la russie dans le monde

Publié le 14 Mai 2012

L'analyste Russe Serguei Lebedev rejoint mon analyse sur la déterioration des relations Franco-Russes avec l'arrivée au pouvoir du Socialiste François Hollande .[ lien ]

 

 Soulignant que les Gaullistes ont toujours entretenu des relations avec l'URSS basées sur des considérations géopolitiques , un flambeau repris aujourd'hui par le Front National de Marine le Pen , il note le poids de l'idéologie dans la gauche Française en matière de RI .

Pour Serguei Lebedev ,  la diplomatie Française vis à vis de la Russie sera marquée par des ingérences aux noms des " drouâdelôms " et de la " défense des minorités " .

Contrairement à Serguei Lebedev qui espère pouvoir se tromper sur la détérioration des relations Franco-Russes , je n'ai pas de doutes sur ce point  ! [ lien vers article ]

 Serguei Lebedev ne mâche pas non plus ses mots sur les circonstances de l'election de François Hollande qu'il compare à un  apparatckik Soviétique , citant Grigori Yavlinsky .:

Une " la masse parasitaire de la population étrangére , des non-autchtones de nationalité Française " , de même que les minorités religieuses ( musulmans , juifs ,.. ) ont voté pour le Parti Socialiste !

 

 

 

 

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Rédigé par DanielB

Publié dans #La Russie dans le monde

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Publié le 6 Mars 2012

Ce communiqué du MAE Russe illustre plus que tout autre la vacuité des " analyses " que l'on a pu lire ici et là , que ceux qui se sentent morveux se mouchent , sur la position Russe vis à vis du dossier Syrien et le manque d'appréciation abyssal , stratosphérique , de cette position par les chefs politiques Occidentaux [ Sarkozy , Juppé , Cameron , Hague , Obama , Clinton ,...] : La position de refus de la Russie aux sanctions proposées par l' " Occident " contre la Syrie était liée à un agenda de politique intérieure , à savoir les élections présidentielles et la nécessité pour Vladimir Poutine de " flatter " un électorat conservateur !

On ne peut que rester quoi face à une telle incompréhension de la position Russe . J'avais écrit quelques lignes sur ce sujet en évoquant en particulier un élèment à prendre en compte :  Le " devoir de fidélité " aux alliances contractées  qui s'explique par le vécu du Président Russe Vladimir Poutine .[ lien ]  

On peut aussi mesurer le ton de ce communiqué qui s'apparente bien à une rebuffade peu diplomatique ...

 

Moscou restera fidèle à sa position sur la Syrie après la présidentielle qui s'est tenue en Russie le 4 mars, a déclaré mardi la diplomatie Russe dans un communiqué.

"Nous avons accordé notre attention aux affirmations de certains responsables américains et européens selon lesquels la position de la Russie sur la Syrie serait due à la campagne électorale dans notre pays et estimant que maintenant, la présidentielle terminée, Moscou pourrait reconsidérer son approche. À cet égard, nous voudrions appeler nos partenaires européens et américains à ne pas prendre leurs désirs pour des réalités", lit-on dans le document.

"La position Russe à l'égard de la Syrie n'a jamais été influencée par la conjoncture ni par les cycles électoraux", poursuit le communiqué.

Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a appelé lundi le premier ministre Russe Vladimir Poutine, élu président le 4 mars, à "revisiter la politique Russe vis-à-vis de la Syrie.[ lien ]  

 

 

Syrie: la position russe inchangée après la présidentielle (diplomatie)

 

 

 

 

 

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Rédigé par DanielB

Publié dans #La Russie dans le monde

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Publié le 27 Février 2012

par Vladimir Poutine

 

Dans mes articles, j'ai déjà abordé les principaux défis extérieurs auxquels la Russie est confrontée à l'heure actuelle. Cependant, ce thème mérite d'être discuté plus en détails, et pas seulement parce que la politique extérieure fait partie intégrante de toute stratégie nationale. Les défis extérieurs et l'évolution du monde qui nous entoure nous poussent à prendre des décisions d’ordre économique, culturelle, budgetaire et d'investissements.

La Russie fait partie d'un grand monde, aussi bien du point de vue de l'économie et de la diffusion de l'information que de la culture. Nous ne pouvons pas et ne voulons pas nous isoler. Nous espérons que notre ouverture permettra d'améliorer le bien-être et la culture des citoyens russes et de renforcer la confiance, qui devient une ressource rare.

Mais nous prendrons systématiquement appui sur nos intérêts propres et nos objectifs, et non pas sur des décisions dictées par un tiers. La Russie n'est respectée et prise au sérieux que lorsqu'elle est forte et qu’elle se tient fermement campée sur ses positions. La Russie a pratiquement toujours eu le privilège de pouvoir mener une politique étrangère indépendante. Et ce sera le cas également à l'avenir. Qui plus est, je suis convaincu qu'il n'est possible d'assurer la sécurité dans le monde qu'avec la Russie, et non pas en s'efforçant de l'évincer, d'affaiblir ses positions géopolitiques et sa capacité de se défendre.

Les objectifs de notre politique étrangère revêtent un caractère stratégique, non conjoncturel, et reflètent la place exclusive de la Russie sur la carte politique mondiale, son rôle dans l'histoire et dans l'évolution de la civilisation.

Nous poursuivrons, évidemment, une politique proactive et constructive, visant à renforcer la sécurité globale, à renoncer à la confrontation, à réagir efficacement aux défis tels que la prolifération des armes nucléaires, les conflits régionaux et les crises, le terrorisme et le trafic de drogue. Nous ferons tout pour que la Russie dispose des derniers acquis du progrès scientifique et technologique, et pour assurer à nos entreprises une place importante sur le marché mondial.

Nous ferons tout pour que la mise en œuvre du nouvel ordre mondial, basé sur les réalités géopolitiques contemporaines, se déroule de manière progressive, sans perturbations inutiles.

 

La confiance érodée

Comme auparavant, je pense que les principaux postulats incluent le caractère indivisible de sécurité pour tous les Etats, l'inadmissibilité de l'utilisation hypertrophiée de la force, et le respect à la lettre des principes fondamentaux du droit international. Le mépris de ces règles provoque la déstabilisation des relations internationales.

Et c'est précisément à travers un tel prisme que nous percevons certains aspects du comportement des Etats-Unis et de l'Otan, qui ne s'inscrivent pas dans la logique du développement contemporain, et qui sont fondés sur les stéréotypes de la politique des blocs. Tout le monde comprend à quoi je fais allusion. Il s'agit de l'expansion de l'Otan, qui se traduit notamment par le déploiement de nouveaux moyens d'infrastructure militaire, ainsi que les projets de l'Alliance (sur l'initiative des Américains) de mise en place en Europe du bouclier antimissile (ABM). Je n'aurais pas abordé ce thème si ces jeux n'étaient pas menés à proximité immédiate des frontières russes, s'ils n'affaiblissaient pas notre sécurité et s'ils ne contribuaient pas à l'instabilité dans le monde.

Notre argumentation est bien connue, ce n'est pas la peine d'y revenir, mais, malheureusement, elle n'est pas prise en considération par nos partenaires occidentaux, qui refusent de l'entendre.

Il est préoccupant de voir que bien que nos "nouvelles" relations avec l'Otan n'aient pas encore acquis une forme définitive, l'Alliance commet déjà des actes qui ne contribuent en aucun cas à l'établissement d'un climat de confiance. En elle-même, une telle pratique affecte le calendrier international, empêche de définir un ordre du jour positif dans les relations internationales et ralentit les changements structurels.

Une série de conflits armés, menés sous le prétexte d'objectifs humanitaires, sape le principe séculaire de souveraineté nationale. Un autre vide, moral et juridique, se crée dans les relations internationales.

On dit souvent que les droits de l'homme priment sur la souveraineté nationale. C'est indéniable, de la même manière que les crimes contre l'humanité doivent être sanctionnés par la Cour pénale internationale. Mais lorsqu'en s'appuyant sur cette disposition, la souveraineté nationale est facilement violée, lorsque les droits de l'homme sont défendus de l'extérieur de manière sélective, et que ces mêmes droits sont violés au cours de ce processus de "défense", y compris le droit sacré à la vie, il ne s'agit pas d'une cause noble mais de démagogie pure et simple.

Il est important que l'ONU et le Conseil de sécurité puissent s'opposer efficacement au diktat de certains pays et à l'arbitraire sur la scène internationale. Nul n'a le droit de s'octroyer les prérogatives et les pouvoirs de l'ONU, notamment en ce qui concerne l'utilisation de la force contre des Etats souverains. Il est avant tout question de l'Otan, qui cherche à s'arroger des compétences qui ne sont pas celles d'une "alliance de défense." Tout cela est plus que sérieux. Nous nous souvenons des vaines exhortations au respect des normes juridiques et de la décence humaine élémentaire de la part des Etats qui ont été victimes d’opérations "humanitaires" et de bombardements opérés au nom de la "démocratie." Ils n'ont pas été entendus, et on ne voulait pas les entendre.

Apparemment, l'Otan, et d’abord les Etats-Unis, ont leur propre perception de la sécurité, qui est foncièrement différente de la nôtre. Les Américains sont obsédés par l'idée de s'assurer une invulnérabilité absolue, ce qui est utopique et irréalisable, aussi bien sur le plan technique que géopolitique. C'est précisément le fond du problème.

L'invulnérabilité absolue pour l'un impliquerait la vulnérabilité absolue de tous les autres. Il est impossible d'accepter une telle perspective. Toutefois, pour des raisons bien connues, beaucoup de pays préfèrent ne pas en parler ouvertement. Mais la Russie appellera toujours les choses par leurs noms, et elle le fera ouvertement. Je voudrais souligner une nouvelle fois que la violation des principes d'unité et d'indivisibilité de la sécurité, et ce en dépit des nombreux engagements contractés selon ces principes, est susceptible d'engendrer des menaces très graves. En fin de compte, cela concerne également les Etats qui, pour diverses raisons, sont à l'origine de telles violations.

