le " nouveau grand jeu "

Publié le 20 Août 2009

Le président Ingouche Yunus-Bek Yevkurov , qui se remet d'un attentat , a accusé les gouvernements Etasuniens , Anglais et Israeliens d'être derrière les attentats qui se produisent dans le Caucase .[ 1 ]
" Je suis à des lieues de penser que ce soient les arabes qui soient responsables de ces attentats . Il y a des forces plus importantes derrière tout ça ...........Nous comprenons qui à intêret à les commettre : Les Etats-Unis , la Grande-Bretagne et aussi Israel "
" L'Ouest va a tout prix essayer d'empêcher la Russie de restaurer la puissance Sovietique" .

Le président de l'Ingouchie Iounous-Bek Evkourov a décidé d'interrompre son cours de réhabilitation dans la région de Moscou et de revenir avant la fin de la semaine dans la république, a annoncé jeudi à RIA Novosti Kaloï Akhilgov, porte-parole du président ingouche.

"Iounous-Bek Evkourov a décidé d'interrompre son cours de réhabilitation et envisage de revenir en Ingouchie dans les jours qui viennent pour reprendre ses fonctions présidentielles", a indiqué M.Akhilgov.

Le président ingouche a été grièvement blessé le 22 juin dernier, lors d'un attentat suicide perpétré sur une route non loin de Nazran à l'aide d'une voiture piégée contenant 70 kilos d'explosif. Suite à ses blessures, M.Evkourov a été transporté dans un hôpital de Moscou où il a été soigné. Par la suite, il a passé un cours de réhabilitation dans un établissement médical aux environs de la capitale russe.


Un autre parlementaire Caucasien , Doukvakha Abdourakhmanov, président du parlement de Tchétchénie, accuse indirectement l'OTAN :

"Qui se tient derrière tous ces attentats? On pourrait mettre en cause l'opposition, citer des noms quelconques que nous ignorons. Sans soutien de l'extérieur de la Fédération de Russie, cela n'aurait pas été possible"
"les actes terroristes s'étaient multipliés et avaient gagné en violence après les exercices de l'OTAN en Transcaucasie, notamment en Géorgie".
[ 2 ]

Toute une série d'attentats retentissants ont été perpétrés ces derniers temps au Caucase du Nord. Fin juillet dernier, il y a eu une tentative d'assassinat contre le président d'Ingouchie Iounous-Bek Evkourov. L'attentat-suicide dans un poste de police à Nazran a fait lundi, d'après le dernier bilan, 20 morts et 138 blessés.[ 3 ]

L'hypothèse de la participation de la " petite démocrassie du Proche Orient " dans la recrudescence des attentats dans le Caucase Russe a déja été évoquée sur ce blogue .
Lors de l'attaque terroriste contre l'école de Beslan , le président Poutine avait parlé d' "attaque géopolitique contre la Russie " et directement accusé des services de renseignements étrangers d'avoir participé à la préparation de l'opération .
Plusieurs émissions de la télévision Russe ont montré comment les services de renseignements Turcs , mais aussi les services de renseignements Français ( impression des passeports " Itchkériens " à l'imprimerie OBERTHUR de Vitré ) et Allemands ( impression de fausse monnaie " Itchkérienne " ) ont à une certaine période ( 2000- 2003 ) soutenu le terrorisme séparatiste Caucasien .
Selon ces émissions , citant les Sr Russes , le 27 eme BCA aurait participé à la formation et à l'aguerissement en haute montagne de " djeunes " issus de la cité d'Echirolles ( 38 ) qui se destinaient à la " lutte de liberation nationale dans le Caucase . " Leur entrainement s'est essentiellement déroulé dans la vallére de la Romanche et dans l'Oisans qui ont une topographie comparable au Caucase .
Iounous-Bek Evkourov a commandé le bataillon de RUSBAT qui s'est emparré de l'aeroport de Pristina à la fin de l'agression de l'OTAN contre la Serbie faisant pester celui qui alalit devenir notre sinistre des affaires étrangères , le bon docteur Kouchner , " Maintenant , on a les Russes sur les rivages de l'Adriatique! " .
Il agissait alors sous les ordres du Général Leonid Ivashov .



Liens :
[ 1 ]
Ingush leader accuses West of seeking to destabilize Caucasus - Article de Ria Novosti du 17 Aout 2009 .
[ 2 ] 
Caucase: l'organisation d'attentats impossible sans soutien extérieur (parlementaire tchétchène) - Article de Ria Novosti du 17 Aout 2009 .
[ 3 ] 
Explosion à Nazran: 20 morts et 138 blessés (nouveau bilan) - Article de Ria Novosti du 17 Aout 2009 .

Articles associés :
[ 4 ]
Le terrorisme Caucasien manipulé depuis Israel ?


 

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Rédigé par DanielB

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Publié le 23 Juillet 2009

Un scénario Ouighouro-Tchètchène

C'était un secret de Polichinelle , mais il vient d'être éventé par le journal " Nezavissimaya Gazeta" . ( 1 )
Les manoeuvres conjointes Russo-Chinoises " Mission de Paix 2009 " qui viennent de commencer dans le district militaire de Khabarovsk en Russie et prés de la base de Tao Nag dans le district militaire de Chenyang auront pour thème la coopération dans le domaine de la lutte contrte le séparatisme qui sert de levier à un terrorisme " orchestré depuis l'étranger " au Caucase , au Tibet et au Xinjiang ( 2 )
Elles se dérouleront en trois étapes du 22 au 26 juillet dans l'Extrême-Orient, de part et d'autre de la frontière russo-chinoise. Elles impliqueront environ 1.300 militaires russes et autant du côté chinois, 160 véhicules blindés dont environ 70 chars et 20 avions et hélicoptères (avions de transport militaire Il-76, avions d'assaut Su-25, bombardiers Su-24, chasseurs Su-27 et hélicoptères Mi-8).  .
Elles se déroulent  juste aprés les manoeuvres Caucase 2009 ( 3 ) et aprés la réunion de l'Organisation de Coopération de Shangaï  à Ekaterinbourg  qui a vu les participants se mettre d'accord pour la création d'une Force de Réaction Rapide qui pourrait intervenir sur tout le territoire de l'Organisation pour y " assurer la stabilité " ( 4 )
Les manoeuvres Russo-Chinoises serviront essentiellement à coordonner les états-majors dans la lutte anti-terroriste et à mutualiser les expériences dans le domaine de la lutte anti-terroriste et anti-séparatiste ( Caucase , Tibet , Xinjiang ) .
Il s'agit d'étudier " l'engagement de grandes unités contre des groupes mobiles de terroristes " et d'étudier leur possibilité de déploiement dans un pays tiers de l'organisation .Des troupes Chinoises pourraient aussi intervenir au Caucase pour y appuyer l'armée Russe et réciproquement .
Selon le chef d'Etat-major général russe Nikolaï Makarov. il s'agit de :
"Contrer les menaces croissantes émanant d'organisations terroristes et extrémistes ainsi que des organisations et des groupes de pirates, constitue une des tâches des nos forces armées. Les exercices Mission de paix 2009 doivent prouver à la communauté internationale que les forces armées de la Russie et de la Chine ont pleine capacité à assurer la stabilité et la sécurité dans la région "
Selon M. Sun Bo, chercheur au Centre d'étude sur la sécurité et le contrôle des armements affilié à l'Institut chinois des relations internationales.
"Bien que les événements dans le Caucase et au Xinjiang ne soient pas liés entre eux, ils attestent néanmoins que la Russie et la Chine font l'objet d'attaques terroristes "
" Ce facteur requiert une coopération approfondie entre la Chine et la Russie à la fois sur le plan bilatéral et dans le cadre de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS)".

C'est le deuxième exercice anti-terroriste à grande échelle que mènent les états membres de l'OCS . En 2007 dans le district militaire de l'Oural , le scénario consistait en la destruction de bases arrières terroristes et séparatistes .
Les prochaines manoeuvres de l'OCS se dérouleront au Kazakhstan , prés de la frontière avec le Xinjiang .
Dimanche dernier , prés de 5000 Ouighours ont manifesté dans les rues d'Almaty pour soutenir leur compatriotes du Xinjjiang . ( 5 )
Les manoeuvres de 2005 avaient soulevés quelques inquiétudes dans la " communauté internationale " ( ! ) car elles semblaient simuler une invasion Sino-Russe de l'ïle de Formose .

Ce que l'armée Russe peut apprendre de l'APL et l'APL de l'armée Russe


Si les manoeuvres de l'armée Russe Caucase 2009 se sont déroulées selon les scénari prévus , il n'en reste pas moins qu'elles ont mis à jour sa principale lacune : Un temps de réaction trop long et une logistique qui empêche un déploiement rapide sur les " points chauds " : C'est encore parfois un "
élèphant qui doit apprendre à danser " .
De la même manière  les nouveaux systémes de gestion et de supervision du champ de bataille ( Battlefield management systems ) " Acacia " - " Акация " et " Constellation " - " Созвездие " ainsi que  les transmissions ont présenté quelques lacunes lors de leur emploi opérationnel dans un scénario qui consistait à localiser , investir  et détruire un camp de terroristes séparatistes dans le Caucase Nord .( 6 )

L'APL a montré à contrario lors des crises au Tibet en Mars 2008 et au Xinjiang en Juillet 2009 une grande réactivité et une grande capacité à identifier les meneurs des troubles puis à les neutraliser le tout avec un bilan humain peu élevé et des dommages collatéraux minimes .
De la même manière la coordination entre les unités civiles de maintien de l'ordre et  l'APL a parfaitement fonctionné ainsi que la gestion du " champ de bataille numérique " ( blocage des communications de télephonie cellulaire  et filtrage internet ) .

L'APL est bien un " Dragon qui danse " qui doit toutefois s'affranchir de la prise de décision du " Grand Timonier " Hu -Jintao pour améliorer encore sa réactivité alors que l'armée Russe a renoué avec sa tradition des " généraux frondeurs " née de la conquête du Turkestan ( Von Kaufman , Skobilev ) , prêts à exploiter un avantage sur le terrain pour pousser plus avant sus à l'adversaire comme on a pu le voir lors du conflit en Géorgie en Aout 2008 ,  ceci sans se soucier des conséquences diplomatiques ( l' "Intendance " selon une expression célèbre ) .
Cette autonomie des chefs militaires Russes sur le terrain , qui contraste avec le strict respect des consignes hiérachiques et des décisions du Politburo de l'ère Soviétque ( KAL 007 - Affaire Mathias Rust ) , s'est déja manifesté lors de l'assaut des terroristes Caucasiens contre la ville de Nalchik en 2006 .


