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  • : ICE STATION ZEBRA
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  • : Blog initialement consacré à la géopolitique de l'Arctique . Il traite désormais de l'actualité politique , economique , socio-culturelle , historique et militaire et présente des analyses " non conformistes " .Il ne pretend pas à l' " objectivité " mais presente un point de vue alternatif , en opposition avec les pretendues " analyses " syndiquées des " mediats libres " des " democrassies occidentales "
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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 11:58
The shape of the things to come !
The shape of the things to come !
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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 23:23

    De temps en temps il convient de prendre un petit peu de recul ! La GP cela peut aussi se trouver dans la lecture du  journal de Spirou , le numéro 2001 d'aout 1976 en l'occurence . Je m' y suis replongé et c'est avec un plaisir non dissimulé que je vous propose ces petits scans sur une aventure de géopolitique Science-Fiction .

Aymone est une ravissante Martiniquaise du XVIIéme siècle qu'un bracelet magique protège de ses ennemis et qui  la fait voyager dans le temps .

Dans l'épisode " Les louves du toit du monde " qui sera suivi par " l'hiver de la longue traque " elle tombe aux mains du satrape mis en place par Pékin à Lhassa à la fin du XX éme siècle , un espéce de Ramzan Kadyrov Tibétain . Celui-ci pratique un double jeu puisqu'il soutient aussi une révolte des partisans du Dalaï-Lama . Aymone est traquée par la sculpturale et vénéneuse Commissaire Su [ Celle en fume-cigarette , uniforme rouge , bottes et toque blanche dans la BD ci-dessous ] qui vient en temps que missi dominici du pouvoir central Chinois mater une révolte ethno-séparatiste et par un commando Etasunien qui vient , on s'en doute , apporter son soutien à la révolte . Bon la BD est délicieusement prémonitoire puisque " à la fin du [XXéme ]siècle " , le remplacement de population a effectivement commencé à Lhassa . [ voir la première planche avec des Hans représenté en majorité ].

C'est politiquement incorrect au possible dans le contexte drouâdelômiste contemporain et c'est pour cette raison que j'écris cet article !

Vous l'aurez compris , dés 1976 ma sympathie allait aux militaires Chinois et en particulier à la Commissaire Su qui assiste au bombardement par l'artillerie de 155 de l'APL du Potala en révolte , fume-cigarette et toque sur chignon , une robe de soirée fuschia dont l'échancrure laissait appraître ses jambes longilines. Les pages en question sont malheureusement amidonnées et tâchées et je ne peux pas les scanner ...  

L'épisode commence par une tentative d'assassinat , ratée bien-sûr car ces  "résistants " Tibétains sont des vrais manches , de la Commissaire Su lors de son arrivée à Lhassa .

 

Aymone1

    Aymone2Aymone3Aymone4

   


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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 00:28

 

Le site IRIB [ site ] publie la recension d'un excellent livre consacré à la genèse et au déroulement de l'agression colonialiste Française au Mali .

IRIB-Enfumé par des généraux nostalgiques de la Coloniale, le président s'est laissé embarquer dans une guerre au Sahel, qu'il ne maîtrise pas. 

 Enlisée dans les limbes sahéliennes, l'opération Serval a montré le bout de son fusil le 24 octobre. Une opération de «grande ampleur», a décrit un porte-parole de l'armée française, est actuellement menée dans le Nord du Mali «pour éviter la résurgence» terroriste, menace qui avait officiellement motivée l'intervention française en janvier 2013. 

Quand la grande muette se met à brailler, elle emploie des termes compliqués, quitte à s'embrouiller un brin dans sa communication. Si 1500 soldats français participent à ce déploiement, nom de code «hydre», le porte-parole de l'armée consent vite que «Cela fait partie de ces opérations qui sont régulièrement menées [...] pour participer à la stabilité du pays.»

Comprendre  une manoeuvre (presque) de routine, qui n'a été commenté par l'Elysée que 24 heures après son déclenchement. En 18 mois de présidence, la guerre au Mali a pourtant été le seul évènement qui a flatté la popularité du président François Hollande. Une guerre qu'il n'a pas vraiment mené. Plutôt une danse où le cavalier n'est autre que l'armée, un zeste revancharde et franchement nostalgique des grandes expéditions africaines.

 

 

De Kolwezi au Mali en passant par la Manif pour Tous 

 

C'est la crue réalité que décrit Nicolas Beau dans Papa Hollande au Mali (éditions Balland). Paru ce 24 octobre, l'ouvrage du cofondateur de Bakchich s'attache à décrypter les incohérences de la politique Française dans les pays du Sahel, qui oscille «entre amateurisme et arrogance». A commencer par l'intervention dans l'ancienne colonie.

 «L'opération au Mali, ce sont les militaires, et eux seuls, qui l'ont voulue, préparée puis exécuté», assène le cofondateur de Bakchich. Un long dessein. 

