Publié le 20 Mars 2026
Alors que viennent de se terminer en Iran les les obsèques des 87 marins de l'IRIS Dena torpillé par un submersible étasunien le 4 mars 2026 au large du Sri-Lanka il est nécessaire de donner au lecteur francophone le point de vue de l'un des témoins - involontaire mais décisif - de ce crime de guerre, le Président du Sri-Lanka Mr. Anura Kumara DISSANAYAKE.
Comme le soulignent de nombreux commentateurs régionaux son action politique courageuse en accordant un droit de port neutre au navire IRIS Bushehr conformément aux conventions internationales démonétise considérablement l'Inde , et plus particulièrement l'État BéJiPiste Modien , qui se pose en " fournisseur de sécurité " dans ...l'Océan Indien Le Premier Ministre Mr. Narendra MODI s'était ainsi présenté en octobre 2025 comme le " gardien de l'Océan Indien". Les exercices MILAN 26 étaient considérés par les analystes régionaux comme un aboutissement du " soft power " Indien , ils risquent de devenir un boulet diplomatique. Cette posture diplomatique et stratégique est connue sous le nom de " Doctrine MAHASAGAR " .
D'autres commentateurs soulignent la destruction d'un " système international basé sur des règles " mais peut-être est ce que les États-Unis recherchent , en particulier dans le domaine maritime? Après avoir envisagé le " retour des corsaires " contre le commerce maritime Chinois , l'USN envisage de piéger - en temps de paix - les goulets d'étranglement de ce commerce maritime Chinois par des " mines-torpilles dormantes " de type Hammerhead™ .
Il faut rappeler ici que l'IRIS Dena revenait de l'exercice naval MILAN 26 qui s'était tenu en Inde et que plus de 90% de sa navigation avant son torpillage au large de port de Galle s'est déroulée dans la ZEE Indienne , le long de la côte Orientale - Golfe du Bengale - entre Visakhapatnam où s'était tenu l'exercice et le Détroit de Palk. Les images de fraternisations entre les marins indiens et les marins Iraniens n'en sont que plus embarrassantes pour les chefs politiques et militaires indiens dont le ministre de la défense Rajnat SINGH. La question de l'implication des chefs politiques et militaires indiens dans ce crime de guerre est d'autant plus pertinente , malgré leurs dénégations , que selon les accords Communication Compatibility and Security Agreement ( Comcasa ) et Logistics Exchange Memorandum of Agreement ( LEMOA ) ceux-ci sont tenus de partager des données " sensibles " sur les espaces maritimes.
De nouvelles révélations officielles du chef d'État Sri-Lankais nous apprennent que le 26 février 2026, quelques heures avant le début de l'agression Israélo-étasunienne contre l'Iran , le gouvernement Sri-Lankais avait refusé le stationnement de deux aéronefs étasuniens équipés de missiles anti-navires en provenance de la base de Djibouti pour la période du 4 au 8 mars 2026 . On peut donc supposer avec un certain degré de certitude que ces aéronefs avaient été missionnés pour attaquer l'IRIS Derna et les autres navires Iraniens à l'issu des exercices MILAN 26 , sur leur route de retour. Cette posture diplomatique que l'on ne peut pas ne pas s'empêcher de qualifier de courageuse contraste énormément avec la posture des chefs politiques et militaires français qui autorisent le ravitaillement d'avions militaires étasuniens sur la BA125 d'Istres ( BdR ) en se retranchant derrière des arguments fallacieux.
Certains chefs politiques Indiens de l'opposition n'hésitent pas désormais à soupçonner que les chefs politiques et les chefs militaires Indiens auraient collaboré d'une manière ou d'une autre avec les forces armées étasuniennes , ceci malgré le droit de port neutre accordé à Cochin au navire IRIS Lavan. A minima beaucoup s'accordent comme Mrs. Sonia GANDHI à parler d'une " capitulation morale " du gouvernement Indien.
Il faut noter ci que ce n'est pas la première fois que des navires de guerre Iraniens accostent au Sri-Lanka. Ce fut le cas par exemple avec l' " escale de courtoisie " de l'IRIS Bushehr et de l'IRIS Tonb le 21 février 2024. Déjà en octobre 2024 le gouvernement Sri-Lankais avait autorisé la visite d'un navire-école de la MAPL . Cette visite avait suivi la décision des autorités Sri-Lankaises de mettre en place en 2024 un moratoire d'une années aux accostages des " navires de recherches océanographiques " , ceci après des pressions Indiennes. Peu après ce moratoire a été suspendu pour des autorisations " au cas par cas ".