 

Le printemps arabe: les leçons et les conclusions

Il y a un an, le monde a été confronté à un phénomène nouveau — des manifestations pratiquement simultanées dans de nombreux pays arabes contre les régimes autoritaires. Au départ, le printemps arabe était interprété comme porteur d'espoir de changements positifs. Les Russes étaient du côté de ceux qui aspiraient aux réformes démocratiques.

Cependant, il s'est rapidement avéré que dans de nombreux pays, la situation n'évoluait pas selon un scénario civilisé. Au lieu d'affirmer la démocratie et de défendre les droits des minorités, on a assisté à l'évincement de l'adversaire, à son renversement, une force dominante se trouvant remplacée par une autre force plus agressive.

L'ingérence extérieure, qui s’est rangée du côté de l’une des parties au conflit, ainsi que le caractère militaire de cette ingérence, ont contribué à une évolution négative de la situation. Tant et si bien que certains pays ont éliminé le régime libyen grâce à l'aviation, en se protégeant derrière des slogans humanitaires. Et l'apothéose a été atteinte lors de la scène répugnante du lynchage barbare de Mouammar Kadhafi.

Il faut empêcher de réitérer le scénario libyen en Syrie. Les efforts de la communauté internationale doivent être avant tout axés sur la réconciliation en Syrie. Il est important de réussir à stopper au plus vite la violence, quelle que soit son origine, d'ouvrir enfin le dialogue national, sans conditions préalables, sans ingérence étrangère et en respectant la souveraineté du pays. Cela créerait des prémisses à la mise en œuvre réelle des mesures de démocratisation annoncées par le gouvernement syrien. Le plus important est d'empêcher une guerre civile à part entière. La diplomatie russe a travaillé et travaillera dans ce sens.

Après une expérience amère, nous nous opposons à l'adoption de telles résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui seraient interprétées comme un coup d'envoi à une ingérence militaire dans les processus intérieurs en Syrie. Et c'est en suivant cette approche fondamentale que la Russie et la Chine ont bloqué, début février, une résolution qui, par son ambiguïté, aurait encouragé en pratique la violence exercée par l'une des parties en conflit.

A cet égard, étant donné la réaction très violente et presque hystérique au veto sino-russe, je voudrais mettre en garde nos collègues occidentaux contre la tentation de recourir à un schéma très simple utilisé auparavant: en l'absence d'aval du Conseil de sécurité des Nations Unies, formons une coalition des Etats intéressés. Et à l'attaque.

La logique même d'un tel comportement est pernicieuse. Elle ne mène à rien de bon. En tout cas, elle ne contribue pas au règlement de la situation dans un pays frappé par un conflit. Pire encore, elle déstabilise davantage l'ensemble du système international de sécurité et détériore l'autorité et le rôle central de l'ONU. Rappelons que le droit de veto, ce n'est un caprice, mais une partie intégrante de l'ordre mondial consacrée par la Charte des Nations Unies – sur l'insistance des Etats-Unis, d'ailleurs. Ce droit implique le fait que les décisions, auxquelles s'oppose au moins un membre permanent du Conseil de sécurité, ne peuvent pas être cohérentes et efficaces.

J'espère que les Etats-Unis et d'autres pays tiendront compte de cette expérience amère et ne chercheront pas à lancer une opération militaire en Syrie sans l'aval du Conseil de sécurité des Nations Unies. D'ailleurs, je n'arrive pas à comprendre d'où viennent ces "démangeaisons belliqueuses". Pourquoi manque-t-on de patience pour élaborer une approche collective ajustée et équilibrée, d'autant plus qu'elle commençait à prendre forme dans le projet de résolution syrienne, mentionné plus tôt. Il ne restait plus qu'à exiger la même chose de l'opposition armée que du gouvernement, en particulier de retirer les unités armées des villes. Le refus de le faire est cynique. Si nous voulons assurer la sécurité des civils, ce qui est la priorité de la Russie, il est nécessaire de raisonner tous les camps impliqués dans le conflit armé.

Et il existe également un autre aspect. Il s'avère que dans les pays touchés par le printemps arabe, de même qu'en Irak à l’époque, les sociétés russes cèdent leurs positions acquises au cours des décennies sur les marchés locaux et perdent des contrats commerciaux importants. Et les créneaux vacants sont récupérés par les acteurs économiques des pays qui ont contribué au renversement des régimes en place.

On pourrait penser que dans une certaine mesure, ces événements tragiques n'ont pas été motivés par le souci du respect des droits de l'homme, mais par la volonté de redistribuer les marchés. Quoi qu'il en soit, nous ne pouvons bien sûr pas rester les bras croisés. Et nous avons l'intention de travailler activement avec les nouveaux gouvernements des pays arabes afin de rétablir rapidement nos positions économiques.

Dans l’ensemble, les événements dans le monde arabe sont très instructifs. Ils montrent que la volonté d'instaurer la démocratie en utilisant la force peut conduire et conduit souvent au résultat inverse. On assiste à l’émergence de forces, y compris d'extrémistes religieux, qui cherchent à changer la direction même du développement des pays et la nature laïque de leur gestion.

La Russie a toujours eu de bonnes relations avec les représentants modérés de l'islam, dont l'idéologie est proche des traditions des musulmans russes. Et nous sommes prêts à développer ces relations dans les conditions actuelles. Nous sommes intéressés par la dynamisation des liens politiques, commerciaux et économiques avec tous les pays arabes, y compris, je le répète, ceux qui viennent de traverser une période de troubles. De plus, selon moi il existe de réelles conditions permettant à la Russie de conserver à part entière ses positions de leader sur la scène moyen-orientale, où nous avons toujours eu de nombreux amis.

En ce qui concerne le conflit israélo-arabe, la "recette miracle" qui permettrait de régler la situation n'a toujours pas été trouvée. Il ne faut en aucun cas baisser les bras. Etant donné la proximité de nos relations avec le gouvernement israélien et les dirigeants palestiniens, la diplomatie russe continuera à contribuer activement au rétablissement du processus de paix de manière bilatérale et dans le cadre du Quatuor pour le Moyen-Orient, en coordonnant ses actions avec la Ligue arabe.

Le printemps arabe a également mis en évidence que l'opinion publique mondiale se formait aujourd'hui avec l'utilisation la plus active des technologies avancées de l'information et de la communication. On peut dire qu'Internet, les réseaux sociaux, les téléphones portables, etc. se sont transformés, avec la télévision, en un outil efficace aussi bien de la politique nationale qu'internationale. C'est un nouveau facteur qui demande réflexion, notamment afin qu'en continuant à promouvoir la liberté exceptionnelle de communication sur le web, on réduise le risque de son utilisation par les terroristes et les criminels.

On emploie de plus en plus souvent la notion de "puissance douce" (soft power), un ensemble d'outils et de méthodes pour accomplir des tâches de politique étrangère sans utiliser les armes, grâce à des leviers informationnels et autres. Malheureusement, ces méthodes sont souvent utilisées pour encourager et provoquer l'extrémisme, le séparatisme, le nationalisme, la manipulation de la conscience de l'opinion publique et l'ingérence directe dans la politique nationale des Etats souverains.

Il convient de faire clairement la distinction entre la liberté d'expression et l'activité politique normale, d’une part, et l'utilisation des outils illégitimes de puissance douce de l’autre. On ne peut que saluer le travail civilisé des organisations humanitaires et caritatives non gouvernementales. Y compris par leurs critiques actives des autorités en place. Cependant, les activités des "pseudo-ONG" et d'autres organismes ayant pour but de déstabiliser, avec le soutien étranger, la situation dans tel ou tel pays, sont inacceptables.

Je veux parler des cas où l'activité d'une organisation non gouvernementale n'était pas motivée par les intérêts (et les ressources) des groupes sociaux locaux, mais était financée et entretenue par des forces extérieures. A l'heure actuelle, il existe dans le monde de nombreux "agents d'influence" des grandes puissances, des alliances et des corporations. Lorsqu'ils agissent ouvertement, il s’agit simplement d'une des formes de lobbyisme civilisé. La Russie dispose également de telles institutions – l'agence fédérale Rossotroudnitchestvo, la fondation Rousski mir (Monde russe), ainsi que nos principales universités, qui élargissent la recherche d'étudiants talentueux à l'étranger.

Mais la Russie n'utilise pas les ONG nationales d'autres pays et ne finance pas ces ONG et les organisations politiques étrangères afin de promouvoir ses propres intérêts. La Chine, l'Inde et le Brésil ne le font pas non plus. Selon nous, l'influence sur la politique nationale et sur l'opinion publique dans d'autres pays doit être exclusivement ouverte. De cette façon, les acteurs agiront de manière la plus responsable possible.

 

Les nouveaux défis et menaces

L'Iran se trouve actuellement sous les feux des projecteurs. Evidemment, la Russie est préoccupée par la menace croissante du lancement d'une opération militaire contre ce pays. Si cela se produisait, les conséquences seraient vraiment désastreuses. Il est impossible d'imaginer leur véritable ampleur.

Je suis convaincu que ce problème doit être réglé uniquement de manière pacifique. Nous proposons de reconnaître le droit de l'Iran de développer son programme nucléaire civil, y compris le droit de produire de l'uranium enrichi. Mais il faut le faire moyennant le placement de toute l'activité nucléaire iranienne sous le contrôle minutieux et fiable de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Si cela fonctionne, on pourra lever toutes les sanctions contre l'Iran, y compris unilatérales. L'Occident s'est laissé emporter par sa tendance à vouloir châtier certains pays. À la moindre contrariété, il engage des sanctions, voire lance une opération militaire. Je voudrais rappeler que nous ne sommes plus au XIXe ou même au XXe siècle.