«Dès les premières prises d'otages français en 2009, l'armée Française avait imaginé sous le nom d'opération Requin, les moindres modalités d'une intervention au Mali». Il aura fallu finalement attendre 4 ans, et un argument massu servi au tout nouveau ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. «Dès la première réunion, le projet guerrier est évoqué. «Si nous ne nous battons pas aujourd'hui au Sahel, explique l'un des patron de l'armée, nous devrons nous battre demain à Marseille». Le spectre des jeunes des cités partant combattre au Sahel aux côtés d'Aqmi impressionne le nouveau ministre. Et tant pis si la réalité est toute autre! Les apprenti Djihadistes basés en France ont été deux cents à rejoindre les rangs des rebelles syriens, mais ils auront été deux à gagner le Nord du Mali». 

 

 

Si Le Drian est convaincu, reste encore à faire basculer le nouveau chef des armées, François Hollande. «Ces thèses sont abondamment relayées à l'Elysée par l'homme-clé de la guerre au Mali, le général Benoît Puga, chef d'Etat major particulier de Hollande. Etrange alliage entre François Hollande, dont le gouvernement républicain comprend une dizaine de ministres francs-maçons du Grand Orient, et cet officier ultratraditionnaliste, fidèle paroissien de Saint-Nicolas du Chardonnet, le fief intégriste de feu Mgr Lefèbre. L'univers idéologique du général Puga fleure bon l'époque coloniale. Au moment où, jeune militaire, il commandait les parachutistes qui sautaient sur Kolwezi en 1978, son adjoint était l'officier ultraréactionnaire Bruno Dary, un des organisateurs de la manif pour tous, hostile au mariage homosexuel et qui est resté son ami intime. Du beau monde. Denis Puga, le frère de Benoît, appartient au mouvement d'extrême droite civitas. «Le président est extraordinaire, il décide, puis il agit», se félicite le général Benoît Puga devant ses visiteurs. Lorsque ce militaire reçoit un ministre africain à l'Elysée, il lui indique en souriant: «nous n'alons pas au premier étage, celui des conseillers politiques, ce n'est pas là que l'intervention au Mali se prépare.» Autrement dit, ce sont nous les patrons de l'armée, qui sommes à la manoeuvre».

 

Ainsi pensée, l'opération Serval ne pouvait qu'être un franc succès. 9 mois après le déclenchement des hostilités, le Mali a retrouvé sa stabilité, le terrorisme a été «éradiqué» et le Sahel pacifié... 

 

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 00:55

http://army-news.ru/images/header_img.png

 

Армейский вестник - [ lien ]

 

Un excellent site sur l'actualité des forces armées Russes et ses équipements . On y trouve de tout et en particulier ce que les " experts " devraient consulter : Des analyses - reprises des meilleurs sites Russes Défense & GP - de la  doctrine  des forces armées Russes . [ lien ]  

Jean , je sais que tu est un * Expert * sans les guillemets et tu vas apprécier le décorticage de la doctrine nucléaire . [ lien ] 

Le site se livre au flinguage le plus complet , et le plus argumenté , de l'achat des BPC Mistral par la Marine Russe . Cela part de l'incompatibilité des systèmes et des protocoles de communication jusqu'aux revêtements extérieurs : La zone d'intervention des BPC dans le cadre de la Marine Nationale est essentiellement la Mediterranée et les " mers chaudes " tandis que la zone d'opération des BPC de la Marine Russe sera l' Océan Arctique et les " mers froides " . La prise au vent des BPC nécessite une stabilisation de roulis pilotée informatiquement et donc la fourniture des algorithmes et des code-sources des programmes de pilotage . Ce qui est loin d'être acquis ! Un régal pour le technologue ... ,    

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 22:26

Une excellente source de documentation historique disponible sur Gallica.bnf.fr dont chacun peut mesurer aux travers des titres  l'actualité ! [ ici numéros de l'année 1936 ]

 

La Gazette coloniale [

 

 

La Gazette coloniale [La Gazette coloniale [

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 20:09

Un autre lecteur de Ice Station Zebra - Ils sont donc au moins deux - me signale la parution d'une " Géopolitique de la Russie " publiée par Diplomatie-presse .

J'avoue qu'au premier abord et sans l'avoir lu , il me semble intéressant pour une simple et bonne raison : On ne trouve pas au " générique " les habituels " spécialistes " et " experts " de la Russie comme Jean-Sylvestre Montgrenier ( surtout lui ! ) , Héléne Blanc , Marlène Laruelle , Aude Merlin , Arnaud Dubien , Marie Mendras , Pierre Avril , Marie Jégo ,...et le " petit dernier " Arnaud Kalika dont l'étalage des titres universitaires , à l'image de paons savants , ne sert qu'à cacher leur Russophobie et Poutinophobie rabique . Je ne sais pas si les intervenants de ce numéro  les citent , mais leur absence est en soi est déja un gage de qualité !

