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Publié le 24 Février 2011

L'expression est de plus en plus utilisée depuis janvier 2011 mais Rendons à César .....

 Un livre à relire en tout cas . De superbes descriptions de la Cisjordanie avant l'agression sioniste de 1967 , de Damas ... au printemps et des marais du Sud-Irakien . Une terrible description d'une execution au sabre en Séoudie , la rencontre avec Rachid Ali al-Gillani au Caire .... Et beaucoup plus !

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Rédigé par DanielB

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Publié le 11 Février 2011

Le dernier numéro de " Cols Bleus " présente les enjeux géopolitiques de l' Arctique . Rien de bien nouveau mais cela vaut quand même le détour :

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Rédigé par DanielB

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Publié le 30 Octobre 2010

Voilà ! Je reviens de la présentation de la nouvelle édition du livre d'Annie Lacroix-Riz à la librairie L'odeur du Temps à Marseille  : Le Vatican , l'Europe et le Reich .

La première chose à signaler c'est qu'une conférence ou la promotion d'un ouvrage par Annie c'est un voyage . Des le début on se cale dans sa chaise et on part pour un voyage dans le temps et dans l'espace car cette universitaire est aussi une formidable " bête de scéne " :  Un exemple pour tous les enseignants quand à la manière de captiver un public . Si de temps en temps on échange à voix basse quelques propos avec son voisin , c'est par ce que l'évocation d'un thème , la destruction des archives  ou la mainmise sur le pétrole Irakien en 1941 , fait " TILT " dans votre tête .

Ce sont des anedoctes innoubliables comme la manière dont elle a réussi à prouver la complicité Française dans le vol des réserves d'or de la banque de Belgique en 1940 en allant consulter les archives de la Monnaie de Prusse qui fondit les lingots livrés par la Banque de France à la Reichsbank .

C'est aussi la manière enjouée dont elle nous décrit l'arrestation du nonce apostolique nu comme un ver dans le Bois de Boulogne à la fin des années 20 et comment il fut reconnu par le prefêt Chiappe .

Au delà de ces anecdotes il reste le travail de fond de l'universitaire , cad l'influence du Vatican sur les Relations Internationales en Europe de la période qui couvre le début de la Première Guerre Mondiale aux débuts de la Guerre Froide avec un thème récurrent : Comment aprés avoir parié sur le II éme Reich Allemand et l'avoir soutenu durant toute la Première Guerre Mondiale y compris en formulant des propositions de paix favorables aux Empires Centraux , le Vatican favorise la prise de pouvoir des Nazis pour enfin accompagner les élites Européennes pro-Allemandes dans leur conversion de la Pax Germanica à la Pax Americana et ce dés l'automne 1941 - les archives le prouvent - ou les analystes Vaticans [ Qu'Annie qualifie des meilleurs du monde !] constatent que les opérations militaires Allemandes en URSS ne suivent plus la planification initiale et que la défaite - cela prendra du temps - de l'Allemagne Nazie est inéluctable , fin précipitée par l'entrée en guerre des Etats-Unis déja évoquée au Vatican .

On rejoint l'histoire contemporaine puisqu'  Annie nous livre ses dernières pistes de recherches :Le rôle de cet axe Romano-Allemand dans la destruction de la Yougoslavie .

Une thèse que j'ai deja écouté chez mes amis Serbes lors de mon voyage à Belgrade l'année dernière .

Lorsque l'on lit le livre on consate que cette politique " Yougophobe " du Vatican n'est que la mutation de sa politique Serbophobe qui prend naissance au milieu du XIX éme siècle . Une politique marquée par l'opposition bec et ongles de la Curie à la création de l'état Yougoslave en 1919 .

Elle travaille aussi sur les réseaux " stay-behind " mis en place par l'OTAN en Europe , leur constitution avec les exfiltrés puis " reinfiltrés " de l'Allemagne Nazie du " Réseau Odessa " auquel le Vatican a contribué notamment au travers du Croate Ante Pavelić .

La thése d'Annie est que ces réseaux n'étaient pas destinés comme le prétend l'historiographie officielle à servir de forces de résistance et de sabotage dans le cadre d' une éventuelle invasion des forces du Pacte de Varsovie mais bien d'un instrument de coercition politique opérationnel - et " admis au service actif "  en Grêce - au service de la Pax Americana .

 

Vous l'aurez compris ce livre d'histoire est aussi un formidable livre de géopolitique !

En effet je n'ai pas pu résister à la tentation de lire les 50 premières pages de ce livre qu'elle m' a si gentiment dédicacé pour constater effectivement que c'est un livre de géopolitique si on prend pour définition de celle-ci l'étude des luttes d'influences pour le contrôle des peuples et des populations .

C'est confirmé par l'introduction  ou l'auteur prend le parti de traiter la question de l'histoire du Vatican non pas comme relevant de l' histoire religieuse mais du Vatican considéré en temps qu'entité étatique , une institution politique Italienne selon ses propres termes dont elle veut éclairer la stratégie Européenne durant cette période cruciale .

Apres avoir montré comment le Vatican a soutenu les ambitions des Empires Centraux contre la Serbie , l'Empire Russe et la France , Annie décrit les pièges des propositions de paix Vaticanes de 1917 et comment celles-ci s'inscrivent dans le cadre des " buts de guerre " des Empires Centraux et même comment ceux-ci sont coordonnés avec les opérations militaires .

Le chapître qui suit - De la défaite des Empires Centraux à la Paix de Versailles - évoque le partage de l'Europe aprés la première guerre mondiale et la naissance de cet axe Germano-Américain soutenu par le Vatican qui s'attachera à priver la France du juste usufruit de sa victoire militaire . Cette politique se poursuivra aprés la Guerre en Orient ou le Vatican tente de récupérer à son profit les " Capitulations " et les "Echelles du Levant " d'un Empire Ottoman demembré tout en oeuvrant contre la France  en Syrie .

