre de guerres modernes, l’opération militaire actuellement menée en Libye porte un nom, peu repris il est vrai : « Aube de l’Odyssée ». Pourtant – qui peut le nier ? – cette guerre est une guerre.

« Riposte » - Se dit des opérations militaires de « nos » armées, quand on veut en souligner le caractère prétendument défensif.

Les états-majors et les chefs de gouvernement n’ont pas osé prétendre que l’opération militaire en Libye pouvait être considérée comme une « riposte ». Qu’à cela ne tienne. Certains journalistes ont franchi le pas. Mais ne soyons pas malhonnêtes, ils ne sont pas majoritaires dans la profession. Pour l’instant. Mais, comme le montrent les deux captures d’écran qui suivent, on ne parle pas ici de médias totalement marginaux :

 

 

 

 

 

 

Ou encore, sur le site de L’Express : « Pendant que le débat diplomatique se prolonge, certains évoquent un risque réel de voir les forces de Kadhafi gagner la partie sur le terrain avant que les grandes puissances conviennent d’une riposte au conflit » (15 mars).

Une « riposte » ? Les « grandes puissances » ou « l’Occident » auraient-ils été agressés par Kadhafi ? Se borneraient-ils à « répondre » à une attaque, à « riposter » ? À moins d’être de mauvaise foi, la réponse est évidemment non. Alors, a-t-on affaire ici à de simples excès de langage ou à de mauvaises habitudes prises à force de traiter des guerres présentées comme « préventives », c’est-à-dire au cours desquelles l’attaque est une « riposte » par anticipation ? À voir. Mais dans un cas comme dans l’autre, les lecteurs et les auditeurs ne sortent pas gagnants de l’emploi totalement déplacé d’un terme aussi dépourvu d’ambiguïté…

« Les alliés » - Se dit, sans autre précision, des États engagés dans la guerre qui ne dit pas ou fort peu son nom. Ceux-ci peuvent être affublés de plusieurs autres désignations : « la coalition », « le front anti-Kadhafi », voire même « les occidentaux » (par un lapsus fort peu diplomatiques envers ceux qui ne le sont pas)… Mais « alliés » est l’un des termes les plus souvent employés, et l’un des plus significatifs :

« Libye : les alliés mettent au point leur dispositif militaire » (titre d’un article du Figaro, 18 mars) ; « Libye : les alliés verrouillent le ciel » (titre d’un article du Midi-Libre, 21 mars) ; « La route d’Ajdabiah en partie rouverte par les alliés » (site de L’Express, 20 mars) ; etc.

« Les alliés ». Lors de l’invasion de l’Irak déjà, l’attelage américano-britannique (flanqué de quelques troupes auxiliaires, mais privé de « la France »), avait, comme nous le relevions alors, bénéficié de cette appellation. Elle vaut soutien à la guerre en cours : un soutien qui relèverait du débat public, s’il s’assumait comme tel au lieu de s’abriter derrière une référence historique qui renvoie à l’un des deux camps en présence lors de la Deuxième Guerre mondiale. Chacun avouera que la comparaison est des plus osées, pour ne pas dire hasardeuse, quelle que soit l’ampleur des crimes commis par le régime libyen. Rien ne nous garantit, devant l’abondance de la référence aux « Alliés », que Kadhafi ne nous sera pas présenté demain comme le nouvel Hitler. Ou, pour être plus exact, comme le nouveau nouveau nouvel Hitler. Contre lequel la mobilisation armée de la « communauté internationale » ne peut être contestée.

« Communauté internationale » - Se dit, indifféremment, des membres du Conseil de Sécurité qui ont adopté la résolution, de ceux qui la soutiennent et de ceux qui, en s’abstenant, l’ont réprouvé. Cette expression semble désormais moins utilisée que lors de l’euphorie des premiers jours :

« La communauté internationale montre sa solidarité avec le printemps arabe » (site de La Croix, 20 mars) ; « Kadhafi menace la communauté internationale » (titre tout en nuance d’une dépêche publiée sur le site du Point le 19 mars) ; « Dossier Libye : la communauté internationale décide d’intervenir » (site de Marianne, 19 mars) ; etc.

Ce disant - comme nous l’avions déjà fait remarquer dans un article précédent - les médias ont pendant quelques jours oublié « de rappeler que quelques pays mineurs, périphériques et peu influents, n’ont pas voté la résolution de l’ONU, la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Allemagne… ». On a semblé davantage s’intéresser aux quatre avions (de fabrication française) gracieusement mis à disposition par ce géant qu’est le Qatar qu’aux réactions des gouvernements de pays qui représentent plus de la moitié de l’humanité… Plutôt que de s’efforcer d’informer pour les comprendre, quitte, ensuite, à les soutenir ou les désavouer, l’on n’a guère épilogué sur les raisons pour lesquelles ils n’étaient pas convaincus de cette guerre. Ou plutôt, de ces « frappes ».

« Frappes » - Désigne les bombardements effectués par « les alliés » : en effet, les « alliés » ne bombardent pas, ils « frappent ». Ils « frappent » la Libye, comme d’autres « frappent » à la porte, « frappent » un ballon de football ou se « frappent » dans les mains. On parle pourtant bien de centaines de missiles. Mais chacun avouera que le terme « frappes » n’est pas aussi négativement connoté que le mot « bombardements » :

« Libye. Les frappes militaires devraient baisser d’intensité, selon les USA » (titre glané sur le site internet de Ouest France, 22 mars) ; « Libye : frappes françaises en suspens » (titre d’une dépêche AFP, 21 mars) ; « Le pétrole recule légèrement, malgré la poursuite des frappes en Libye » (site du Parisien, 22 mars) ; etc.