 

 

 

J'en profite pour vous signaler , un oubli , le n°366 de Juillet 2011 de " l'Histoire " consacré au Brésil . Plusieurs articles , dont ceux sur la formation territoriale du Brésil , appartiennent bien à la géopolitique . Un article particulièrement érudit , L’invention d’une culture moderne – Serge Gruzinski - sur le Modernisme Brésilien . Un regret : Cet eternel rappel du " fascisme " lorsqu'est évoqué l' AIB de Plinio Salgado .

 

 

 

 

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 13:15

L'uchronie , ou histoire alternative - what if dans le monde Anglo-Saxon - , est un genre difficile à manier . Que se serait-il passé si l'Armée Française aurait arrété les troupes Allemandes sur la Loire en juin 1940 ? Que se serait-il passé si les Allemands auraient réussi l'invasion de l'Angleterre ?

Sur un autre théatre d'opérations et à une autre époque l'écrivain Brésilien Roberto de Sousa Causo a imaginé le scénario suivant basé sur un fait historique réel . En 1963 le président Brésilien Jânio da Silva Quadros [ lien ] , qui n'a pas abdiqué comme dans la " vraie histoire " en 1961 , décide d'anexer la Guyane Française au Brésil . Dans la " vraie histoire " suite à des accrochages entre des navires Brésiliens et  la Marine Nationale dans le cadre de la " Guerre de la langouste " et au traffic du manganèse entre l'état d'Amapa et les Guyanes , le président Brésilien avait effectivement envisagé cette annexion [ Lien ]  . Dans cette  " vraie histoire ", Janio Quadros dut renoncer à ses projets en raison du manque de moyens de projection de l'armée Brésilienne - il envisageait le déploiement d'une escadre de la marine Brésilienne lors d'une visite destinée à réafirmer la souveraineté Brésilienne sur cette région  - et de  l'éloignement de l'Amazonie qui était alors un " territoire d'outre-mer " pour le centre Brésilien tout comme l'est la Guyane pour la métropole Française .*

  

Dans le monde de Roberto Causo , le Brésil scelle une alliance politico-militaire avec l'Argentine et alors que l'armée Brésilienne envahit les Guyanes , l'armée Argentine envahit l'archipel des Malouines . C'est le début d'une guerre de trente ans , l'action du livre se déroule en septembre 1993 , entre une coalition d'états Sud-Américains qui ont réalisé leur unité politique , économique et militaire et une coalition Occidentale menée par la France et l'Angleterre auquels se sont joints les Pays-Bas et les Etats-Unis qui renoncent à intervenir au Vietnam , JFK n'est pas assassiné en 1963 , pour soutenir leurs alliès Européens . Dans le monde de Roberto de Sousa Castro ,  l'URSS n'a pas implosé en 1991 et est le principal fournisseur d'armes  des états Latino-Américains malgrè un blocus des " puissances occidentales " .

Des le début du conflit le Brésil subit des pertes territoriales et le " front " se stabilise dans la forêt Amazonienne dans le cadre d'une guerre d'attrition de moyenne intensité .

Nous sommes en 1993 et le sergent Souza Castro , le double de l'auteur dans ce monde parrallèle , est chargé de conduire un peloton de volontaires Brésiliens à travers la forêt Amazonienne  pour relever un poste situé prés l'ancienne frontière avec la Guyane Française dans l'état d'Amapá  . Au cours de ce périple , il doit affronter des guérillas manipulées par les " puissances Occidentales " , des déserteurs , des commandos des Navy-Seals ,... L'auteur en profite pour décrire dans ce " journal de marche " , l'évolution de la société Brésilienne entièrement tendue vers la guerre - comme l'était la France durant la Première Guerre Mondiale - qui se déroule dans le nord .Dans ce Brésil , les personnes qui refusent de faire leur service national sont ainsi privées de leur droit de vote . Mais que l'on ne s'y trompe pas : Ce livre n'aborde que de manière détournée et épisodique les grands changements géopolitiques mondiaux survenus dans ce monde parrallèle et n'est pas un livre de " propagande " . A ce titre , il n' a pas la puissance et le caractère " national-patriotique " de " En Orient " écrit en 1938 par l'écrivain Soviétique Piotr Pavlenko qui décrit une guerre Soviéto-Japonaise dans l'Extrême-Orient Soviétique et en Sibèrie .  

  

Si le livre de Roberto de Sousa Causo est une fiction historique , il n'en traduit pas moins une préoccupation affichée par de nombreux analystes , militaires et politiques Brésiliens : La souveraineté de l'Amazonie et la possibilité d'une " action d'une puissance de l'hémisphère nord agissant seule ou dans le cadre d'une alliance " . Publié en mars 2010 , il  a été trés bien reçu dans les milieux " souverainistes " Brésiliens malgrè les critiques sous-jacentes contre la société militarisée qu'est devenu le Brésil imaginé par Roberto Causo .L'auteur pourtant connu pour ses convictions pacifistes n'a pas hésité à puiser dans les souvenirs de ses 14 mois effectués comme militaire de carrière  en 1984-1985 , il donne vite sa démission pour se conscacrer à la SF , pour décrire les opérations militaires et pour y puiser l'argot et le vocabulaire technique militaire .