L'Iran , les troubles séparatistes et l'OCS


A terme , l'Iran qui connaît aussi des troubles séparatistes orchestrés depuis l'étranger , au Balouchistan par exemple ( 7 ) , pourraît rejoindre cette force de réaction rapide .
Les minorités Iraniennes sont réparties le long des frontières terrestres et maritimes du pays . C'est le résultat d'une politique de déplacement de populations organisée par les chefs politiques Iraniens depuis l'Antiquité et jusqu' au cours des XVIII eet XIX eme siècle afin de créer un " noyau Perse "et  des " Krajinas " ethniques pour défendre les frontières  . Cette politique de déplacement de populations explique par exemple la présence de Kurdes à la frontière Nord-Est de l'Iran , ceux ci ayant été déplacés depuis la frontière occidentale pour s'opposer aux Turkmènes .( voir carte )
Le fait ethnique a été orchestré au cours de la campagne electorale de mai 2009 par le candidat de " l'opposition démocratique " M. Moussavi qui est d'origine Azéri  , tout comme l'Ayatollah Khamenei .( 8 )
M.Ahmadinedjad a su désamorcer le problème des minorités périphériques Iraniennes , dont la minorité arabe des ouvriers du secteur pétrolier du Kouzistan par exemple ,  par une politique de redistribution de revenus qui a désolidarisé la population ouvrière de la bourgeoisie dite " compradore " ,  " Bazaar " en Iran , liée à l'entourage de l'Ayatolalh Rafsanjani ( 9 ) - ( 15 )
Cette politique explique les derniers résultats électoraux par rapport aux " prévisions " des années précédentes qui faisaient ressortir l'opposition " Centre ( * dictatorial * Perse ) - Périphérie ( *démocratique * polyethnique ) " ( 10 )
Dés sa réelection , et malgrés les troubles factieux connus sous le nom de " Révolution Verte " ( 12 ) , M. Ahmadinedjad s'est rendu au sommet de l'OCS à Ekaterinbourg ou l'Iran dispose d'un statut de membre observateur .
Les relations de l'Iran avec la Russie et la Chine sont multiples et se fondent autant sur l'économie ( et en particulier l'énergie ) que de plus en plus sur les questions de sécurité et la gestion de l'Asie Centrale . Elles ont été renforcées depuis la première élection de M. Ahmadinedjad  ( 13 ) - ( 14 )
Les chefs politiques Iraniens ont eu aussi des propos trés modérés vis à vis des dirigeants Chinois lors des dernières émeutes du Xinjiang .
Les partisans de MM.Moussavi et Rafsanjani quand à eux contestent le rapprochement Irano-Russe et Irano-Chinois au sein de l'OCS et tentent d'instrumentaliser ce rapprochement à des fins de politique intérieure .Les manifestations de mardi dernier lors de la commémoration de la nationalisation des pétroles par le Dr.Mossadegh en 1953 et lors de la prière du 17 juillet 2009 se sont déroulées aux cris de " Mort à la Russie " et " Mort à la Chine " :  Moscou et Pekin ont été en effet les deux premières capitales à reconnaître la réelection de M.Ahmadinedjad . ( 11 )


Conclusions

1- La lutte contre le séparatisme ethnique " orchestrée depuis l'extérieur " est nouveau facteur de rapprochement Russo-Chinois aprés la coopération énergetique .
2- Les manoeuvres de l'OCS révélent la perception des menaces par ses membres .
3- La menace du terrorisme associé au séparatisme ethnique est prioritaire pour les membres de l'OCS .
4 - La création d'une FRR pour contrer cette menace permettera à terme aux membres de l'OCS  de s'affranchir du danger né du " syndrome de Prague " ou du " syndrome de la Maison Blanche " ( Moscou 1991 ) , c'est à dire de l'empathie ethnico-religieuse de certains membres des forces de maintien de l'ordre pour les insurgés .( Doctrine Kryoutchkov ) .
5-En Asie Centrale le rapprochement dans le domaine sécuritaire entre Moscou et Pékin vient contebalancer la compétition pour les sources d'approvisionnement énergetiques .
6- Le Kazakhstan pourrait voir la première intervention de la FRR de l'OCS dans le cadre d'une mission de lutte contre un separatisme ethnique Touranien .
7- La menace d'un séparatisme ethnique " orchestré depuis l'extérieur " pourrait contribuer à rapprocher l'Iran de l'OCS .

Liens ;
( 1 )
По уйгуро-чеченскому сценарию - Selon un scenario Ouigouro-Tchétchène - Article de Nezavissimaya Gazeta du 21 juillet 2009

( 2 ) Mission de paix 2009: coopération sino-russe pour lutter contre l'extrémisme  - Article de Ria Novosti du 21 juillet 2009 
      
Russie-Chine: renforcer la coopération antiterroriste - Article de Ria Novosti du 21 juillet 2009 .
( 3 )
Fin des exerecices Caucase 2009 - Photoreportage de Ria Novosti
В ходе учений "Кавказ-2009" армия подготовится к вооруженному конфликту и уничтожению террористов
- Dans le cadre des exercices " Caucase 2009 " l'armée va se préparer à des conflits armés et à la destruction de terroristes - Article de NEWSru.com du 11 juillet 2009 .

( 4 ) Yekaterinburg declaration of the Heads of the members states of the Shanghai Cooperation Organisation

( 6 ) "Акация" не расцвела -  " Acacia " n'a pas fleuri - Article de Gazeta.ru du 20 juillet 2007 .
( 7 )
Iran: 13 membres du groupe sunnite Joundallah pendus - Depêche AFP du 14 juillet 2009
( 8 )
Iran's ethnic minorities key issue in elections - Article de Al-Arabiya du 23 mai 2009 .
( 9 )
La bourgeoisie iranienne ou le contrôle de l'appareil de spéculation  -  Analyse de B. Hourcade sur Persée.fr

( 10 )
Can Iran's Minorities Help Oust Ahmadinejad? - Article de Time Magazine du 30 mai 2009 .
( 11 )
La Russie, bouc émissaire de l'opposition iranienne - Article de Ria Novosti ( citant Gazeta.ru ) du 20 juillet 2009 .
(12 )
Iran , une " Révolution colorée " en cours ? Article de Cauacz.com du 21 juillet 2009 .
( 13 )
Ahmadinedjad-Jintao , un couple fidèle ? Article de Caucaz.com du 23 avril 2006 .
( 14 )
Moscou-Teheran , entre connivence et méfiance Article de Caucaz.com du 23 avril 2006 .
( 15 )
Iran , le bobard de " l'election volée " - Article de Reseau Voltaire du 19 juin 2009 .

articles associés :
( 5 )
Les émeutes à Ouroumtsi étaient planifiées ( Presse Chinoise )
- Un nouvel arc de crises en Eurasie depuis l'adriatique jusqu'au Pacifique

Bibliographie :
- " Dictionnaire de géopolitique " - Aymeric Chauprade - François Thual - Ellipses
Iran p° 206-212
Carte " l'Iran encerclé " p°460
Chine p°92-100
Carte " Geopolitique de l'espace Chinois " p°470
- " Geopolitique - Constantes et changements dans l'histoire " - Aymeric Chauprade - Ellipses
p°106-107  L'Iran ; Le centre est un plateau chiite et persan , la périphérie est une plaine sunnite
6-1 La perphérie Baloutche - 6-2 La périphérie Turkmène
p°227-228 Le clan , l'ethnie , la nation et le territoire : Mouvements forcés de populations en Iran .
Carte 53 - L'Asie Centrale : Le monde Iranien



 

 

 





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Rédigé par DanielB

Publié dans #Le " Nouveau Grand Jeu "

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Publié le 19 Juillet 2009







Les émeutes interethniques qui ont fait 197 morts début juillet à Urumqi, la capitale du Xinjiang, ont été planifiées et coordonnées, rapporte le Quotidien du peuple.
Citant des témoins et évoquant des images saisies par des caméras de surveillance, le journal officiel explique que les organisateurs des émeutes ont orchestré une cinquantaine de foyers d'insurrection à travers la ville, y compris à proximité de commissariats de police et des bâtiments gouvernementaux .

Des émeutiers auraient même été conduits en groupe sur certains sites.

Dans les jours précédant les émeutes, le journal affirme que les ventes de longs couteaux, certains ayant été utilisés lors des violences, ont "sensiblement" augmenté.

Par ailleurs, eu égard à la facilité avec laquelle les insurgés ont incendié de nombreux véhicules, le journal, citant des experts, évoque une "forte possibilité" que ce type de méthodes aient été étudiées en amont.

Le Quotidien du Peuple, voix officielle du Parti communiste chinois, note aussi la présence de leaders présumés tous habillés de la même façon, parmi lesquelles figuraient des femmes voilées en noir de la tête au pied qui passaient des ordres aux émeutiers.

"Des femmes de ce genre ont été vues à de nombreuses reprises en des endroits différents par les caméras de surveillance", écrit le journal.

Avec Maria Golovnina à Almaty, version française Clément Dossin

RASSEMBLEMENT À ALMATY

Samedi, le gouverneur du Xinjiang, Nuer Baikeli, a déclaré à un petit groupe de médias, dont Reuters, que les émeutes visaient à provoquer la scission du Xinjiang d'avec la Chine .

Les thèses de la préméditation et de la scission ont été démenties par les séparatistes ouïgours. Selon eux, les émeutes du 5 juillet ont été provoquées par l'interruption par la police d'une manifestation de protestation contre la mort de deux ouvriers ouïgours agressés par des collègues hans dans une usine du sud de la Chine.

Dans une rare reconnaissance de la responsabilité des forces de l'ordre chinoises dans la mort de manifestants, Nuer Baikeli, a reconnu que 12 Ouïgours avaient été tués par la police lors des affrontements après avoir ignoré des tirs de sommation.

Mais, a-t-il précisé, les policiers ont fait preuve à cette occasion de "la plus grande retenue".

Par ailleurs, quelque 5.000 Ouïgours se sont réunis dimanche à Almaty, la capitale du Kazakhstan, pour protester contre la répression de leur peuple au Xinjiang.

"Liberté pour l'Ouïgourstan", ont clamé les manifestants réunis dans une salle de la ville après avoir observé une minute de silence en hommage aux victimes.

Le Xinjiang est le "pays des Ouïgours", peuple musulman turcophone lié à l'Asie centrale qui représente aujourd'hui un peu moins de la moitié des 20 millions d'habitants de la région.


C'était la plus importante manifestation de solidarité dans les anciennes républiques soviétiques, où vivent quelque 500.000 Ouïghours, depuis le 5 juillet et les émeutes à Urumqi, qui auraient fait près de 200 morts, selon Pékin.

La plus grande partie de la diaspora ouïghoure d'Asie centrale descend des réfugiés ayant fui le Xinjiang pendant la conquête chinoise de la région, dans les années 1870.

Les Ouïghours sont environ 300.000 au Kazakhstan, ce qui en fait la population la plus importante hors de Chine . Cette communauté avait jusqu'ici hésité à manifester, craignant une répression similaire de la part des autorités kazakhes.

Des bus avaient été affrétés pour amener les manifestants des quatre coins de l'immense Kazakhstan jusqu'à Almaty, où nombre d'entre eux brandissaient des drapeaux bleu pâle, couleur de la république séparatiste ouïghoure du Turkestan oriental qui exista brièvement en Chine dans les années 1930. Les manifestants se réjouissaient également d'une première "historique", les autorités kazakhes ayant autorisé la manifestation pour la première fois.

Des milliers de personnes ont manifesté à Istanbul, en Turquie  solidaire des souffrances de cette ethnie turcophone et musulmane. AP



Note de l'Editeur :La deuxième partie de l'article de l'AP présente une erreur . Les territoires Russes d'Asie Centrale ont toujours été isolés du Sing Kiang Chinois . En 1870 , le Kazakhstan existait déja en tant qu'entité administrative séparée du " Turkestan Russe " ( Turkestanskyi-Kraï ) et les Khanats non soumis à l'autorité Russe formaient un cordon sanitaire étanche . Les principaux flux migratoires du Sing Kiang vers les " -stans " ont commencé en 1991 avec l'implosion de l'URSS .
Voir le site Wikipedia ( tres complet )
sur le Turkestan Russe .


Articles associés : ( 1 ) Un nouvel arc de crises en Eurasie  depuis l'Adriatique jusqu'au Pacifique 
                            ( 2 ) Troubles au Xinjiang : Demain dans nos rues ? ( Why Xinjiang matters )
                            ( 3 ) Le terrorisme Causien manipulé  depuis Israel ?