Quant à Kadhafi et ses forces armées, ils ne « frappent » pas, ils « pilonnent » :

« Kadhafi pilonne la population civile » (site de France info, 16 mars) ; « Libye : les pro-Kadhafi pilonnent Zenten » (titre d’une dépêche AFP, 19 mars) ; « Les forces pro-Kadhafi […] ont notamment pilonné la ville pétrolière de Ras Lanouf » (Libération, 11 mars) ; etc.

Ce Kadhafi ne respecte décidément rien. Il aurait pu se contenter d’opérer, comme les « alliés », des « frappes ». Des « frappes », dont on nous assure qu’elles sont « ciblées ».

« Ciblées » - Dans le langage militaro-médiatique, qualifie les « frappes », de préférence à « chirurgicales ». Les « frappes chirurgicales » ont eu leur heure de gloire, chacun comprenant alors que les bombardements étaient effectués avec la précision de chirurgiens qui tentent de sauver des vies et non d’en prendre. Mais la ficelle était peut-être un peu grosse. Désormais les frappes sont « ciblées » :

« Paris envisagerait des frappes ciblées en Libye » (titre d’une dépêche Reuters, 19 mars) ; « Les frappes aériennes ciblées contre les troupes du colonel Kadhafi vont-elles suffire à le chasser du pouvoir ? » (question posée par le Télégramme, 22 mars) ; variation sur un même thème avec le site TF1 news : « En Libye, les opérations ciblées de la coalition semblent donner de l’air aux insurgés de Benghazi » (22 mars) ; etc.

On l’aura donc compris : les « frappes » sont « ciblées ». Les journalistes qui reprennent complaisamment cette expression se sont-ils demandé ce que seraient des « frappes non-ciblées » ? On shoote au hasard ? On déverse des bombes au petit bonheur la chance ? Que l’on soit dans un chasseur, un hélicoptère de combat, un navire de guerre ou un char d’assaut, avant de tirer, on vise. Une cible. Le problème n’est pas de savoir s’il y a une cible, mais quelle est la cible. Dire d’une « frappe » qu’elle est « ciblée » est un artifice rhétorique qui tente de relativiser le caractère intrinsèquement violent d’un bombardement. Et de parler, en cas d’erreur sur la cible, de « dommages collatéraux ».

« Dommages collatéraux » - Dans le langage militaro-médiatique, désigne (avec « bavures ») les victimes civiles des « frappes », laissant ainsi entendre que si les guerres font des victimes - du moins quand « nos » soldats y prennent part - c’est toujours par accident. Et que c’est bien « dommage ». Ce triste euphémisme, typiquement militaire, est toujours utilisé par certains journalistes, sans aucune distance critique, et sans guillemet :

« Par ailleurs, il n’y a pas eu de dommages collatéraux du fait de l’armée française. Certains objectifs n’ont pas été visés en raison de risques de dommages collatéraux, a précisé l’état-major français » (site de France-soir, 22 mars) ; « Libye : les dommages collatéraux évités » (titre d’une dépêche sur le site d’Europe 1, 22 mars) ; « Il n’y a pas eu de dommages collatéraux du fait de l’armée française » (site de 20 minutes, 22 mars) ; etc.

Ce n’est pas nouveau : Sur les « frappes », « dommages collatéraux », « bavures » et autres « incidents », voir notamment ici même le lexique de la guerre en Afghanistan et les mots de la guerre contre l’Irak.

Quant aux « forces ennemies », elles ne font jamais de « dommages collatéraux », puisque il va de soi que, toujours et partout, elles « prennent délibérément pour cible des civils désarmés ». Ce que fait, bien évidemment, l’armée « kadhafiste ».

« Kadhafiste » - Désigne les partisans du dictateur libyen parfois appelés « pro-kadhafi ». Tout comme les « sarkozystes » ou les « pro-sarkozy » sont, en France, les partisans du président français. Soit. Mais ces dernières semaines, l’usage du terme « kadhafiste », s’est souvent substitué à « loyaliste » pour désigner l’ennemi et ses armes.

« Mohamed Nabbous, ingénieur en télécoms, photographe et blogueur improvisé, est mort, tué par un sniper kadhafiste dans une rue de Benghazi » (site de La règle du jeu, 20 mars) ; « L’aviation kadhafiste, qui compte sur le papier plus de 200 appareils de combat, ne semble en mesure d’en aligner qu’une quarantaine » (site de l’Express, 18 mars) ; « Le président français et le gouvernement britannique ont été les avocats les plus fervents de l’instauration d’une zone d’exclusion dans le ciel libyen afin de neutraliser l’aviation kadhafiste » (site de 20 minutes, 15 mars) ; etc.