 

L'hypothèse d'un conflit en Amazonie avec les " puissances Occidentales " , et principalement l'axe UKUSA-FR , est de nos jours publiquement envisagée au Brésil .L'historien et analyste politique , spécialiste des RI ,  Luiz Alberto de Vianna Moniz Bandeira biographie sur Wiki  ] vient ainsi de l'évoquer dans une interviouve à la revue " Carta Maior " ou il critique l'interventionnisme Occidental en Libye et en Syrie : [ Lien ] " Ainsi les chefs de gouvernements des Etats-Unis , de la Grande-Bretagne et de la France , s'ils le veulent , peuvent prendre pretexte de la défense de l'environnement et des indigénes pour envahir l'Amazonie " .

 

 Selva Brasil

 

Auteur: Roberto de Sousa Causo
ISBN: 978-85-62942-07-5

Librairie : Editora Draco[ site ] Extrait :

 

Le VTT- APC de commandement [Carro Blindado de Transporte de Pessoal - CBTP dans le texte ] du sergent Souza Causo saute sur une mine - fait détoner une mine pour employer le terme precis -  alors qu'il se dirige vers le poste à relever sur la frontière avec les Guyanes . Le convoi tombe dans une embuscade .  L'auteur montre ainsi que les unités mécanisées et blindées peuvent se déployer dans certaines régions de l'Amazonie .

 

 

 

" Nosso pelotão viajava há pelo menos quarenta horas - quarenta horas sem banho, comendo ração enlatada e com a barba por fazer. Só mesmo naqueles velhos filmes americanos é que os caras conseguem ficar perfeitamente barbeados numa guerra.

 

 

 

 

 

A gente ia render um pelotão reforçado de infantaria motorizada. Nossa unidade tinha sido destacada pra este posto avançado que guarnece uma área fronteiriça à Guiana Holandesa e à Guiana Francesa, perto da Serra do Tumucumaque.[lien  et video ]  O s-dois afirmava que a guerrilha estava aumentando por ali e por isso era conveniente uma força de reação mais efetiva, em caso de necessidade. Assim, o pessoal do bim foi substituído pela infantaria blindada. Nessa parte do Planalto das Guianas o terreno é sólido, e não pantanoso como na bacia do Amazonas. Também tem menor presença da floresta - muito terreno limpo e elevações brandas. Os blindados podem operar, ainda que num pequeno raio de ação.

Os carros blindados de transporte de pessoal rodavam pela estradinha lamacenta aberta entre as árvores, quando o carro da Seção de Comando - em que eu estava - detonou uma mina.

Meu primeiro pensamento foi pra minha ex-mulher e o menino. Depois pensei que a gente tinha sido atingido por um foguete, mas o ruído da explosão era outro e os estilhaços vieram de baixo. Um deles me pegou nas costelas, a três dedos do peito, mas sem força pra penetrar.

Eu sempre uso o colete contra estilhaços quando embarcado num Cbtp, que é a hora em que cê tá mais vulnerável a emboscadas, apesar do colete aumentar as chances de uma desidratação - a gente só se acostuma com o peso e o desconforto da coisa usando. Como vestia o colete aberto, um estilhaço de trajetória caprichosa me pegou, graças a Deus sem muita força. Sabia que outros não usavam - ouvi seus gemidos no fundo do carro blindado. Gemidos de dor e gritos de pânico."

© 2010 Editora Draco

 

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 18:40

Dans son dernier opuscule " Demain qui gouvernera le monde ? " * dans les bacs depuis quelques jours , le sioniste rabique Jacques Attali nous propose une idée " originale " : Une " Alliance des démocraties " qui regrouperait dans un premier temps les EU , le RU , la France , le Canada et l'Allemagne qui aurait pour  mission [ civilsatrice ? ]  l'interventionisme compulsif pour " aider les peuples à se libérer des dictatures " ( SIC ! ) Le volet politique de cette " Alliance " serait dévolu à l'OSCE , le volet économique à l'OCDE et la partie militaire qui ferait office de " law enforcement agency " serait dévolue à un ... OTAN global ! Attali étant un véritable " coucou " des idées , présentant ses analyses comme originales , il convenait de rechercher qui était l'auteur de cette magnifique idée  . Réponse : Le sénateur John Mc Cain en 2007 :McCain Favors a 'League of Democracies'

 

* Rassurez vous ! Je ne l'ai pas acheté mais juste consulté dans un bac ! Comme d'habitude , l'essentiel du livre est une " histoire de la mondialisation " et la partie propositions n'y occupe qu'une portion congrue .