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Rédigé par DanielB

Publié dans #Le " Nouveau Grand Jeu "

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Publié le 10 Juillet 2009

L'actualité de la semaine a été marquée par les " événements " et les " troubles " au Xinjiang , dans les rues d'Ouroumtsi plus précisément ( * )
Ceux ci ont été presqu'uniquement analysés au travers de l'opposition " centre-periphérie " alors que je pense qu'un " zoom arrière " permetterait de comprendre de manière plus précise les enjeux .
On verra à la fin que cette analyse nous ramène vers .......l'arctique ! Et oui !
Tout d'abord il faut une bonne carte , je l'emprunte à cet article du Figaro ( 1 ) qui apres avoir donné la parole à M. Domenach et à son analyse réductrice sino-chinoise ( 2 ) , s'est décidé à explorer les enjeux régionaux de la crise .
Je vous propose aussi une autre carte extraite de " Древние тюрки- Drévnié Turki  " ( Les anciens Türks ) de l'ethnologue Russe Lev Goumilev et montrant la situation géopolitique de la region autour du VIIIe siècle : On y retrouve le Khalifat ( ХАЛИФАТ  ) ,  le " Khaganat Khazare " ( Xазарский Kаганат  ), le Tibet , les Hans ( Chine = КИТАЙ  ) , l' Ouighourie (c) . A l'époque l' Ouighourie ( УЙГУРИЯ ) située à l'extremité extrême-orientale nord de la carte pouvait être considéré comme l'avancée extrême du Khalifat qui s'est prise entre les tribus Siberiennes au Nord et le " roc " Tibetain qui s'etendait jusqu'à Kaboul ( КАБУЛ ) .
Notons aussi qu' à cette époque Hans , Ouighours et le Khalifat sont considérés comme des " Forces Anti-Tibetaines " ( en jaune sur la carte ) par Goumilev , une alliance de facto s'etant créé pour s'opposer à l' " expansionisme Tibetain " appuyé par les Radjpoutes ( zones en bistre sur la carte ) .
 Lev Goumilev  avait eu le mérite dés la fin des années 70 de " prévoir " , disons plutôt d' " anticiper " pour rester plus sérieux les troubles actuels en " Ouighourie " comme il nommait la region .



Les enjeux

En consultant la carte et en lisant l'article ceux ci sont de quatre ordres :
1- Le Xinjiang est à la fois une région productrices de matières premières énergetiques et non-energetiques .
Le Xinjiang est devenue l'an dernier la seconde région productrice de pétrole du pays, avec 27,4 millions de tonnes de brut par an, soit un million de tonnes de plus qu'en 2007. Elle assure près de 14% de la production domestique nationale.

Sinopec, premier raffineur d'Asie, compte doubler sa production en passant de 5,36 millions de tonnes en 2007 à 10 millions de tonnes, en 2010.

Le Xinjiang fournit également un tiers de la production nationale en gaz naturel, avec 24,1 milliards de mètres cube par an. PetroChina, numéro un chinois de l'énergie, entend doubler ce chiffre d'ici à 2020, pour notamment l'acheminer jusqu'à Shanghai grâce au premier gazoduc traversant le pays, construit en 2005.

Première productrice de charbon de la République de Chine, le Xinjiang concentre 40% des réserves nationales.

En février 2008, des géologues ont trouvé le plus grand gisement d'uranium du pays (10.000 tonnes), dans le bassin de Yili. «Une ressource majeure étant donné les besoins énergétiques de la Chine», explique Thierry Kellner, chercheur associé au Centre d'études de Chine contemporaine de Bruxelles

2- C'est aussi la future zone de transit des approvisionnements énergetiques de la Chine dont le pipeline Chine-Russie (  3 ) .

Le Xinjiang est aussi vu par les Etats-Unis et leurs " alliès occidentaux " comme un moyen de désenclaver la Mongolie et ses richesses minières ( Uranium , Or , charbon cokéfiable ) vis à vis de ses deux débouchés " naturels " : la Chine et la Russie .( 6 )
Les dernières elections présidentielles y ont vu l'election d'un president " Pro-occidental " ( 4 ) alors que le parlement apres l'echec , un de plus , de la " Revolution des yourtes " ( 5) en juillet 2008  reste au pouvoir des " Pro-Russes et des Pro-Chinois " .
Or toute attribution de licences minières ou d'exportation ne peut pas se faire sans l'accords du parlement .

3- Le Xinjiang est un " pont culturel " et un " interface "  pour la Chine vis à vis des populations et des Etats d'Asie-Centrale . Il n' y a pas rupture entre le monde Han et le monde Turcophone d'Asie Centrale mais une " fuzzyfication " de cette disparité : Au fur et à mesure de la diminution de la Sinicité , il ya augmentation de la Centralasicité [ (c) Daniel Besson - 2009 ] Turcophone , le Xinjiang devenant une " frontiére floue " et cette " fuzzyfication " de la frontière bénéficie à la  Chine .

4- Le Xinjiang est une plateforme de projection de la Chine cers l'Asie Centrale ( voir supra )


Des " troubles organisés depuis l'extérieur "

La première reaction des autorités Chinoises a été de dénoncer des " troubles dirigés depuis l'extérieur " .
Si l'on regarde les lignes écrites au dessus , on pourrait rajouter " A qui profite le crime ? "
De nombreux centres analytiques Etasuniens ( Heritage Foundation , CFR , NED ) et Israeliens ( Eastern Partnership Foundation ) soutiennent au travers de leurs publications et de leurs recommandations les secessionistes Ouighours du " World Uyghur Congress " dont Mme Rediyah Kadeer , le " Dalai Lama Ouighour " (c) , est l'icône .
Les objectifs  d'un soutien à un " Tukestan oriental " independant sont évidents  :
1- Créer une " Ukraine Ouighoure " entre la Chine et ses fournisseurs en hydrocarbures dont l'Iran et la Russie
2- Priver la Chine des ressources de la region
3- Empêcher une projection de la Chine vers l'espace Centre-Asiatique .
4- Desenclaver la Mongolie par rapport à la Chine et à la Russie .

On n'en serait pas moins " paranoïaque " si l'on était membre du  Comité Central du PCC !
Cette " paranoîa " des chefs politiques Communistes Chinois est lié historiquement aux " Traités inégaux " qu' à du signer l'Empire du Milieu avec les " puissances occidentales " ,  à la Guerre de l'Opium et à l'invasion Japonaise de 1933 .
La possibilité de l'implication de " forces anti-chinoises de l'étranger " qui " chercheraient à diviser la Chine en 5 ou 6 états souverains " est soulevée aussi par l'ex-ambassadeur Russe en Chine Igor Rogachev .( 11 )
La Russie qui soupçonne la presence d' " agents etrangers " dans les actions terroristes menées au Caucase a immédaitemment soutenu son partenaire de l'OCS dans cette crise . ( 12 )



Turkestan (c) ; Un peu de vocabulaire

Les terroristes secessionistes du " World Uyghur Congress " ( 19 ) - ( 20 ) emploient le terme  de " East Turkestan " pour designer ce que l'on devrait traduire par " Ouighourie " ou " Ouighouristan ".
Le terme " Turkestan " a été inventé par les ethnologues Russes de la fin du XIX eme siècle lors de l'avancée Russe en Asie-Centrale . Il s'agissait alors de privilégier l'ethnie Turkmène vis à vis des ethnies Tadjikes , Ouzbèkes , Khighizes . Celle ci était beaucoup moins rétive à la présence Russe et en retour les chefs politiques  Russes accordaient à ses membres des places de choix dans les administrations  locales et même l'administration impériale .

Par la suite , au début du XX eme siècle , ces ethnologues Russes ont étudié les populations Ouighoures de l'actuel Xinjiang et on appellé la région " Turkestan oriental " dans le but évident d'un agenda annexioniste .
Cette terminologie a été reprise dés les années 20 par les ethnologues Soviétiques , toujours au nom du même agenda , et l'URSS soutiendra un " Turkestan " indépendant de la Chine jusqu'en 1948 .
L'utilisation de ce toponyme par les secessionistes Ouighours est facilement explicable : Apres avoir obtenu l'independance d'un " Turkestan Oriental " , celui-ci cherchera à annexer un " Turkestan " construit sur les dépouilles des anciens " -stans " petrogaziers  d'Asie Centrale .



Le loup Pan-Turciste sort du bois .

Le Pan -Turcisme ou Touranisme est un Panisme qui prevoit la reunion de toutes les population "Touraniennes" dans un même Etat .
Cet "Etat " ressemble par certains de ces aspects à l'Empire de Charles-Quint puisqu'il n'a pas de continuité territoriale : Au delà de l'actuelle Turquie , des " -stans " d'Asie Centrale et du Xinjiang , il inclut la Hongrie , la Roumanie , le sud de la Bulgarie ,  la Moldavie ( Gagaouzie ) , la Crimée , et c'est là que l'on arrive sur les bords de l'arctique : La Finlande , les états baltes dans certaines de ses versions ou délires , la république Russe des Komis , des Khanty-Mantsyi , de Sakha .........
Cette ideologie n'est pas " Turque " puisque c'est l'explorateur et orientaliste Hongrois Arminius Vambery ( né Hermann Bamberger ) ( 1832-1913 ) agissant pour le compte de l'Angleterre qui en fut l'initiateur . Il s'agissait alors de créer une " conscience nationale " ou une " identité commune " aux peuples d'Asie-Centrale afin de créer un " cordon sanitaire " entre l'Empire Russe et le " Raj Indien " .( 7 )
Elle est sous-jacente dans l'ideologie des " Jeunes Turcs " qui en son nom ont procédé au massacre des Armeniens et encore plus dans la " nouvelle ideologie " instaurée par Mustapha Kemal qui excluait les Grecs , les Armeniens , les Kurdes et les Arabes de tout droit à participer à la gestion de la cité Turque . Comme le soulignait le général Catroux
" Il fallait combler la place laissée vide par l'Islam et le pouvoir a créé une ideologie raciste destinée à unir une population privée du lien de cet Islam "

Apres une semaine de quasi-silence sur la question , certainement pour soigner son image de " modéré " en Europe  , M.Erdogan a été obligé de parler de " forme de génocide " à propos des " événements " du Xinjiang . ( 8  )
Ce revirement sémantique  ne fait que traduire la faiblesse de sa position face au lobby pan-Turciste qui existe actuellement en Turquie ( 9  ) : Outre les partis dits " extremistes " plus ou moins liès au groupuscule terroriste des " Loups Gris " , cette coalition Pan-Turciste regroupe jusqu'au  " syndicat des travailleurs de l'education " (!) , des syndicats patronaux et des députés de l'AKP .
Je soulignerais ici le parrallèle que l'on peut faire entre la situation de M.Erdogan et celle de Mr. Obama qui a du " muscler " son discours sur l'Iran apres les pressions exercées par la droite " neo-con " Etasunienne .
Charbonnier  n'est pas maître chez lui .

Cet agenda pan-Turciste explique la reaction  modérée , sans guillemets , de l'Organisation de la Conference Islamique face aux troubles du Xinjiang . Il ne s'agit pas d'un probléme " Islamique " sui generis mais bien d'un probléme " Türk " ou plutôt de l'instrumentalisation de la Touranité  par les chefs politiques Turcs au nom d'un agenda de contrôle des régions  de production et des voies d'acheminement des richesses petro-gazières de l'Asie-Centrale . ( 13 )

Cet agenda pan-Turciste devrait aussi inciter nos chefs politiques et militaires à la vigilance sur les missions de l'ISAF à un moment ou un général Turc va y assumer le commandement en novembre . L'activisme d'Ankara au Xinjinag pourait faire déborder ses missions non seulement au Pakistan comme c'est le cas avec la strategie " Af-Pak " mais aussi  dans les " -stans " d'Asie-Centrale et en Chine  .Cette hypothése ne relève plus desormais  de la science-fiction géopolitique mais sonne comme un danger possible ! ( 10 )



Why Xinjiang matters ! ; Turcisme et immigration

La capacité de mobilisation d'Ankara au sein de sa disapora et des  " gastarbeiters " pour faire avancer son agenda geopolitique ne doit pas être sous-estimée .
La chaine cablée TRT diffuse depuis le début des " évenements " au Xinjiang des reportages réalisés  au sein des disaporas Anatoliennes en Europe , au Canada , aux Etats-Unis .
Celles ci commencent à manifester avec violence dans NOS rues et affichent sans pudeur leurs objectifs : Exercer des pressions sur nos politiques  afin que ceux-ci condamnent la Chine , que ceux reconsidérent  les accords economiques ..........................
Cette chaîne s'est livrée en outre à un parrallèle douteux entre le " genocide " d'Ouroumtsi et le " genocide " de Srebrenica citant le chiffre de " milliers de morts " de l'égérie terroriste Rebiyah Kadeer ( 14  ) .