La situation autour du problème nucléaire nord-coréen est tout aussi sérieuse. En faisant une entorse au régime de non prolifération, Pyongyang exige ouvertement le droit de disposer du nucléaire militaire et a déjà réalisé deux essais nucléaires. Le statut nucléaire de la Corée du Nord est inacceptable pour nous. Nous sommes toujours en faveur de la dénucléarisation de la péninsule coréenne, par des moyens exclusivement politiques et diplomatiques, et nous appelons au rétablissement des négociations à six.

Cependant, de toute évidence, tous nos partenaires ne partagent pas cette approche. Je suis convaincu qu'il faut être particulièrement prudent à l'heure actuelle. Les tentatives pour tester la résistance du nouveau dirigeant nord-coréen, ce qui provoquerait des contre-mesures irréfléchies, sont inadmissibles.

Rappelons que la Russie et la Corée du Nord ont une frontière commune, et, comme nous le savons, on ne choisit pas ses voisins. Nous poursuivrons un dialogue actif avec le gouvernement de ce pays et le développement des relations conviviales, tout en incitant Pyongyang à régler le problème nucléaire. Ce serait évidemment plus facile si l'atmosphère de confiance mutuelle se renforçait sur la péninsule et si le dialogue inter-coréen se rétablissait.

Dans le contexte des passions déchaînées par les programmes nucléaires de l'Iran et de la Corée du Nord, on commence à réfléchir inévitablement à la manière dont les risques de prolifération de l'armement nucléaire apparaissent, et qui les renforce. On a l'impression que les cas devenus plus fréquents d'ingérence étrangère, brutale et même armée, dans les affaires nationales d'un pays, peuvent inciter tels ou tels régimes autoritaires (et pas seulement) à se doter de l'arme nucléaire. En pensant que la possession de cette arme les protégerait. Et ceux qui ne la possèdent pas n'ont qu'à attendre une "intervention humanitaire."

Que cela nous plaise ou non, l'ingérence étrangère pousse effectivement vers une telle manière de penser. Et c'est la raison pour laquelle le nombre de pays où les technologies nucléaires militaires sont "à portée de main" ne diminue pas, mais augmente. Dans ces conditions, l'importance des zones affranchies d'armes de destruction massive et créées dans différentes parties de la planète s’accroît. A l'initiative de la Russie, une discussion sur les paramètres d'une telle zone au Moyen-Orient a commencé.

Il faut tout faire pour que personne ne soit tenté d'obtenir une arme nucléaire. A cet effet, les combattants de la non prolifération doivent changer eux-mêmes, notamment ceux qui se sont habitués à punir d'autres pays par la force militaire au mépris de la diplomatie. C'était, par exemple, le cas en Irak, dont les problèmes n'ont fait que s'aggraver après une occupation de près de dix ans.

Si on parvenait enfin à éradiquer les motivations qui poussent les Etats à posséder une arme nucléaire, on pourrait alors rendre le régime international de non prolifération véritablement universel et solide grâce aux traités en vigueur. Un tel régime permettrait à tous les pays intéressés de profiter pleinement du nucléaire pacifique sous le contrôle de l'AIEA.

Cela serait très bénéfique pour la Russie, car nous travaillons activement sur les marchés internationaux, nous construisons de nouvelles centrales nucléaires avec des technologies modernes et sûres, et nous participons à la création de centres internationaux d'enrichissement d'uranium et de banques de combustible nucléaire.

L'avenir de l'Afghanistan est également préoccupant. Nous avons soutenu l'opération militaire destinée à apporter une aide internationale à ce pays. Mais le contingent militaire international sous l'égide de l'Otan n'a pas rempli la mission assignée. Le danger terroriste et la narcomenace émanant d’Afghanistan demeurent. En annonçant le retrait de leurs troupes de ce pays en 2014, les Etats-Unis créent dans ce pays et les pays voisins des bases militaires sans aucun mandat, sans objectif et délais clairs de leur activité. Bien sûr, cela ne nous convient pas.

La Russie a des intérêts évidents en Afghanistan. Et ces intérêts sont parfaitement légitimes. L'Afghanistan est notre voisin proche, et il est dans notre intérêt que ce pays se développe de manière stable et pacifique. Et surtout qu'il cesse d'être la principale source de la narcomenace. Le trafic de stupéfiants est devenu l'une des principales menaces, il sape le fond génétique des nations tout entières, crée un milieu prospère pour la corruption et le crime et conduit à la déstabilisation de la situation en Afghanistan même. Il est à noter que non seulement la production de stupéfiants afghans ne se réduit pas, mais l'année dernière, elle a augmenté de près de 40%. La Russie est la cible d'une véritable agression de l'héroïne, qui inflige un immense préjudice à la santé de nos concitoyens.

Etant donné l'ampleur de la menace émanant de la drogue afghane, il n'est possible de lutter qu'en s'unissant, en s'appuyant sur l'ONU et les organisations régionales – l'OTSC (Organisation du traité de sécurité collective), l'OCS (Organisation de coopération de Shanghai) et la CEI (Communauté des États indépendants). Nous sommes prêts à envisager une augmentation significative de la participation de la Russie à l'opération d'aide au peuple afghan. Mais à condition que le contingent international en Afghanistan agisse de manière plus énergique dans notre intérêt également, qu'il s'attelle à la destruction physique des plantations de drogue et des laboratoires clandestins.

Les opérations antidrogue intensifiées en Afghanistan doivent s’accompagner du démantèlement des filières de transport des opiacés sur les marchés extérieurs, de la suppression des flux financiers sponsorisant le trafic de stupéfiants, ainsi que du blocage des fournitures des produits chimiques utilisés pour la fabrication de l'héroïne. L'objectif consiste à mettre en place dans la région un système complexe de sécurité antidrogue. La Russie contribuera réellement à l'unification efficace des efforts de la communauté internationale afin de parvenir à un changement radical dans la lutte contre la narcomenace mondiale.

Il est difficile de faire des pronostics sur l'évolution de la situation en Afghanistan. L'histoire nous enseigne que la présence militaire étrangère ne lui a pas apporté la paix. Seuls les Afghans sont capables de régler leurs propres problèmes. Selon moi, le rôle de la Russie consiste à aider le peuple afghan à créer une économie stable et à améliorer la capacité des forces armées nationales de lutter contre la menace du terrorisme et du trafic de drogue, avec la participation active des pays voisins. Nous ne sommes pas opposés à ce que l'opposition armée, y compris les talibans, se joigne au processus de réconciliation nationale, à condition qu'elle renonce à la violence, reconnaisse la constitution du pays et rompe ses liens avec Al-Qaïda et d'autres organisations terroristes. En principe, j'estime que l'établissement d'un Etat afghan pacifique, stable, indépendant et neutre est tout à fait réalisable.

L'instabilité ancrée pendant des années et des décennies constitue un terreau fertile pour le terrorisme international. Tout le monde reconnaît qu’il s’agit d’un des plus dangereux défis pour la communauté internationale. Je voudrais souligner que les zones de crise qui engendrent les menaces terroristes se trouvent à proximité des frontières russes, bien plus que de nos partenaires européens ou américains. Les Nations Unies ont adopté la Stratégie antiterroriste mondiale, mais on a l'impression que la lutte contre ce mal n'est toujours pas menée selon un plan universel commun et de manière cohérente, mais dans un régime de réaction aux manifestations les plus aiguës et les plus barbares de la terreur, lorsque l'indignation publique des actions provocantes des terroristes est au plus haut degré. Le monde civilisé ne doit pas attendre qu'une autre tragédie similaire à celle du 11 septembre 2001 à New York ou de l'école de Beslan se produise pour commencer à agir de manière collective et déterminée.

Toutefois, je suis loin de vouloir nier les résultats obtenus dans la lutte contre le terrorisme international. Ils sont bien tangibles. Ces dernières années, la coopération entre les services de renseignement et les forces de l'ordre de divers pays s'est nettement renforcée. Mais les réserves dans la coopération antiterroriste sont évidentes. Que peut-on dire si jusqu'à présent, des doubles standards demeurent encore, et qu’en fonction du pays, on perçoit les terroristes différemment, en les considérant comme "mauvais" ou "pas trop mauvais." Certains n'hésitent pas à utiliser ces derniers dans leur jeu politique, par exemple pour déstabiliser des régimes indésirables.

Je dirais également que toutes les institutions de la société – les médias, les associations religieuses, les ONG, le système d'éducation, la science et les entreprises, doivent être pleinement utilisées dans la prévention du terrorisme. On a besoin d'un dialogue interconfessionnel et, dans un sens plus large, intercivilisationnel. La Russie est un pays multiconfessionnel et nous n'avons jamais connu de guerres religieuses. Nous pourrions apporter notre contribution à la discussion internationale sur ce sujet.

L’Asie-Pacifique acquiert une nouvelle dimension

La Chine, centre crucial de l’économie mondiale, est un voisin de la Russie. Les délibérations sur son futur rôle dans l’économie mondiale et les affaires internationales sont désormais à la mode. L’année dernière, la Chine s’est hissée au deuxième rang dans le monde en termes de PIB, et à court terme, selon les experts internationaux, notamment américains, elle dépassera les Etats-Unis pour cet indice. La puissance globale de la République populaire de Chine augmente également, y compris son aptitude à projeter ses forces dans diverses régions.

Quelle attitude la Russie doit-elle adopter dans le contexte du facteur chinois qui prend rapidement de l’ampleur?