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 03:11

IL est enfin paru ! Je l’ai acheté  alors que j’attendais un bus devant la Sorbonne vendredi dernier lors d’un voyage à Paris . Je L’ai vu dans la devanture d’une librairie et bien-sûr je me suis précipité . Je ne suis pas  déçu . . IL , c’est c’est la traduction en Français du livre de Peter Hopkirk  publié en Anglais en 1990 sur le GRAND JEU . Le «  Grand Jeu   » , il faut le rappeler c’est le nom donné à la lutte géopolitique entre l’Empire Russe et l’Empire Anglais pour le contrôle de l’Asie Centrale et au-delà du Raj Indien .

 

La suite sur La lettre d' Ice Staion Zebra N°3

Le Grand Jeu de Peter Hopkirk Editions Nevicata, 570 pp., 29 €.

Au coeur des montagnes isolées et des déserts brûlants d’Asie centrale, une lutte épique opposa au dix-neuvième siècle l’Empire britannique et la Russie tsariste. Cet affrontement fut connu sous le nom de « Grand Jeu », et ses répercussions se font encore sentir de nos jours. le vaste échiquier où se déploya cette rivalité s’étendait du Caucase à l’ouest jusqu’au Tibet à l’est. Lorsque le jeu débuta, les frontières de la Russie et des Indes étaient distantes de plus de trois mille kilomètres. A la fin, moins de trente kilomètres les séparaient par endroits. Les Britanniques étaient convaincus que les Russes ne s’arrêteraient pas avant de s’emparer des Indes, le joyau de l’Empire britannique. La guerre semblait inévitable. Ce livre raconte l’histoire du « Grand Jeu », l’un des chapitres les plusromanesques de l’histoire moderne , à travers les aventures de ses acteurs. de jeunes officiers des deux camps, pour qui participer au « Grand Jeu » était le sel de leurs rêves, l’occasion d’échapper à la monotonie de la vie de garnison et de se couvrir de gloire. Leur mission consistait à noircir les zones blanches sur les cartes, découvrir les probables routes d’invasion, collecter des renseignements, s’allier les potentats locaux, rapporter les mouvements de l’autre camp… Certainsvoyageaient déguisés en pèlerins ou en marchands de chevaux , d’autres se présentaient en uniforme militaire. le jeu était toujours dangereux et plusieurs n’en revinrent jamais. Les violentes répercussions du « Grand Jeu » nous hantent encore aujourd’hui. le renversement de dignitaires locaux, l’invasion d’ambassades, les retraites infamantes d’Afghanistan, les bains de sang du Caucase : tout cela était déjà familier dans la presse victorienne. Aujourd’hui, alors que la guerre d’Afghanistan se prolonge, les leçons de l’histoire du « Grand Jeu » restent plus que jamais au coeur de l’actualité

 

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 14:56

Jean Geronimo vient de m'envoyer un exemplaire de son ouvrage "La pensée stratégique russe : entre réforme et inertie" . Je l'en remercie . Comme il est signalé dans ce résumé , la question de la centralité de l'arme nucléaire dans la pensée stratégique Russe est largement abordée . Cette centralité a été renforcée à l'aune du retour d'expérience des exercices Zapad 1999 et l'auteur souligne avec raison que les appels à une dénucléarisation de la part de l'administration Obama et des MAE et analystes Scandinaves qui s'expriment sur The Barents Observer ne sont qu'un piège destiné à imposer à la Russie la supériorité Occidentale dans le domaine des armements conventionnels .

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Le résumé est suivi par une interview de l'auteur par Christian Bouchet .

Résumé de l'ouvrage

La disparition de l'Union soviétique, le 25 décembre 1991, au crépuscule d'un siècle désenchanté, ne fut pas seulement la « plus grande catastrophe géopolitique du siècle », pour reprendre la célèbre affirmation de V. Poutine. Elle marque, en effet, une rupture politico-psychologique profonde et déstabilisante dans l'inconscient-imaginaire du peuple russe. Elle marque, aussi, une rupture radicale dans la pensée stratégique russe, contrainte de quitter une vision trop idéologique d'un monde bi-polaire figé dans l'équilibre nucléaire de la terreur, pour une appréhension plus réaliste des menaces majeures grevant sa proche périphérie, issues d'Asie et d'Occident.

L’inflexion de la politique étrangère et stratégique russe a été, à l’origine, impulsée par V. Poutine, à l’amorce de la décennie 2000. Sur la base d’une vision plus eurasienne des intérêts de la Russie, cette dernière reprend les grandes orientations d’E. Primakov, en charge de la politique extérieure russe sur la période 1996-1998 et très attaché, dans ce domaine, aux vieux principes soviétiques. Pour Moscou, il s’agit alors de conduire une politique multi–vectorielle visant à créer un axe eurasien rééquilibrant les rapports de force internationaux. Ces derniers, comme l’a dénoncé à plusieurs reprises V. Poutine – puis D. Medvedev, à partir de 2008 – sont, en effet, historiquement asymétriques au profit de l’axe Etats-Unis/Otan. Cela explique la permanence de la revendication russe sur la nécessité d’un monde multipolaire, plus démocratique, contre l’unipolarité actuelle de l’ordre mondial libéral. Mais cela explique, surtout, le maintien de surprenantes inerties soviétiques dans le positionnement stratégique de la Russie moderne, de nouveau avide d’exister sur le plan international, en tant qu’acteur majeur et influent. L’atome, de ce point de vue, a un rôle privilégié.