  La Russie - que ce soit celle des Tsars ou l'URSS - ennemie héreditaire et historique du Vatican à l'Est comme la Serbie est aussi évoquée avec la description de la politique de " contrôle de la Russie par les périphéries [ Baltique et Ukraine ] " , une stratégie qui nous ramène vers le " Drang nach Osten " de l'OTAN .

 

 Bien sûr - inutile de le préciser avec Annie - l'ensemble des thèses développées dans ce livre s'appuie sur une imposante documentation à base d'archives parfaitement référencées .

 

Je termine cet article par une reflexion entammée au travers de la question d'un des auditeurs de cette soirée : Les dénonciations de pédophilie à l'encontre de certains dignitaires Catholiques par certains états ont ils une signification (géo-)politique ?

Annie Lacroix-Riz intarissable nous cite - le sourire en coin - les procés en pédophilie intentés par le Reich Nazi en 1937-38 à l'encontre de certains prêtres Catholiques Allemands dans le but de réorienter la politique Romaine vis à vis de l'Allemagne .

Procés suspendus aussitôt apres que le Vatican eut déféré aux desiderata de la Wilhelmstrasse .

L'histoire nous permet bien de comprendre le présent et cette allusion d'Annie à un précédent historique devrait inciter les analystes à la reflexion beaucoup plus qu'ils ne le font lorsque ce sujet d'actualité est évoqué .

 

 Je vous incite à vous procurer le livre d'Annie Lacroix-Riz et je vais vite dévorer les 50 pages suivantes !

   

" Vive l'histoire critique et indépendante de l'Eglise comme du reste ! "

 

 

Annie Lacroix-Riz interviendra demain samedi 30 octobre à la bibliothèque de l'Alcazar sur l'assassinat du roi Alexandre 1er de Yougoslavie et de Louis Barthou .

 

 

 

Première partie : De la Première Guerre mondiale à Versailles
1. Le Vatican dans la Première Guerre mondiale : la carte des Empires centraux
2. De la défaite des Empires centraux à la Paix de Versailles (1918-1920)

Deuxième partie : 1. Le Vatican dans l’entre-deux-guerres : du soutien des révisionnistes à celui de l’axe
A. De années 1920 à 1933
3. Les relations avec l’Italie : « conciliazione » et contradictions balkaniques
4. L’alliance avec la sphère germanique : des aspects intérieurs à l’usage extérieur (1920-1933)
5. La lutte contre la France : vers la reconstitution du Reich à l’Ouest (1920-1932)
6. Voies et moyens de l’expansion allemande à l’Est (1920-1932)

Deuxième partie : 2. De 1933 à la guerre : le Vatican vers l’Axe
B. De 1933 à la guerre
7. Les relations avec le Reich hitlérien (1933-1939)
8. Vers le Grand Reich et la condamnation des ambitions européennes de l’Italie (1933-février 1939)
9. La tactique contre la reconstitution de l’Entente (1933-1939)

Troisième partie : De la Guerre mondiale à la guerre froide
10. Le Vatican dans la Deuxième Guerre mondiale
11. Le Vatican et la réorganisation européenne de 1945 à la guerre froide : la lutte contre Potsdam après Versailles

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Rédigé par DanielB

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Publié le 16 Octobre 2010

L'un des évenements fondateurs du monde contemporain car il marquera de facto les débuts de l'Atlantisme Français *  avec l'éloignement de la France de l'Allemagne et la fin du projet  d'un Axe Paris-Berlin-Moscou envisagé par Gabriel HanotauxBernhard von Bülow et Sergueï Witte est enfin documenté par l'image .

Les 500 photos de la Mission Marchand qui se terminera par ce que l'histoire a retenu sous le nom de l'incident de Fachoda - mais qu'il est plus juste de nommer la reculade de Fachoda -  ont été retrouvées et viennent d'être publièes :

Au hasard d'un déménagement, les héritiers du capitaine Baratier, l'adjoint de Marchand, ont exhumé un véritable trésor de leurs cartons: 500 clichés pris par leur aïeul qui retracent la vie quotidienne de la mission. Des documents d'une qualité artistique et d'un intérêt historique exceptionnels (même si certains étaient connus), qu'ils ont confiés à l'Etablissement de communication et de production audiovisuelle de la défense (ECPAD). Authentifiés, archivés et restaurés, ils sont aujourd'hui publiés dans leur intégralité  . L'album qui en résulte est enrichi de manuscrits inédits provenant d'un autre fonds privé (celui des descendants du lieutenant Largeau). Il s'agit de notes, de lettres, de cartes signées de Marchand et de ses camarades. L'ensemble est présenté par l'historien Eric Deroo, éminent spécialiste de l'aventure coloniale . [ 1 ]

  Espérons que la publication de cet ouvrage ou la lecture de cet article amènera les lecteurs à s'intéresser à cet évenement présenté depuis quelques années comme de la " rivalité coloniale " par l'historiographie officielle et drouâdelômiste mais qui est beaucoup plus que cela : Un des évenements fondateurs de l'histoire contemporaine , un de ces instants ou l'histoire s'arrête et hésite à emprunter un chemin .

 

 

 * Raymond Tournoux place les débuts de cet Atlantisme avec la venue du Président  Woodrow Wilson et du chef syndicaliste Samuel Gompers à Paris en 1919 . Toutefois le sort en a  été jetté avec l'Entente Cordiale qui suit la reculade de Fachoda . Si le terme "Atlantisme " est trop fort , on peut sans aucun doute écrire celui de " proto-Atlantisme " . Summum  de l'infamie et de la bassesse , le gouvernement Français utilisa un câble Britannique pour signifier à Marchand l'ordre de se retirer de Fachoda :  Quand la France s'abaisse ce n'est pas à genoux mais à plat ventre !