Premièrement, je suis persuadé que la croissance de l’économie chinoise n’est pas une menace mais un défi qui comporte un potentiel colossal de coopération dans le domaine des affaires, ainsi qu’une chance de gonfler les "voiles" de l’économie russe avec le "vent chinois." La Russie devrait établir plus activement des liens de coopération en conjuguant les potentiels technologique et industriel des deux pays et en mettant à profit, certes de manière intelligente, le potentiel chinois, aux fins de relance économique de la Sibérie et de l’Extrême-Orient russes.

Deuxièmement, la politique de la Chine sur l’échiquier mondial n’offre aucun prétexte à accuser Pékin de chercher à dominer la planète. La voix de la Chine est, en effet, de plus en plus audible dans le monde, et la Russie s’en réjouit, car Pékin partage la vision russe de l’ordre mondial équilibré actuellement en gestation. Les deux pays continueront à s’assister mutuellement dans l’arène internationale en réglant conjointement les problèmes aigus à l’échelle régionale et mondiale et en renforçant la coopération au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies, du groupe BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), du G20, et d’autres organismes multilatéraux.

Enfin, troisièmement, la Russie a réglé tous les problèmes politiques cruciaux dans ses relations avec la Chine, dont le plus important est le litige frontalier. Un mécanisme solide et étayé par des documents juridiquement contraignants a été mis en place dans les relations bilatérales. Les deux gouvernements ont atteint un niveau de confiance sans précédent dans leurs rapports. Cela permet à la Russie et à la Chine d’agir dans un esprit de partenariat authentique basé sur le pragmatisme et la prise en compte des intérêts mutuels. L’actuel modèle des relations sino-russes paraît extrêmement prometteur.

Ceci dit, les relations entre la Russie et la Chine ne sont certainement pas dépourvues de problèmes. Des frictions surviennent de temps en temps. Les intérêts commerciaux des deux Etats dans les pays tiers ne coïncident pas toujours, la Russie n’étant pas entièrement satisfaite par la structure des échanges commerciaux et par le niveau peu élevé des investissements mutuels. La Russie se prépare à surveiller de près les flux migratoires en provenance de Chine.

Toutefois, mon idée clé est la suivante: la Russie a besoin d’une Chine prospère et stable, et je suis persuadé que la Chine, à son tour, a besoin d’une Russie forte et florissante.

Un autre géant asiatique, à savoir l’Inde, fait également preuve d’une croissance rapide. La Russie et l’Inde sont traditionnellement liées par les relations d’amitié et les deux gouvernements les qualifient de partenariat stratégique privilégié. Son reforcement sera bénéfique aussi bien à nos deux pays qu’au système polycentrique tout entier en gestation dans le monde.

Nous assistons non seulement à la croissance de la Chine et de l’Inde, mais à l’augmentation du rôle de la région Asie-Pacifique tout entière. Dans ce contexte, de nouvelles perspectives de travail fructueux s’offrent dans le cadre de la présidence russe au sein de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC). En septembre 2012, la Russie accueillera le sommet de l’APEC à Vladivostok, où elle y met rapidement en place des infrastructures modernes, ce qui contribuera au développement de la Sibérie et de l’Extrême-Orient russes et permettra à la Russie de rejoindre les processus dynamiques d’intégration au sein de la "nouvelle Asie."

La Russie attache actuellement et continuera à attacher à l’avenir une importance prioritaire aux relations avec ses partenaires du groupe BRICS. Cette structure inédite créée en 2006 est la démonstration la plus spectaculaire du passage d’un monde unipolaire à un ordre mondial plus équilibré. Le groupe réunit cinq pays dont la population s’élève à près de trois milliards de personnes, et qui sont dotés des plus importantes économies émergentes, de gigantesques ressources naturelles et de main-d’oeuvre, ainsi que de marchés intérieurs colossaux. Après l’adhésion de l’Afrique du Sud, le groupe BRICS a acquis une dimension réellement mondiale, et il génère déjà plus de 25% du PIB de la planète.

Les pays membres du groupe sont en train de s’habituer à travailler ensemble au sein de cette structure et de s’adapter les uns aux autres. Il s’agit, notamment, de mettre en place une meilleure coordination en matière de politique internationale et de coopérer plus étroitement au sein de l’ONU. Toutefois, après avoir atteint sa vitesse de croisière, le BRICS, fort de ses cinq membres, exercera une influence extrêmement perceptible sur l’économie et la politique mondiales.

Ces dernières années, la diplomatie et le milieu des affaires russes ont commencé à attacher une plus grande importance au développement de la coopération avec les pays asiatiques, latino-américains et africains. Dans ces régions, la Russie bénéficie toujours d’une sympathie sincère. J’estime que l’un des objectifs de la prochaine période sera l’intensification de la coopération commerciale et économique entre la Russie et ces pays, ainsi que la mise en oeuvre de projets conjoints dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, des investissements, des sciences et technologies, des banques et du tourisme.

Le rôle croissant des régions susmentionnées dans le système démocratique de gestion de l’économie et des finances mondiales se reflète dans l’activité du G20. J’estime que ce groupe deviendra prochainement un instrument stratégiquement important, non seulement de gestion en période de crise, mais également de réformes à long terme de l’architecture financière et économique de la planète. La Russie présidera le G20 en 2013. Certes, le pays devrait profiter de sa présidence pour améliorer, entre autres, l’interaction entre le G20 et d’autres structures multilatérales, notamment avec le G8 et bien sûr l’ONU.

Le facteur européen

La Russie est une partie intégrante et organique de la Grande Europe, de la civilisation européenne au sens large du terme. Les citoyens russes se considèrent comme des Européens. Nous sommes loin d’être indifférents face à l’évolution de l’Union européenne.

C’est la raison pour laquelle la Russie initie la transformation de l’espace entre les océans Atlantique et Pacifique en une entité économique et humanitaire unifiée que les experts russes qualifient d’Union de l’Europe et qui renforcera davantage les moyens et les positions de la Russie dans le cadre de son revirement économique vers l’"Asie nouvelle."

Dans le contexte de l’essor de la Chine, de l’Inde et d’autres économies émergentes, les chocs financiers et économiques qui secouent l’Europe, auparavant oasis de stabilité et d’ordre, ne nous indiffèrent pas. La crise de la zone euro concerne forcément la Russie, étant donné avant tout que l’Union européenne est le plus grand partenaire économique et commercial de notre pays. Il est évident que la situation en Europe est largement déterminante pour les perspectives de développement du système économique mondial tout entier.

La Russie a activement rejoint les mesures internationales visant à soutenir les économies européennes en difficulté, elle participe constamment à la prise de décisions collectives au sein du Fonds monétaire international (FMI). La Russie n’exclut pas en principe la possibilité d’offrir, dans certains cas, une aide financière directe.

Néanmoins, j’estime que les injections financières en provenance de l’étranger ne peuvent constituer qu’une solution partielle. Le règlement intégral du problème nécessite des mesures énergiques systémiques. Les dirigeants européens sont confrontés à la nécessité de mettre en œuvre des réformes d’envergure visant à remanier foncièrement plusieurs mécanismes financiers et économiques destinés à assurer une véritable discipline budgétaire. La Russie a intérêt à avoir affaire à une Union européenne forte, correspondant à la vision de l’Allemagne et de la France, car nous souhaiterions concrétiser le puissant potentiel de partenariat entre la Russie et l’UE.

L’interaction actuelle de la Russie avec l’Union européenne n’est tout de même pas à la hauteur des défis mondiaux, avant tout sur le plan du renforcement de la compétitivité de notre continent commun. Je suggère de nouveau qu’un effort soit fait afin de créer une communauté harmonieuse d’économies entre Lisbonne et Vladivostok. Et à terme, il s’agit de créer une zone de libre-échange, voire des mécanismes encore plus sophistiqués d’intégration économique. Cela nous permettrait de bénéficier d’un marché commun continental se chiffrant à plusieurs milliers de milliards d’euros. Se trouve-t-il des gens pour douter que ce serait une excellente idée et que cela correspondrait aux intérêts des Russes et des Européens?

Une coopération plus étroite dans le secteur de l’énergie, allant jusqu’à la création d’un complexe énergétique unifié de l’Europe, est un autre sujet de réflexion. Les étapes importantes visant à atteindre cet objectif sont la construction des gazoducs Nord Stream via la mer Baltique et South Stream via la mer Noire. Les deux projets ont bénéficié du soutien de plusieurs gouvernements, et les plus importantes sociétés énergétiques européennes y participent. Après la mise intégrale en exploitation de ces gazoducs, l’Europe disposera d’un système d’approvisionnement en gaz fiable et flexible et indépendant des caprices politiques de qui que ce soit. Ce sera une contribution réelle et non pas factice à la sécurité énergétique du continent. Or, ce problème revêt une importance particulière étant donné la décision de certains pays européens de réduire ou de renoncer totalement à l’énergie nucléaire.

Force m’est de déclarer franchement que le Troisième paquet énergie, dont la Commission européenne a assuré le lobbying et qui vise à évincer du marché les entreprises russes intégrées, ne contribue pas au renforcement de nos relations. Qui plus est, étant donné la déstabilisation accrue des fournisseurs d’hydrocarbures autres que la Russie, il exacerbe les risques systémiques menaçant le secteur énergétique européen et constitue un obstacle aux investissements potentiels dans de nouveaux projets d’infrastructure. En s’entretenant avec moi, de nombreux politiques européens se montrent critiques envers le paquet. Il s’agit d’avoir le courage d’éliminer cet obstacle de la voie de notre coopération mutuellement avantageuse.

J’estime qu’un partenariat authentique entre la Russie et l’Union européenne est impossible sans l’abolition des barrières qui entravent les contacts humains et économiques, avant tout du régime des visas. L’introduction d’un régime sans visas donnerait une puissante impulsion à une véritable intégration de la Russie et de l’Union européenne, elle permettrait d’élargir les contacts culturels et d’affaires, avant tout entre les petites et moyennes entreprises. La menace pour l’Europe de l’afflux des prétendus immigrés économiques en provenance de Russie, relève largement de l'imagination. Les Russes ont l’occasion d’exploiter leur savoir-faire professionel dans leur patrie, et l’éventail de ces possibilités ne fait que s’élargir.

