oceanographie

Publié le 26 Mai 2022

Toute personne intéressée par l'histoire militaire se souvient de ces célébrissimes " chalutiers Russes Soviétiques " qui étaient équipés de moultes antennes et qui avaient pris la mauvaise habitude de naviguer jusque dans l'estuaire de La Loire en face de la " Nef Sésame " à INDRET où était mis au point le Groupe Motopropulseur des SNLE-NG de la classe " Le Triomphant " , en particulier lors des tests des turbines de propulsion et des turbines d'énergie . De la même manière on ne s'étonnait pas , surtout à la rédaction de Ouest-France™ , de les voir pêcher au large de l'île Longue

Tout le monde a aussi certainement entendu parler des " Milices Maritimes Chinoises " , ces flottes de navires de pêche qui pille ...Pêchent dans des Zones Economiques Exclusives contestées dans la Mer de Chine et ailleurs dans des " zones grises " . 

Jusqu'à présent les chefs politiques et les chefs militaires Russes s'étaient abstenus de " mélanger " le civil et le militaire , évitant de donner aux flottes de pêche Russes - tenues par des intérêts privés dont certains très proches du pouvoir central  - et aux navires brise-glaces opérant dans l'Arctique ce caractère dual qui permet en particulier la " guerre hybride " et les " opérations en dessous du seuil " .

Il semble que dans ce monde d'après le 24 février 2022 cela ne soit plus le cas et l' " hybridation " des flottes civiles et militaires est désormais parfaitement accepté et même souhaité par les chefs politiques et  militaires Russes .

C'est en tout cas ce qu'il semble ressortir de la réunion du Conseil Naval qui s'est tenu à l'amirauté de Saint-Pétersbourg en présence du Vice Premier Ministre Iouri BORISSOV le 20 mai dernier pour préparer la publication de la futur doctrine navale de la Fédération de Russie jusqu'en 2035 .

Selon les premiers éléments qui ont été publiés celle-ci inclura de plus en plus des équipages et des navires civils , des infrastructures civiles et il est fort probable que le " tabou " de l'armement des brise-glaces , en particulier ceux à propulsion nucléaire , soit levé . On peut même se poser la question de savoir si la future station dérivante " Severnyi Polus " qui a entamé ces derniers jours ses essais de réception à défaut d'être armée ne sera pas affectée à des missions duales-hybrides car

" l'Océanographie , cela sert , d'abord , à faire la guerre ! " 

Il est difficile de savoir bien-sûr quelle sera la forme exacte de ces " milices maritimes Russes " si elles voient le jour , quelles seront les obligations imposées par exemple aux armateurs de pêche dans l'Océan Atlantique ou dans le Pacifique - Mer d'Okhotsk *- et si par exemple les navires-usine que la Fédération de Russie arme actuellement participeront à cette flotte .

Il est fort probable que les " supers-chalutiers " dont s'équipent les armateurs de pêche Russes soient concernés par cette mesure , tout comme ils le sont en Chine .

On notera ici que le Président Vladimir POUTINE a manifesté un intérêt certain pour cette flotte de " super-chalutiers " lors de la dernière parade navale à Saint-Pétersbourg le 25 juillet dernier , un fait passé inaperçu auprès du MSM qui s'était focalisé sur l'aspect " militaro-militaire " de la question . Dans cette branche d'activité  l'imposition des sanctions obligera aussi les armateurs et chantiers navals Russes à compter de plus en plus sur des ressources nationales .

Il est aussi difficile de déterminer le statut imposé aux armateurs et aux équipages en temps de guer... D'opération spéciale . On peut  toutefois affirmer que la " dualisation " des flottes de pêche - par exemple pour des missions de renseignement - ne fera qu'inciter les états qui accueillaient les navires de pêche Russes pour décharger leurs prises et qui ont imposé des sanctions sous la forme d'une interdiction de relâche à ne pas les lever .

Dossier à suivre donc ! 

* De nombreuses voix se font entendre en Russie pour dénoncer la " Ligne BAKER-CHEVERNADZE qui délimite la frontière dans le détroit de Béring . 

Extension du domaine - maritime - de la lutte : Vers des " Milices maritimes Russes " ?
Des futures unités des " Milices maritimes Russes " ? Des futures unités des " Milices maritimes Russes " ?

Des futures unités des " Milices maritimes Russes " ?