« Sniper kadhafiste », « aviation kadhafiste »… Imagine-t-on un seul instant les médias français nous parlant de « soldats sarkozystes », d’ « aviation obamiste » ou de « marine cameroniste » ? Évidemment non. Le passage par un adjectif dérivé du nom du dictateur est une prise de position contre les forces armées libyennes, dont on se gardera ici de minorer la violence. Mais cela ne doit pas interdire de relever un abus de langage qui, consciemment ou non, participe du caractère partisan de l’ « information » diffusée au sujet de la Libye. Le JDD a publié sur son site, le 20 mars, une dépêche dont le titre était : « Libye : Paris confirme avoir abattu un avion kadhafiste ». Si l’inverse s’était produit, le JDD aurait-il titré « Libye : Tripoli confirme avoir abattu un avion sarkozyste » ? C’est peu vraisemblable. Les avions sont « français ». Pour certains, ce sont même « nos » avions...

« Nos soldats » - Se dit, avec « nos » moyens militaires, des forces engagées par l’État français dans la guerre qui ne dit pas son nom. Un appel empathique et patriotique à l’identification avec les soldats français.

Nous l’avions noté dans un précédent article : certains journalistes ont adopté une attitude tellement va-t-en guerre que l’on se demande parfois s’ils n’ont pas déjà revêtu leur treillis pour aller prendre directement part aux combats. Il semble que jusqu’à présent, aucun d’entre eux n’ait franchi le pas. Mais à l’écrit, certains y sont déjà, et s’expriment comme s’ils étaient membres à part entière de l’état-major français :

« L’arrivée sur zone du groupe aéronaval constitue donc un renfort important, démultipliant nos moyens militaires dans cette partie de la Méditerranée » (le Parisien, 22 mars) ; « Jusqu’à présent, aucun avion français n’a été directement menacé par la défense aérienne libyenne, mais nos appareils ont été "illuminés" samedi par les radars de poursuite » (Jean-Dominique Merchet, de Marianne, le 21 mars) ; « Alors que nos soldats sont engagés en Afghanistan, l’ouverture d’un nouveau front terrestre en Libye semble peu probable en cas d’enlisement du conflit » (la Dépêche, 22 mars) ; « Nos Mirage ont cependant réellement mis le feu à une concentration de chars et de véhicules kadhafiens aux environs de Benghazi » (Guy Sitbon, de Marianne, le 21 mars) ; etc.

Au cas où le public ne l’aurait pas compris, « nous » sommes en guerre. Ce n’est pas l’armée française qui bombarde la Libye, c’est la France (comme l’ont complaisamment souligné les médias qui, plutôt que de titres sur le déclenchement de la guerre elle-même, ont préféré (comme nous l’avions relevé) proclamer à la « Une », à grand renfort de « cocoricos » que « la France frappe la première »). Ce n’est pas l’armée française qui bombarde la Libye, c’est « notre » armée. Chacun est ainsi invité à se sentir personnellement concerné et impliqué dans l’offensive en cours. Un rappel à l’ordre patriotique, accompagné de moult articles vantant les mérites et les compétences de « notre armée ». À moins qu’il ne s’agisse d’un simple appel au civisme… Pourquoi en douter ? D’ailleurs, « nos » journalistes ne manqueront pas, à l’avenir, d’évoquer le destin de « nos » professeurs, de « nos » magistrats et de « nos » chômeurs, lorsqu’ils se mobiliseront à leur tour. Et ils reprendront, comme ils le font avec « nos » officiers, le moindre de leurs termes.

« Sur zone » - Désigne, dans le langage militaro-médiatique, la localisation de « nos » soldats et de « nos » armes :

« L’arrivée sur zone du groupe aéronaval constitue donc un renfort important » (site du Parisien, 22 mars) ; « Mais le coût des sorties devrait être en partie réduit avec l’arrivée mardi sur zone du porte-avions Charles de Gaulle » (site du Nouvel Obs, 22 mars) ; « La France dispose d’une centaine de Rafale et Mirage 2000, en plus d’avions de surveillance Awacs. Un porte-hélicoptères de type Mistral était de plus récemment sur zone » (site du Parisien, 20 mars) ; ou encore ce titre, mystérieux pour les non-initiés, sur le site du Berry Républicain : « Un Awacs français est sur zone dans le ciel libyen ». Diantre.

L’emploi récurrent de l’expression « sur zone » est un exemple parmi d’autres de reprise quasi-automatique de termes du langage militaire. Nouvelle confirmation de ce désolant mimétisme qui pousse nombre de journalistes qui « couvrent » les guerres à se prendre pour des militaires en singeant leur vocabulaire. Machinalement ou pour avoir le sentiment de participer à l’effort de guerre ? On ne sait… Mais chacun avouera qu’un tel mimétisme qui n’apporte rien à la précision ou à la qualité de l’information est symptomatique d’un certain journalisme de guerre, qui se fait même parfois un peu plus militaire que les propos de l’armée elle-même.

« Propagande » - Se dit (presque) exclusivement, dans les médias français, des interventions du colonel Kadhafi et de ses partisans, des informations qu’ils diffusent et des images qu’ils montrent :

« [Kadhafi] va recourir à l’arsenal complet de ses méthodes à la fois terroristes et de propagande » (Christian Makarian, site de L’Express, 20 mars) ; « Après les premiers succès militaires, la propagande libyenne redouble » (titre d’une dépêche AFP, 11 mars) ; « À l’école de la propagande Kadhafi » (titre d’un reportage de Delphine Minoui, du Figaro, 19 mars) ; etc.