 

 

Liens:

[ 1 ] L'album photo de la mission Marchand

 

 

 

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Rédigé par DanielB

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Publié le 23 Septembre 2010

A l'heure ou des ressortisants Français ont été enlevés au Niger et d'autres technicienset ingènieurs Français viennent de l'être à bord d'un navire de services pétroliers au Nigéria il peut être puéril  ou indécent de proposer un livre pour "adolescents"  mais je ne peux resister à la tentation de vous conseiller ce livre écrit par le célébrissime et regretté Vladimir Volkoff sous le pseudonyme de " Lieutenant X " .

Un livre qui garde pourtant toute son actualité géopolitique malgré sa première publication datant de 1968 , jugez-en :

 

Suite à un coup d'état en Côte d'Ebène,Langelot est envoyé en Afrique pour éviter que la centrale nucléaire installée par les Français tombe en de mauvaises mains. Et si, au passage, il pouvait faire quelque chose pour le président Andronymos, ce serait du bonus !
Pour se faire, il prend la place de Noël  Vachette, fils du directeur de la centrale en question car, seuls les ressortissants de Côte d'Ebène peuvent entrer au pays. Une fois sur place, Langelot tente d'obtenir de l'aide de l'ingénier Vachette, mais il n'obtient qu'une fin de non-recevoir et il préfère s'en aller. Fort heureusement, Sophie Vachette, sa fille, est bien plus coopérative et elle jouera un rôle essentiel dans cette aventure. En effet, le pays est sous le joug de Damba Damba, un dictateur fantoche, homme de paille du colonel
Chibani dont le seul but est de récupérer la centrale nucléaire et son potentiel à faire des bombes atomiques.
Bien, sûr, il y aussi le président Andronymos qui risque d'être incessamment exécuté, le fiancé de Graziella, sa fille qui est dans la même galère.[ Depuis paperblog ]

 

Il est difficile de situer géographiquement la " Côte d'Ebène " même si l'on est tenté de parler de la côte d'Ivoire .

Ce pays possède une façade maritime et la plus grande partie de son territoire est désertique . Il est frontalier d'un pays peuplés de " blancs " et de "basanés" qui parlent arabe et  qui lui est hostile . Ce pays convoite les réserves d'Uranium de la Côte d'Ebène dont le développement a été confié à la France aprés l'indépendance .  On pense à la Libye du Colonel Khadafi .

 

 

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Rédigé par DanielB

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Publié le 25 Avril 2010

En promenade à Hyères je suis tombé samedi sur un bouquiniste qui m' afait un prix d'ami pour deux livres forts intéressants :  Histoire de la Marine Française  ( tome I - Des origines jusuq' à la révolution ] par le capitaine de frégate René Jouan et Histoire de la Marine Russe par le lieutenant Serge Terestshenko .

Ces deux ouvrages que j'ai parcouru hier soir avAnt d'entammer en premier l' Histoire de la Marine Frnaçaise sont intéréssants chacun dans leur genre .

L' Histoire de la Marine Française frappe par sa facilité de lecture et par son style pour un non-spécialiste et se lit comme un roman . Il met en avant , c'est souligné dans la préface du vice-amiral Robert , les politiques contradictoires des chefs politiques Français vis à vis de notre Marine de guerre .

Le livre met l'accent aussi sur le rôle essentiel et complémentaire de la Marine dans les opérations terrestres et montre que chaque fois que notre Marine fut délaissée il s'en suivit des désastres sur le plan des opérations terrestres . Une occasion aussi de compléter son vocabulaire avec le verbe noliser  , pratique souvent employée par les chefs politiques de la France pour pallier aux déficiences de notre Marine !

Si les noms de Suffren et de Colbert sont relativement connus du " grand public " , ce livre est aussi l'occasion de connaître qui furent le Chevalier Paul et Maillé-Brézé .

 

Histoire de la Marine Russe est un ouvrage un peu plus géopolitique dans le sens ou il met en relation les développements de la Marine Russe  avec l'extension territoriale , mais aussi avec les contractions territroriales , des terres Rus depuis les Variags jusqu'à la guerre civile des années 20 .

Ce livre est aussi l'occasion de se poser la question de savoir si la Russie est vraiment une puissance continentale " pure " capable de se développer en dehors de toute liaIson avec le monde Océanique ou plutôt une puissance continentale dont le développement ne peut être assuré que par la maîtrise des ses approches littorales que ce soit dans l'Arctique ou dans l'espace Pontique .

Le livre souligne enfin le rôle des navigateurs Russes ou recrutés par la Russie dans l'exploration du passage du Nord-Est et la conquête Russe de la Sibérie .

 

Ces deux livres font partie d'une collection de la librairie Payot qui comprend

- Une Histoire de la Marine Allemande par le vice-amiral  Von Mantey

- Une Histoire de la Marine des Etats-Unis par un collectif de profefesseurs de la Naval Academy .