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Publié le 23 Avril 2022

C'est la confirmation de l'hypothèse que j'avais formulé dans mon premier article sur le croiseur  MOSKVA  ainsi que dans l'article dans lequel je vous avais parlé de l'hypothèse formulée par le capitaine de 1er rang Sergueï GORBACHEV : Une mission d'inspection puis très probablement une mission de récupération de composants sensibles sur l'épave du croiseur et très certainement de destruction de cette épave vient d'être lancée par la flotte de la Mer Noire .

A priori il n'y aurait rien d'exceptionnel quand à la difficulté de cette mission - mise à part qu'elle se déroule dans une zone d'opération des armées - sauf que cette mission nous ramène plus d'un siècle en arrière , il y a exactement 110 ans ,  au débuts de ce que l'on nomme désormais le " seabed warfare " . Une histoire dont je vous avais donné les grandes lignes aussi sur ce blogue .

Le navire d'assistance KOMMOUNA vient d'être dépêché sur les lieux du naufrage du MOSKVA . Il n' y aurait rien d'exceptionnel si le KOMMOUNA n'était pas le navire de guerre en service le plus ancien au monde puisqu'il a été lancé en 1912 , c'est à dire sous le règne du Tsar Nicolas II . Son activité opérationnelle a commencé en 1915 dans la Baltique et il a participé à d'innombrables missions sous tous les " Tsars Rouges " , de LÉNINE à BREJNEV. Cette actualité pourrait être regardée par la " petite lorgnette " , avec mépris comme le font le MSM et la blogosphère Défense & GP en particulier Francophone , mais j'estime qu'il faut la traiter avec plus de sérieux comme le fait - presque - toujours H.I. SUTTON dans son blog " Covert Shores " . 

La genèse de ce navire et son architecture caractéristique de type " catamaran "sont intimement liés à l'émergence de l'arme sous-marine au début du XX éme siècle et à la nécessité de porter secours à des submersibles en difficulté , le plus souvent avariés ou en panne sur le fond marin . La cause des avaries pouvant être une action de guerre ou une " fortune de mer " comme ce fut le cas avec les sous-marins " Farfadet " et " Pluviôse  " de la Marine Nationale le 23 juillet 1905 et le 26 mai 1910 . Les tâtonnements , les accidents au cours des opérations de secours  et le manque de moyens dédiés ont eu un grand impact au sein des marines de guerre à travers le monde , y compris jusqu'en Amérique Latine au Brésil . A delà du concept de " navire ravitailleur de sous-marins " - submarine tender - le concept d'un navire dédié à des missions de secours et de maintenance des submersibles prenait corps . 

Le " Petit Journal " constitue comme toujours avec les cartes-postales un excellent moyen pour avoir une idée très précise des " moyens et des techniques " de secours de l'époque . J'en profite pour vous donner la première photo sous-marine datant de 1899 . Comme le montrent des CP d'époque le principal accident qui survenait lors des opérations de secours et en particulier de renflouage était le chavirage des barges sur lesquelles étaient installées les grues ou les chaînes de relevage . C'est dû tout simplement au moment de basculement et donc pour éviter ce chavirage il fallait symétriser les efforts au travers de deux pontons placés de part et d'autre du submersible à relever . Dans le cas du Pluviôse le chavirement fut causé par la rupture d'une chaîne de pesage  . L'étape suivante ce fut de réunir ces deux pontons au moyen d'une architecture de type " catamaran " par des fermes métalliques et de créer une darse centrale  . Ces fermes servent aussi de points d'accrochage aux élingues de relevage des charges immergées et aujourd'hui au bathyscaphe AS-28 ( voir schéma de relevage du L-55 )   Il semble d'ailleurs que cette idée existait depuis l'antiquité Grecque et Romaine pour relever des colonnes et d'autres charges  tombées d'un bateau de transport  - une maquette de ces navires-grues est visible dans cette exposition -  comme pour les péniches de débarquement avec les navires huissiers ! 

Il faut ici noter le courage du capitaine Anatoly ISHINOV qui a réussi à convaincre sa hiérarchie de moderniser ce navire en 2018 - alors âgé de 105 ans - et de le garder au service actif . Mis à part un système de positionnement dynamique ce navire est parfaitement " moderne " dans le cadre du seabed warfare contemporain et peut certainement servir de modèle pour la conception d'un successeur . Si l'on veut être rigoureux intellectuellement , l'entrée du KOMMOUNA  dans le Seabed warfare  date de 1967 avec la refonte - je préfère à rétrofit - du navire pour ses 55 ans et sa transformation de navire de relevage sous-marin en navire d'appui à des submersibles de secours et d'exploration sous-marine .