Cette distance salutaire (et largement justifiée en l’occurrence) ne s’applique ni aux prises de position des gouvernements impliqués dans l’offensive militaire contre le régime de Kadhafi, ni aux informations distillées par leurs forces armées, ni à leur vocabulaire. Comme s’ils ne relevaient pas eux aussi d’une propagande dont le journalisme de guerre se serait affranchi. Ce dont on est en droit de douter…

Julien Salingue (avec Henri Maler)

 Petit exercice du professeur BESSON :

Traduire en " Bon Français " la phrase suivante  :

" Les activités cinétiques des aéronefs de la coalition ont provoqué des dommages collatéraux parmis les rebelles alors qu'ils affrontaient les Kadhafistes "

Je propose :

" La soldatesque ailèe de l'OTAN a commis un nouveau crime de guerre lors d'un bombardement qui visait les forces gouvernementales Libyennes qui combattaient les milices islamistes "

 

 

 

 

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Rédigé par DanielB

Publié dans #Guerre de l'information

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Publié le 1 Avril 2011

Par Dmitri Babitch, RIA Novosti

 

L’homme qui pratiquement à lui seul a réussi à convaincre le président français Nicolas Sarkozy de reconnaître le gouvernement "alternatif" de la Libye, exhortait à la fin des années 1990 l’Occident à reconnaître le "président" tchétchène Aslan Maskhadov et son "premier ministre" Chamil Bassaïev. Après les événements de Tskhinvali (conflit russo-géorgien d'août 2008, ndlr), il qualifiait également Mikhaïl Saakachvili d'"homme le plus hostile à la guerre" qu’on puisse jamais rencontrer. Tous ces faits invitent à se poser la question suivante: sur quelles informations et en provenance de quelles sources l’opération militaire internationale en Libye se base-t-elle?

Le nom de cet homme, de l’informateur de Sarkozy, est Bernard-Henri Lévy, BHL pour les intimes. Il signe ses articles, comme son ami et collègue André Glucksmann, "Bernard-Henri Lévy, le philosophe."

BHL est millionnaire, et il a accordé un entretien aux journalistes du magazine allemand Spiegel dans sa résidence permanente de l’hôtel parisien Raphaël en présence d’un valet. Ses jugements sont comme toujours péremptoires et sans appel: "Vous avez un mauvais ministre des affaires étrangères et il vous faut s’en debarasser... Et l'Allemagne aura beaucoup de mal à satisfaire son ambition légitime d'avoir un siège permanent au conseil de sécurité de l'ONU".

On pourrait croire entendre le seigneur de l’Univers, et non pas un modeste "activiste de la diplomatie populaire qui n’a aucun pouvoir, à l’exception de celui que lui donne la conscience" (c’est ainsi que BHL s’est modestement décrit lors d’une conférence en ligne avec les lecteurs du quotidien Le Monde). Mais le problème est précisément dû au fait que l’influence de BHL sur la politique mondiale au cours des dernières semaines a été plus importante que celle des 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne réunis.

En se rendant début mars à Benghazi, Lévy appelle Sarkozy et propose au président de la république de rencontrer personnellement les dirigeants du Conseil national de transition (CNT) qui luttent contre Kadhafi. Sarkozy donne immédiatement le feu vert à la visite de ces messieurs accompagnés par Lévy à Paris, sans même prendre la peine de prévenir son propre ministre des Affaires étrangères Alain Juppé. Le 10 mars, Sarkozy annonce personnellement la reconnaissance du CNT par la France en tant que gouvernement légitime de la Libye. Juppé a été pris au dépourvu par cette décision.

"C'est la première fois dans l'histoire de la Ve République qu'une décision majeure de politique étrangère est annoncée par... des personnalités étrangères !", s'étrangle  dans Le Monde un diplomate français qui a souhaité garder l’anonymat.

Le fait est que les diplomates français sont arrivés en Libye quelques jours après Lévy. Et les Libyens ont expliqué aux diplomates qu’une personnalité bien plus importante qu’eux, "l’homme du président", était déjà venu et qu’il avait accompagné les dirigeants des rebelles à Paris. "Tu mesures que leur arrive,  c'est un acte politique majeur ? ", lui demande Bernard-Henri Lévy. Ces phrases de Lévy ont accompagné la discussion avec Sarkozy et ont beaucoup impressionné les Libyens. Seul un philosophe du calibre de Lévy ou de Glucksmann peut se permettre de tutoyer le président français.

"J’ai seulement proposé au président d’accueillir les représentants de la Libye libre", dit modestement Lévy aujourd’hui, depuis que sa "proposition" a provoqué un nouveau cycle de guerre civile en Libye avec l’implication des puissances européennes. Rappelons que de la même manière en 1999, après l’attaque contre le Daguestan par Chamil Bassaïev, Lévy avait recommandé à l’Occident de reconnaître l’autorité de Maskhadov en Tchétchénie.

Le reconnaître afin de contrarier le régime russe "stalino-hitlérien" (sa propre expression!). Il ne reste plus qu’à regretter qu’à l’époque les Français n’aient pas apprécié à sa juste valeur la proposition de Lévy et ne l’aient pas envoyé de l'hôtel Raphaël dans un établissement plus adapté pour des auteurs d'idées de ce genre. Probablement, Alain Juppé, qui a rencontré le philosophe hyperactif pendant son premier mandat à la tête du ministère des Affaires étrangères en 1993-1995, aurait même accepté de l’accompagner. A l’époque, après s’être rendu à Sarajevo, Lévy exigeait des pays de l’OTAN qu'ils bombardent sans attendre les positions serbes en sabotant ainsi les actions des diplomates français et allemands, qualifiées à l’époque de "plan Kinkel-Juppé", qui cherchaient un règlement politique du conflit.