En décembre 2011, la Russie a concerté avec l’Union européenne des mesures conjointes visant à établir un régime sans visas. Elles peuvent et doivent être appliquées sans tergiverser. Mon intention est de continuer à me consacrer à ce problème de la manière la plus active.

Les relations russo-américaines

Ces dernières années, un grand effort a été réalisé afin de développer les relations entre la Russie et les Etats-Unis. Toutefois, la matrice de ces relations n’a pas toujours pas été radicalement transformée et elles continuent de connaître des hauts et des bas. Une telle instabilité dans le partenariat entre la Russie et les Etats-Unis est due, en partie, à la pérennité de certains stéréotypes et phobies. La façon dont la Russie est perçue par le Congrès américain est particulièrement révélatrice. Toutefois, le problème crucial réside dans le fait que le dialogue et la coopération bilatéraux ne s’appuient pas sur une base économique solide. Les échanges commerciaux sont loin d’être à la hauteur du potentiel des économies russes et américaines. Il en est de même pour les investissements bilatéraux. Ainsi la toile protectrice qui éviterait à nos relations des oscillations conjoncturelles n’a toujours pas été tissée. Il s’agit de la créer.

La compréhension mutuelle entre les deux pays ne s’améliore pas non plus étant donné les efforts réguliers des Etats-Unis pour procéder à une "ingénierie politique", notamment dans des régions traditionnellement importantes pour la Russie et également au cours des campagnes électorales russes.

Je répète que l’initiative américaine de créer l’ABM européen suscite notre préoccupation tout à fait légitime. Pourquoi la Russie est-elle plus alarmée que les autres pays? Le fait est que l’ABM européen impacte les forces stratégiques de dissuasion nucléaire dont seule la Russie dispose dans ce théâtre, ce qui compromet l’équilibre militaire et politique peaufinée pendant des décennies.

Le lien indissoluble entre l’ABM et les armes stratégiques offensives est consacré par le nouveau traité de réduction des armes nucléaires START signé en 2010. Le traité est entré en vigueur et il se montre efficace. C'est un résultat crucial en matière de politique internationale. La Russie est prête à examiner divers éléments susceptibles de constituer l’agenda russo-américain en matière de contrôle des armes pour la prochaine période. La règle immuable dans ce domaine est le respect du rapport de forces et l’abandon des tentatives d’utiliser les pourparlers afin de s’assurer des avantages unilatéraux.

Qu’il me soit permis de rappeler que dès 2007 j’ai proposé au président George W. Bush à Kennebunkport de régler le problème de l’ABM. Si elle avait été adoptée, mon initiative aurait modifié la nature traditionnelle des relations russo-américaines et aurait imprimé une impulsion positive au processus. Qui plus est, en réalisant à l’époque un progrès dans le domaine de l’ABM, nous aurions littéralement ouvert la voie à la création d’un modèle foncièrement nouveau de coopération, proche d’une alliance, notamment dans plusieurs autres domaines sensibles.

Cela ne s’est pas produit. Il serait certainement utile de réexaminer l’enregistrement des pourparlers à Kennebunkport. Ces dernières années, le gouvernement russe a également avancé d’autres initiatives visant à trouver un terrain d’entente dans le domaine de l’ABM. Toutes ces propositions restent en vigueur.

Quoi qu’il en soit, nous ne voudrions pas mettre une croix sur la recherche de compromis dans le règlement du problème de l’ABM. Nous souhaiterions éviter que le système américain soit déployé à une telle échelle que cela rendrait nécessaire la mise en œuvre des mesures de rétorsion que la Russie a rendues publiques.

Récemment, j’ai eu un entretien avec M. Kissinger. Nous nous voyons régulièrement. Et je partage entièrement l’opinion de ce véritable professionnel, selon lequel une coopération étroite et empreinte de confiance entre Moscou et Washington est particulièrement requise au moment où le monde traverse des périodes turbulentes.

Globalement, la Russie était prête à fournir un effort réellement important afin de développer ses relations avec les Etats-Unis et de réaliser un progrès qualitatif, à condition toutefois que les Américains appliquent dans la pratique le principe du partenariat équitable et mutuellement respectueux.

La diplomatie économique

En décembre 2011, la Russie a adhéré à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au terme d’une épopée longue de plusieurs années. J’aimerais faire remarquer qu’à l’étape finale de ce processus, l’administration de Barack Obama et les dirigeants de plusieurs puissances européennes ont apporté une contribution active à la finalisation des accords.

En toute honnêteté, ce processus long et ardu nous a souvent donné envie de "claquer la porte" et de tout abandonner. Toutefois, la Russie n’a pas cédé aux émotions. Au final, notre pays a obtenu des compromis avantageux: les intérêts des producteurs industriels et agricoles russes ont été respectés dans l'attente d’une compétition accrue de la part des entreprises étrangères. Les acteurs économiques russes bénéficieront de nouvelles possibilités considérables pour accéder au marché mondial et pouvoir y protéger leurs droits de manière civilisée. Pour moi, c’est cela qui constitue le principal résultat et non pas le fait symbolique de l’adhésion de la Russie au "club" mondial du commerce.

La Russie respectera les normes de l’OMC, au même titre que tous ses autres engagements internationaux. Je compte sur un respect similaire des règles du jeu de la part de nos partenaires. Qu’il me soit permis de faire remarquer en passant que nous avons déjà intégré les principes de l’OMC sur la base juridique de l’Espace économique commun regroupant la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan.

En analysant notre façon de promouvoir les intérêts économiques russes sur l’échiquier mondial, on se rend compte que nous en sommes encore à l’étape de l’apprentissage pour le faire de manière systémique et cohérente. Contrairement à nos divers partenaires occidentaux, nous ne possédons pas encore la technique pour promouvoir correctement les mesures profitables aux entreprises russes sur les plateformes où s’effectuent les échanges commerciaux internationaux.

Or, il nous incombe la tâche de résoudre des problèmes cruciaux dans ce domaine en tenant compte du fait que le développement innovateur revêt une importance prioritaire pour la Russie. Il s’agit de garantir à la Russie des positions équitables dans le système actuel des relations économiques mondiales et de réduire au minimum les risques inhérents à l’intégration du pays à l’économie mondiale, notamment dans le contexte de l’adhésion mentionnée à l’OMC et de l’adhésion imminente de la Russie à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

La condition sine qua non est un accès plus libre et non-discriminatoire de la Russie aux marchés extérieurs. Actuellement on ne prend pas de gants à l’étranger avec les acteurs économiques russes. Ils sont confrontés à des mesures restrictives de nature commerciale et politique, on érige des barrières qui désavantagent les entreprises russes dans la concurrence.

Il en est de même en ce qui concerne les investissements. La Russie cherche à attirer des capitaux étrangers dans son économie en leur ouvrant les secteurs les plus intéressants et en leur offrant de véritables "morceaux de choix", notamment dans le secteur de l’énergie et des hydrocarbures. Or, les investisseurs russes ne sont pas choyés à l’étranger, voire sont souvent ostensiblement repoussés.

Les exemples sont légion. Il suffit de rappeler l’histoire de l’allemand Opel que les investisseurs russes n’ont finalement pas pu acquérir, même en dépit de l’approbation de la transaction par le gouvernement de la République fédérale d’Allemagne et de la réaction positive des syndicats allemands. Il y a également des cas scandaleux où les entreprises russes se voient refuser la jouissance des droits d’investisseur après avoir investi des sommes considérables dans des actifs à l’étranger. Ces exemples sont particulièrement fréquents en Europe centrale et de l’Est.

Tout cela nous inspire l’idée de la nécessité de renforcer l’accompagnement politique et diplomatique des entreprises russes sur les marchés extérieurs et d’accorder un soutien plus massif à nos projets d’envergure et revêtant une importance symbolique. Il ne faut pas non plus oublier que face à la concurrence déloyale, la Russie est à même de réagir de manière similaire.

Le gouvernement et les associations des milieux d’affaires russes devraient coordonner plus précisément leurs efforts dans l’arène internationale, mieux promouvoir les intérêts des entreprises russes et les assister dans l'implantation sur de nouveaux marchés.

J’aimerais également attirer l’attention sur un fait important qui détermine largement le rôle et la place de la Russie dans le rapport de forces politiques et économiques actuel et futur au niveau international. Il s’agit du territoire immense de notre pays. Il ne correspond certes plus à un sixième des terres émergées, néanmoins la Fédération de Russie reste l’Etat le plus étendu et doté de ressources richissimes sans égales au monde. Je ne parle pas seulement du pétrole et du gaz mais également des forêts, des terres agricoles et des réserves d’eau douce pure.

Autrement dit, le territoire russe est la source de la force potentielle de la Russie. Auparavant, l’étendue immense du territoire russe assurait principalement la protection de la Russie contre les invasions étrangères. Aujourd’hui, en appliquant une stratégie économique judicieuse, elle pourrait devenir la base cruciale pour augmenter la compétitivité du pays.

J’aimerais évoquer notamment la pénurie d’eau douce qui s’aggrave rapidement dans le monde. On peut prévoir à court terme le déclenchement d’une compétition géopolitique pour les ressources aquatiques et pour la possibilité de fabriquer des produits nécessitant une grande consommation d’eau. La Russie obtient ainsi un atout majeur. Or, elle est consciente de la nécessité de gérer cette richesse avec parcimonie et en faisant des calculs stratégiques.