Un navire avec cette architecture en catamaran est en tout cas beaucoup plus fonctionnel dans des missions de support au seabed warfare ( bathyscaphes , drones XLUUV , ROV , ... ) que des navires de la classe  Marcel Le Bihan

Seabed warfare : Retour vers le futur sur l'épave du MOSKVA ! Seabed warfare : Retour vers le futur sur l'épave du MOSKVA !
Seabed warfare : Retour vers le futur sur l'épave du MOSKVA !

La première marine au monde à adopter un tel type de navire fut non pas la Marine Nationale , ni la Royal Navy ou l' US Navy mais la Kaiserliche Marine avec le SMS VULKAN .

Lancé le 28 septembre 1907 et armé le 28 février 1908 , c'est à dire entre les naufrages du " Farfadet " et du " Pluviôse " , il a directement servi de modèle au navire qui allait devenir le KOMMOUNA  !

Je ne reviendrai pas sur les caractéristiques techniques de ce navire - au départ " VOLKHOV -  ВОЛХОВ - lors de sa construction qui est évoquée sur ce site  et sur celui-ci . Juste pour évoquer sa structure en deux coques réunies par quatre fermes métalliques . Il faut noter ici qu'à l'époque le calcul de telles structures " en treillis "  est parfaitement maitrisé comme en attestent des calculs contemporains refaits par ordinateur avec la méthode des éléments finis *. Le " Pape de la RDM " - ou plutôt le " Pope de la RDM " - Stephen TIMOCHENKO aurait participé à sa conception . De la même manière la légende sur la " formule de l'acier PUTILOV™ " qui aurait été perdue après la révolution Russe est à relativiser : Comme le montrent des études métallographiques  réalisées par OAO KOMPOZIT™ sa résistance exceptionnelle à la corrosion proviendrait du brunissage de l'acier SIEMENS-MARTIN utilisé pour sa fabrication . ( voir vidéo )  Des travaux d'entretien réguliers sont toutefois nécessaires car corrosion il y a .

Il faut aussi noter que la propulsion du SMS VULKAN était assurée par deux groupes turbine vapeur-électrique alors que la propulsion du VOLKHOV était assuré par deux diesels . La propulsion du SMS VULKAN  est donc quelque part plus " moderne " que celle du VOLKHOV  devenu  KOMMOUNA  car elle s'adapterait plus facilement à un positionnement dynamique . 

* Diagramme de CREMONA et méthode de RITTER . Débuts des méthodes énergétiques pour les systèmes hyperstatiques et critères de résistance . Il y 20 ou 30 ans le calcul - manuel - de l'élingage d'un submersible aurait été un " classique " en " taupe " ou en BTS-DUT , voir en secondaire . 

Un rêve de Gadzart Steampunk qui aurait " collé " pas mal de "taupins" !
Un rêve de Gadzart Steampunk qui aurait " collé " pas mal de "taupins" ! Un rêve de Gadzart Steampunk qui aurait " collé " pas mal de "taupins" !
Un rêve de Gadzart Steampunk qui aurait " collé " pas mal de "taupins" ! Un rêve de Gadzart Steampunk qui aurait " collé " pas mal de "taupins" !

Un rêve de Gadzart Steampunk qui aurait " collé " pas mal de "taupins" !

Des détails de la coque rivetée et de l'hélice . Comme ça tous ceux qui parlent sans savoir , sauront !
Des détails de la coque rivetée et de l'hélice . Comme ça tous ceux qui parlent sans savoir , sauront ! Des détails de la coque rivetée et de l'hélice . Comme ça tous ceux qui parlent sans savoir , sauront !

Des détails de la coque rivetée et de l'hélice . Comme ça tous ceux qui parlent sans savoir , sauront !

Je ne vais pas vous faire l'historique de toutes les missions du VOLKHOV-KOMMOUNA , juste pour vous rappeler le sauvetage des submersible AG-15 et L-55 qui sont parfaitement documentés photographiquement .  