 

 

 

Histoire de la Marine Française et Histoire de la Marine Russe - Bibliothèque historique - PAYOT - Paris- 1932

 

 

 

 

 

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Rédigé par DanielB

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Publié le 18 Janvier 2010

Les images indécentes et les commentaires non moins indécents des mediats Etasuniens sur  l'effort de l'Armée Américaine  en  Haïti nous laissent comme première réaction qu'il peut s'agir d'un " phènomène d'époque " . Les plus interressés par l'actualité se rapelleront peut-être l'operation " Restore Hope "[ Décembre 1992 ]  menée en Somalie avec ses Marines débarquant , parfois en se cassant la gueule , sous les projecteurs des journalistes de CNN .
Elle nous touche de prés car du stricte point de vue Franco-Français elle évoque pour nous l'image d'un ministre avec ses sacs de riz sur l'épaule .
Mais à quand remonte cette mediatisation et exploitation politique de l'aide humanitaire ?
Je vous propose de la dater de 1923 et de l'aide accordée par les administrations Harding et Collidge , via Herbert Hoover et l' American Relief Agency (ARA ) , à la jeune Russie Soviètique lors de la famine consécutive à la guerre civile .
Tout comme aujourd'hui l'aide apportée à Haïti par l'admnistration Obama n'est nullement à analyser à l'aune de la philantropie mais à celle d'interêts géopolitiques et commerciaux bien sentis et même de nécessité de politique intérieure ( prés de 150 000 Haïtiens résideraient de manière illégale aux Etats-Unis ) , l'aide apporté par les administrations  Harding et Coolidge à la Russie Soviètique en 1923 ne peut s'analyser au travers d'une sympathie particulière pour ce que l'on appelait le " Bolchevisme " , Lenine ou Trotsky et d'une empathie de la haute bourgeoisie et de la haute finance Etasunienne pour des Moskals en train de mourir de faim par centaines de milliers . 
C'est dans cet esprit que Betrand Patenaude a publié il y a deja quelques années le livre "
The Big Show in Bololand: The American Relief Expedition to Soviet Russia in the Famine of 1921 " que l'on pourrait traduire par " Le Grand Cirque en Bolchevie " .
Comme vous l'aurez compris , le ton du livre est indiqué d'emblée dans le titre et la couverture est suffisament parlante .
C'est immédiatement à ce livre qui doit croupir sous des dizaines d'autres dans ma bibliothèque auquel j'ai pensé en regardant le Barnum qui est en train de se dérouler au milieu des larmes et du sang en Haïti .
Déja à l'époque , les " Roaring twenties " , les mediats Etasuniens avaient ce comportement délère qu'on leur connait aujourd'hui . Bien sûr il n' y avait pas la télevision , mais le " Yellow journalism " connaissait son heure de gloire aprés être né lors de la guerre Americano-Espagnole une trentaine d'années auparavant . .........dans les Caraïbes !
Pour lever un coin du voile sur  le " désinteressement " d'Herbert Hoover et de la haute finance Etasunienne pour des Russkofs en train de crever de faim , signalons juste que Herbert Hoover avait des interêts dans de nombreuses sociétés minières et devint secretaire d'état au commerce !
Bon , maintenant il ne reste plus qu'à trouver un écrivain et un historien de talent comme Bertrand Patenaude pour nous écrire un " The Big Show in TontonMacoutland  :  The American Relief Expedition to Haiti after the earthquake of 2010 "

Rien à voir avec l'arctique ? Pas si sûr !
Vous l'aurez deviné , une grande partie de l'aide humanitaire Etasunienne parvint via le port d'Arkhangelsk ou quelques mois plus tôt un corps expéditionnaire Etasunien affrontait les Bolcheviques qu'il fallait exterminer et non alimenter !  

The Big Show in Bololand: The American Relief Expedition to Soviet Russia in the Famine of 1921 - Betrand Patenaude - Stanford University Press; 1 edition (December 9, 2002)


http://ecx.images-amazon.com/images/I/51GACCMHSSL._SS500_.jpg


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Rédigé par DanielB

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Publié le 13 Août 2009

Une petite pause pour vous parler d'un ouvrage en trois tomes que les " vacances " me permettent de (re)relire .
Il s'agit de l'oeuvre magistrale de Jacques Benoist-Mechin : " Soixante jours qui ébranlèrent l'occident " .
Pourquoi vous en parler ?
Par ce que tout simplement , il s'agit de la plus belle synthèse sur cette période dont nous allons bientôt commémorer le soixante dixième anniversaire , à savoir " les évenements survenus en Belgique et en France entre le 10 mai et le 10 juillet 1940 "
Si beaucoup de personnes connaissent le personnage controversé de Jacques Benoist-Mechin , celui-ci fait preuve d'une remarquable honnêteté intellectuelle dans le traitement jour aprés jour de ces " événements " et ces trois tomes constituent la synthèse de dizaines d'ouvrages et de sources les plus diverses , de De Gaulle à Weygand en passant par Paul Reynaud ou " Pertinax " et Kammerer .
Les points les plus contreversés sont abordés et particulièrement l'accord Franco-Anglais du 28 mars 1940 ainsi que l'insuffisance de l'aide aérienne de la part de l'Angleterre durant la bataille des Flandres et la bataille de France .
Si a posteriori , la quasi non-intervention de la RAF peut se justifier par la bataille d'Angleterre , il n'en reste pas moins que dans la vision de l'auteur , cette non-intervention doit s'analyser au moment même ou elle sollicitée .
D'ou les rappells fréquents des recriminations du Generalissime  Weygand à l'égard des Anglais et la démarche , elle est révelatrice , de Winston Churchill qui dissuade Paul Reynaud de faire le bilan de l'" aide " Anglaise devant le parlement ..........
D'une autre manière , et ce n'est nullement contradictoire , la liste des destructions systématiques opérées dans les arsenaux et les ports lors de l'avance Allemande , le sabordage ultérieur de la Marine Nationale à Toulon en 1942 , n'en rendent que plus méprisable l'ignoble massacre de Mers-El-Kebir .
L'oeuvre en trois tomes de Benoist-Mechin est donc une remarquable synthèse qui jour aprés jour nous décrit la situation militaire et politique de cette période dont les derniers soubresauts ne sont pas totallement effacés .
Elle nous invite , comme je l'ai fait et continue de le faire , à nous procurer chacune des références citées en annexe et de les consulter . Des quelques 1200 pages des trois tomes , on en arrive vite à plusieurs milliers et des rayons de bibliothèque ...............
Quand au style , je ne ferais que reprendre les critiques publiées lors de la sortie de cette oeuvre ( Match - L'Express ,.....) . Les trois tomes se lisent comme on regarde un film et souvent on constate qu'il est deux ou trois heures du mat' et malgrés les yeux qui commencent à se fermer on a envie de passer à la page suivante .
Si Ibn-Seoud ou Mutspha Kemal de JBM se lisent et se " regardent " comme une épopée, on pense au " Lawrence d'Arabie " de Lean ou au " 55 jours de Pekin " , c'est ici  la tragédie de mai-juillet 40 qui défile sous nos yeux .