Entre réforme et inertie, la Pensée stratégique russe maintient, en effet, la centralité de l'atome militaire, à la fois comme levier de son identité géopolitique, de la défense de ses intérêts nationaux élargis à sa périphérie post-soviétique (CEI) et, en définitive, de son retour comme grande puissance sur la scène mondiale. Dans la filiation de l'atome « rouge », héritée de son passé soviétique, la Russie post-communiste se retrouve donc face à de nouveaux défis, au coeur de l'Echiquier eurasien et face à l'Amérique, structurellement guidée par la ligne « anti-russe » de Z. Brzezinski – ancien conseiller à la Sécurité du président Carter et, aujourd'hui, conseiller d'Obama. Pour Brzezinski, il s’agit d’empêcher le « retour russe », quel qu’en soit le prix.

Dans le contexte d'une conflictualité latente, ressurgie des méandres de la Guerre froide, et menaçant la stabilité de l'espace post-soviétique, dont la dimension stratégique est renforcée par son potentiel énergétique, la Russie moderne mène une stratégie de reconquête régionale impliquant, d'abord, la sécurisation de sa ceinture périphérique et, ensuite, la sortie de son isolement politique fondé sur l'encerclement. Cette configuration incertaine a conduit à l'émergence d'une forme atténuée de Guerre « tiède », centrée sur le contrôle économique et politique de l'Eurasie post-communiste, dans le cadre d'une partie d'échecs stratégique entre russes, américains et chinois. Dans ce schéma, les républiques de l'ex-URSS deviennent les enjeux centraux d'une lutte d'influence et au-delà, selon l'expression de Brzezinski, les « pivots géopolitiques » des stratégies offensives menées par des leaderships ambitieux.

Tendanciellement, et en dépit du récent rapprochement russo-américain, célébré par le sommet Otan-Russie de Lisbonne de novembre 2010, le discours stratégique russe réformé reste imprégné d'une forte préoccupation sécuritaire, exprimé par le rôle prioritaire de la dissuasion nucléaire – indépendamment de la couleur politique des administrations russe et américaine. Autrement dit, et contrairement à la promesse illusoire de F. Fukuyama d'une « fin de l'histoire » libérale, porteuse d'une paix éternelle, la Russie est contrainte à une veille stratégique, à l’échelle de l’Eurasie.

Cela explique que, dans la nouvelle doctrine militaire russe, élaborée en février 2010, l’Otan reste définie comme la menace n° 1. Un an plus tard, en février 2011, la nouvelle stratégie militaire américaine réitérait sa volonté de préserver son leadership économique et militaire pour la prochaine décennie. De manière implicite, cette option présuppose le maintien de sa politique manipulatoire et d’ingérence dans les Etats « pivots » de l’ex-URSS, ciblés par la ligne Brzezinski. Pour l’heure, et dans le cadre d’une stratégie préventive, l’administration Obama cherche à contrôler – via le soft power – les puissances « sensibles » au moyen de la création ou de la réactivation de partenariats (Conseil Otan/Russie, Partenariat pour la paix), d’alliances (Otan) et de traités politico-militaires (traité START II).

Dans ses grandes lignes, la politique de la puissance américaine vise à contrer les orientations stratégiques des leaderships menaçant sa domination eurasienne, considérée comme le levier de la stabilité mondiale, au nom de sa « destinée manifeste ». Dans cette optique, le bouclier anti-missile américain ABM, à vocation de plus en plus mondiale, apparaît comme un instrument privilégié du verrouillage de la ligne stratégique russe.

En définitive, la tendance d’une Otan globale à élargir sa zone de responsabilité et à poursuivre son extension vers l’ancienne zone communiste, autrefois sous influence russe, apparaît comme le vecteur d’une stratégie d’encerclement dangereusement resserrée autour de Moscou. Troublante inertie, ressurgie des abîmes de la Guerre froide.

Jean Géronimo

Docteur - Chercheur en Economie,

Université Pierre Mendès France, Grenoble II

Spécialiste et expert sur les questions de la Pensée économique et stratégique russe.

Mail : Jean.Geronimo@upmf-grenoble.fr

Enseignant à l’Université de Grenoble, Jean Géronimo est un géopoliticien de premier plan. Il vient de publier un ouvrage sur la pensée stratégique russe et, à cette occasion a accordé au magazine Flash l’entretien dont nous publions ci-dessous des extraits.

Christian Bouchet : Jean Géronimo qui êtes vous ?