Il faut aussi signaler la mission de relevage d'un Su-24 en 1977 à une profondeur de 1700 m qui est souvent évoquée à propos de ce navire mais très peu - pas du tout - documentée . Ce n'est pas sans rappeler la mission de relevage du F-35 de la Royal Navy en Méditerranée qui relève bien du " seabed warfare " . 

Aujourd'hui le KOMMOUNA est le navire support de ROV's de fabrication Occidentale et surtout d'un bathyscaphe de type AS-28 . Celui qui fut coincé dans un réseau d'hydrophones lors d'un exercice de la flotte du Pacifique en 2005 et dégagé par un ROV de modèle SCORPIO™ . Ses derniers équipements " Occidentaliens " sont toutefois en voie de " Russification " , en particulier avec des robots sous-marins Russes de type ROV dérivés du MARLIN-350 МАРЛИН-350  qui remplacent les ROVs Britanniques achetés par la Marine Russe

L'épave du MOSKVA vient d'être déclarée comme " patrimoine de l'UNESCO " par le gouvernement Ukrainien qui affirme qu'elle repose sur des fonds marins dépendant de sa juridiction . Rien n'est moins sûr !

Quelque soit cette prise de position qui semble relever d'une argutie juridique il ne faut pas oublier que les fonds marins sont comme la rue : Ils appartiennent à ceux qui y descendent ! C'est même l'adage de base du " seabed warfare " . Si le KOMMOUNA n'est bien sûr pas capable de relever l'épave du MOSKVA , ses capacités de levage sont largement suffisantes pour relever des radars ou des missiles conteneurisés et pour ensuite déposer des charges explosives pour détruire l'épave . 

Un ajout intéressant pour un futur navire de ce type serait de mettre sur une des fermes un bras multiple rotatif  semblable à celui du YANTAR pour la mise à l'eau de véhicules sous-marins .

 

Seabed warfare : Retour vers le futur sur l'épave du MOSKVA ! Seabed warfare : Retour vers le futur sur l'épave du MOSKVA !
Seabed warfare : Retour vers le futur sur l'épave du MOSKVA !

La mission du KOMMOUNA se déroule toutefois dans ce que l'on appelle une " zone d'opérations des armées " , une " zone de guerre " et il doit être protégé contre les attaques , en particulier celles d'une  mosquito fleet  et contre les menaces aériennes ! La position de l'épave permettrait toutefois de le protéger par une " bulle AA " à partir de la Crimée .

Pour terminer cet article je vous invite à aller sur ce site  et sur celui-ci ! Vous en saurez autant , sinon plus , sur le KOMMOUNA que tous les " ôxpôrts "  du MSM et de la blogosphère Défense & GP Francophone qui commentent cette actualité ! 

 

Nota  : Les rédacteurs de ce blog ne répondent à aucune sollicitation de collaboration 

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Maj du 24-04-2022 15h30 : Replacement de " KOMOUNA " par " KOMMOUNA " 

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Publié le 19 Novembre 2021

Désormais le " Seabed warfare "concerne - presque - toutes les activités militaires . 

Sans vouloir polémiquer sur les défauts réels ou supposé de cet avion , lors d'un vol de routine l'un des huit F-35B du N°167 Squadron de la RAF s'est abimé avant-hier dans les eaux internationales de la Méditerranée au moment du décollage du PA HMS Queen Elisabeth entre l'Egypte et Chypre . L'une des premières priorités de la Royal Navy - et bien sûr de ses alliés - semble être désormais la récupération de cette épave ou du mois l'assurance qu'elle ne pourra être récupérée par "personne" ! 

Les " usual suspects " sont bien sûr ici les ... Russes !

Lors de la croisière de l'Admiral Kouznetsov au large des côtes Syriennes dans la lutte contre les terroristes de l'Etat Islamique deux aéronefs ont été perdus lors des manœuvres de décollage et d'appontage , un Sukhoi Su-33 et un Mig-29KR.

Au début de l'année 2017 la Marine Russe a dépêché sur place le navire océanographique YANTAR dont les drones et submersibles ont procédé au " nettoyage " des épaves de tout équipement sensible comme en particulier les systèmes d'identification IFF et les calculateurs de bombardement et à leur destruction .

Il faudra en tout état de cause estimer de manière précise la zone de chute de l'appareil , se poser la question de savoir si il a " plané " dans la colonne d'eau au cours de sa chute vers le fond de la mer Méditerranée avant de se lancer dans toute opération éventuelle de récupération au regard de la bathymétrie locale . L'épave peut livrer des secrets comme l'avionique bien sûr mais aussi son revêtement . Une récupération à la " James Bond " est en tout cas très peu probable et on a très peu de chances d'assister à des combats au poignard ou au fusil sous-marin à air comprimé  entre plongeurs de camps opposés ...