En regardant les images de l’opposition libyenne à la télévision et en voyant ces "cavaliers" du XXIe siècle avec des mitrailleuses sur des pick-up japonais, d’autres protégés de Lévy viennent à l’esprit. Les combattants tchétchènes, les moujahids afghans (la mention du nom de Massoud dans l’appel téléphonique de Benghazi n’est pas un hasard), les miliciens bosniaques d’Alija Izetbegovic. Et le tout dernier: Mikhaïl Saakachvili. Voici ce qu’a écrit Lévy à son sujet le 20 août 2008 dans Le Monde: "Il est francophile et francophone. Féru de philosophie. Démocrate. Européen. Libéral au double sens, américain et européen, du mot. De tous les grands résistants que j'aurai rencontrés dans ma vie, de tous les Massoud ou Izetbegovic dont il m'a été donné de prendre la défense, il est le plus évidemment étranger à l'univers de la guerre, à ses rites, ses emblèmes, sa culture - mais il fait face."

Personnellement, les emblèmes de la guerre sont probablement étrangers à BHL, mais il ne dédaigne pas de déclencher des guerres. L’algorithme est toujours le même: il faut d’abord trouver un conflit, suivi de "l’hystérie pour la défense des droits de l’homme", puis un règlement militaire (et seulement militaire, jusqu’à l’anéantissement total de l’ennemi!).

"Allez fouiller dans mon inconscient!", a lancé avec mépris Lévy aux lecteurs du Monde, lorsqu’ils ont osé supposer que l’amour pour les combattants était proche des complexes étudiés par Freud. Ou peut-être les Etats-Unis, l’Union européenne et surtout la France devraient fouiller dans leur propre subconscient: pourquoi de telles personnes forgent-elle l’opinion publique et sont-elles considérées comme la "conscience de l’Europe"? Et cela vaut-il la peine de les écouter? Ainsi que les interlocuteurs recommandés par messieurs Lévy et Glucksmann en Russie, au Kosovo, en Libye…

 

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Publié le 1 Avril 2011

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Publié le 1 Avril 2011

 

 

AFRIQUE/LIBYE - « Au moins 40 morts civils suite à un raid aérien sur Tripoli » dénonce le Vicaire apostolique de Tripoli qui réaffirme l’urgence d’une solution diplomatique

 

Tripoli (Agence Fides) – « Les raids prétendument humanitaires ont fait des dizaines de victimes parmi les civils d’un certain nombre de quartiers de Tripoli » dénonce à l’Agence Fides S.Exc. Mgr Giovanni Innocenzo Martinelli, Vicaire apostolique de Tripoli. « J’ai recueilli différents témoignages de personnes dignes de foi à cet égard » précise Mgr Martinelli. « En particulier, dans le quartier de Buslim, une habitation civile s’est écroulée suite aux bombardements, provoquant la mort de 40 personnes. Hier, j’avais indiqué que les bombardements avaient touché, bien qu’indirectement, un certain nombre d’hôpitaux. Je précise que l’un d’entre eux se trouve à Misda ». Selon les nouvelles présentes sur le site Internet d’Euronews, l’explosion d’un dépôt de munitions à Misda, au sud de Tripoli, touché lors d’u raid aérien, a également eu des répercussions sur un hôpital et un certain nombre de maisons provoquant, de sources hospitalières, 13 blessés.
« S’il est vrai que les bombardements semblent plutôt ciblés, il n’en reste pas moins qu’en frappant des objectifs militaires se trouvant au milieu de quartiers civils, on finit par impliquer également la population » déclare Mgr Martinelli.
Le Vicaire apostolique ajoute : « La situation à Tripoli devient chaque jour plus difficile. Le manque de carburant s’est aggravé ainsi que le témoignent les queues interminables de véhicules aux stations service. Sur le plan militaire, il semble que nous nous trouvions dans une impasse parce que les rebelles ne semblent pas disposer de la force suffisante pour avancer. C’est pourquoi je dis que la solution diplomatique constitue le chemin principal afin de mettre fin au bain de sang entre les libyens, offrant à Kadhafi une porte de sortie digne ».
La récente défection du Ministre des Affaires Etrangères et ancien chef des Services secrets extérieurs libyens, Moussa Koussa, est interprétée par beaucoup comme le signal de la présence de fortes divisions au sein du régime : « Moussa Koussa, était certainement l’un des pilastres du pouvoir » confirme Mgr Martinelli. « Sa défection est peut-être due à la ligne contradictoire qu’il avait adopté au cours de ces dernières semaines vis-à-vis de l’ONU ». (L.M.) (Agence Fides 31/03/2011)

 

 

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Publié le 1 Avril 2011

Comaguer et Ice Station Zebra ont décidé de publier ici la traduction d’un document mis en ligne par le site russe http://left.ru/index.phtml

Ce site qui, de temps à autre, publie quelques textes en anglais peut être considéré comme proche des services secrets russes ou plus précisément de certains secteurs des  dits services qui seraient réservés sur la  politique, trop accommodante à leurs yeux, de Medvedev vis-à-vis des Etats-Unis et de l’OTAN.