Jean Géronimo : Je suis Docteur, chercheur en économie, spécialiste et expert sur les questions de la pensée économique et stratégique russe. Je suis localisé à l’université Pierre Mendès France de Grenoble II. Je suis régulièrement publié dans des revues et sites géopolitiques français, russes (et de la CEI) et italiens.

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire La Pensée stratégique russe entre réforme et inertie ?

Depuis ma thèse de doctorat intitulée « Rôle et légitimité du Parti communiste dans la régulation du système soviétique », j’ai énormément lu et appris sur la « question russe ». J’ai eu la chance de croiser des soviétologues de renom, de très grands intellectuels français, experts de la Russie. Cela a nourri ma passion, ma curiosité pour comprendre la nouvelle société qui naissait sous nos yeux. J’ai essayé de dévoiler ce que d’autres n’ont pas voulu ou pu faire : l’implicite et les enjeux cachés du « retour russe », ainsi que les ressorts de sa stratégie internationale. J’ai voulu aussi montrer la survie de pratiques soviétiques dans la conduite de la politique extérieure et stratégique russe. Par exemple, montrer le rôle persistant de la force nucléaire dans le positionnement international de la Russie.

Pour moi, la chute de l’URSS, en décembre 1991, n’est pas la mort des valeurs « soviétiques ». Celles-ci se maintiennent dans les réflexes, les repères et le comportement des dirigeants de l’actuelle Russie. Ces valeurs sont profondément ancrées dans la culture et l’inconscient-imaginaire du peuple russe. D’où l’existence d’« inerties soviétiques ».

D’où vient cet intérêt tout particulier pour la Russie ?

Cet intérêt remonte loin, à ma classe de terminale du Lycée Champollion de Grenoble dans les années 1980, à l’époque de l’URSS. (…) Par la suite, la soutenance en 1998 de ma thèse de doctorat sur l’économie soviétique et la rencontre de spécialistes de la Russie m’ont amené à analyser la configuration post-Guerre froide des rapports de force internationaux. Je me suis notamment interrogé sur l’idée de l’émergence d’une Guerre tiède, forme atténuée de la Guerre froide, ancrée dans la périphérie russe et centrée sur des variables spécifiques (contrôle des sources et circuits énergétiques, des zones économiques stratégiques ; extension des zones d’influence via le « soft power » ; constitution d’espaces sécuritaires…).

Mais pourquoi diable défendre la Russie ?

La Russie est un monde à part, dont le comportement est souvent mal compris, parce que le plus souvent perçu avec des a-priori négatifs hérités du passé et repris, aujourd’hui, par une idéologie néo-libérale à vocation hégémonique. Celle-ci, depuis le fameux ouvrage de 1992 de F. Fukuyama, est persuadée d’avoir définitivement gagné la bataille idéologique de la Guerre froide, contre « l’axe du mal » communiste et, pour cette raison, elle a conclu à « la fin de l’histoire ». Le libéralisme serait, désormais, notre seul salut.

Toutefois, dans le prisme occidental, la Russie reste une menace potentielle, désireuse de recouvrer son espace impérial. Une préoccupation américaine a donc été de « contenir » son retour. Dans ce contexte délicat, Vladimir Poutine a eu l’immense mérite d’avoir redressé la Russie, extrêmement fragilisée par la transition désastreuse du post-communisme. Face à l’unilatéralisme de la politique américaine et au « suivisme » européen, il a redonné une fierté et une voix à la Russie. Même si tout n’est pas parfait, il a renoué avec l’idée de la « grandeur russe ».

(…)

Que pensez-vous des éventuels désaccords entre Medvedev et Poutine ?

Il n’a y pas de désaccord sur le fond, mais sur la forme. Les médias occidentaux ont une vision très « marketing » de la Russie et trop souvent, obsolète, nourrie des vieux clichés anti-communistes. Il est normal d’assister aujourd’hui à l’affirmation politique du président Dimitri Medvedev, ce qui provoque certaines frictions avec son premier ministre Vladimir Poutine. C’est un bien pour la Russie. Cela montre aussi, que, quoi qu’on en dise, il y a du débat et du pluralisme en Russie, même au plus haut niveau de la direction politique du pays. L’opposition de deux personnalités de ce type, si elle reste en deçà des seuils « tolérables », nourrit le progrès de la démocratie en Russie. Ces deux leaders ont tous deux, comme projet central, la réhabilitation de la Russie sur la scène mondiale. Ils veulent aussi faire de la Russie un État moderne, qui soit une véritable démocratie politique et économique, donnant une chance à tous les russes. Tous deux veulent rééquilibrer l’ordre mondial au profit d’un axe eurasien, dont feraient partie la Chine, l’Europe et la Russie. D’où la volonté des dirigeants russes de créer des structures économiques et sécuritaires communes avec l’Europe, ainsi que d’étendre les axes de coopération avec la Chine. Ils savent que ce rééquilibrage implique une remise en cause de l’hégémonie américaine.

Que pensez-vous du récent rapprochement entre l’OTAN et la Russie ?