L'opération de récupération se fera très probablement au travers d'une coopération Anglo-Etasunienne , la Grande-Bretagne ne disposant pas des moyens nécessaires sur zone selon The Times .

Les Etats-Unis pourraient ainsi fournir le détecteur TPL-25 ( Towed Ping Locator ) 

L'opération de renflouage pourrait se faire au moyen de bouées qui seraient accrochées à l'épave par des drones sous-marins ou au moyen d'un system FADOSS : Flyaway Deep Ocean  Salvage System .

 

F-35 en péril  : La course des airs vers les fonds des mers à la recherche de l'épave du F-35 .
F-35 en péril  : La course des airs vers les fonds des mers à la recherche de l'épave du F-35 .
F-35 en péril  : La course des airs vers les fonds des mers à la recherche de l'épave du F-35 .

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Publié le 5 Novembre 2021

Comme je l'ai écrit dans un article précédent , " L'océanographie , cela sert , d'abord , à faire la guerre " .

Dans cet article j'ai évoqué le statut des navires de recherches océanographiques dont les missions de recherche présentent désormais presque toutes des caractères duaux , civils et militaires .Si le YANTAR " Russe est clairement identifié comme appartenant au GUGI , que les navires Chinois appartiennent à des organismes étatiques que l'on pourrait qualifier de " duaux " , qu'en est il du " N/O POURQUOI-PAS ? " de l'IFREMER™ qui mène des missions au profit de la Marine Nationale ? 

Au moment même où j'écrivais cet article une nouvelle étape dans ce conflit " froid " de la guerre de la collecte du " Big-Data " océanique venait peut-être d'être franchie avec la saisie à quai depuis le 1er novembre 2021 par les autorités Danoises du navire de recherches océanographiques Russe RV Akademik IOFFE - НИС Академик Иоффе au prétexte d'une action en justice menée par une société de charters Canadienne . Dans une action qui pourrait être assimilée à de la piraterie d'état les autorités portuaires Danoises ont arraisonné l' RV Akademik IOFFE de l'institut océanographique CHIRCHOV de Moscou alors qu'il mouillait dans le port de SKAGEN pour un ravitaillement .

Si ce navire est bien au centre d'un imbroglio judiciaire avec la société de charters Canadienne One Ocean Expeditions Ltd il n'en demeure pas moins que le zèle spécieux avec lequel les autorités Danoises ont procédé à l'arraisonnement du navire et à la saisie des documents de bord cache très probablement une action destinée à se saisir de documents liés à la recherche acoustique en milieu marin . Au travers d'un puits central de 2m de diamètre débouchant dans un compartiment intérieur ce navire était en effet spécialisé dans la recherche sur la transmission acoustique en milieu marin sur de longues distances . Le RV Akademik IOFFE et son sister-ship le RV Akademik VAVILOV qui présentent bien-sûr des caractéristiques identiques sont conçus pour mener ensemble les recherches dans le domaine acoustique de manière à fonctionner comme des " émetteurs/récepteurs monoblocs "  et ceci de manière symétrique . La complexité ne réside pas tant dans la conception de ces dispositifs mais dans leur appariement et leur calibration dans des conditions de mer et de colonne d'eau diverses .

Ces recherches qui si elles concernent par exemple la communication entre les cétacés ont bien sûr aussi des applications militaires . Cette classe de navires est aussi équipée pour assurer la collecte d'échantillons des fonds marins dans une procédure de revendications de souveraineté sur le plateau continental . Le 26 octobre dernier ce navire revenait ainsi de sa 59 éme  mission destinée à étudier les fonds marins avec des collectes d'échantillon . 

