Plateau continental arctique: poursuite des investigations

Publié le 15 Juin 2008

Le plateau continental arctique suscite l'intérêt croissant des Etats limitrophes en raison des richesses qu'il recèle. Les chercheurs russes vont développer d'ici 2012 un vaste programme d'études géologiques et géophysiques destiné à conforter le bien-fondé de la Russie de revendiquer le droit d'exploiter une partie de ce plateau, annonce le site nkj.ru.

L'Institut national de Géologie marine de Saint-Pétersbourg, relevant du ministère des Ressources naturelles et de l'Académie des sciences russe, a entrepris d'élaborer un programme de recherches géologiques et géophysiques supplémentaires dans l'Arctique sur une période s'étalant jusqu'en 2012. L'objectif étant que la Fédération de Russie soit alors pleinement en mesure de justifier la nouvelle limite extérieure de son plateau continental.

L'annonce de ce programme a été faite par le directeur de l'Institut pétersbourgeois, Valeri Kaminski. Il a rappelé que la Russie prétendait, au-delà de sa zone économique de 200 milles, à 1,2 million de kilomètres carrés du plateau continental où se situent, potentiellement, des réserves d'hydrocarbures équivalant à au moins 5 milliards de tonnes de combustible conventionnel.

Sur la base des données de la structure générale du fond marin arctique, la Russie a présenté à la commission ad hoc de l'ONU une demande afin que soit confirmée la frontière extérieure de son plateau continental au début du XXIe siècle. Les documents transmis ont été examinés par des experts. La Russie s'est vue recommander de systématiser "une étude discrète des profils sismiques". Il lui a été expressément demandé que la distance entre les profils sismiques réalisés n'excède pas 60 milles marins.

Rappelons que c'est sur la base de l'analyse du temps mis par les ondes sismiques pour parcourir la distance entre la source d'excitation et les instruments d'enregistrement que l'on obtient des données sur la structure interne de la Terre (le temps de parcours des ondes dépend de la densité du milieu qu'elles traversent). Les profils sismiques des formations géologiques sont élaborés et interprétés à l'aide d'un modèle informatique, et l'on obtient ainsi une représentation graphique des formations souterraines.

Valeri Kaminski a rappelé que d'importantes expéditions chargées d'étudier la géologie du bassin arctique avaient été dépêchées dans cette zone dans les années 60 et 70 du siècle dernier, ainsi qu'en 2005 et 2007. Les expériences menées sur place incluaient des sondages sismiques profonds, des mesures sismiques de la couche sédimentaire par la méthode des ondes réfléchies, des profils sismoacoustiques, des observations gravimétriques. Les données collectées ont permis d'établir que les dorsales Mendéléïev et Lomonossov constituaient le prolongement du continent sibérien.

Le directeur de l'Institut de géologie océanique a également annoncé qu'à compter de 2009, par périodes de trois ans, des recherches complexes allaient être effectuées dans l'Arctique à bord d'un navire à propulsion nucléaire, avec la participation d'un remorqueur brise-glace, afin de collecter des données supplémentaires. Elles s'inscriront dans le cadre de la nouvelle demande de ratification des frontières présentée à l'ONU. Selon Valeri Kaminski, un milliard de roubles seront investis dans le programme des travaux hydrographiques des navires du ministère de la Défense. Les études géologiques et géosismiques nécessiteront, elles aussi, un financement du même ordre. La Russie prévoit de s'acquitter des recommandations de l'ONU et de présenter les documents adéquats en 2012

Source : RIA NOVOSTI

Rédigé par P@lp@tine

Publié dans #Geopolitique

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