Integer une Turquie Pan-Turciste voilà le danger ! Le probléme n'est pas l'Islam dans sa version Anatolienne mais bien l'ideologie Turciste qui semble prévaloir à Ankara .
C'est aussi le problème de l'immigration Anatolienne dans nos pays . Comme l'immigration Japonaise en Amerique du Nord ou en Amerique  du Sud dés le début du XX eme siècle ( Lire là dessus l'excellente descrpition qu'en fait le Colonel Danrit dans " L'aviateur du Pacifique " ) , comme une partie de l'immigration Allemande ( Ausland Organisation ) ( 14  ) dans les années 30 , cette immigration se fait le relais des ambitions géopolitiques de son pays d'origine .
C'est tout le contraire de l'immigration Chinoise qui n'a jamais servi de relais , par exemple , à l'agenda des dirigeants Chinois concernant Taïwan , dont les membres " triment " du soir au matin et dont les enfants trustent les places d'excellence dans nos écoles et nos universités .

Le caractère raciste de l'idéologie Turciste explique aussi , outre l'histoire Ottomane , pourquoi  les populations immigrés Arabes , Maghrébines et Africaines sont si peu favorables à une adhésion de la Turquie au sein de l'UE . La religion commune , l'Islam , ne suffit pas à fedérer ces immigrations et l'immigration Anatolienne .
C'est une donnée électorale que les opposants à l'entrée de la Turquie dans l'UE devraient intégrer lors d'un éventuel référendum sur ce sujet .


Conclusions

1- Les émeutes d'Ouroumtsi sont liées à l'ostracisme des Hans vis à vis des Ouighours .
2- Les émeutes se sont déclanchées spontanément mais on été entretenues depuis l'étranger .
3- Le ressentiment des Ouighours vis à vis des Hans est instrumentalisé par des " forces anti-Chinoises "
4- Parmis ces " forces anti-Chinoises " on trouve le lobby Pan-Turciste ( Services de renseignements , armée , appareil d'etat civil ) trés influent à Ankara .
5- Les troubles actuels au Xinjiang doivent s'analyser au travers du facteur identitaire " Touranité " et non pas du facteur identitaire " Islamité "
6- Ce lobby Pan-Turciste agit au travers d'associations comme le World Uyghur Congress ( bâti sur le modèle du World Jewish Congress ) , de medias comme la chaîne cablée et satellitaire  TRT , du journal Hurriyet et de sites comme " Tête de Turc " .
7- Son agenda consiste à s'approprier les régions de production et d'acheminement des ressources petro-gazières en Asie-Centrale au travers de la creation d'un " Turkestan " .
Il consiste aussi à affaiblir la Chine .
8- Il agit avec l'appui d'une partie de  l'appareil d'état Etasunien et trés probablement Israélien
9- La question de l'integration de la Turquie au sein de l'Union Européenne doit être jaugée non pas à l'aune de la question de l'Islam mais du Pan-Turcisme .
10- L'immigration Anatolienne doit être controlée , celle ci agissant comme " Cheval de Troie" des visées géopolitiques Turques .


Bibliographie

Fiction documentée : " L' aviateur du Pacifique " - Commandant Danrit - 1913

Etudes :

Geopolitique générale :

1- François Thual - Le désir de territoires - Ellipses 1999
2- Aymeric Chauprade - Geopolitique - Constantes et changements dans l'histoire - Ellipses - 3e édition - 2007

Asie Centrale - Chine - Turquie

1- L'URSS - Bulletin d'information de l'ambassade d'URSS - Paris - 1935
2- 15 Republiques Soviétiques - Marc SLONIM - 1935
3- 400 millions de Chinois - DUNOD - 1937
4- Le loup et le léopard  - Mustapha Kemal ou la mort d'un empire - Jacques Benoist-Mechin
5- L'Asie qui se fait - Anton Zischka - Laffont - 1960
6- Les Russiatiques -
. L’empire de Tamerlan à l’heure du Kremlin - Pierre et Renée GOSSET - Julliard - 1963
7-
Drévnié Turki - Lev Goumilev - 1970 ( Ru )
8-
Tournament of shadows : The Great Game And the Race for Empire in Central Asia - Karl Ernest Meyer - Perseus Distribution - 2006
9- Le Grand Jeu - XIX e siècle - Les enjeux géopolitiques de l'Asie Centrale - Jacques Piatigorsky , Jacques Sapir , Collectif , Juliette Le Doré , Sergueï Dmitriev - Autrement - 2009


Liens : ( 1 ) :
Pourquoi le Xinjiang est si précieux pour Pékin
            ( 2 ) «Les Ouïgours sont détestés des Chinois» interview de Jean Luc Domenach
            ( 3 ) Oléoduc VSTO: la Chine lance les travaux de construction du pipeline vers la Russie article de Ria Novosti du 18 mai 2009 .
             ( 4 )
Poutine à Oulan-Bator: aucun rapport avec la présidentielle mongole article Ria Novosti du 13 mai 2008
             ( 5 )
Mongolie: la crise politique sera désamorcée légalement (sénateur russe) article de Ria Novosti du 2 juillet 2008 .
              ( 6 )
Russia’s Real Strategy Evident "near abroad" - Russia's race to Mongolia  ; Deux analyses d'Ariel Cohen de l'Heritage Foundation sur la Russie et la Mongolie . 
              
What To Do About The Shanghai Cooperation Organizationion's Rising Influence - Une analyse d'Ariel Cohen sur la " grande geopolitique Eurasienne " publié par  le site des terroristes secessionistes Ouighours aux Etats-Unis .
                ( 7 ) " Vámbéry became known also as a publicist ,  zealously defending English policy in the East as against that of the Russians. In 2005 the National Archives at Kew, Surrey, made files accessible to the public, and it was revealed that Vámbéry had been employed by the British Foreign Office as an agent and spy whose task it was to combat Russian attempts at gaining ground in Central Asia and threatening the British position on the Indian sub-continent." - Extrait de la page Wikipedia .
               ( 8 )
Xinjang : Erdogan parle de "génocide"  Depêche AFP du 10 juillet 2009
                Xinjiang: Erdogan exhorte Pékin à arrêter l'"assimilation" des Ouïghours  Depêche AFP du 11 juillet 2009 .
               ( 9 )
Ankara Anxiously Monitors the Xinjiang Crisis Article de The Jamestown Foundation du 8 juillet 2009 .
               ( 10 )
Turkish Military Prepares to Strengthen its Forces in Afghanistan Article de The Jamestown Foundation du 9 juillet 2009 .
                ( 11 )
Организаторы беспорядков в Синьцзяне хотят расколоть Китай - Рогачев - Les Organisateurs des troubles au Xinjiang veulent démembrer la Chine - Rogachev - Article de Ria Novosti du 7 juillet 2009 .
               ( 12 )
Xinjiang: Moscou espère une normalisation rapide de la situation Article de Ria Novosti du 8 juillet 2009 .
               ( 13 )
L'OCI Exprime Sa Profonde Inquietude Face Aux Recents Evenements Dans La Region De Xinjiang Uigur En Chine  Communiqué de l'OCI du 6 juillet 2009 .
               ( 14 )
Les Allemands au Bresil - Politique Etrangère - 1939
               ( 15 ) " Milliers de morts" au Xinjang (dissidente) - Depêche AFP du 10 juillet 2009
               ( 16 )
Кто стоит за бунтом уйгурских сепаратистов в Китае?  - Qui se tient derrière les émeutes des séparatistes Ouighours en Chine ? Analyse du site de géopolitique " Stolietiye "
               ( 17 )
Глава XXX. УЙГУРИЯ В VII - IX вв.  L'Ouighourie du VII au Ix eme siècle - Extrait de " Drévnié Turki " de Lev Goumilev .
               ( 18 ) Guerre liquide : Bienvenue au Pipelineistan , un article de Pepe Escobar .


Sites :  ( 19  )
World Uyghur Congress
            ( 20  ) Uyghur American Asoociation
            ( 21 ) Gumilevica ( Ru ) - Comme son nom l'indique .......
         



 

 

 

 

 

 

 



( * ) Je préfère cet ortographe un peu désuet , comme Sin Kiang , qui fleure bon la " Croisière Jaune " et la " Cloche Tibetaine " [ Je veux parler ici de la série de la télèvision Française et non pas de Mme Ségolène Royal ]

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Rédigé par DanielB

Publié dans #Le " Nouveau Grand Jeu "

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Publié le 24 Avril 2009

Par Andrei Grozine, chef du département Asie centrale et Kazakhstan de l'Institut des pays de la CEI, pour RIA Novosti

La sonnette d'alarme vient de retentir pour Gazprom: d'importantes ressources pétrolières et gazières du Kazakhstan sont passées sous le contrôle de compagnies publiques chinoises. Pékin accorde un crédit de 10 milliards de dollars à Astana (capitale du Kazakhstan), en échange d'une participation à d'importants projets énergétiques et d'infrastructure dans ce pays. La CNPC chinoise (China National Petroleum Corporation) prévoit d'acheter la moitié de la compagnie Manguistaoumounaïgaz au monopole gazier kazakh Kazmounaïmaz. Poursuivant son expansion pétrolière et gazière, la Chine atteint ainsi directement le littoral de la Caspienne qui, comme on le sait, fait partie de la zone des intérêts nationaux et géostratégiques de la Russie.

La politique d'Astana penche ces derniers temps en faveur d'une extension de la présence de la Chine dans l'économie kazakhe. Un tiers du pétrole produit au Kazakhstan, soit plus de 20 millions de tonnes par an, appartient déjà aux compagnies chinoises. Cela fait visiblement l'affaire des autorités du Kazakhstan, sa coopération avec l'"Empire céleste" lui permettant de diminuer sa dépendance, que ce soit vis-à-vis des compagnies occidentales, en ce qui concerne les conditions d'investissement, ou de l'influence de la Russie sur le transit des combustibles vers les marchés mondiaux.

Cependant, il ne faut pas oublier que la coopération économique de Pékin avec les pays étrangers (y compris le Kazakhstan) vise uniquement à atteindre les objectifs du développement de l'économie chinoise. La somme de 10 milliards de dollars est insignifiante pour la Chine, compte tenu de ses réserves, qui avoisinent les 2.000 milliards de dollars. Le problème qui préoccupe aujourd'hui Pékin est plutôt de savoir où investir avantageusement cet argent. Dans le même temps, avec ces nouveaux accords sino-kazakhs, la Chine accède à des ressources très importantes. Manguistaoumounaïgaz possède 36 gisements, dont 15 sont en exploitation. Selon les estimations des experts, les ressources de pétrole dont dispose cette compagnie kazakhe se montent, au total, à 1,32 milliard de barils, ce qui représente, en prix actuels, environ 65 milliards de dollars. Par conséquent, la CNPC recevra environ 16,3 milliards de dollars.