Cet arraisonnement cherche ainsi très probablement à priver temporairement la Russie - et surtout la marine Russe - d'un instrument de collecte de paramètres indispensables à la guerre sous-marine et au " seabed warfare " .  Le RV Akademik VAVILOV navigue souvent dans les eaux de puissances Occidentales - et en particulier dans les eaux de pays membres de l'OTAN - dans le cadre de recherches océanographiques internationales . La marine Russe devra désormais tenir compte  de cette possibilité de saisie avant d'autoriser la participation de ces navires à ces campagnes de recherche et envisager une militarisation de ces navires de recherche océanographiques ou alors assurer une protection militaire lors de leurs croisières . De la même manière les deux navires de recherches en cours de construction dans les chantiers navals Russes et dont le lancement est prévu en 2024 doivent intégrer , il est encore temps , la problématique de d'une autonomie accrue et de l'autodéfense . Autonomie accrue pour ne pas être dépendants de ravitaillements dans les ports " Occidentaux " et autodéfense minimum pour faire face à des tentatives d'arraisonnement en mer . 

Le temps des scientifiques est passé , vient celui des militaires et l'acte de piraterie des autorités Danoises vient de marquer la fin de l'ingénuité dans la recherche océanographique . 

C'est la seule leçon à tirer de cet acte de piraterie d'état du gouvernement Danois qui agit certainement de manière servile  sous les ordres de l'OTAN . De la même manière le gouvernement Russe se doit de répondre de manière ferme à cet acte de piraterie en frappant des intérêts Danois , en particulier des intérêts maritimes liés à la " guerre océanographique ". Le théâtre des opérations Arctique est particulièrement adéquat  pour organiser cette riposte . Le Danemark comme la Fédération de Russie est membre du Conseil de l'Arctique et les deux états s'y affrontent régulièrement . Ces deux états sont aussi en conflit quand à la délimitation des zones de souveraineté sur le plateau continental Arctique . Le gouvernement Danois avait aussi essayé à plusieurs reprises de mettre en place des obstacles judiciaires et législatifs pour empêcher la pose du gazoduc Nord-Stream 2 dans ses eaux territoriales  avant de finalement autoriser celle-ci . La 1ére ministresse Danoise Mette FREDERICKSEN a ainsi réitérée son opposition à la mise en service do gazoduc à la conférence COP26.

 

 

 

Piraterie d'état : Le "RV Akademik IOFFE " otage de la " Guerre océanographique " ?
Coupe longitudinale du RV Akademik IOFFE avec localisation du puits et de la chambre anéchoïque pour les recherches acoustiques . Le puits fait office aussi de puits de tranquilisation .

Coupe longitudinale du RV Akademik IOFFE avec localisation du puits et de la chambre anéchoïque pour les recherches acoustiques . Le puits fait office aussi de puits de tranquilisation .

Les deux navires de recherches océanographiques Russes en construction . On distingue sous la quille le débouché des puits destinés aux recherches de propagation acoustique . Il est difficile de savoir s'il s'agit d'une adaptation à la structure existante ou si ces puits auront une longueur réglable - comme dans un tuba - afin de pouvoir disposer d'une impédance acoustique variable ?

Les deux navires de recherches océanographiques Russes en construction . On distingue sous la quille le débouché des puits destinés aux recherches de propagation acoustique . Il est difficile de savoir s'il s'agit d'une adaptation à la structure existante ou si ces puits auront une longueur réglable - comme dans un tuba - afin de pouvoir disposer d'une impédance acoustique variable ?

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Publié le 2 Novembre 2021

Le 2 octobre 2021 lors d'une mission dans la Mer de Chine le submersible USS Connecticut a été contraint de faire surface après avoir " heurté un objet inconnu " .

Après de nombreuses spéculations sur la nature de la structure avec laquelle le submersible serait entré en collision les résultats préliminaires de l'enquête montrent que ce submersible serait rentré entré en collision avec un mont sous-marin non cartographié .

Ce n'est pas le premier accident de ce genre . Le 9 janvier 2005 naviguant près de GUAM l' USS Los Angeles a heurté une montagne sous-marine non répertoriée sur des cartes de navigation non mises à jour . Le dôme sonar est écrasé par l'impact déforme 4 tubes lance-torpilles et endommage 15 torpilles et 4 missiles Tomahawk . L'échouement fait un mort et 24 blessés . 

Leur répétition montre que dans le cadre du " seabed warfare " la cartographie des fonds marins - morpho-bathymétrie - au moyen de drones est plus que jamais d'actualité pour assurer un déplacement sécurisé des submersibles ou pour repérer des voies d'accès à des bastions navals  . Des navires gouvernementaux Chinois ont été ainsi repérés dans l'Océan Indien en train de très probablement cartographier les fonds marins au moyen de drones .