Lors de ma première lecture , j'avais envisagé de dresser un tableau Excel (c) de soixante lignes ( les 60 jours ) et de colonnes avec les noms de Weygand , Petain , De Gaulle , Gamelin , ............ afin d'avoir de manière synthétique la vision de savoir qui se trouvait à quel endroit à telle date et qui faisait quoi .
Je n'en ai malheureusement jamais eu le temps .

Je finirais la critique de cette oeuvre par la préface de JBM sur la jaquette de couverture : "Il est necessaire de comprendre et de connaître les événements du passé pour ne pas répeter les mêmes erreurs ". Tout comme la France a déclaré la guerre sans y être préparée , agissant sur les injonctions de Londres , nos alliances actuelles , notre engagement  en Afghanistan mériteront un jour un Benoist-Mechin pour être révélées au grand public .
De la même manière que notre pays s'est engagé dans une guerre qui n'était pas la sienne , de la même manière que Paul Reynaud au travers de l'accord du 28 mars 1940 liait  notre politique ( non-signature d'un armistice sans l'accord des deux gouvernements ) à celle de l'Angleterre , nos chefs politiques actuels , sans l'aval du Peuple Français et de ses représentants , ont engagé notre pays dans une guerre étrangère .

Le second livre que je vous recommande , avant de vous parler de " Le dernier jour du vieux monde" début septembre , est un autre chef d'oeuvre : " Une petite ville Nazie  "de William Sheridan Allen .
Il s'agit de la mise sous microscope d'une petite ville Allemande , Thalburg dans le livre, Northeim en réalité  durant la période 1930-1935 et de sa prise de contrôle par les Nazis .
Le livre est remarquable est qu'en dehors des analyses globales de la prise de pouvoir par les nazis ( Diktat de Versailles , crise économique ) ou de la trajectoire de " Lord Valdemort " ( La prise de pouvoir par Hitler 1928-1933 -  Paul Marie de la Gorce ) , il nous invite à une analyse locale de cette prise de pouvoir et il nous amène à la conclusion qu'elle a pu se faire en dehors des phènomènes " globaux " , par une gestion des divisions des opposants et un marketing politique ( on parlerait de propagande ) trés habile : Dans les quartiers " bourgeois "  le candidat du parti Nazi se présentait sous l'étiquette " NATIONAL - socialiste " alors que dans les quartiers " populaires " il se présentait sous l'étiquette " national-SOCIALISTE DES TRAVAILLEURS ALLEMANDS " .
Ce n'est qu'aprés que les Nazis aient acquis la " masse critique " , que les méthodes violentes ont commencé à être utilisées .
Le livre nous montre aussi la pauvreté du " materiel humain " dont disposait le parti Nazi dans les villes de Province , un élèment à prendre en compte lorsque l'on regarde les origines sociales et professionelles de la plupart des fonctionnaires du Reich qui auront à " gérer " un Empire s'étandant des rivages de l'Atlantique au Caucase .
L'autre élèment remarquable de ce livre , et ici on rejoint les " soixante jours........ " de Benoist-Mechin , est que l'auteur a su analyser cette prise de pouvoir en dehors de toute référence aux " événements survenus en Europe et dans le Monde entre 1936 et 1945 " .
Analyser le nazisme entre 1930 et 1935 , sans être influencé par la " suite ", voilà peut être ce qui donne à ce livre toute sa valeur !



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Rédigé par DanielB

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Publié le 22 Avril 2009

Le pétrole, « maître du monde » ? Oui, mais comment en est-on arrivé là ? Des rivalités pour contrôler la route des Indes à l’émergence des Etats-Unis comme puissance mondiale, les pays anglo-saxons ont su étendre leur influence en Asie centrale, dans le Caucase et au Proche-Orient, avec, au final, leur mainmise sur les principales ressources pétrolières mondiales.

Gilles Munier remonte aux origines du Grand jeu et de la fièvre du pétrole pour raconter la saga des espions de l’or noir et la malédiction qui s’est abattue sur les peuples détenteurs de ces richesses. Il brosse les portraits des agents secrets de Napoléon 1er et de l’Intelligence Service, du Kaiser Guillaume II et d’Adolphe Hitler, des irréguliers du groupe Stern et du Shay - ancêtres du Mossad - ou de la CIA, dont les activités ont précédé ou accompagné les grands bains de sang du 19ème et du début du 20ème siècle.

Parmi d’autres, on croise les incontournables T.E Lawrence dit d’Arabie, Gertrude Bell, St John Philby et Kermit Roosevelt, mais aussi des personnages moins connus comme Sidney Reilly, William Shakespear, Wilhelm Wassmuss, Marguerite d’Andurain, John Eppler, Conrad Kilian. Puis, descendant dans le temps, Lady Stanhope, le Chevalier de Lascaris, William Palgrave, Arthur Conolly et David Urquhart.

« On dit que l’argent n’a pas d’odeur, le pétrole est là pour le démentir » a écrit Pierre Mac Orlan. « Au Proche-Orient et dans le Caucase », ajoute Gilles Munier, « il a une odeur de sang ». Lui qui a observé, sur le terrain, plusieurs conflits au Proche-Orient, montre que ces drames n’ont pas grand chose à voir avec l’instauration de la démocratie et le respect des droits de l’homme ( 1 ) . Ils sont, comme la guerre d’Afghanistan et celles qui se profilent en Iran ou au Darfour, l’épilogue d’opérations clandestines organisées pour contrôler les puits et les routes du pétrole.