Que ces réserves soient l’expression indirecte de celles du premier ministre Vladimir Poutine vis à vis de l’attitude du Président Medvedev est une hypothèse qui a cours en Occident mais à laquelle il est difficile de se rallier si l’on n’a pas un accès direct à des sources en langue russe. Le désaccord, si désaccord il y a, peut évidemment être largement amplifié et  instrumentalisé par l’Occident pour peser dans le choix du candidat aux présidentielles russes  de 2012. L’Occident peut en effet avoir des préférences pour un candidat jeune et ouvertement hostile au défunt régime soviétique. Pour autant la préoccupation stratégique majeure de l’Occident reste le desserrement de l’alliance stratégique Chine/Russie et il favorisera par tout moyen celui des candidats qui,  confronté au dilemme géopolitique traditionnel de la Russie, tournera plus ses regards vers l’Ouest que l’Est.

Ceci précisé, le limogeage de VLADIMIR CHAMOV par MEDVEDEV sur fond de guerre en Libye apparait bien comme une expression publique forte d’un désaccord entre le président et le premier ministre.

La publication de cette interview peut donc être considérée, même si les responsables du site, par prudence, s’en désolidarisent, comme la réplique de Poutine au limogeage de Chamov. Mais, même s’il ne faut pas faire abstraction de ce contexte spécifiquement russe,  cette interview d’un observateur très attentif de la scène libyenne apporte de nombreux éléments  de réflexion sur les origines de la guerre de Libye et sur sa portée mondiale.

 

Libye : Faits et analyse

Helen Shelestiuk

Cet article n'a pas été approuvé par le Comité de rédaction de LEFT RUSSIA et est publié pour son intérêt polémique seulement.

Depuis plusieurs semaines maintenant la communauté internationale, retenant son souffle, a regarde les développements de la situation en Libye.

Que savons-nous de certain sur la Libye ? En fait, rien, au  moins dans les médias officiels. Les médias nous persuadent que Kadhafi est un dictateur sanguinaire. Mais est-il juste d’appeler Kadhafi  dictateur et parmi  les dirigeants arabes le  « punir » lui et son peuple avec une intervention à grande échelle ? Penchons-nous sur les faits.

 L'Ambassadeur de Russie congédié en Libye, Vladimir Chamov, en répondant à une question indirecte  de l'intervieweur  qui lui demandait si Kadhafi avait opprimé ses concitoyens, a déclaré: «De  quelle oppression parlez-vous ? Les Libyens ont été gratifiés somptueusement pendant vingt ans des crédits sans intérêt pour la construction de leurs maisons, d'un litre d'essence coûtant  environ 10 cents, de produits 'alimentaires à vil prix  et une nouvelle jeep sud-coréenne  KIA pouvait être achetée pour seulement  7 500 $. Ce pays n'est pas plus..." (1)

Quels sont les autres chiffres que nous savons sur la Libye et son chef ?

 * le PIB par habitant de la  Libye est de $ 14,192.

* Pour chaque membre de la famille, l'État verse une subvention annuelle de 1 000 $.

* les Chômeurs sont payés 730 $ chaque mois.

* Le salaire d'une infirmière de l'hôpital est de 1 000 $.

* Pour chaque nouveau-né une allocation de 7 000 $ est versée.

* les Nouveaux mariés reçoivent  64 000 $ pour acheter un appartement.

* Pour ouvrir une entreprise privée, on obtient une aide financière ponctuelle de 20 000 $.

* Les gros impôts  sont interdits.

* L'éducation et la santé sont gratuites.

* L'éducation et les stages à l'étranger sont aux frais du gouvernement.

* Il y a des magasins pour les familles nombreuses, avec des  prix symboliques pour les denrées alimentaires de base.

* Pour la vente de produits après leur date d'expiration de fortes amendes sont imposées, dans certains cas la détention par la police est prévue.

* Un certain nombre de médicaments sont  distribués gratuitement 

 

* La contrefaçon de médicaments est considérée comme un crime majeur.

* Pas de loyers.

* Pas de facture  d'électricité pour la population.

* La vente et la consommation d'alcool est interdite, «la prohibition » est la loi.

* Les Prêts pour l'achat d'une voiture et un appartement sont sans  intérêt.

* les Services immobiliers  sont interdits.

* Si une personne décide d'acheter une voiture jusqu'à 50 % du prix est versée par l'État, et les  miliciens  font don de 65 % du prix.

* L'essence est moins chère que l'eau. Un litre d'essence coûts 0,14 $. (2) Les bénéfices  de la vente de pétrole ont été dépensés pour le bien-être de la  population et pour élever le niveau de vie.

* Kadhafi a amassé plus de 143 tonnes d'or. Il programmait  d’introduire une  zone sans dollar un l’utilisation  d’un dinar d'or au lieu de devises pour les paiements  à  d'autres pays. (3)

* En Libye, beaucoup d’argent est  dépensées pour l'irrigation avec les  eaux souterraines du pays, dont les volumes  sont environ 100 fois le débit  annuel du Nil. Par son ampleur, ce projet de l'eau lui-même a valu le nom de «huitième merveille du monde ». Il fournit de 5 millions de mètres cubes d'eau par jour à travers le désert, il augmente considérablement la zone irriguée. 4 000 kilomètres de tuyaux sont enterrés profondément dans le sol pour les protéger de la chaleur. Tout ce qui était nécessaire pour le projet a été effectué principalement par la Libye elle-même. Rien n'a été acheté dans le premier  monde, qui jamais n’a aidé les pays en développement à progresser à une position de soumission  et s’il l’a fait, ce fut pour asservir le pays destinataire. Avec ce projet de l'eau, la Libye a pu démarrer une véritable « révolution verte », au sens littéral, qui résolvait beaucoup de problèmes alimentaires en Afrique. Et surtout, cela assurerait stabilité et indépendance économique. En même temps, Kadhafi a déclaré que le projet de l'eau de la Libye serait « la réponse plus forte à l'Amérique, qui accuse la Libye de soutenir le terrorisme ». (4)