C'était aussi très probablement la mission du navire océanographique Russe " YANTAR " repéré au larges des côtes Françaises et c'est l'une des missions assignées aux futurs XLUUV Russes . Pour la RPC la cartographie systématique des fonds marins est une politique assumée depuis déjà 10 ans . 

Se posera lors la question de la collecte de ces données - le " Big-Data" - et de l'identification des navires qui les collectent . Si le " YANTAR " est clairement identifié comme appartenant au GUGI , que les navires Chinois appartiennent à des organismes étatiques que l'on pourrait qualifier de " duaux " , qu'en est il du " N/O POURQUOI-PAS ? " de l'IFREMER™ qui mène des missions au profit de la Marine Nationale

Se pose aussi la question du statut des navires de commerces civils qui collecteront - collectent déjà - ce " Big-Data " en période de paix ou de conflit déclaré . 

Une pratique que l'on peut dater de l'Antiquité et que par exemple des commerçants Français ont utilisé pour préparer la conquête de l'Indochine en achetant des cartes côtières et des relevés d'amers Chinois et en les annotant .  Quand aux recherches océanographiques ayant un objectif militaire elles datent dans la région des années 20-30 avec les missions Britanniques , Japonaises et Etasuniennes .

Pour paraphraser Yves LACOSTE " L'océanographie , ça sert , d'abord , à faire la guerre !" 

USS Connecticut - Seabed warfare  : " L'océanographie , ça sert , d'abord , à faire la guerre "
USS Connecticut - Seabed warfare  : " L'océanographie , ça sert , d'abord , à faire la guerre "
USS Connecticut - Seabed warfare  : " L'océanographie , ça sert , d'abord , à faire la guerre "
Hypocri-sea : Trois navires de recherches océanographiques qui sous aspect " civil " mènent des missions militaires .Hypocri-sea : Trois navires de recherches océanographiques qui sous aspect " civil " mènent des missions militaires .
Hypocri-sea : Trois navires de recherches océanographiques qui sous aspect " civil " mènent des missions militaires .

Hypocri-sea : Trois navires de recherches océanographiques qui sous aspect " civil " mènent des missions militaires .

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Publié le 27 Septembre 2021

Cela fait parti des projets que j'avais présenté dans un article précédent consacré au " seabed warfare  ", plus précisément sur l'axe Arcto-Pacifique et en Russie 

Viktor LITVINENKO ( ! ) , le directeur adjoint de la recherche du Fond pour la Recherche Avancée  FPI - ФПИ Фонда перспективных исследований , a annoncé à l'agence TASS la mise au point en Russie d'un drone sous-marin destiné à opérer en autonomie sous la banquise Arctique .

Ce véhicule sous-marin - surnommé SARMA - CAPMA destiné à opérer principalement  sous la banquise Arctique a été mis au point en coopération avec le bureau d'étude LAZURIT 

Un démonstrateur fonctionnel de ce drone sera mis au point en 2022-2023 et selon diverses sources sa production en série est prévue pour 2024 .

D'une longueur d'environ 10 m et d'un déplacement de 21 tonnes * ce drone sera capable d'opérer en autonomie sous la banquise avec une autonomie de 3 mois sur une distance de 8000 Km . Il pourra plonger jusqu'à une profondeur de 1000 m. Sa propulsion sera très probablement de type anaérobie ( AIP ) et avec la présence d'une pile à combustible  . Certains articles font ainsi état de " stockage cryogénique de composés chimiques  " Ce drone bénéficierait de l'acquis de technologies spatiales du FPI .

Comme tous les projets liées au seabed warfare ce drone aura des applications duales , civiles et militaires . Pour ce faire il sera modulable en fonction de la mission qui lui sera assignée : surveillance et maintenance des gazoducs et des oléoducs , surveillance et maintenance des réseaux sous-marins de fibres optiques , cartographie des fonds marins , études géologiques mais aussi très probablement patrouilles - armées ou non - sous la banquise pour y détecter des hostiles . Des applications comme le transport sous-marin d'équipements sont même envisagées . Ce drone sous-marin autonome ( AUV ) doit être considéré comme une plateforme universelle configurable en fonction de la mission . Des experts Russes le présentent comme " Le frère cadet du drone militaire Poséïdon " 

 Ilya KRAMNIK de RIAC  souligne l'importance de ce projet dans le cadre de la maîtrise par la Fédération de Russie de l'axe Arcto-Pacifique avec des technologies indigènes . Quoiqu'il en soit l'annonce du développement accéléré de ce drone survient dans le cadre de menaces renouvelées contre la souveraineté de la Russie sur l'Arctique , ou du moins la partie qu'elle peut revendiquer au nom de la CNUDM - UNCLOS .