330 pages, avec photos, cartes et index - 22,60 euros - Editions Koutoubia - Groupe Alphée-Editplus
Les espions de l’or noir, par Gilles Munier (Ed. Koutoubia)
Dédicace : le mercredi 29 avril, à 19 heures
Galerie Arcima : 161, rue St Jacques, à Paris (métro : Luxembourg)



Bibliographie conseillée :
- " La guerre secrête pour le pétrole " - Antoine Zischka - PAYOT - 1933     INDISPENSABLE , le précurseur toujours d'actualité !
Méprisé en France , " La guerre secrête .......... " est avec " La guerre secrête pour le coton " un livre scolaire et universitaire en Amérique Latine ( Bresil , Venezuela ) .
- " Ölkrieg - Wandlung der weltmacht öl " - Anton Zischka - NS Verlag ou Wilhelm Goldmann Verlag - 1941 
Le même mais beaucoup moins " politiquement correct " - Actualisé en 1941 à l'aune des " événements survenus en Europe et dans le monde entre 1933 et 1940 " (c) - Mis à l'index par les troupes d'occupation alliées en 1945 mais disponible sur les sites de vente en ligne .
-" Agyptens weg zur freiheit   " - " All-Islam " - " Frankreich in Nord-Afrika " - " Die Arabische Revolution"- " Politiker und propheten am Roten Meer " - Paul Schmitz-Kairo - Wihlem Goldmann Verlag - de 1937 à 1942 .
Décrit sans concessions la situation au proche et au moyen-orient durant l'entre deux guerres - Férocement Anglophobe et Francophobe mais une analyse lucide et prémonitoire des enjeux dans la région par un specialiste Allemand - A l'époque ou le livre est écrit , les potentialités pétrolières de l'Afrique du Nord Française et Italienne sont inconnues , toutefois Paul Schmitz -Kairo prohétise " Si jamais du pétrole est découvert dans cette région , les Anglo-Saxons s'activeront à en chasser les Français et ceci même au large de la Riviera Française , de l'autre côté de la Méditerranée  "  - Voir supra mais disponible dans toutes les bonnes crémeries  ( lien temporaire ) .
- " Cette guerre a cinquante ans - C'est la guerre du pétrole " - Paul Vallot - Librairie Nationale - 1943
Encore un livre trés " politiquement incorrect " - Ecrit par un collaborationiste , il actualise le livre de Zischka
et présente les dessous de la conference de San-Remo et les enjeux au proche et au moyent-orient vue de la France de Vichy .
-  " Sieg der Arbeit : Geschichte des fünftausendjährigen Kampfes gegen Unwissenheit und Sklaverei " - Anton Zischka - Wilhelm Goldmann  Verlag - 1941 - Voir supra - Décrit les tentatives Allemandes pour mettre au point un carburant synthétique et du  " Widia " précurseur des outils de coupe synthètiques utilisés par les industries mécaniques .- Utilisé dans un mémoire de fin d'études .
- " Paris- Match " - Reportages de Raymond Cartier dans les années 50 sur la " Guerre du Pétrole " - Excellente couverture du coup d'état contre le Dr Mossadegh - Un temoignage pour l'histoire .
- " Power play , Oil in the Middle East " - Leonard Mosley - Random House - 1973
Présente de manière neutre et détaillée la révolution Irakienne de 1941 - Des élèments trés interressants sur les tentatives d'implantations Japonaises en Arabie Séoudite à la veille de la sgm -  Beaucoup de documents sur l'ARAMCO - Se termine à la veille du choc pétrolier de 1974 .
- " Le pétrole et la haine - Choses vues en terre d'islam " - François Quilici - Anthème Fayard - 1957
Point de vue d'un Français qui a " mal à l'Algérie " - Violente critique de Nasser .
- " Ibn Seoud ou la naissance d'un royaume " - Jacques Benoist-Mechin - Plusieurs editions - 
On ne présente plus l'auteur de " l'Histoire de l'Armée Allemande " - Se lit d'une seule traite comme une épopée  . Prevoir une apres-midi entière .
- " Lawrence d'Arabie " - Jean Loup Julien -  Editions Chronique Dargaud - 2006
Superbement illustré avec des cartes et des photos - présente les événements contemporains de la vie de TE LAWRENCE .
- " Geopolitique - Constantes et changements dans l'histoire " - Aymeric Chauprade - Ellipses - 2007
- " Le Grand Jeu - Les enjeux gépolitiques en Asie centrale " - Collectif - Autrement - 2009
Déja présenté sur ce blogue . 




(1 ) " Während dieses buch in druck ging , bracht der krieg der " Demokratien " gegen das nationalsozialistische Deutschland aus . Wie der Weltkrieg wurde dieser krieg Englands vom ersten tag an als " Krieg für freiheit und recht " getarnt , hetzte England unzälige in den tod , nur " um die ideale der menschheit aufrechtzuerhalten "
Diese geschiechte des rohstoffes öl ist nun zu einer antwort auf die mit allen mitteln in der welt verbreitete hetzpropaganda geworden"
Préface de " ôlkrieg " par Anton Zischka
 

 

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Rédigé par DanielB

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Publié le 21 Mars 2009

La nomination de Michel Rocard au poste d'ambassadeur polaire semble avoir relancé l'interêt pour le sujet au sein des mediats Français .

