Stations polaires dérivantes: des missions de plus en plus difficiles

Publié le 15 Mai 2010

La station polaire dérivante russe SP-37 (*) sera arrêtée un peu plus tôt que prévu en raison de la fragilité, grandissante, des glaces de l'Arctique, rapporte le site nkj.ru. Rian.ru annonce pour sa part que ces missions de dérive dans l'Arctique pourraient être réalisées demain à partir de plateformes artificielles.

 

D'ici quelques semaines, un brise-glace atomique ramènera, au terme d'une mission spéciale, les 15 spécialistes russes du Pôle Nord séjournant sur la station polaire Severny Polious-37 (SP-37). Ce départ interviendra un peu plus tôt que prévu. Le problème de la viabilité dans le futur de ces missions à bord de stations dérivantes naturelles est posé.

"Nous avions parfaitement bien choisi la plateforme de glace pour le SP-37 dans le plan d'eau du sous-bassin Amérasien, rapporte Vladimir Sokolov, porte-parole de l'Institut de recherche arctique et antarctique (AANII) de Saint-Pétersbourg et responsable des missions arctiques sous des latitudes élevées. Au début de la dérive, qui a débuté le 7 septembre 2009, la glace avait une superficie de 12 km sur 13, et son épaisseur atteignait par endroits plusieurs kilomètres. La plateforme dérive actuellement dans le bassin canadien par 81 degrés de latitude Nord."

Ces derniers temps, en raison du brusque changement de la vitesse de la dérive, les glaces ont rétréci et des failles ont commencé à  apparaître. La surface de la plateforme de glace a diminué de plusieurs fois, pour atteindre aujourd'hui une taille incompatible avec l'activité d'une station polaire. Les processus dynamiques dans la zone de la station SP-37 se poursuivent. C'est pourquoi la décision a été prise de lever le camp.

Selon le responsable de la station SP-37, les travaux prévus pour étudier l'interaction de l'océan et de l'atmosphère sont tout de même réalisés normalement par les spécialistes, en dépit de ces circonstances extraordinaires. Pour explorer la glace et étudier les conditions météorologiques, les membres de l'expédition procèdent à des lâchers d'aéronefs sans pilote de construction russe. Les informations sont transmises au système d'Etat de télécommunications du Rosguidromet (Services de météorologie russe) puis renvoyées dans le réseau international de l'Organisation météorologique mondiale.

"Les programmes d'études dans le cadre de l'expédition SP-37 développent logiquement l'étude scientifique complexe de l'Arctique sous des latitudes élevées. C'est extrêmement important en raison des modifications climatiques actuelles. Il est nécessaire aujourd'hui de suivre en permanence la situation écologique du bassin Arctique et du système "atmosphère-couverture glaciaire-océan" en temps réel, en prenant en compte les paramètres météorologiques, glaciaires, hydrophysiques, géochimiques et biologiques", explique le professeur Ivan Frolov, directeur de l'AANII.

La glace arctique devient de plus en plus fine, ce qui pourrait amener les spécialistes du Pôle à abandonner les stations de glace dérivantes pour la terre ferme ou des plateformes artificielles, a également déclaré Ivan Frolov.

La station SP-37, qui a commencé ses travaux en septembre 2007, aurait dû fonctionner pendant deux années complètes. Mais au bout de huit mois, la glace qui l'abritait a commencé à s'effriter, et les spécialistes devraient l'abandonner en juin prochain.

"Nous nous heurtons depuis déjà plusieurs années au fait que les glaces sont tout de même devenues plus fines, et nous n'arrivons pas toujours à assurer l'occupation de ces stations jusqu'au terme prévu", a noté Ivan Frolov.

"Nous devons penser à utiliser comme base non plus la glace dérivante, mais une construction que nous pourrions amener sur place et qui ne serait pas soumise à l'influence de la formation de la banquise, des failles et autres", a ajouté Ivan Frolov.

Le patron du Rosguidromet a annoncé également que d'autres options étaient étudiées, comme l'organisation d'une station permanente au cap Baranov (archipel de la Terre septentrionale).

 

(*) La première station dérivante soviétique avait vu le jour en 1938. La deuxième remonte à 1950. Le record de la plus longue durée d'occupation appartient à la station SP-22, qui avait dérivé pendant 9 ans avant de cesser de fonctionner en 1982. La SP-37 est la 6e station russe depuis la reprise de ces expéditions, en 2003, après 12 années d'interruption.

 

D'apres Ria Novosti , article original sur nkj.ru : Российские полярники скоро покинут льдину  

Voir aussi : Thin Arctic ice may see drifting stations on artificial platforms

 

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Rédigé par DanielB

Publié dans #Les Russes dans l'Arctique

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