L'acquisition des actifs de Manguistaoumounaïgaz par la CNPC va renforcer les positions chinoises et affaiblir celles de la Russie et de l'Occident dans le secteur énergétique kazakh. La Chine devient non seulement un acteur majeur sur le marché régional, mais aussi le détenteur d'importantes ressources lui permettant de rectifier en sa faveur la stratégie pétrolière du Kazakhstan.

Il faut que la Russie réfléchisse très sérieusement à ce tournant dans la politique multivectorielle de son allié stratégique.

Les événements de ces dernières semaines témoignent, globalement, d'une nouvelle escalade de la lutte mondiale pour l'héritage énergétique postsoviétique. Par exemple, la polémique qui se poursuit entre le Turkménistan et la Russie au sujet de l'explosion de gaz sur le gazoduc Asie centrale-Centre montre que le rapport des forces géopolitiques dans la lutte pour les ressources énergétiques du bassin de la Caspienne subit des changements qui ne sont certainement pas en faveur de la Russie.

Il est parfaitement évident que cet accident est le résultat du mauvais entretien du gazoduc et de réparations mal faites. De telles explosions se produisent au Turkménistan à peu près une fois par semestre, sans être abondamment commentées. Le gouvernement turkmène est tristement connu pour négliger l'entretien des gazoducs. Il n'est pas exclu qu'il soit le principal responsable de ce qui est arrivé.

Cependant, les dirigeants turkmènes ont politisé à l'extrême ce banal incident technique. Achkhabad (capitale du Turkménistan) n'en démord pas: il s'agit, selon lui, d'un acte de sabotage perpétré par la Russie.

Ces accusations s'expliquent par la lutte invisible qui se mène pour les prix du gaz exporté. Le Turkménistan craint de perdre le niveau de prix sur lequel il s'est entendu avec la Russie en 2008. Le prix payé par Gazprom pour le gaz turkmène se fonde depuis plusieurs mois sur la formule des évaluations adoptées sur le marché européen. Les volumes des livraisons de gaz dépassant considérablement, dans les conditions de la récession globale, ceux de la consommation, Achkhabad doit se préparer à une réduction substantielle de ses exportations. A l'été ou à l'automne 2009, les prix commenceront à baisser sensiblement. Et Gazprom ne sera plus disposé à payer le prix fort pour ce combustible, comme il le faisait auparavant.

Le consortium russe se heurte visiblement à des problèmes de plus en plus difficiles. Il a accumulé de gros excédents de gaz: en 2008, les réserves de la compagnie se sont accrues de 11%. La demande continuant à diminuer, ses excédents de gaz vont augmenter cette année à un rythme rapide.

Pour toute une série de raisons, l'arrêt des livraisons en provenance du Turkménistan est actuellement avantageux pour Gazprom. Cela lui permet de réduire le volume de ses réserves disponibles et d'économiser un peu. Selon les experts, durant le premier trimestre de cette année, le gaz turkmène était vendu à Gazprom, à la frontière avec l'Ouzbékistan, 310 à 315 dollars les 1.000 mètres cubes.

Les dirigeants turkmènes veulent fixer un prix qui accroîtrait au maximum leurs chances de réaliser des bénéfices. Mais Gazprom ne se presse pas, compte tenu des prévisions de baisse prochaine des prix. Ses responsables ont peur de conclure une nouvelle transaction désavantageuse qui conduirait, au final, à des pertes. La position de la compagnie repose sur une certitude: le Turkménistan n'a pas aujourd'hui d'autre choix que la Russie pour ses exportations.

Et pourtant� Le président Gourbangouly Berdymoukhammedov a reçu récemment à Achkhabad une délégation du consortium allemand RWE, qui participe au projet de gazoduc Nabucco. A l'issue de la rencontre, le président de l'Agence nationale de gestion des ressources d'hydrocarbures, Iachgueldy Kakaïev, et le directeur général de la compagnie allemande, Jürgen Grossmann, ont signé un mémorandum de coopération à long terme. Bien qu'un mémorandum ne soit pas un accord ni, a fortiori, un contrat, ces négociations entre Européens et Turkmènes marquent une nouvelle étape pour les dirigeants d'Achkhabad. Gourbangouly Berdymoukhammedov manifeste clairement sa volonté de rechercher d'autres acheteurs pour ses hydrocarbures.

Si le contentieux entre le Turkménistan et la Russie devait se prolonger, Achkhabad pourrait exprimer le désir de s'engager à exporter de grandes quantités de gaz par le gazoduc Transcaspien (TKT), dont l'idée de la construction est soutenue ardemment par les Etats-Unis.

Pour l'instant, le calme avec lequel Moscou observe la réaction émotionnelle turkmène témoigne de sa foi inébranlable dans les atouts russes, atouts que rien n'est censé abattre. Mais il vaudrait bien mieux que cette foi ne soit pas fondée sur des raisonnements abstraits. D'autant que les dirigeants du monopole gazier russe, qui ont mal apprécié les tendances du marché mondial et la dynamique des prix des matières énergétiques, ont déjà "fait une gaffe". Ils tentent maintenant de redresser la situation en faisant passer leurs relations avec Achkhabad, fixées par un contrat, dans la catégorie des circonstances de force majeure.

Ne ressort-il pas de tout cela qu'en mettant l'accent sur l'orientation exclusive de leur société vers l'Europe, les dirigeants de Gazprom ne renforcent pas l'influence de la Russie en Asie centrale, et qu'en se concentrant sur des objectifs tactiques, ils laissent échapper, pour ne pas dire plus, les intérêts stratégiques de la Russie dans cette région d'une importance cruciale?

Les revenus assurés par le contrat conclu avec le consortium russe sont aujourd'hui la seule source importante de rentrées du budget turkmène. Achkhabad a beau se vanter de pouvoir "supporter le blocus gazier russe", ce n'est que du verbiage. Achkhabad n'a personne à qui vendre son gaz. Or, sans les recettes provenant de son exportation, le budget du pays ne sera pratiquement plus alimenté.

Outre la pénurie financière qui peut affecter les dirigeants turkmènes en cas d'arrêt prolongé des achats de gaz par Gazprom, d'autres facteurs jouent également en faveur de la position russe.

Premièrement, le Turkménistan ne dispose pas d'infrastructure pour acheminer le gaz des gisements de l'Est du pays jusqu'au littoral de la Caspienne.

Deuxièmement, l'absence de règlement du problème du statut de la Caspienne est un obstacle à la construction du TKT. La situation est si complexe, autour de cette question, que des conflits armés locaux ont failli éclater. Qui plus est, la flottille militaire russe de la Caspienne surpasse, en puissance, les forces réunies des autres pays du bassin.

Troisièmement, le TKT ne peut avoir de débouché que par le territoire de l'Azerbaïdjan. Or, les rapports entre Bakou et Moscou se sont considérablement réchauffés ces derniers temps: le président russe Dmitri Medvedev s'est entretenu avec son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev des perspectives de vente du gaz du gisement de Shah Deniz-2 à des compagnies russes.

Si Moscou jugeait nécessaire d'employer un large éventail d'instruments en vue d'influer sur le Turkménistan, l'"image politique" de cet Etat pourrait changer brusquement. La question est de savoir si Moscou a besoin de prendre des mesures extrêmes pour défendre les intérêts particuliers d'une structure certes puissante, mais tout de même commerciale. Dont environ un quart des actifs, soit dit en passant, n'appartient pas à la Russie.

De brusques perturbations au Turkménistan risqueraient d'entraîner un glissement vers l'instabilité de l'Asie centrale dans son ensemble. Dans ce cas, le total des avantages éventuels serait bien inférieur à celui des inconvénients. Conscients de cela, les dirigeants russes marquent leur volonté de trouver, exclusivement sur la base d'un compromis, une issue à cette situation embarrassante engendrée par les intérêts divergents d'Achkhabad et de Gazprom.

Le premier ministre Vladimir Poutine a demandé au vice-premier ministre Igor Setchine, en charge du complexe russe combustibles-énergie, et au président du directoire de Gazprom, Alexeï Miller, d'"entretenir des contacts étroits et de concerter toutes les actions avec nos partenaires stratégiques, en premier lieu ceux d'Asie centrale". Les prochaines négociations avec les partenaires turkmènes sont prévues pour les 23 et 24 avril dans le cadre d'une grande conférence sur la sécurité énergétique, qui se tiendra à Achkhabad. Ces négociations, à l'évidence, ne s'annoncent pas faciles.

Liens : Explosion sur un gazoduc turkmène: Washington plaide pour la diversification

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Rédigé par DanielB

Publié dans #Le " Nouveau Grand Jeu "

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Publié le 9 Avril 2009


Dans un entretien à la télévision Russia Today, le géopoliticen Tiberio Graziani souligne la dépendance de l’Italie en particulier et des États ouest-européens en général vis-à-vis des États-Unis. Une vassalité qui empêche Rome et Bruxelles de défendre leurs intérêts et les contraints à considérer Moscou comme un adversaire et non un partenaire.

Anastasia Haydulina pour Russia Today : Les gouvernements du monde entier sont en train d’adopter des mesures protectionnistes. Ce qui produit un impact à tous les niveaux de la société. En Italie on assiste à un plus grand appui aux politiques anti-immigration de la droite. Comment va faire l’Italie, et comment ferons-nous tous, pour dépasser la crise financière mondiale ?

Tiberio Graziani : Avant tout nous devrions réfléchir sur les causes de cette crise financière, qui a atteint aussi la production au niveau industriel, d’abord aux États-Unis puis dans tout le système occidental, constitué par le triumvirat bien connu : États-Unis, Europe occidentale et Japon. La crise a influencé tout le marché mondial. Pour ce qui concerne l’Italie, les effets se sont manifestés avec un léger retard et, je crois, seront plus marqués au cours de 2009 et 2010.

Car l’économie italienne est principalement fondée sur des petites et moyennes entreprises, il n’y a pas de grosse concentration industrielle, et, donc, l’Italie tend à avoir cette plus grande flexibilité qui est nécessaire pour affronter et contenir la crise. Mais la crise sera très profonde.

Nous ne serons en mesure de dépasser une crise financière qu’en opérant dans un contexte géoéconomique continental. Ceci signifie que nous devrions chercher des solutions qui impliquent les économies des pays émergents comme la Russie, la Chine et l’Inde. La crise ne peut pas être dépassée qu’avec des solutions nationales ou des solutions élaborées à Bruxelles exclusivement par l’Union Européenne.

RT : Parlons de la récente crise du gaz. L’Italie n’en a peut-être pas pâti comme les Balkans et l’Europe orientale mais elle était de toutes façons parmi les pays pris en otage. La vérité a cependant été gardée cachée. Quelle est la véritable raison de la dispute ?

Tiberio Graziani : La raison de la dispute du gaz entre Kiev et Moscou est de fait une réponse de l’extension de l’Otan à l’est, et de l’élargissement de l’Union Européenne aux pays de l’Europe Orientale. Ces deux mouvements simultanés d’expansion ont été vus à Moscou comme une sorte d’agression menée dans son entourage immédiat.

Ce genre d’expansion a commencé en 1989 après la chute du Mur de Berlin. Depuis ce moment-là, les États-Unis ont décidé de contrôler toute la planète. Ils ont choisi l’Europe Occidentale comme point de départ pour avancer vers la Russie et l’Asie centrale. Il est en effet connu que l’Asie centrale a d’énormes gisements de gaz et de pétrole.

Les États-Unis commencèrent ainsi à influencer les pays du Pacte de Varsovie et certaines ex-républiques soviétiques comme l’Ukraine.

Depuis 1990, l’Ukraine a commencé à séparer son propre avenir géopolitique de son assise naturelle, et donc de Moscou.