Le premier est  la revue " Geopolitique " , édité par l'Institut International de Geopolitique , qui dans son numéro 104 de Janvier 2009 ( et donc avant la nomination de Michel Rocard - encore disponible en kiosques ) publie un article de Richard Labevière .
Celui ci est co-auteur du livre " La bataille du Grand Nord a commencé  " .
Cet article résume parfaitement les enjeux liés autour de ce dossier , et en particulier liste les  " conflits duaux " de souveraineté autour de l'arctique , mais une fois de plus Richard Labevière  fait preuve de malhonneteté intellectuelle en attribuant à la Russie , et plus particulièrement à Vladimir Poutine , la remilitarisation de l'arctique .
Il cite pour cela le discours particulièrement " musclé " du Président Russe à la Wehrkunde 2007 ( 10 Fevrier 2007 ) en affirmant que celui-ci y a annoncé sa volonté de remilitariser la région ( Ce qui est absolument faux ! ) .
Il passe sous silence les exercices des états membres de l'alliance , particulièrement du Canada et de la Norvège , dans cette region depuis 2005 .
Dommage ! M . Labevière m'était sympathique depuis que j'ai appris son liceniement par " Madame K. " de RFI .

La revue consacre aussi un article trés intressant aux frontières maritimes de la Chine .




Vient ensuite l'interview au Nouvel Obs ou notre nouvel ambassadeur Polaire nous livre sa " Weltanschaaung "  et deja évoquée sur ce blogue .

Je vous livre enfin ce reportage du Figaro , bien entendu qui ne manque pas de clichés Russophobes .
Le Figaro a censuré ma reaction . Ce blogue ne pratique pas la censure  . Vous aurez donc l'article du Figaro dans son entier , en remarquant que les deux " spécialistes " maisons de la Russie , MM. Nodé-Langlois et Mandeville , ont été "écartés ".
Bien sûr on n'en voudra pas au Figaro d'être égal à lui même ! Apres que ses journalistes furent grassement rétribués par l'Okhrana pour faire la promotion des emprunts Franco-Russes  , il semble depuis 90 ans vouloir se racheter une conduite !
Ceci dit  dans la Russphobie , comme dans tout , l'exces rend ridicule !
L'image du début de cet article montre une flamme tout ce qu'il ya de plus classique d'une torchère et on brûle des mercaptans ( composés organiques sulfurés ) et de l'H2S certainement prés de chez vous !  Dans les décharges par exemple !

La fonte de la calotte polaire s'accélère inexorablement et, avec elle, la compétition pour le contrôle des fabuleuses richesses du pôle Nord.

Depuis Moscou, il faut plus de deux heures de vol pour atteindre Usinsk. De toute évidence, le Tupolev 134 qui y mène n'a jamais été rénové depuis son entrée en fonction dans les années 1970. Mais le pilote est un virtuose à en juger l'atterrissage sur un tarmac tapissé d'une épaisse couche de neige qui aurait semé la panique à Roissy pendant au moins 48 heures.

Usinsk, cité-dortoir de 44 000 habitants agrémentée de deux églises orthodoxes, d'une mosquée, d'un hôpital et d'un casino, est un fief de la compagnie Loukoil. Créée au début des années 1970, la ville ne vit que par, et pour le pétrole. L'alcoolisme y fait des ravages. Les antennes paraboliques qui pointent bizarrement vers le sol indiquent au visiteur qu'il se trouve sur le toit du monde. Ou presque.

À 80 km au nord d'Usinsk, un globe hissé sur un piédestal en béton marque l'emplacement du cercle polaire, et le début d'une zone hostile où seuls les pétroliers osent s'aventurer. Truffée de nids de poule et de joints érodés, la route verglacée qui conduit d'Usinsk au champ de Khariaga (170 km) est un danger public. Malgré la limitation de vitesse et un millier d'alcootests chaque mois, les camions-citernes y foncent à toute allure et les accidents y sont monnaie courante.

Passé le cercle arctique, la toundra se substitue subitement à la taïga. Couronnés de forêts de pins et de bouleaux rachitiques, les vallons traversés par la rivière Kolva cèdent la place à un grand désert blanc sillonné par un dédale de pipelines que surmontent ça et là de gigantesques torches actives 24 heures sur 24.

Khariaga se situe sur le territoire autonome des Nénets (40 000 habitants pour une superficie équivalente à trois fois la France), à 90 km au nord du cercle polaire. Un champ de pétrole de 320 km² que se partagent Loukoïl et Total. Les difficultés logistiques ne constituent que l'un des nombreux défis affrontés par Michel Pick, responsable des « objets » 2 et 3 exploités par le groupe français, deux joyaux situés respectivement à 1 800 et 2 800 mètres de profondeur. D'abord, la forte proportion de paraffine contenue dans l'huile de Khariaga. « En dessous de 29 °C, elle se fige et ressemble à du cirage ». Il faut donc la chauffer en permanence. Sur des centaines de kilomètres, des câbles électriques sont enroulés autour des oléoducs pour maintenir l'or noir à l'état liquide.

 

Un véritable casse-tête

 

Il y a aussi le H2S, l'hydrogène sulfuré contenu dans le gaz associé au pétrole. La moindre fuite de ce poison sèmerait la mort en quelques minutes. Des travaux sont en cours pour arrêter le «torchage» des 200 000 mètres cube de gaz éliminés chaque jour. Un gaspillage d'énergie, mais aussi une menace pour l'environnement. Car une fois brûlé, le H2S se transforme en SO2, du dioxyde de soufre qui contribue à alimenter l'effet de serre. Moins scrupuleuses ou moins pragmatiques, les compagnies russes éludent pour l'instant ce casse-tête.

La nature du terrain est une autre gageure. Le pergélisol, un mélange de roches, de sable et de glace d'environ 300 mètres d'épaisseur, devient spongieux lorsqu'il se réchauffe. Pour éviter que les installations ne s'enlisent, tout doit être construit sur pilotis. Et puis bien sûr, il y a le froid, le plus féroce ennemi, pour les hommes comme pour les équipements. Il n'est pas rare ainsi qu'une des puissantes piles en acier enfoncées à une dizaine de mètres de profondeur se fracasse contre le sol gelé. La moindre tête de puits est isolée par un conteneur équipé d'une soufflante qui apporte un peu de chaleur.