* En 2010, Kadhafi a présenté une motion  à l'Assemblée générale de l'ONU demandant  de faire une enquête sur les circonstances de l’agression des États-Unis et  de l'OTAN contre l'Irak et de  traduire en justice les coupables de violations de masse des droits de l'homme. Il a également soumis un projet de résolution sur la responsabilité des anciens États coloniaux dans  leurs anciennes colonies pour leur exploitation pendant la période coloniale et sur des paiements de compensation à ce sujet. (5)

La propagande occidentale a diabolisé Mouammar Kadhafi comme tyran pathologique et implacable ennemi des aspirations démocratiques du peuple libyen. Cela n'est pas vrai. Il existe des mécanismes de contrôle populaire et de la démocratie en Libye : élus des conseils des citoyens et des communautés autonomes (communes). Tout cela sans la nomenklatura parti de style soviétique, bureaucratie gonflée, mais avec très haut niveau de vie et de la sécurité sociale de ses citoyens. Quelque chose d'une société qui, par certains côtés, ressemble à une société communiste. C'est pourquoi la Libye a été diabolisée et attaquée par les anciennes puissances impérialistes?...

 

Permettez-moi de citer un extrait de l'article de Sigizmund Mironin « Pourquoi la  Libye est bombardée ? »: « La Libye, qui est censée être la dictature militaire de Kadhafi est en fait le plus démocratique État dans le monde. Là, en 1977, la Jamahiriya libyenne a été proclamée la plus haute forme de démocratie dans laquelle les institutions traditionnelles du gouvernement sont abolies, et tout le pouvoir appartient au peuple directement et par les comités populaires et Congrès du peuple. L'État est divisé en plusieurs collectivités qui sont autogérées « mini-États au sein d'un État », avec la pleine autorité dans leur district, y compris l'allocation des ressources budgétaires. Récemment Mouammar Kadhafi a proclamé les idées plus démocratiques - pour distribuer les revenus budgétaires parmi les citoyens directement et tout aussi.... Cette mesure selon le chef de file de la Révolution libyenne élimine la corruption et la bureaucratie parasitaire. » (6)

Pourtant malgré tout, il y a eu des affrontements avec certains groupes rebelles. Pourquoi, et quels sont ces groupes ? La réponse, étayée par des  preuves (7), semble être comme suit. En Libye, il y a plusieurs clans. Apparemment les États-Unis par ses propres canaux ont poussé certains d'entre eux à se battre pour le contrôle du pétrole libyen. Ensuite, pour appeler un chat un chat, il y avait des bandes de mercenaires spécialement entrainés, certains « tireurs inconnus » - et - bingo ! vous avez une révolution. Certes, il n'était pas facile de rassembler beaucoup de  rebelles, en fait il  y en  avait peu - la majorité  est satisfaite   du régime. C'est pourquoi l'intervention occidentale était nécessaire pour susciter  un réel bouleversement.

Donc quelles sont les raisons de l inévitable intervention « directe »? En mettant de côté les raisons spéciales de la Grande-Bretagne et la France (et  celle-ci  semble jouer le rôle de premier violon, tandis que l’autre, avec d'autres pays, joue léger), concentrons-nous sur les États-Unis. C'est ce que suggère S.Mironin dans l’article susmentionné. La plus importante et plus immédiate raison de l'agression de l'Occident contre la Libye, du point de vue U.S., semble être la nécessité de boucher un trou dans la dette d'État U.S. Comme vous le savez probablement déjà, avant mars 2011 le Japon a été l'un des principaux acheteurs d’obligations  U.S., surtout de  bons du Trésor, il  a accumulé ces actifs à un niveau supérieur à 880 milliards de dollars. Dans la mesure  où les dommages cumulatifs du tremblement de terre, du tsunami  et de  l'accident nucléaire de Fukushima-1 sont estimés à environ 300 milliards de dollars, il est naturel de penser que ces réserves « or » seront utilisées par les japonais pour le post-désastre. Cependant, les hauts fonctionnaires américains ont fermement mis en garde  la  partie  japonaise pour qu’elle ne se débarrasse pas de ses trésors sur les marchés mondiaux. Néanmoins, le retrait inévitable du Japon, qui était un acheteur actif d’obligations U.S. fait encore sur ce marché un « trou » à remplir, qui, dans cette situation, ne peut se faire qu'avec l'aide des pays producteurs de pétrole arabes, de  la Russie et de la Chine. Cela implique un nouveau saut dans les prix mondiaux du pétrole et, respectivement, dans la demande de dollars. Ceci, apparemment, est conçu pour être atteint grâce à l'intervention des forces internationales en Libye en vertu d'un mandat de l'ONU.