Le soutien aux Russes de l’étranger et la culture russe dans le contexte international

Le respect de sa patrie est notamment conditionné par l’aptitude de cette dernière à protéger ses citoyens et les personnes appartenant à la même ethnie à l’étranger. Il est important de ne jamais oublier les intérêts des millions de Russes vivant à l’étranger ou se rendant dans d’autres pays en congé ou en mission. Je voudrais souligner que le ministère russe des Affaires étrangères, ainsi que toutes les missions diplomatiques et consulaires sont tenues de fournir une aide et une assistance réelle aux Russes 24 heures sur 24. Les diplomates doivent réagir immédiatement, sans attendre que les médias ne tirent la sonnette d'alarme, aux collisions survenant entre nos citoyens et les autorités locales, ainsi qu’aux incidents et aux accidents de transport.

Nous agirons avec la plus grande détermination afin d’obtenir que les gouvernements letton et estonien mettent en œuvre les nombreuses recommandations des plus importantes organisations internationales relatives au respect des droits généralement reconnus des minorités ethniques. L’infâme statut de "non-citoyen" est inacceptable. Comment peut-on d’ailleurs accepter le fait qu’un Letton sur six et un Estonien sur treize soient des "non-citoyens" dépourvus des droits politiques, électoraux, sociaux et politiques fondamentaux, ainsi que de la possibilité d’utiliser librement la langue russe.

Prenons à titre d’exemple le référendum qui s’est tenu tout récemment en Lettonie et portant sur le statut de la langue russe. Il a de nouveau clairement montré à la communauté mondiale l’acuité du problème. Le fait est que plus de 300.000 "non-citoyens" se sont de nouveau vu refuser le droit de participer au vote. Et le refus de la Commission électorale centrale de Lettonie d’accorder à la Chambre sociale russe le statut d’observateur au référendum est absolument révoltant. Or, les organisations internationales chargées de faire respecter les normes démocratiques généralement reconnues semblent se murer dans leur silence.

Globalement, la façon dont la problématique relative aux droits de l’homme est exploitée dans le contexte des relations internationales est peu susceptible de satisfaire la Russie. Premièrement, les Etats-Unis et d’autres pays occidentaux cherchent à monopoliser la protection des droits de l’homme, la politiser intégralement et en faire un moyen de pression. Parallèlement, ils ne tolèrent pas les critiques à leur égard et y réagissent d’une manière extrêmement maladive. Deuxièmement, le choix d’objets de monitorage par les défenseurs des droits de l’homme est sélectif. Au lieu d’appliquer des critères universels, les Etats qui ont "privatisé" ce dossier, agissent à leur guise.

La Russie se sent victime de la partialité, du parti pris et de l’agressivité des critiques malintentionnées dont elle est l’objet et qui dépassent parfois toutes les bornes. Les critiques justifiées des défauts ne peuvent qu’être saluées et donner lieu à des conclusions adéquates. Or, face aux critiques infondées, qui s’abattent vague après vague et visent à impacter systématiquement l’attitude des citoyens des pays en question envers la Russie, ainsi qu’influencer directement la situation politique en Russie, on se rend compte que ces efforts ne sont pas motivés par des principes démocratiques de la plus haute moralité.

Le domaine des droits de l’homme ne doit être monopolisé par personne. La Russie est une jeune démocratie, et elle se montre souvent excessivement modeste en ménageant l’amour-propre de ses partenaires aguerris. Or, la Russie a son mot à dire: nul n’est parfait quant au respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Les démocraties bien établies commettent également des violations sérieuses dans ce domaine, et il ne faut pas les passer sous silence. Certes, il ne s’agit pas d’échanger tout bêtement des accusations insultantes, sachant que tous les partis profitent d’une discussion constructive des problèmes relatifs aux droits de l’homme.

Fin 2011, le ministère russe des Affaires étrangères a publié son premier rapport Sur la situation des droits de l’homme dans certains pays du monde. J’estime que cette activité devrait s'intensifier, notamment afin de contribuer à une coopération plus large et équitable dans la totalité du secteur des problèmes humanitaires et à la promotion des principes fondamentaux de la démocratie et des droits de l’homme.

A ce propos, les faits mentionnés ne sont qu’une partie de l’accompagnement informationnel et propagandiste des activités internationales et diplomatiques de la Russie et de la création d’une image objective de la Russie à l’étranger. Force nous est de reconnaître que nos succès en la matière ne sont pas nombreux. Nous sommes souvent battus sur le terrain informationnel. C’est un problème à part entière et à plusieurs facettes auquel il s’agit de se consacrer sérieusement.

La Russie est l’héritière d’une grande culture reconnue aussi bien en Occident qu’en Orient. Mais nos investissements dans les industries culturelles et dans leur promotion sur le marché mondial restent encore très faibles. La renaissance de l’intérêt mondial envers le domaine culturel et celui des idées qui se traduit par l’implication des sociétés et des économies dans le réseau mondial d’information offre des opportunités supplémentaires à la Russie, dotée de talents confirmés dans la production des valeurs culturelles.

La Russie est non seulement à même de conserver sa culture mais de l’utiliser en tant que facteur puissant de se promouvoir sur les marchés mondiaux. L’espace russophone englobe pratiquement tous les pays de l’ex-URSS et une partie significative de l’Europe de l’Est. Il ne s’agit pas d’un empire mais d’une expansion culturelle. Ce ne sont pas les canons, ni l’importation de régimes politiques mais l’exportation de l’enseignement et de la culture qui contribueront à la création d’un cadre favorable aux produits, aux services et aux idées russes.

La Russie doit renforcer de plusieurs crans sa présence dans le monde en matière d’enseignement et de culture et l’augmenter tout particulièrement dans les pays où une partie de la population parle ou comprend le russe.

Il est nécessaire de discuter sérieusement de la manière la plus efficace d’améliorer la perception objective de la Russie grâce à l’organisation dans notre pays d’importants événements internationaux, à savoir du sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC) en 2012, des sommets du G20 et du G8 en 2013 et 2014, de l’Universiade de 2013 à Kazan, des Jeux olympiques d'hiver de 2014, ainsi que des Coupes du monde de hockey sur glace et de football de 2016 et de 2018.


*     *     *     *     *

La Russie est disposée à continuer d’assurer sa sécurité et de faire respecter ses intérêts nationaux par le biais de sa participation la plus active et la plus constructive à la politique mondiale et au règlement des problèmes mondiaux et régionaux. Notre pays reste ouvert à une coopération sérieuse et mutuellement avantageuse, ainsi qu’au dialogue avec tous ses partenaires étrangers. Nous nous employons à comprendre et à prendre en compte les intérêts de nos partenaires, mais nous les prions de respecter également les nôtres.

 

© Moskovskie Novosti via Ria Novosti pour la traduction .

 

Le monde selon Vladimir Poutine

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Rédigé par DanielB

Publié dans #La Russie dans le monde

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Publié le 26 Février 2012

Plutôt que de se lancer dans des " analyses " , il convient toujours de se référer à un texte de référence . Voici la vision de la Russie dans le monde au travers du regard du Premier-Ministre Russe Vladimir Poutine . Les " analystes " feraient bien de le lire car c'est bien une " feuille de route " de la diplomatie Russe pour les prochaines années qui y est tracé .

 

L'article original de Vladimir Poutine : http://mn.ru/politics/20120227/312306749.html

Le " digest  " de Ria Novosti .

MOSCOU, 27 février - RIA Novosti

A moins d'une semaine de la présidentielle Russe, le journal Moskovskie Novosti a publié un article du premier ministre et candidat au Kremlin Vladimir Poutine, intitulé "La Russie et le monde changeant" et consacré à la politique étrangère et à la situation internationale.

 

Dans ce texte, le premier ministre souligne que les objectifs de la politique étrangère Russe revêtent un caractère stratégique et traduisent le caractère unique qu'occupe le pays sur l'arène internationale. Par ailleurs, il insiste sur le fait que la Russie continuera à mener une politique étrangère indépendante.

 

LES ETATS-UNIS ET L'OTAN SAPENT LA CONFIANCE

Vladimir Poutine a critiqué le recours injustifié à la force armée, une tendance qui, selon lui, exacerbe les partenaires occidentaux de la Russie tout en mettant en relief la nécessité du respect inconditionnel des normes fondamentales du droit international.

D'après lui, certains aspects de la politique de l'Otan et des Etats-Unis, dont le projet de déploiement d'un bouclier antimissile en Europe de l'Ouest et l'ingérence militaire en Libye, représentent une menace pour la sécurité internationale.

Selon M. Poutine, certains gestes des Etats-Unis et de l'OTAN se basent sur les stéréotypes de "logique de blocs".

PRINTEMPS ARABE

En analysant la situation dans les pays du "printemps arabe", le premier ministre Russe a fustigé l'ingérence de l'Occident dans les affaires intérieures de ces Etats et a mis en garde contre toute tentative de rééditer le scénario libyen en ajoutant que la Russie a toujours prôné le règlement politique de tous les conflits internes.

Il a en outre mis en évidence la tendance au recours à la "puissance douce" dont se servent aujourd'hui certains Etat pour atteindre leurs objectifs - nourrir et inciter l'extrémisme, le séparatisme, le nationalisme et pour manipuler la conscience publique et s'ingérer dans la politique d'Etats souverains.

LA PROLIFERATION NUCLEAIRE ENCOURAGEE PAR L'OCCIDENT

M. Poutine a estimé que l'ingérence étrangère dans les affaires intérieures de pays souverains encourage certains régimes autoritaires à se doter de l'arme nucléaire.

"Les cas d'ingérence flagrante et parfois armée dans les affaires internes de certains pays peuvent inciter des régimes autoritaires à posséder une arme nucléaire", a fait savoir le premier ministre Russe.

Il a en outre rappelé que toute attaque contre l'Iran pourrait avoir des conséquences catastrophiques, et a appelé l'Occident à lever des sanctions, y compris unilatérales, contre Téhéran et à résoudre le problème par des moyens politico-diplomatiques.