Si nous analysons ce qu’on a appelé la « Révolution orange » [1], nous pouvons nous rendre compte que derrière ces conquêtes de la soi-disant société civile ukrainienne on trouvait les intérêts de Washington. Nous ne devons pas non plus oublier le rôle des dits philanthropes tel Georges Soros non seulement dans la déstabilisation de l’Ukraine, mais aussi dans celle des ex-républiques yougoslaves.

Quand l’Ukraine a abandonné ou tenté d’abandonner son propre contexte géopolitique naturel, celui de partenaire privilégié de Moscou, il est évident que Moscou a essayé de fixer le prix de son gaz sur celui du marché, étant donné que l’Ukraine n’était plus un client privilégié mais un client comme tous les autres. Évidemment la dispute a fini par toucher l’Europe, parce que les leaders ukrainiens manquent de souveraineté et sont pilotés par des intérêts occidentaux sous direction états-unienne. Au lieu de chercher un accord économique, comme on le fait habituellement entre pays souverains, l’Ukraine a aggravé la situation en soustrayant le gaz destiné aux pays européens.

Cette véritable raison de la crise a été ignorée par la presse de l’Europe Occidentale, italienne comprise. Dans la dispute du gaz, la majorité des journalistes italiens s’est concentrée non pas sur les vraies raisons, mais sur la diabolisation du gouvernement russe : en disant que dans la question du gaz il avait utilisé la géopolitique comme une arme, alors que le Président Medvedev et le Premier ministre Poutine ne faisaient qu’appliquer des prix de marché à des réactions économiques normales sur le gaz.

RT : L’Ukraine est au bord de la faillite. La Russie ne peut pas compter sur le fait que l’Ukraine paiera des tarifs fondés sur des prix de marché, l’an prochain.

Tiberio Graziani : Je crois qu’il est possible de trouver un accord économique. Moscou et Kiev peuvent aussi négocier des réductions. Je voudrais encore une fois souligner qu’il ne s’agit pas que d’un problème de transactions économiques, d’importation et d’exportation. C’est une question géopolitique. Il est évident que si l’Ukraine choisit de se ranger avec l’Occident sous la conduite de Washington, cela influencera non seulement le commerce du gaz, mais aussi d’autres aspects économiques. Je crois, donc, qu’il sera possible de trouver une solution économique, mais la résistance vient de Kiev, car cela dépend des intérêts de Washington.

RT : À propos de Washington, parlons des bases militaires états-uniennes sur le territoire italien. Quelle est votre opinion à ce sujet ?

Tiberio Graziani : La majorité des gens est consciente de la présence des bases militaires mais n’en est pas consciente politiquement. Voila pourquoi, dans le cas de l’extension de la base militaire de Vicence, au nord-est de notre pays, on a surtout fait des considérations de caractère environnemental. Le motif principal et fondamental est par contre resté caché, alors qu’en réalité cette extension sert aux forces armées états-uniennes : dans le but de les mettre en mesure d’opérer en coordination avec une base militaire assez proche, située en Serbie (Camp Bondsteel, NdT), elle aussi dépendante de Washington. Dans l’avenir il sera possible, pour les USA, d’opérer dans des pays frontaliers et au Proche et Moyen-Orient, dans des nations comme la Syrie et l’Iran, et dans une certaine mesure, en Russie aussi. La nation yougoslave, dans ce cas la Serbie, n’a pas été choisie par hasard, mais parce qu’elle a des affinités culturelles et ethniques avec Moscou.

RT : La crise du gaz a exaspéré les tensions entre la Russie et l’Union européenne, et de nombreux État européens sont déjà en train de chercher des fournisseurs alternatifs. La Russie a-t-elle une raison de s’en préoccuper ?

Tiberio Graziani : Non, je ne crois pas que la Russie doive en être préoccupée. Je pense que chaque pays doit chercher les meilleures opportunités sur le marché pour s’assurer ses fournitures énergétiques et son autosuffisance. Dans un contexte géopolitique eurasiatique plus vaste, je crois que les relations entre la Russie et l’Europe, et entre la Russie et l’Italie, devraient se fonder sur leurs intérêts économiques : sur l’échange de nouvelles technologies de frontière, de technologie militaire, de ressources énergétiques et, évidemment, des relations culturelles. Je pense que les relations culturelles entre l’Union européenne et l’Italie, et, naturellement, la Fédération russe, devraient être renforcées.

Après la Seconde Guerre mondiale, il y a pus de 60 ans, ces relations ont connu un déclin parce qu’elles ont été entravées par la classe intellectuelle et politique européenne qui a soutenu l’occidentalisation ou américanisation de la culture européenne. Si nous comparons la littérature européenne et celle de l’Italie de ces dernières années avec celles des années Trente, nous pouvons remarquer que beaucoup d’écrivains utilisent une langue beaucoup plus incorrecte, avec de nombreux emprunts à l’anglais. C’est un résultat de la colonisation culturelle que Washington a mené depuis la Seconde Guerre mondiale. Il est intéressant de noter que cette tendance est aussi présente dans les pays de l’ex-bloc soviétique.

RT : Quelle est la ligne italienne qui prévaut dans les rapports avec la Russie ? Les Russes peuvent-ils compter sur le fait que l’Italie joue un rôle pour améliorer les relations entre la Russie et l’Union européenne ?

Tiberio Graziani : Bien sûr, évidemment l’Italie, avec d’autres pays de l’Union Européenne, est un partenaire potentiel de la Russie. Mais pour être un véritable partenaire et pas seulement potentiel, l’Italie devrait avoir une plus grande liberté et la souveraineté politique totale, qu’elle n’a pas pour le moment.

Je voudrais rappeler qu’en Italie il y a plus de 100 sites militaires qui dépendent, directement ou indirectement, des États-Unis, et qui font partie du plan états-unien d’influence et d’occupation militaires de toute la péninsule européenne. Dans ces conditions l’Italie et d’autres pays sont limités dans l’expression de leurs intérêts politiques et économiques. Mais il faut aussi reconnaître que ces dernières années la politique économique du président Poutine, d’abord, et de l’actuel président Medvedev, a jeté les bases pour que l’Italie devienne un véritable partenaire de Moscou, pas seulement d’un point de vue économique mais aussi du point de vue politique et, je crois, militaire. L’Italie est située dans la zone méditerranéenne et elle occupe une position stratégique importante. En outre sa position centrale est aussi fondamentale à un niveau géopolitique, par rapport à l’Afrique du Nord et au Proche et Moyen-Orient. Il serait juste qu’elle l’utilise à des fins d’intégration eurasiatique.

Je crois que le relations entre la Russie et l’Italie vont en s’améliorant : les entrepreneurs italiens sont en tain d’aller dans la bonne direction, parce qu’ils arrivent à dépasser les limites imposées par un pouvoir politique qui vient directement de Washington et Londres.

RT : Vous êtes très critique à l’égard de Washington, et vous décrivez les États-Unis presque comme une nation impériale. Mais nous ne vivons plus, désormais, dans un monde unipolaire.

Tiberio Graziani : Je suis très critique à l’égard de Washington parce qu’il a inclus l’Europe dans son propre espace politique et la considère comme une tête de pont pour attaquer tout le sol eurasiatique. Cela me rend critique, mais il faut naturellement aussi toujours tenir compte de l’importance et de la signification des États-Unis. Et les États-Unis devraient comprendre aussi que l’époque où ils étaient une super-puissance est terminée. Actuellement, au 21ème siècle, nous avons au niveau géopolitique un système multipolaire avec la Russie, la Chine, l’Inde, les États-Unis et certains pays d’Amérique du Sud, qui eux aussi sont en train de créer leur entité géopolitique : je fais référence au Brésil, à l’Argentine, au Chili, au Vénézuela et évidemment aussi à la Bolivie. En particulier, la plus grande liberté dont jouissent ces pays sud-américains peut permettre à l’Union européenne de quitter le bloc occidental dominé par les États-Unis et par la Grande-Bretagne.

RT : Vous connaissez les ponts chauds de l’Europe et les régions séparatistes. Vous avez fait partie des observateurs des élections en Transnistrie. Il y a une île au large de la Sardaigne en Italie (Malu Entu) qui vient juste de déclarer son indépendance, qui dit s’inspirer de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Existe-t-il une formule universelle avec laquelle on peut aborder la question du séparatisme ?

Tiberio Graziani : Les questions sont complètement diverses. En Sardaigne il y a un mouvement politique séparatiste, mais en Italie d’autres séparatistes /sécessionnistes siègent maintenant au Parlement et sont au gouvernement. Pour ce qui concerne la Transnistrie [2], il est nécessaire d’évaluer la situation du point de vue géostratégique. La Moldavie et la Roumanie ressentent le poids des États-Unis et de l’OTAN. Le conflit de la Transnistrie fait partie de ceux qu’on appelle conflits gelés. Je pense que l’indépendance de la Transnistrie serait intéressante, parce que dans ce cas-là elle deviendrait une zone où les États-Unis ne pourraient pas entrer. Ce serait un territoire libre du pont de vue eurasiatique, car la Transnistrie aurait sa souveraineté. Je n’analyse pas cette république sur la base de son gouvernement actuel. Je me borne à en analyser sa situation géostratégique et géopolitique. Car si la Transnistrie est une république autonome cela signifie que, sur son petit territoire, il n’y a pas de bases de l’OTAN.

Note de l'Editeur :  Un article qui prend toute son importance à l'heure des troubles en Moldavie ou se trouve la Transnistrie .

Liens : Article original publié le 30 Mars 2009 sur Geostrategie.com .
           Eurasia - Rivista di studi Geopolitici

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Rédigé par DanielB

Publié dans #Le " Nouveau Grand Jeu "

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Publié le 8 Avril 2009

J'ai trouvé dans mes archives personnelles ce petit texte du Reverend Père Henri  Lacordaire à propos de la Guerre de Crimée  et je tiens absolument à le publier sur ce blogue . Pour plusieurs raisons :

1- Il y est effectivement question de Géopolitique , en l'occurence de l' " endiguement " de la Russie et de la Turquie , alors l' Empire Ottoman ou la " Sublime Porte " .
Le RP Lacordaire nous donne ici sa vision personnelle du " Grand Jeu " .
De la même manière sa description historique du " balance of powers " en Europe depuis Charlemagne est saisissante .


2- L'influence des religieux neo-conservateurs Etasuniens a été tres importante ces dernières années sur la politique étrangère des Etats-Unis . De la même manière , Napoleon III considérait la Guerre de Crimée comme une croisade du " bien contre le mal " . Et pourtant , le RP Lacordaire qui soutient cette guerre était un " libéral " selon les critères de l'époque .On a dans ce texte une justification geopolito-religieuse du concept de " Guerre juste " .

3- A l'heure ou se pose le problème de l'entrée de la Turquie dans l'UE et ou l' "Occident " essaye de reouvrir une nouvelle " Guerre froide " contre la Russie , ce texte garde toute son actualité .

4- Mon fils est en Terminale chez les Dominicains à Marseille . J'en profite ici pour rendre hommage à l'excellence de l'enseignement dans cette institution en général et en Histoire et Geographie en particulier .
LACORDAIRE a developpé un projet d'enseignement de la géopolitique pour ses élèves préparant les IEP  constatant leur manque de culture dans ce domaine .
Bon , mon fils lui se prépare à des études scientifiques , et je ne peux que me joindre à ses enseignants qui déplorent le manque de culture des " jeunes " dans ce domaine .............

5- J'ai eu l'occasion de montrer ce texte à un de ses " directeurs de conscience " , un prêtre enseignant ( d'Histoire-Géographie ) qui a doucetement rigolé . Un peu moins lorsque je lui ai appris qu'un prêtre Dominicain Italien , Giovanni Battista Boetti , s'était converti à l'Islam pour combattre la Russie en Tchétchènie sous le pseudo de " Cheik Mansour " .