L'une des particularité de ce drone est qu'il sera reprogrammable en cours de mission . Outre les polynies - étendues d'eau libres au milieu de la banquise -  , les illustrations ci-dessous permettent d'appréhender mieux qu'un long discours les techniques qui seront probablement utilisées . On peut envisager , c'est l'objet d'autres brevets , de sondes aérolarguables munies d'une tête chauffante pour percer la banquise comme pour les foreuses thermiques utilisées en glaciologie . Certaines maquettes laissent envisager l'existence sur le drone d'antenne de communication lors d'une émersion voir d'un " périscope " pour des observations optiques de la surface . D'autres hypothèses font état d'un " périscope chauffant " destiné à percer la banquise pour permettre les communications entre le " monde libre " et le monde sous-glaciaire ( ? )

On peut ainsi envisager l'utilisation de ce drone pour la surveillance " discrète " de la Route Maritime Nord ou Sevmorput et ce sont des missions liées à cette surveillance qui ont lancé ce projet dés 2018 .  Ce drone pourra aussi très probablement communiquer avec un réseau de transducteurs immergés selon les technologies développées par NIIATOLL . ( Voir illustration ) 

Sur le plan de l' "aspect physique" du drone  , une maquette en coupe du SARMA à l'échelle 1:1 a été présentée le 21 juin 2021 au stand VKO ALMAZ-ANTEY au salon INNOPROM 2021 à EKATERINBOURG  ainsi qu'au salon internationale de la défense maritime de SAINT-PETERSBOURG IMDS-2021. 

Lors de cette présentation des voix - issues de la construction navale - se sont fait entendre pour mettre en doute les capacités d'ALMAZ-ANTEY à pouvoir fabriquer ce type de véhicules autonomes sous-marins dans son usine " 70 let pobedy " de NIJNI-NOVGOROD . Le représentant de l'usine a retorqué en citant l'exemple du drone ORCA produit par BOEING™ et en soulignant que son entreprise de très haute technologie dispose de toutes les compétences pour assembler ce système , la conception n'étant pas de la compétence d'ALMAZ-ANTEY . 

L'existence de drones capables d'opérer sous la banquise n'est pas nouvelle puisque le Canada a déjà développé au début des années 1990 de tels véhicules sous marins - THESEUS - mais aux capacités plus limitées . Ce drone était destiné à la pose de réseaux d'hydrophones sous la banquise pour la détection des submersibles Russes . Durant les exercices ICEX 2020 l' USN a déployé un drone Bluefin-21 sous la banquise dans des conditions d'autonomie qui restent à déterminer . 

De la même manière les " cryobots " développés par la NASA™ pour l'exploration des mers sous-glaciaires des exoplanètes pourraient déboucher très rapidement sur des drones sous-marins militaires tout ce qu'il y de plus "  terre à terre ".

La " guerre sous-marine de demain " dans l'Arctique au moyen de drones est bien une réalité , même si elle fait peur à certains états ! 

Ce drone tire son nom de la vallée où coule la rivière éponyme SARMA et qui donne naissance au vent SARMA le plus fort de ceux soufflant sur le Lac BAÏKAL..

 

* Selon les articles de presse .

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Vue générale de la maquette du drone sous-marin SARMA à l'exposition INNOPROM 2021
Vue générale de la maquette du drone sous-marin SARMA à l'exposition INNOPROM 2021

Vue générale de la maquette du drone sous-marin SARMA à l'exposition INNOPROM 2021

Le drone sous-marin SARMA
Le drone sous-marin SARMALe drone sous-marin SARMA

Le drone sous-marin SARMA

Les projets Russes de Seabed Warfare dans l'Arctique et la communication sous-glaciaire avec les drones
Les projets Russes de Seabed Warfare dans l'Arctique et la communication sous-glaciaire avec les drones Les projets Russes de Seabed Warfare dans l'Arctique et la communication sous-glaciaire avec les drones
Les projets Russes de Seabed Warfare dans l'Arctique et la communication sous-glaciaire avec les drones Les projets Russes de Seabed Warfare dans l'Arctique et la communication sous-glaciaire avec les drones

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