Ce rapprochement n’est que de pure forme et de toute façon, il est guidé par l’administration américaine. Il s’agit d’un rapprochement « stratégique » dans la mesure où il satisfait, pour l’heure, les intérêts de deux parties (projet anti-missiles ABM, traité de réduction nucléaire START, réactivation du conseil OTAN/Russie, coopération militaire en Afghanistan).

Tout se joue en Asie centrale. Cette région regorge de ressources énergétiques et présente un intérêt géopolitique évident, en tant qu’ancienne partie de l’Empire soviétique. Aujourd’hui, la guerre d’Afghanistan menace les intérêts américains et russes, dans la mesure où elle favorise le développement du « terrorisme international », de l’économie de la drogue et de la « menace islamiste », selon le terme officiel. Pour stabiliser la région, menacée par une contestation nationaliste et ethno-religieuse croissante, toutes les parties doivent s’entendre et faire des concessions. Il s’agit d’un pacte tacite, expliquant l’ouverture de l’espace russe aux Occidentaux et l’implantation de bases américaines ou otaniennes dans la périphérie russe, au nom de la lutte contre le « terrorisme » ou contre les « mafias de la drogue », par exemple. La Russie redoute un embrasement de la région et, en ce sens, la présence militaire occidentale est utile pour sa sécurisation – ce qui, au passage, économise les forces de Moscou. Mais la réalité est que l’encerclement continue.

L’encerclement ?

Oui, d’une part, depuis la fin de la Guerre froide, l’OTAN a poursuivi son extension à la zone post-soviétique, sanctionnée par l’implantation de bases militaires. D’autre part, le Partenariat pour la paix (PPP) de l’OTAN permet aujourd’hui une forme de contrôle soft sur les ex-républiques soviétiques, via leur participation à des programmes communs. Enfin, l’administration américaine poursuit son « cooptage » des États-pivots de l’ancien espace soviétique, suscitant la colère et l’incompréhension de Moscou, historiquement liée à son « étranger proche » qu’elle considère comme son pré-carré. Cet encerclement de plus en plus resserré autour de Moscou tend, sur le long terme, à nourrir une forme de conflictualité latente, qui ne demande qu’à exploser. La Russie est donc condamnée à une veille stratégique permanente, au cœur de l’Eurasie.

L’idée, avancée par le géopoliticien yankee Parag Khanna, d’un monde futur dominé par trois grandes puissances (USA, Chine, Europe) et dans lequel la Russie ne pèserait plus est-elle crédible à vos yeux ?

Je ne partage pas cette vision relativement attendue et simpliste, qui ne tient pas compte de la réalité des alliances. Le problème est plus complexe.

D’abord, la Chine et l’Europe font partie des alliés stratégiques virtuels de la Russie (l’axe eurasien), c’est-à-dire des puissances potentiellement mobilisables contre l’Amérique. Dans le futur, la Russie pèsera encore plus grâce à l’arme énergétique, qui reste un facteur de dépendance de la Chine et de l’Europe à son égard.

On remarquera aussi que l’Europe politique n’existe pas et n’existera pas dans un avenir proche, d’autant plus qu’elle ne dispose pas de structures militaires propres et d’une ligne sécuritaire affirmée. Ensuite, la Russie est engagée dans un processus de rattrapage économique et technologique accéléré, qui renforcera les bases de sa puissance, donc son statut international.

Enfin, l’Amérique est en déclin relatif, car elle est de plus en plus concurrencée par les nouvelles puissances émergentes, sur le plan économique et militaire – et elle voit sa dépendance énergétique s’accroître dangereusement, sans parler de son déficit extérieur abyssal. En tant qu’émettrice de la monnaie internationale, qui lui donne un certain pouvoir politique et économique, l’Amérique n’est pas soumise aux mêmes règles et manifeste une certaine insouciance. Mais l’Amérique survit grâce au dollar.

Alors, la Russie peut elle redevenir demain un acteur majeur de la politique internationale ?

À terme, la Russie devrait peser davantage sur la gouvernance mondiale et profiter de sa montée en puissance pour réussir ses renversements d’alliance et accroître son pouvoir dans le nouvel ordre international. Elle a deux atouts majeurs dans sa partie d’échecs stratégique sur l’espace eurasien, menée contre les puissances américaine, chinoise et européenne : l’indépendance énergétique et la puissance nucléaire. De plus, sa croissance économique reste élevée, supérieure aux économies occidentales, et de plus en plus tirée par son développement technologique – ce qui réduit son « gap » avec les économies avancées.

L’objectif avoué de la Russie moderne, repris par le président Medvedev, est de quitter son statut d’économie rentière, fondant le dynamisme de sa croissance sur ses seules ressources énergétiques. Cette configuration renforce l’autonomie de sa stratégie politique sur l’échiquier mondial. La Russie a donc toutes les cartes en mains, pour redevenir, sous peu, un acteur majeur de la scène internationale. Elle y pèsera plus, forcément.

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Published by DanielB - dans La bibliothèque
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