Contrairement à l'Inde , nation " dotée " de plus de 1 milliard d'habitants qui ne cesse de se surarmer désormais principalement auprès de fournisseurs occidentaliens , le " petit " Sri-Lanka apparaît désormais comme un des rares États de la région à pouvoir se targuer d'être un " honnête courtier " dans la résolution des crises régionales et à ce titre d'être un " gardien" de l'Océan-Indien.
Note de la rédaction : On notera que le Président DISSANAYKE a un narratif proche de celui de Mrs Sônia GANDHI concernant l'assassinat de l'Ayatollah Seyeed Ali KHAMENEI. Il reprend en particulier le concept Hindou de " l'unité de l'humanité " ou Vasudhaiva Kutumabakam qu'elle avait mis en avant .
Particulièrement dans le contexte de ce conflit au Moyen-Orient, ainsi que dans tout différend international, notre position et notre neutralité exigent que nous ne permettions en aucun cas que notre territoire terrestre, nos zones maritimes ou notre espace aérien soient utilisés de manière partiale par une nation impliquée dans un conflit, ni d'aucune manière qui cause un préjudice à une autre nation.
Par conséquent, dès le début de ce conflit, nos actions et nos déclarations se sont fondées sur ce principe. C’est dans ce contexte qu’est apparue la question des deux navires Iraniens. Même pour cette affaire, nous continuons de suivre le principe de neutralité. Parallèlement, en tant que nation et en tant qu’État, tout en préservant notre neutralité, nous plaçons l’humanité au-dessus de tout. Nous n’hésiterons jamais à protéger l’humanité. Si des mesures s’avèrent nécessaires pour protéger des vies humaines, nous les prendrons sans hésitation, quelles que soient les circonstances. Je suis convaincu que c’est la meilleure politique de gouvernance pour un État et c’est dans ce cadre que nous agissons.
Le 26 du mois dernier, l'Iran a sollicité auprès de notre ministère des Affaires Étrangères l'autorisation d'envoyer trois navires de guerre dans notre port du 9 au 13 mars, sur une période de quatre jours. Cette visite, présentée comme une initiative de renforcement de la coopération, a révélé, après examen, que ces navires se trouvaient à proximité, mais en dehors de notre zone maritime nationale. Or, comme chacun sait, une visite de coopération ne se déroule pas de cette manière ; elle requiert des procédures formelles rigoureuses. Nous avons donc entrepris l'étude de ces procédures. Le 27, nous avons été informés qu'un marin à bord d'un navire actuellement sous notre garde avait été blessé. Il nous a été demandé de débarquer ce marin et l'officier qui l'accompagnait pour des raisons humanitaires. En conséquence, notre marine et notre Armée de l'Air sont intervenues et ont ramené à terre le blessé et l'officier qui lui portait secours, qui ont reçu les soins médicaux nécessaires.
Entre 5 h 08 et 5 h 30, tôt le 4 mars, un navire a été signalé comme ayant été attaqué à proximité de notre zone maritime, à environ 19 milles nautiques du port de Galle. Des signaux de détresse étaient émis depuis cette zone. En réponse, notre Marine et, en particulier, notre Armée de l'Air ont lancé une importante opération. Il convient de souligner que nous avons agi avec neutralité et souci humanitaire. Nos forces sont intervenues rapidement et ont pu secourir 32 personnes. Les corps de 84 personnes décédées ont également été repêchés. Nous avons ramené à terre les 84 corps et les 32 blessés. Ces derniers sont actuellement soignés à l'hôpital de Karapitiya.
Deuxièmement, concernant le navire IRIS Bushehr, objet de ce compte rendu, il a informé le Ministère des Affaires Etrangères le 4 mars qu'il sollicitait l'autorisation d'entrer dans notre port les 4 et 5 mars. Alors que nous discutions des mesures à prendre, notre MAE a tenu des discussions avec le MAE Iranien
Par ailleurs, l'ambassade d'Iran a maintenu un dialogue constant avec notre Ministère des Affaires Etrangères.
Par la suite, ils [ IRIS Bushehr - NDLR ] nous ont informés qu'un de leurs moteurs avait été endommagé. Nous avons alors entamé des discussions sur la marche à suivre. Dans notre zone maritime nationale, nous sommes soumis à des conventions et obligations. D'une part, il s'agit d'un navire de guerre appartenant à l'une des parties à un conflit ; d'autre part, nous sommes un État neutre. Comment un État neutre doit-il traiter un tel navire ? À cet égard, nous avons examiné en permanence les pouvoirs qui nous sont conférés et les actions dont nous disposons en vertu d'instruments tels que la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer et la Convention de La Haye de 1907. Il est essentiel de comprendre qu'il ne s'agit pas d'une situation ordinaire. Un État neutre, un navire appartenant à l'une des parties à un conflit et une demande d'accès à nos ports doivent être considérés dans le strict respect des conventions et obligations internationales.