LA DROGUE AFGHANE

Le premier ministre a également évoqué dans son article la situation en Afghanistan.

Selon lui, la Russie est préoccupée par les problèmes qui secouent constamment ce pays, notamment le terrorisme et le trafic de drogue. Préoccupé par ce voisinage dangereux, Moscou estime que la Force internationale d'assistance et de sécurité (ISAF) n'a pas entièrement rempli sa mission en Afghanistan et espère que le pays sortira de la crise en s'appuyant sur l'Onu et les organisations régionales, dont l'OTSC (Organisation du traité de sécurité collective), l'OCS (Organisation de coopération de Shanghai) et la CEI (Communauté des États indépendants).

 

RELATIONS RUSSIE-ETATS-UNIS

Vladimir Poutine s'est en outre exprimé sur les relations russo-américaines. Selon le premier ministre, malgré les progrès considérables atteints ces dernières années, comme la signature du traité de réduction des armes stratégiques (START), les relations entre Moscou et Washington restent assez instables. Parmi les raisons de cette instabilité, le chef du gouvernement cite le développement du bouclier anti-missile américain en Europe, et la volonté de Washington d'employer "le génie politique" pour influencer les affaires intérieures de plusieurs pays, dont la Russie.

Cependant, selon le premier ministre, la Russie espère améliorer ses relations avec les Etats-Unis, mais à condition que Washington respecte les principes d'un partenariat équitable et mutuellement respectueux.

RELATIONS RUSSIE-EUROPE

D'après M. Poutine, la Russie et l'Union européenne doivent créer un espace économique et humanitaire commun de l'Atlantique au Pacifique, une communauté que les experts russes ont nommé Union de l'Europe.

"Je propose (…) de créer une communauté économique harmonieuse de Lisbonne à Vladivostok, ce qui permettra dans le futur de former une zone de libre échange et même des mécanismes plus avancés d'intégration. Ainsi, nous pourrons obtenir un marché continental commun d'une valeur total de milliers de milliards d'euros", a-t-il indiqué.

Le premier ministre a toutefois rappelé qu'à présent, les relations entre l'UE et la Russie étaient empoisonnées par le régime des visas. 

 

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Rédigé par DanielB

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Publié le 25 Février 2012

MOSCOU, 25 février - RIA Novosti

Moscou conseille au président Tunisien Moncef al-Marzouki, qui a proposé vendredi la Russie comme terre d'exil pour le président Bachar al-Assad, de parler uniquement au nom de la Tunisie et de proposer des solutions visant à faciliter le règlement pacifique du conflit syrien.

"Le président tunisien devrait formuler des propositions au nom de son propre pays au lieu de lancer des appels adressés à d'autres Etats. Ces propositions devraient être axées sur le règlement pacifique du conflit interne en Syrie", a déclaré samedi aux journalistes une source haut placée au Kremlin.

Lors de la conférence des "amis de la Syrie", qui a eu lieu vendredi à Tunis, M. al-Marzouki a proposé d'accorder l'immunité au président al-Assad et à sa famille, et souligné qu'un "refuge pourrait être offert au leader Syrien en Russie".

  Fichier:Blason Russie 1993.jpg

 

Président tunisien Moncef al-Marzouki

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Rédigé par DanielB

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Publié le 12 Février 2012

Réponse : La Russie et Vladimir Poutine !

 

Alors que le Pape Benoit XVI - on pourraît écrire Benêt XVI - vient de prendre position en faveur des extrémistes Islamistes Syriens [ Lien ] et de la " communauté internationale "  , la Russie demeure comme au XIXéme siècle la seule et unique " protectrice des Chrétiens d'Orient " !

La Papauté et le " Roi de Rome " s'unissent ainsi comme lors de la Guerre de Crimée à la France , l'Angleterre et à la Turquie  pour s'opposer à la Russie . [ Voir la " Lettre sur la question d'Orient " de Lacordaire ] .[ lien vers article ] et [ vers article ]

 

La France « protectrice des Chrétiens d’Orient » n’a d’ailleurs été qu’un aimable mythe. Depuis le XVIe siècle, elle a eu une politique musulmane et non point une politique de protection de communautés religieuses. Cette protection a été un prétexte au XIXe siècle pour augmenter son influence et justifier ses ambitions coloniales sur le Liban et la Syrie, face à sa grande rivale, la Grande Bretagne, devenue puissance navale Méditerranéenne supérieure à celle de la France depuis l’échec de l’expédition de Bonaparte en Egypte. Cette politique donnait en plus un avantage à la France catholique sur l’Angleterre protestante dans leurs rivalités en Méditerranée, le protestantisme n’ayant commencé à se développer au Proche-Orient que vers la fin du XIXe siècle.

Cette rivalité féroce entre ces deux puissances Européennes dans la région a eu d’ailleurs pour conséquence les massacres entre la communauté maronite sous haute influence Française et celle des Druzes sous protection Anglaise et Ottomane au XIXe siècle (1840-1860). De plus, les promesses non tenues des puissances européennes, France et Angleterre en tête, vis-à-vis des Arméniens et des Grecs de l’Empire ottoman ont préparé le terrain aux massacres et déplacements forcés de population par l’armée turque que l’on connaît (1899-1905-1918-1919). [ lien ]

 

Voir aussi cet excellente analyse d'Antoine Sfeir :La France ne défendant plus les chrétiens d’Orient,la Russie a pris le relais

 

  

MOSCOU, 8 février - RIA Novosti

 

Le premier ministre russe Vladimir Poutine s'est engagé mercredi à classer la protection des chrétiens persécutés parmi les priorités de la politique étrangère russe en cas de victoire à la présidentielle 2012.

Lors d'une rencontre entre le chef du gouvernement et les représentants de différentes confessions, un membre du Patriarcat de Moscou a évoqué le problème de la persécution des minorités chrétiennes dans certains pays, notamment, en Irak, en Egypte, au Pakistan et en Inde. Il a exhorté M.Poutine à faire de ce problème l'un des axes de la politique extérieure du pays.

"N'en doutez pas", a répondu le premier ministre avant de souligner l'importance de résolution de ce problème au niveau international.

 

 

La Russie a fait de la chrétienté d'Orient une diplomatie parallèlle.

 

Le premier ministre russe Vladimir Poutine

 

 

 

 

 

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Rédigé par DanielB

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Publié le 8 Février 2012

Rédigé par DanielB

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Publié le 6 Février 2012

Alors que les " analyses " fusent sur les raisons du veto Russe au CS de l'ONU concernant le dossier Syrien , je reprends ici un article publié au ... mois de septembre .

 

Je n'aurais rien à y ajouter sauf la notion de fidélité qui semble aussi jouer dans ce dossier et qu'aucun " expert " ou " analyste " Occidental n'évoque à contrario des analystes Russes[ lien ]  : Les chefs politiques Russes ont une conception des RI à l'opposé de nos chefs politiques qui sous le couvert des " drouâdelôms " pratiquent bien une Realpolitik et Realgeopolitik des plus cyniques . MM. Sadam Hussein , Mouammar Kadhafi et Bachar Al-Hasasd ont été ainsi reçus en grande pompe , ont reçu l'accolade de nos chefs politiques , puis ont été "lâchés" comme des chaussettes sales avant d'être vilipendiés et même laissés au supplice des bourreaux .  

 

Quelle que soit l'issue de la crise Syrienne , les chefs politiques Russes comptent capitaliser sur cette fidélité : A contrario des puissances Occidentales , la Russie va in fine apparaître à travers le monde comme un allié fiable , n'hésitant  pas à sacrifier ses intêrets pour ne pas renier ses alliances .

Lors de leur rencontre en mai 2010 , MM. Medvedev et Bachar Al-Hassad ont conclu entre leurs deux états un partenariat  stratégique au delà de leurs relations personelles .[ lien ]

Ce sont des expressions qui ont encore un sens et qui imposent des obligations , parfois dures , sur les berges de la Moskova . Ce n'est pas de la réthorique comme c'est souvent le cas chez nos chefs politiques , mais une manière d'être et de se comporter sur la scéne internationale , une praxis .

De son côté Vladimir Poutine , ancien résident du KGB en RDA , avait été choqué par la manière dont les chefs du KGB ont " lâché " leurs collègues at alliès de la STASI et des renseignements Est-Allemands à la fin des années 80 . Il a à plusieurs reprises souligné la necessité du respect de la parole donnée et du pacte conclu , fut-il passé avec le " diable ". Ce fut et c'est toujours sa ligne de conduite .

Il est conscient , avec raison , qu'il en va de la crédibilité de celui qui conclut l'alliance et donne la garantie . 

  Ce n'est pas non plus la première fois de son histoire que la Russie et ses chefs politiques se comportent  de cette manière . Signalons ici l'entrée en guerre de l'Empire Russe de Nicolas II contre l'Empire Allemand pour " honorer la parole donnée à la France " . Un exemple qui doit inspirer le " courage géopolitique " de MM. Medvedev , Poutine et Lavrov !

 

Syrie - ONU : La Russie trace ses "rayas"dans le sable du Proche-Orient !

 

Il est toujours difficile de définir les " intérêts vitaux " - core interests - d'un état . Dans le cas de la Russie ceux-ci s'esquissent peu à peu au travers des crises .

En août 2008 , la Russie déclenche une opération militaire en Géorgie après le massacre de populations civiles Ossétes russophiles et russophones par l'armée Géorgienne . C'est la première fois que les chefs politiques Russes marquent ainsi de manière claire la ligne à ne pas franchir , ceci à la suite de prés de 20 ans d'érosion de la sphére d'influence Russe en Eurasie .

 

Sans préjuger du futur , la position actuelle de la diplomatie Russe sur la question d'une résolution à l'ONU concernant la Syrie semble être la deuxième borne destinée à marquer ces " intérêts vitaux "   .