«  Vous me demandez ce que je pense de la guerre d'Orient . Je la crois juste .C'est une grande chose que l'union de la France et de l'Angleterre contre l'arrogance du schisme et du despotisme . La loi des nations chrétiennes est de ne pas permettre dans le monde à une domination unique comme au  temps de l'Empire Romain .
C'est pourquoi tout ce qui dans l'Europe régénérée a tendu à cette ambition démesurée a toujours rencontré un insurmontable obstacle . Charlemagne a lui même divisé sa succession ; Les papes ont heureusement combattu le développement du Saint Empire Romain ; La France pendant un siècle et demie , de Charles Quint au traité de Westphalie , a travaillé à l'abaissement de la Maison d'Autriche , héritiére de deux mondes ; L'Europe s'est coalisée contre Louis XIV , et elle a jeté à bas Napoléon : C'est le tour de la Russie .Le branle est donné , et , quoiqu'il arrive aujourd'hui , la route est tracée : La Russie n'ira pas plus loin , et , si elle s'obstine follement dans les desseins condamnés de Dieu , elle y périra .Cependant je ne pense pas que les Turcs doivent demeurer longtemps en Europe . Dieu poursuit deux buts : Leur expulsion et la restriction de la Russie . Ces deux buts semblent contradictoires , mais Dieu fait marcher de concert ce qui semble se combattre , et la sérénité est dans les flancs de l'orage .Attendez donc à voir la Russie abaissée et la Turquie chassée .
Si ce n'est demain , ce sera après demain !  »


Rév.Pére Lacordaire
Toulouse le 6 Mars 1854

 




Liens :  Site sur Napoleon III

Bibliographie : Vitale Serena : " L'imbroglio del Turbante
                         Revue " Napoleon III "

Articles associés : ATTENTION CHEF D'OEUVRE

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Rédigé par DanielB

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Publié le 27 Mars 2009

Abstract : The Heritage foundation has published , under the supervision of Dr.Ariel Cohen , a new report of recomandations to the Obama administration on how to engage Russia in Eurasia .
This is a dubtious melting of traditionnal bellicose Neo-Con policy and of the so-called " smart power " .
The main threat seems to be the Russo-Chinese alliance in the frame of the SOC .
But as this report concludes , promoving democracy in the world and especially in Russia  is only a " byproduct " for Us think-tanks of the main task : reinforcing Us global hegemony .Even on the arctic issue , the Western allies are seen as tools of Us interests .


L'Heritage Foundation vient de publier un nouveau rapport de recommandations destinée  à la présidence Obmama concernant la Russie et l'espace Eurasiatique . Celui ci ,un rapport collectif , est dirigé par le Dr Ariel Cohen célèbre sur ce blogue .
J'oserais écrire : Rien de nouveau sous le soleil . Ce rapport est un curieux mélange de recommandations neo-cons : Développer l'espionnage concernant la Russie [ bien sûr camouflé sous le vocable de recrutement de spécialistes universitaires de la Russie ] ( 1 ) ] , de la propagande  ( 2 ) ,  renforcer le réarmement de la Géorgie ( 3 ) , et la militrisation de l'Asie  ( 4 ) , exclure la Russie du G-8  ( 5 ) mélangé à une politique de la  " carrotte et du bâton " pompeusement appelée " smart power " qui se base sur la  " linkage diplomacy " , c'est à dire  l'octroi  d'avantages économiques à des concessions politiques.
Un dispositif concernant particulièrement la politique au proche et au Moyen-Orient qui se manifeste par une succession de " if - then " mais toujours accompagné du verbe " must " lorsqu'il s'agit de la Russie et la contre-partie accordée est présentée comme une " récompense " -" rewarded " - (6).
La préoccupation sur le rôle de la Russie au proche-orient est liée certinement à la possibilité de déploiements qu'elle trouve desormais dans la région ( carte p° 28 )
Les deux grandes préoccupations affichées par ce rapport sont les liens énergétiques que la Russie tisse avec l'Europe , principalement dans le domaine gazier et qui " mettent en danger le lien transatlantique " ( lire l'asservissement de l'Europe aux intérêts Etasuniens ) ( 7 ) et la présence de plus en plus croissante de la Russie en Asie et sa coopération avec la Chine . Deux études y sont spécialement consacrées .
Trois si le chapitre 9 écrit par Ariel Cohen sur le dossier de l'énergie concerne principalement l'Europe et sa supposée dépendance vis  " à vis de la Russie sur le plan énergétique .
Il n'y a rien à développer de particulier sur ce sujet car les remèdes " proposés ,  construction du gazoduc Nabucco et de terminaux de GNL , augmentation de la présence Etasunienne en Asie-centrale ( 8 ) et en particulier en Azerbaïdjan ou Mr Dick Cheney a si piteusement échoué en Septembre de convaincre M. Aliev re reprendre ses flux d'exporattions via le BTC ( Bakou - Tblissi - Ceyhan )  sont constamment reprises par la presse Anglo-Saxonne , The Economist est cité comme référence , ou l'European Council on Foreign Relations qui sont des " faux nez " des " think-tanks " comme l'Heritage Foundation .A cette aune , l'Europe devrait même ouvrir des centrales à charbon ! (9)

L'une des principales craintes exprimées est la possibiité d'une alliance stratégique entre la Russie et la Chine qui se ferait sur le dos des Etats-Unis dans le cadre de l'OCS (10 ) . La nature des manoeuvres militaires conjointes entre la Chine et la Russie ne laissent pas de doutes aux auteurs sur la qualité de l'adveraire potentiel (11)

p°34- " The neglect and overturning of that principle remains a distinct possibility, and preventing the realization of such an alliance should be a fundamental U.S. strategic goal of the Obama Administration."


Je vous conseille ici de lire le dernier arcticle de Pepe Escobar " Liquid war : Welcome to Pipelineistan "qui analyse parfaitement les enjeux d'une telle alliance .

Pour éviter une telle alliance ,plusieurs stratégies sont proposées :


1- Détacher la Russie de ses partenaires asiatiques ( Le Japon est cité certainement en tant que client du terminal méthanier de Sakhaline  ) et créer une alliance asiatique anti-Russe en  montrant ces pays menacés par un catel du gaz mené par la Russie et l'Iran  (12)
2- Rapprocher la Russie du Japon en favorisant la resolution du conflit des Kouriles ( 13 )
3- Utiliser la Russie comme un levier contre la Chine dans le cadre d'une globalisation des accords de limitation des armes nucléaires ( 14 )


Le dossier energétique Russo-Chinois sera particulièrement intéressant à suivre puisque selon ce rapport la résolution des quelques tensions qui y apparaissent de temps en temps pourraît donner un caractère vraiment stratégique à l'alliance Russo-Chinoise (15) - La Chine vient d'accorder un crédit de 25 milliards de dollars à deux sociétés pétrolières Russes en échange dun accord de livraison sur 20 ans .

Sur le plan militaire , l'intervention Russe en Géorgie en Aout 2008 semble laisser un gout amer aux experts
de l'HerItage Foundation , en particulier sur la mauvaise surprise qu'à constitué la capacité Russe à surprendre stratégiquement (  l'OTAN et les Etats-Unis ) ) en menant une offensive en "tenaille" en Abkhazie ainsi qu'en maitrisant les opérations combinées et la cyberguerre  (16).
Les amateurs d'histoire militaire devraient pourtant savoir qu'il s'agit là d'un grand "classique" de l'art militaire SovIétique .
Une autre opération semble être restée en travers de la gorge des experts de l'Heritage : Le raid d'une unité de RUSBAT mené sur Pristina au lendemain de l'accord d'armistice conclu entre l'OTAN et la Serbie par celui qui est desormais président de la République Ingouche . La télévision Russe ( Pervyi Kanal - Vesti Nedeli ) a consacré dimanche dernier un reportage spécial sur ce fait d'armes .(17)

On signalera aussi sur le plan économique que les entreprises Russes sont les principales productrices d'aciers spéciaux aux Etats-Unis , un secteur qui aurrait pu disparaître sans les capitaux et l'expertise technique Russe (18)

Mais que l'on ne s'y trompe pas ! " Défendre l'Europe " contre le monopole gazier Russe ou " promouvoir la démocratie en  Russie " ce ne sont que des " produits dérivés  " de l'objectif final qui est la défense de la
" primauté " Etasunienne dans le monde .
C'est écrit noir sur blanc à la page 58 :( à la fin du rapport , donc cette conclusion concerne le rapport et non pas le chapître )
"
These steps should be pursued for their intrinsic value to U.S. interests rather than as a way to influence Russia’s long-tem development. However, as an important byproduct, they will likely promote democracy in Russia."

Cela concerne aussi le " dossier arctique " puisque les états membres - hors Russie - du Conseil Arctique ( et de l'OTAN ) doivent servir à défendre les interêts des Etats-Unis dans la région
p°53 - "
The U.S. will need to reachout to Canada, Norway, Denmark, and—wherever possible—Russia. Diplomacy and cooperation with Canada and European allies will serve U.S. interests in the region."

L'arctique bien sûr occupe une place de plus en plus grande dans ce type de rapports - C'est le " bon docteur " Ariel Cohen qui au sein de l'Heritage en est le spécialiste maison .
Elle y est vue sous sous un aspect stratégique comme le lieux d'exercices pour l'aviation straègique Russe (p°14) et d'une volonté de la Russie de " harasser " les Etats- Unis mais aussi sous son aspect économique : La grande réserve de pétrole et de gaz de la Russie - P°48 [ Russia has the natural leverage, geologically and geographically. Russia boasts the largest proven natural gas reserves (1,688 trillion cubic feet) and the seventh-largest proven oil reserves (60.0 billion to 74.4 billion barrels) in the world, and large areas of eastern Siberia and the Arctic are still unexplored.]

L'importance accordée à l'arctique se traduit par la présence d'une carte montrant les rivalités territoriales entre la Russie et les Etats-Unis dans la règion [ U.S. and Russian Interests in the Arctic- Carte p°52 ].


Les recommandations sont des plus classiques et ont déja été abordées sur ce blogue:
1- Suivre les directives de la " Doctrine Arctique " promulguée par le Président Bush avant son départ.
2- Renforcer la capacité opérationelle de la Garde-Côtière Etasunienne et la doter de nouveaux matèriels dont,bien sûr, des brise-glaces (19).


Enfin ,et on l'a vu plus haut , lancer contre la Russie les états riverains de l'arctique . Une vieille marrotte d'Ariel Cohen puisque celui-ci recommande cette politique dés sa première publication sur le sujet , en Aout 2007 .


In fine , ce rapport est un curieux mélange de politique belliciste et de recommandations plus libérales comme la suppression de l'amendement Jackson–Vanik p°58 ou l'appel à une coopération économique renforcée  p°45 - Peut être est ce du au fait  qu'il est écrit à " plusieurs mains " et qu'il traduit une lutte d'influence entre les " colombes " et les " faucons " au sein de ce temple du néo-conservatisme Etasunien qu'est l'Heritage Foundation . Peut être est ce le désarroi de la nouvelle administration et de ses conseillers face à la résurrgence de la Russie et l'émergence d'une alliance entre la Russie et la Chine ?



Consulter de tels rapports est une tâche ardue mais riche d'enseignements . Bien sûr il ne s'agit pas de la politique officielle du gouvernement Etasunien mais des recommandations de ce qui ce fait de plus néo-conservateur au sein de l'appareil politique d'outre-atlantique . Toutefois l'observation de l'actualité montre que ces recommandations sont souvent appliquées , souvent dans leurs recommandations les plus bellicistes .
Il est en tout cas utile de montrer que les " conseils " reçus , sur notre polittique énergetique par exemple , par nos " amis  de 60 ans " ne sont pas donnés du fait de l'atruisme des dirigeants Etasuniens mais servent avant tout à défendre les interêts des Etats-Unis .