Par conséquent, cette affaire ne doit pas être traitée à la hâte. Nous devons parvenir à un accord entre les parties concernées, conformément aux conventions et engagements internationaux. Des discussions ont donc eu lieu entre le capitaine du navire et les officiers de notre marine. Des échanges ont également eu lieu avec les ambassades concernées, l'ambassade d'Iran étant particulièrement tenue informée tout au long du processus. À l'issue de ces discussions, nous avons proposé de prendre en charge l'équipage et le navire, sous réserve d'accords et d'ententes.
Un accord a été conclu entre les parties. Un consensus a également été trouvé concernant l'évacuation de l'équipage et le lieu d'amarrage du navire.
Bien que le navire se trouvât à proximité du port de Colombo, ce dernier étant notre principal port commercial, sa présence dans nos eaux risquerait de perturber gravement notre activité maritime. C'est pourquoi nous avons décidé de ne pas l'amener au port de Colombo, mais de le conduire plutôt au port de Trincomalee. Toutefois, avant ce transfert, nous avons décidé de débarquer l'équipage au port de Colombo. Un de nos navires s'est donc approché et l'opération de sauvetage est en cours. Selon les dernières informations, des dispositions ont été prises pour débarquer 208 personnes, dont 53 officiers, 84 élèves-officiers, 48 sous-officiers supérieurs et 23 matelots. Leur transfert vers nos navires et leur arrivée au port de Colombo ont déjà été entrepris.
Par la suite, avec l'équipage nécessaire et en coordination avec notre personnel naval, nous prévoyons de conduire le navire jusqu'au port de Trincomalee. Nous ne tenterons de le déplacer vers Trincomalee qu'après avoir finalisé les dispositions nécessaires au débarquement de ce groupe. Ainsi, notre position est très claire : nous n'agissons de manière partiale envers aucun État et nous ne nous soumettons à aucun État.
Nous sommes un État souverain et indépendant. En tant que gouvernement, nous avons une responsabilité envers nos espaces maritimes , une responsabilité envers notre État et une responsabilité envers notre peuple. Ces responsabilités sont primordiales. Nous ne devons prendre aucune décision qui mette en danger notre peuple ou nos espaces maritimes. Par conséquent, les décisions que nous prenons sont prises en accordant la priorité absolue à notre peuple et à notre patrie. Quelles que soient les protestations ou les pressions extérieures, nous ne cédons pas à la panique et n'agissons pas de manière inconsidérée.
Notre position a toujours été de préserver notre neutralité tout en manifestant nos valeurs humanitaires. Nous sommes convaincus qu'aucun civil ne devrait mourir en temps de guerre. En tant qu'État, nous considérons chaque vie humaine comme égale à la nôtre. Nos décisions ont été prises en conséquence. Dans ce conflit, nous appelons toutes les parties à faire preuve d'un engagement en faveur de la paix mondiale. À l'heure actuelle, cet engagement est essentiel. Des vies sont perdues et le risque d'une grave crise économique mondiale est réel. La guerre plonge des sociétés entières dans des défis complexes et profonds.
Ce dont le monde a besoin de toute urgence aujourd'hui, c'est de paix. C'est pourquoi nous appelons toutes les parties à s'engager en faveur de la paix. En tant qu'État, nous sommes prêts à soutenir chaque initiative prise dans ce sens. Les actions que nous avons entreprises s'inscrivent dans cette perspective. J'ai constaté qu'aujourd'hui a été marquée par une forte désinformation et des affirmations illogiques, présentées tantôt comme des accusations, tantôt comme des critiques ou des tentatives d'intimidation. Face à cela, notre gouvernement est intervenu de manière à préserver la réputation et la dignité de notre pays, à protéger les vies humaines et à témoigner de notre attachement aux conventions internationales. Cette intervention est toujours en cours.
Nous croyons fermement qu'il s'agit de la ligne de conduite la plus courageuse et la plus humanitaire qu'un État puisse adopter.
UMI YUKABA : Si je vais en mer. Je serai un cadavre trempé dans l'eau. Si je vais à la montagne. Je serai un cadavre envahi par l'herbe. Je mourrai à Ses côtés . Je ne regarderai pas en arrière.
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