 

1-Chamov, Vladimir. « Régime de Kadhafi peut supporter 2-3 mois », une interview de Moskovski Komsomolets

http://pda.mk.ru/politics/interview/2011/03/23/575076-rezhim-kaddafi-mozhet-proderzhatsya-trichetyire-mesyatsa.html

 

 



2. http://www.echosevera.ru/politics/2011/03/17/314.html

 

3. Sterligov, Genrich. Les Bombardements de la Libye comme une punition pour la tentative d'introduire le  dinar -d'or 

http://sterligov.livejournal.com/4389.html

4. Kholmogorov, Ye. Kadhafi : questions, réponses et leçons de l'histoire http://www.imperiya.by/rusworld.html?id=9379

 

5. Mironin, Sigizmund. «  Pourquoi la Libye est bombardée? »

6. Boldyrev, Yu. Des Bourreaux, pas de guerriers

http://narodinteres.ru/pryamaya-sdacha-nacionalnix-interesov.html?  

7. Scott, Peter Dale. Qui sont les combattants de la liberté Libyens et leurs patrons ? http://www.globalresearch.ca/index.php?Context=va = 23947

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le 29 Mars 2011

Les soudarts Serbes n'avaient pas besoin de Viagra  , eux !

 

 

 

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Rédigé par DanielB

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Publié le 28 Mars 2011

Après le bombardement de Sakhiet Sidi- Youssef , un nouveau glorieux " fait d'armes " de l'Armée de l'Air . Le général Pierre Marie Gallois doit se retourner dans sa tombe , lui qui avait dénnoncé dans une lettre au sénateur Brésilien Darcy Ribeiro le bombardement de la route de Koweit-City par l'Armée de l'Air Us . Cette lettre , le sénateur me l'a montrée peu avant son décés et on pouvait y lire que le général qualifiait ce bombardement de " crime de guerre " Selon l'échelle axiologique de feu Pierre Marie Gallois , ce que l'Armée de l'Air a commis à Tika est donc bien un " crime de guerre " - cad bombarder une armée en retraite dans des véhicules civils - et le ministre Longuet en est complice !

Je croise souvent dans les rues de Salon de Provence un uniforme bleu foncé de l'Armée de l'Air  . J'ai  bien désormais peur d'avoir en face de moi un criminel ou le complice d'un crime ...de guerre ! Le sénateur Charasse avait une trés belle phrase : " Quand on veut parler de la propreté des fesses des autres , il faut soi-même avoir le c[censuré] propre . " Dans un conflit armé , quand on prétend avoir une posture morale face à l'adversaire , il faut faire la guerre " proprement " !

 

 

 

Des " Liberateurs " ?

 

Repris depuis le blog de Jean Guisnel . 

L'intervention française en Libye qualifiée de "jeu de massacre"

 

Les conditions dans lesquelles les frappes se sont déroulées contre les forces fidèles au colonel Kadhafi dans la nuit de samedi à dimanche, sur la route conduisant à Ajdabiya, à 35 kilomètres au sud de Benghazi, commencent à susciter un débat. Dans l'édition du quotidien Libération datée de lundi, l'envoyé spécial du journal, Christophe Ayad, ne décrit pas une opération militaire mais "un vrai jeu de massacre." Il poursuit : "Des dizaines et des dizaines de corps de soldats gisent là, morts dans l'instant, certains presque des enfants dans leur treillis trop grand. Ils ont été foudroyés par les Rafale français entre 5 et 7 heures du matin."

Un autre reporter, Kareem Fahim de l'International Herald Tribune, évoque un "carnage" et précise plus loin que de multiples frappes sont intervenues, "apparemment conduites par les pilotes des avions d'armes français qui ont pris la responsabilité de tirer les premiers coups". Ce même reporter ajoute que les frappes ont visé deux convois. Selon lui, l'un paraît avoir été frappé alors que ses canons et ses mitrailleuses étaient dirigés vers Benghazi, la capitale des rebelles que les Français avaient samedi pour mission de protéger. L'autre, en revanche, aurait été frappée alors que ses véhicules quittaient la zone de combat. L'envoyé spécial du Herald Tribune cite un officier rebelle, le colonel Abdullah al-Shafi : "Ils battaient en retraite. Les soldats [loyaux à Kadhafi, ndlr] avaient volé des véhicules civils et fuyaient. Ils étaient en train d'enlever leurs treillis.

La France confirme avoir détruit quatre véhicules blindés

L'envoyé spécial du Times de Londres, Anthony Loyd, décrit, quant à lui, une première frappe dans l'après-midi de samedi aux abords de Garyouis, banlieue sud-ouest de Benghazi. Et une seconde le dimanche matin, vers 5 h 30 : "Alors que les troupes [loyales à Kadhafi, ndlr] commençaient à faire retraite, frappées par les Français et harcelées par les rebelles, le pire les attendait à Tika, à 30 km de Benghazi. Vers 6 h 30, ils ont été à nouveau frappés par les jets, qui ont touché une concentration de chars, camions, transports de troupes blindés, pick-up", et même un camion du logisticien DHL qui transportait la nourriture des soldats. "Nous remercions l'Angleterre et la France !", confie un rebelle au journaliste, qui emploie lui aussi le terme de "carnage".

Interrogé par Le Point dimanche lors du point de presse quotidien du ministère de la Défense, le porte-parole de l'état-major des armées, le colonel Thierry Burkhard, a indiqué que les avions français avaient frappé samedi après-midi, et qu'ils avaient détruit quatre véhicules blindés. Il nous a précisé ce lundi matin que dimanche, à l'heure des frappes sur le carrefour de Tika, aucun avion français ne se trouvait sur zone. Qui, alors ?

 

 

 

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Rédigé par DanielB

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