Nota : Le numéro des pages est celui du document , pas cellui affiché par le lecteur de fichiers .pdf .

(1) p°9 - The Need for Strategic Intelligence and Knowledge - Chapître 1

p°13 : "The Office of the Director of National Intelligence (DNI) should direct a deep inquiry into the adequacy of the U.S.
. national intelligence effort on Russia, including the adequacy of the surrounding analytical environment in think tanks, intelligence contractors, and academia"

p°11 : "
This requires an effort bythe U.S. national intelligence collection, counterintelligence, and analytic establishment, which is not now taking place for lack of priority resources and expertise. Fortunately, this is an effort that can rely largely on open and readily accessible sources of information."

( 2 ) p°58 -"Expand and make more effective use of the instruments of soft power, such as cultural exchanges and international broadcasting, which promote pluralism and democratic development."

( 3 ) p°3 - "Fulfill U.S. commitments to support Georgia’s economy and gradually assist in rebuilding its militaryforces, using the January 2009 Strategic Partnership Charter between Georgia and U.S. and Partnershipfor Peace programs "

(4) p°5- Preserve American leadership and military predominance in Asia. Continued American leadership provides an umbrella that allows other powers to contribute to regional prosperity without permitting regional rivalries to spin out of control.

(5) p°58 -"  Call for strong sanctions if Russia continues to systematically use its business entities as a foreignpolicy tool
. One possible sanction would be expelling Russia from the G-8."

(6) p°41 - If Moscow demonstrates a major change in its foreign policy, especially in the Middle East, then that policy transformation should be rewarded by the United States. Specifically, Moscow must...........

(7 p°47- "It is the largest supplier of natural gas to the European Union and, as the January 2009 conflict involving the EU members and Ukraine demonstrated, is using this dependence as a foreign policy tool to drive wedges between European capitals and Kyiv and between Europe and the United States "

(8) - Adopt a nuanced approach to regimes that are not currently on good terms with the United States.The U.S. should emphasize common security interests, especially geopolitical balance, fighting Islamist terrorism, and cooperation in supplying NATO troops in Afghanistan. The U.S. should also pursue military-to-military and security cooperation and promote energy security.

(9) p° 53 - Demonstrate American leadership in energy diplomacy in the Caspian and Central Asian regions.

Specifically, the U.S. should support the construction of the Nabucco and Trans-Caspian Pipelines, which would bring gas from the Caspian basin to Europe via Azerbaijan and Georgia. The U.S. shouldoppose any excessive dependence of its allies on Russian energy exports and should encourage application of the European anti-trust legislation against Gazprom. Washington should encourage European capitals to develop and implement a joint policy in their energy dealings with Moscow.

Encourage European countries to construct more LNG terminals. Importing gas from Qatar, Algeria, and Nigeria would diversify their sources of natural gas. Moreover, Germany, Italy, and other countries should be encouraged to develop coal, nuclear power, and competitive renewables as sources of affordable electricity.


(10) p°34 -" For these reasons, many scholars and analysts have warned that perhaps the greatest possible strategic threat that the U.S. could face is a Russo–Chinese alliance that combines Russian military technology and energy with China’srising power. Some other observers fear that such an alliance has already been consummated or that Asia could develop into opposing bipolar blocs "

(11) - p°30 - The maneuvers were a classic, World War II–style combined operation that had little to do with its proclaimed anti-terrorist goals.

 

 

(12) Work with EU members, Japan, China, India, and other countries to develop a clear global policy to limit cartelization of the gas sector. This could be accomplished through the International Energy Agency, which China and India should be invited to join.21 The U.S. should also work with GECF members (e.g., Azerbaijan, Canada, the Netherlands, and Norway) that oppose Russian–Iranian domination to prevent cartelization of natural gas.)

p°34 - Explore opportunities to enhance energy cooperation with all of Asia’s major energy consumers

China, India, Japan, and the ROK—to create countervailing pressures to reduce energy prices and to disseminate best practices and new technologies for saving energy and for alternative energy sources. In effect, this should include measures to bring China and India into closer cooperation with, if not membership in, the International Energy Agency. In conjunction with arms control policies sketched above, this would also reduce China’s and other states’ need for Russian energy and pressure Russia to follow more transparent and marketized practices in Asia.

Essentially, this program would exploit the troubled energy ties between China and Russia, the Achilles’ heel of their relationship, to bring China closer to the U.S. Such a policy would also reduce the threat that China feels is posed by the U.S. Navy’s potential to close off its energy shipments through the Strait of Malacca. If Russia wants to sell energy in Asia as it professes to, then it will have to do so through moretransparent actions than has hitherto been the case. This would also force it to develop Siberia and theFar East (if it can) through more transparent methods.


(13) p°35-  Encourage a resolution of Russo–Japanese differences, particularly differences over the four Kurile Islands, so that Russia has options in Asia other than China and so that Japanese–Russian energy cooperation can go forward.

(14) - p°34 Globalize the strategic arms control process following ratification of a new treaty with Russia to bring China into the process. This would give the U.S. some measure of influence over China’s nuclear andmissile modernization.

(15) p°33 - While Russo –Chinese energy relations have been difficult, reconciling these issues would lay the groundwork for a full-fledged alliance, in reality if not in name. - Voir note 11 p°34 .

(16 ) p°13 -  First, it demonstrated the success of Russian military reforms in 2003–2006, which allowed theKremlin to rapidly airlift a division of paratroopers from the center of the country to its periphery within 24 hours.

• Second, it displayed the General Staff’s ability to organize command and control of a combined arms effort of land, sea, and air forces in mounting effective and rapid operations.

• Third, it again revealed Russia’s intention of using cyberwarfare to prepare for war, similar to what it did in Estonia, and to integrate it successfully with combat operations.

• Fourth, Russia is capable of achieving strategic surprise, as Georgia expected an attack in Abkhazia.

• Fifth, Russia remains by far the strongest military power in the Commonwealth of Independent States (CIS), and its willingness to use military force in defense of its interests cannot be doubted


(17) p°13 -  as previously shown by the two Chechen wars and the Pristina (Kosovo) operation of 1999 and confirmed by this war .
Commentant la présence des unités de RUSBAT à Pristina , M. Bernard Kouchner s'est écrié : " Maintenant on  a les Russes sur les rivages de l'Adriatique "

(18)- p°44- This influx of Russian investment and technological experience has helped to prop up U.S. steel factories that might otherwise have been forced to close .


(19) p°53 - Implement the U.S. Arctic policy formulated in the 2009 Presidential Directive on the Arctic bringing together the Departments of Defense, State, Interior, and Energy.

  Provide the U.S. Coast Guard with a sufficient operations and maintenance budget to support an increased, regular, and influential presence in the Arctic.

Accelerate the acquisition of U.S. icebreakers to support the timely mapping of the Arctic Outer Continental Shelf and the Arctic in general to advance U.S. national interests

The U.S. will need to reach out to Canada, Norway, Denmark, and—wherever possible—Russia. Diplomacy and cooperation with Canada and European allies will serve U.S. interests in the region.

Liens :  Russia and Eurasia , a realistic policy agenda for the Obama administration .
               Doctrine Arctique des Etats-Unis  
               Rivalités territoriales entre les Etats-Unis et la Russie dans l'arctique

               Le reportage de Vesti Nedili sur le raid de RUSBAT sur l'aéroport de Pristina

Article associé : Ariel Cohen : La haine en Heritage(.org )



 

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Rédigé par DanielB

Publié dans #Le " Nouveau Grand Jeu "

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Publié le 26 Mars 2009

Abstract : Pepe Escobar is back ! In an astonishing article , following the steps of Anton Zischka , he describes the hidden face of the " New Great Game" wagged between the SCO and NATO in Central Asia for the control of oil and gas  . The key for the SCO and th BRIC to win this war is a " Grand Alliance " between Russia and China .


Pepe Escobar est de retour !

Dans cet article ( En Anglais ) , il nous livre une vision nouvelle du" Nouveau Grand jeu "
Pour ceux qui connaissent , c'est une version moderne de " La guerre secrête pour le pétrole " d'Anton ( Antoine ) Zischka . Tout comme son illustre prédecesseur il a rencontré " ceux qui comptent " . . Tout comme son illustre prédecesseur , il s'est lancé sur les traces de l'or noir en Eurasie .

Avant de vous livrer l'article d'un universitaire Grenoblois sur le même sujet  paru sur tous les blogues " politiquement incorrects" - voir la liste dans le bandeau à gauche - voici " brut de décoffrage " l'article de Pepe dans son style inimitable .
Du miel pour les amateurs de Pan-ismes . Attachez vos ceintures !

Les grandes lignes directrices en sont :

1- Les prix des hydrocarbures n'ont aucune importance - L'important c'est de disposer de réserves .
2- Obama va s'aligner sur la politique de " Zbig " en Eurasie
3- Il va falloir controler le " Pipelineistan " cad les pays exportateurs et les pays de transit
4- La competition va s'exercer principalement au Proche-Orient et au Moyen -Orient , en Asie Centrale , dans le bassin de la Caspienne , en Afrique ( Nigeria , Angola , Soudan )
[ J'y rajouterais modestement l'Amerique Latine avec le Mexique , le Venezuela , la Bolivie et l'off-shore profond Brésilien - Je m'étonne que " Pepe " ait oublié le Brésil ]
5- Les Chinois ont " tiré les premiers " dans cette nouvelle course en créant avec les Russes l'Organisation de Cooperation de Shangaï ( OCS )
6- A cette organisation se sont joint les Energie-Stans d'Asie Centrale convoités par les Etats-Unis
7- Cette organisation fonctionne comme une " couverture " de securité face à l'Afghanistan
8- Une attaque contre l'Iran serait vue à Moscou , Pekin et New-Delhi comme une attaque contre les projets d'integration asiatique que l'OCS représente .
8 - Pendant que l'administration Obama essaye de développer sa nouvelle politique en Eurasie , la Chine essaye de reconstituer une " route de la soie " petrolière depuis le bassin de la Caspienne ( Energie-Stans , Russie , Iran ) jusqu'au Xinjiang
9- Les objectifs de l'OCS se sont élargis depuis sa fondation . Celui-ci est de contrôler desormais le " Pipelineistan " sur tous ses axes .
10- C'est la mission  que les Etats -Unis voudraient assigner à l' " OTAN global "
11 - Les conflits sont inevitables entre la dyade Chine -Russie ( SCO ) et l'OTAN dans cette région
12 - Selon les Chinois , l'OCS est perçue comme une alliance extraordinaire sur le plan historique entre cinq cvilisations non-occidentales : Russe - Chinoise - Musulmane - Hindoue et Boudiste capables de s'entendre pour une architecture de sécurité en Eurasie .
13 -Selon lesChinois , le " nouvel ordre mondial " du 21eme siècle sera constitué autour du BRIC : Bresil - Russie - Inde - Chine associé à une Triade Islamique ( Iran - Arabie Seoudite - Turquie ) et à une Amerique Latine unifiée et séparée de l'influence  Etasunienne  pour former un BRIC-Plus .
14 - la clef de voute de cet édifice est une " Entente Cordiale" ( En Français dans le texte ) entre la Chine et la Russie .
15 - C'est l'agression contre la Yougoslavie par l'OTAN et les Etats-Unis  qui a fait comprendre aux Chinois la veritable nature de cette " Grande Guerre " : Une guerre perpétuelle pour le contrôle des sources d'énergie .




Lien : Liquid war: Welcome to Pipelineistan
          L’ORGANISATION DE COOPERATION DE SHANGHAI : UN ADVERSAIRE DE L’OTAN OU BIEN PLUS QUE CA







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Rédigé par DanielB

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