La position Russe sur la résolution 1973 concernant la Libye a été plus que brouillonne : Non utilisation du droit de veto au CS de l'ONU , critique de l'intervention militaire Occidentale , reconnaissance précipitée du CNT [ la Russie aurait pu attendre comme le Brésil la réunion en séance plénière pour ce faire ] et aujourd'hui affairisme mercantile  .

Cette attitude pusilanime de la diplomatie Russe n'était peut-être que la traduction in fine de la position de la Libye dans la sphère des intérêts Russes : Dans la  " zone floue "  ! [ lien ]

Pour la Syrie il semble en aller tout autrement .

Au delà des relations personnelles entre Bachar al-Assad et Dmitri Medvedev , les deux chefs d'état se sont rencontrés en mai 2010 , ce sont les " intérêts vitaux " de la Russie au Proche-Orient qui pouraient expliquer  la position Russe sur le dossier de sanctions à adopter contre la Syrie . Niés par Vladimir Poutine lors de sa dernière visite à Paris , ils existent pourtant : Possibilité d'un stationnement naval en Mediterranée orientale , situation stratégique de la Syrie sur l'isthme entre la Mediterranée et le Golfe Persique , marché pour le complexe militaro-industriel Russe , ...

 

 

Aprés avoir renvoyé M. Juppé à ses études , c'est aujourd'hui David Cameron qui vient de se voir signifier un fin de non recevoir à une condamnation unilatérale de la Syrie et à la mise en place de sanctions . Qu'il le veuille ou non , c'est  l'existence de ces intérêts que doit intégrer M.Valero -  porte-parole et directeur de la communication du Ministère des Affaires Étrangères- au lieu de vibrillonner , de bomber le torse et d'enchaîner es déclarations sur un ton comminatoire  !

 

MOSCOU, 12 septembre - RIA Novosti

La Russie n'est prête à soutenir une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie que si elle est adressée à toutes les parties en conflit, a annoncé lundi le président russe Dmitri Medvedev au terme des négociations avec le premier ministre britannique David Cameron.

Lors d'une conférence de presse, le chef de l'Etat russe a indiqué que la Syrie avait été au centre de son entretien avec le chef du gouvernement britannique, les divergences sur ce sujet  n'ayant pas été surmontées.

 

"Ces divergences ne sont pas dramatiques, mais elles existent. La position russe est que la résolution sur la Syrie doit être sévère, mais en même temps équilibrée et adressée tant aux autorités officielles dirigées par Bachar al-Assad qu'à l'opposition", a déclaré le président russe.

"Ce n'est que dans ce cas que cette résolution aura une chance de réussir", a souligné le chef de l'Etat russe.

Il a ajouté que la résolution ne devait pas impliquer le recours automatique aux sanctions.

"Vu le nombre de sanctions imposées par l'Union européenne et les Etats-Unis, une pression supplémentaire serait absolument inutile", a souligné Dmitri Medvedev

 

 

 

 

 

Dessiner une ligne dans le sable. Une vieille métaphore. Banque d'images - 939846

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Rédigé par DanielB

Publié dans #La Russie dans le monde

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Publié le 30 Janvier 2012

La semaine ne va pas être de tout repos pour l'agité du Quai d'Orsay . Aprés avoir " affronté " le candidat socialiste , M. Juppé va affronter quelqu'un de beaucoup plus coriace :L'ambassadeur Russe au CS de l'ONU !

Notre petit Naboléon monomaque à deux kopecks va essayer , la bave sanguinlolente dégoulinant  sur ses lèvres , d'engager la " communauté internationale " dans une nouvelle guerre d'agression .

Le MAE Russe , M. Serguei Lavrov , a déja clairement fixé la " feuille de route " de ce que sera la réponse Russe à son agitation belliciste :

 

 

 

 

 

" Toute nouvelle initiative de l’Onu ne pourrait justifier l’usage de la force. Nous ne pouvons pas soutenir une proposition qui aboutirait à ce que des sanctions introduites de manière unilatérale, sans aucune consultation avec la Russie, la Chine et d’autres pays des BRICS deviennent rétroactivement une décision du Conseil de sécurité. C’est tout simplement une approche malhonnête et contre-productive "

 

Dimanche, Serguei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a prévenu à l’avance – une nouvelle fois – les Occidentaux, la Ligue arabe et Ban Ki-moon – qui tous doivent se rencontrer à New York mardi 31 janvier autour du « 

plan de paix arabe » mort-né – que leurs manoeuvres anti-syriennes seraient – une nouvelle fois – bloquées au Conseil de sécurité.

Cela va dans le sens de ses intérêts géopolitiques bien compris, cela va aussi dans le sens du respect du droit international et de la réalité des faits.

  

 

Et puis le ministre Russe des Affaires étrangères est revenu sur la suspension de la mission d’observation par la Ligue arabe, décision qui « ne passe pas » à Moscou : « La Russie veut prendre connaissance du rapport de la mission des observateurs arabes sur la Syrie avant de discuter du plan présenté par la Ligue arabe au Conseil de sécurité« . Et il a dit que les déclarations émanant de dirigeants occidentaux sur l’ »inutilité » de cette mission étaient stériles et « irresponsables ». C’est bien vu, même si l’on peut penser qu’un Alain Juppé, par exemple, sait à peu près ce qu’il fait (la politique de l’OTAN en l’occurrence) quand il participe au sabotage de la mission d’observation. Mais Lavrov a raison d’insister sur une plus grande (pas difficile) médiatisation du rapport de la mission al-Dabi, dont les conclusions vont plutôt dans le sens du gouvernement Syrien.

Le chef de la diplomatie russe va d’ailleurs plus loin en accusant, dans un entretien accordé le 29 janvier à la télévision japonaise NHK, certains membres du Conseil de sécurité de s’efforcer de convaincre l’opposition Syrienne ne ne pas engager de dialogue avec le pouvoir, qualifiant cette attitude de « provocation« , qui prouve que les ennemis de la Syrie cherchent à faire de la crise un instrument de la réalisation de leurs intérêts géopolitiques. *

Lavrov a rappelé à NHK que son pays avait soumis un projet de résolution au Conseil de sécurité articulé en trois points :

  • arrêt de la violence d’où qu’elle vienne ;
  • pas d’ingérence étrangère dans la crise syrienne ;
  • ouverture rapide d’un dialogue national sans conditions préalables.

Et Sergueï Lavrov a précisé que le gouvernement russe allait rencontrer « prochainement‘ des représentants de l’opposition syrienne pour les inciter à ouvrir avec Damas ce dialogue.

Bref, la Russie continue de monter une garde vigilante, au Nations-Unies et ailleurs, autour de l’intégrité, de l’indépendance et de la sécurité syriennes.

© Louis Denghien -  Infosyrie - janvier 2012

Article original : http://www.infosyrie.fr/actualite/lavrov-taxe-sans-le-nommer-juppe-dirresponsabilite-et-de-malhonnetete/

 

 * On notera ici la malhonnêteté de certains petits plumitifs comme M.Pierre Avril du Figaro qui dans un article pompeusement précédé du terme " décryptage " tronque la première partie de la déclaration de M.Lavrov sur les " intérêts géopolitiques " . Malhonnêteté associèe à une ignorance crasse des relations Russo-Syriennes qu'il prétend " décrypter  " ainsi que des questions militaires .

Il écrit en effet [ lien ] : " et, tout récemment, a livré au régime d'Assad 36 avions de combat Yak 130 " , or :

1- Le Yak 130 n'est pas sui generis " un avion de combat" mais bien un aéronef d'entrainement avancé .

2- Les Yak 130 ne sont pas " livrés  "puisqu'ils ne sont pas encore construits ! La socièté Irkut attend le premier paiement Syrien pour lancer la production .[ lien vers article ] 

 

 

Sergueï Lavrov ne passera rien aux adversaires de la Syrie, à l'ONU et partout ailleurs

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Rédigé par DanielB

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Publié le 8 Janvier 2012

MOSCOU, 8 janvier - RIA Novosti

Un groupe de navires de guerre de la Marine Russe a accosté la base navale située au port de Tartous (ouest de la Syrie) pour procéder à un réapprovisionnement, a annoncé dimanche un représentant du département de l'Information et de la Presse du ministère Russe de la Défense.

"Le navire anti-sous-marin Admiral-Tchebanenko, le patrouilleur Ladny, le pétrolier Lena sont entrés dans le port de Tartous, tandis que le porte-avions Admiral Kouznetsov et le remorqueur Nikolaï Tchiker sont restés en rade extérieure du port", a indiqué la source.

Le port Syrien de Tartous est la seule et unique base navale de la Russie en Méditerranée. 

Une fois le réapprovisionnement fait, "les bateaux quitteront les eaux territoriales syriennes le 9 janvier pour poursuivre leur mission".

Une source au sein de la Marine a indiqué que cette opération s'inscrivait dans le cadre des manœuvres entamées le 6 décembre dernier et n'avait aucun rapport avec la situation en Syrie.

La Flotte russe de la mer Noire possède une base à Tartous, dans l'ouest de la Syrie.

  

 

L'agence Arabe syrienne d'information (Sana) a qualifié de "signe de solidarité avec le peuple Syrien" l'arrivée de navires de guerre Russes dans le port de Tartous (ouest du pays).

"L'accostage des navires est appelé à rapprocher nos pays et à renforcer les liens d'amitié entre nous", a déclaré un officier Russe, cité par l'agence.

Le gouverneur de Tartous, Imad Naddaf, a hautement apprécié le soutien de la Russie au peuple Syrien

 

 

 

 

 

"Admiral Kouznetsov"

 

 

Admiral-Tchebanenko

 

 

 

 

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Rédigé par DanielB

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