Perchés au sommet d'un derrick, sur un monkeyboard, à 28 mètres de hauteur, les «accrocheurs» doivent régulièrement se relayer pour résister à des rafales de vent impitoyables. «Au bout de deux heures, les mâchoires se collent, raconte Éric Verbrugge, un jeune Lyonnais, chef du site. Et à partir de - 40 °C, il est impossible de tenir plus de dix minutes dehors.»

Les aurores boréales, les arcs-en-ciel verticaux dessinés par les torches, les visites fugitives de renards blancs ou les passages inopinés de nomades transhumants à la tête de leurs troupeaux de rennes ne suffisent pas à adoucir une vie quotidienne qui peut vite basculer de la contemplation à la folie. Ici, au milieu de nulle part, les hommes, soumis à un régime spartiate, sont mis à rude épreuve, reconnaît Éric. «Deux heures de jour en plein hiver, pas de nuit en été, des températures qui oscillent de - 56 °C à parfois + 30 °C, un sol qui, dès juin, se transforme en cloaque peuplé de moustiques énormes et voraces qui vous harcèlent sans répit pendant trois mois…»

N'en déplaise aux âmes romantiques, l'Arctique est un enfer. Les ennemis de la révolution bolchevique y étaient déportés dès le début des années 1930 pour y développer l'exploration minière. C'est ainsi que naquit, à 200 km au nord-est d'Usinsk, le goulag de Vorkouta où séjourna Soljenitsyne.

Depuis longtemps, on sait que ce Grand Nord recèle de fabuleuses richesses. Le réchauffement climatique et de nouvelles technologies les rendent désormais plus accessibles. La fonte de la calotte polaire s'accélère inexorablement et, avec elle, la compétition pour le contrôle de l'Arctique. Selon les experts du programme Damoclès de l'Union européenne, la banquise pourrait complètement disparaître en été dès 2015. Si les conséquences sur les écosystèmes s'annoncent inquiétantes voire tragiques pour la faune locale, la fonte des glaces offre en revanche des perspectives économiques considérables, mais aussi susceptibles d'exacerber les tensions politiques et d'amplifier les risques de pollution.

 

Un raccourci entre l'Europe et l'Orient

 

Selon une étude de l'US Geological Survey, le pôle Nord contiendrait 20 % des ressources énergétiques de la planète non encore découvertes. Et parmi les cinq États qui bordent l'océan Glacial Arctique, la Russie, qui détient plus de la moitié de ce littoral, se taille la part du lion. Près de 80 % des réserves de pétrole et 90 % des réserves de gaz et de charbon russes seraient situées dans la zone arctique. Dans la mer de Barents, le champ offshore de Shtokman, qui devrait entrer en production en 2013, renferme à lui seul 3 800 milliards de mètres cubes de gaz, soit la consommation de la France pendant quatre-vingts ans.

Ce nouvel eldorado a aiguisé les appétits du club des cinq (Russie, États-Unis, Canada, Norvège et Danemark) et donné lieu à des revendications territoriales inédites dans la région. Depuis 2001, la Russie réclame ainsi auprès de la commission ad hoc de l'ONU l'extension de son plateau continental via la dorsale Lomonossov, qui lui permettrait de contrôler près de la moitié de la haute mer polaire.

Pour faire valoir ses revendications, contestées par le Danemark et le Canada, Moscou a cru utile de les accompagner d'incursions de bombardiers stratégiques aux confins des zones de défense de l'Otan. De quoi interpeller le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jaap de Hoop Scheffer, qui s'est dit «sûr», il y a un mois, que « le Grand Nord va retenir encore plus l'attention de l'Otan dans les années à venir».

Les enjeux sont considérables. Selon Serge Ségura, expert en droit maritime, l'ouverture de nouvelles routes maritimes permettra «une économie de distance de 40 % entre l'Europe et l'Extrême-Orient». En octobre dernier, pour la première fois, un bateau de recherche scientifique, le Polarstern, a pu emprunter les passages du Nord-Ouest (le long de l'Amérique) et celui du Nord-Est (le long de la Russie) sans avoir à briser de glace. Mais la fonte de la banquise nécessitera aussi de gros investissements en matière de sécurité en raison d'une augmentation des glaces dérivantes.

De même, l'exploitation offshore des hydrocarbures induira une logistique aussi importante que coûteuse en matière de transport. La pêche, elle aussi, pourrait soulever une nouvelle foire d'empoigne, avec la migration attendue de certaines espèces (morue et hareng notamment) vers les eaux réchauffées de l'Arctique.

La bataille qui vient de s'engager a focalisé l'intérêt de la communauté internationale sur cette terra incognita. En août 2007, lorsque les Russes ont planté, à grand renfort de publicité, un drapeau en titane à 4 261 mètres de profondeur, il n'existait aucune cellule en charge de l'Arctique au sein du ministère français des Affaires étrangères. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

L'Union européenne s'est elle aussi mobilisée. En octobre dernier, sous la houlette de Michel Rocard, le parlement européen a plaidé pour l'adoption d'un traité international destiné à protéger l'Arctique, à l'instar du traité de Washington (1959) qui a fait de l'Antarctique une zone sans souverainetés nationales. Les experts ne se font pas d'illusion. Selon Serge Ségura, «les recettes appliquées pour l'Antarctique, un continent entouré d'océans, sont difficilement applicables à l'Arctique, un océan entouré de terres». L'UE en a déjà pris acte. Si elle vient de préconiser une meilleure gouvernance multilatérale, elle a entériné aussi «la promotion de l'exploitation durable des ressources » du pôle Nord








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