Je profite de quelques minutes d'une " fenêtre temporelle " pour vous publier cette nouvelle analyse publiée par Kommersant le 3 mai 2026 vers 11h15 ( Heure de Moscou ). J'en profite pour vous faire part de mon questionnement : combien de temps ce journal sera t'il accessible aux lecteurs européens sans VPN ?
Ce journal publie de plus en plus d'analyses et de points de vue de personnes " proches du Kremlin " et il y aura forcément un instant où ces analyses finiront par ne plus contrebalancer cette source d'informations " négatives " parfois sur le plan économique pour le " régime Russe " ™©.
C'était déjà le cas avec cet article d'Ivan TIMOFEÏEV sanctionné que j'avais publié. Je n'ai pas le temps d'avoir trouvé des sanctions contre Go. Andreï ILINSKY mais peut-être est ce que j'ai mal cherché?
Je reprendrai la suite demain et je renverrai à mes derniers lecteurs et lectrices une seconde notification lorsque l'article sera complet. Pour illustrer le propos de Go. Andreï ILINSKY je vous publie ici la liste des entreprises du CMI européen susceptibles d'êtres ciblées par les forces armées Russes.
Début de l'analyse :
Ce qui est très intéressant de prime abord ce sont les références à la théorie du " Choc des Civilisations " et à la Guerre de Trente Ans qui fut au delà de la durée elle-aussi une guerre de civilisations et dont la violence est ignorée par une grande partie de l'historiographie. Certains commentateurs Russes n'hésitent pas à la comparer à la Guerre de Troie. Mis à part l'annonce des leçons de cette guerre , les mises en gras du texte , leur surlignage ou sa coloration en rouge est de ma plume .
Le conflit armé autour de l'Ukraine a depuis longtemps dépassé le cadre d'un conflit régional pour devenir un laboratoire à ciel ouvert pour de nouvelles formes de guerre et un terrain d'expérimentation pour une restructuration mondiale. Le conflit dans l'ancienne RSS d'Ukraine offre plusieurs enseignements clés de l'histoire récente.
Leçon numéro UN : Une nouvelle Guerre de Trente Ans et une " zone grise " totale
La guerre hybride est un terme courant et une description standard de l'ordre mondial moderne. Cependant, le terme " hybride " ne rend pas pleinement compte de la gravité de la situation. La logique de la guerre a imprégné toutes les sphères de la vie, transformant le monde en une zone grise permanente.
Les objectifs de cette guerre vont bien au-delà de la confrontation militaire traditionnelle : il s'agit de la destruction de l'ordre mondial établi, du droit international et du système des États-nations institué par la paix de Westphalie de 1648. La doctrine du chaos induit — une tactique classique de l'école géopolitique anglo-saxonne — devient l'instrument principal.
Donald TRUMP, qu'il en soit la cause ou le symptôme, gouverne le pays et le monde à la manière d'un gestionnaire de fonds spéculatifs : il recherche non pas la stabilité, mais la volatilité, dont il tire profit politiquement et économiquement. Les citoyens ordinaires (y compris aux États-Unis), contrairement à l'élite, ne disposent pas d'une telle " protection " et en subissent les conséquences de plein fouet.
Deuxième leçon : un affrontement sur le territoire de l'ex-URSS est une guerre entre l'Occident et la Russie.
Les événements survenus dans l'espace post-Soviétique ont toujours été et demeurent une guerre collective de l'Occident contre la Russie, contre le monde Russe. Pour notre pays, il s'agit d'une question existentielle.
Trois observations dans le cadre du développement de cette thèse.
Tout d'abord, le directeur de la CIA, John RATCLIFFE, a clairement déclaré en mars 2026 que Washington continuerait de soutenir l'Ukraine et considérait la Russie comme l'un de ses principaux adversaires stratégiques.
Deuxièmement, la guerre contre l'Ukraine en tant qu'État souverain est terminée. L'Ukraine — ou plutôt, l'ancienne RSS d'Ukraine — a complètement perdu sa souveraineté et est devenue un instrument sacrificiel aux mains de l'Occident.
Troisièmement, depuis mi-2025, le conflit est entré dans une nouvelle phase : une confrontation directe entre l’OTAN et l’ensemble de l’Occident contre la Russie. L’arrière de la guerre se situe en Europe et aux États-Unis : la production d’armements, le financement, le renseignement et le contrôle opérationnel y sont concentrés.
L'Europe accroît activement sa production militaire et modernise les forces ukrainiennes selon les normes de l'OTAN. Le missile de croisière FP-5 Flamingo en est un parfait exemple : il combine une cellule ukrainienne, du carburant danois, de l'électronique allemande, des composants de moteur tchèques et une intégration britannique.
En avril 2026, le Conseil consultatif militaire ARES (Alliance pour la réforme et le soutien des experts) a été créé au sein des forces armées ukrainiennes . Il est composé de généraux occidentaux de haut rang et de l'ancien directeur de la CIA, David PETRAEUS. De fait, les forces armées ukrainiennes deviennent de plus en plus un instrument de l'OTAN et de l'UE. Dans le cadre de la Politique Européenne de Sécurité et de Défense Commune - PSDC - l'UE aura le droit de constituer sa propre armée et de déployer ses contingents sur le territoire des États membres. Les experts estiment l'effectif initial de cette future armée européenne à un million d'hommes, dont l'Ukraine serait prête à fournir jusqu'à 800 000 "soldats de combat ".
Troisième leçon : le territoire de l'ancienne RSS d'Ukraine est un terrain d'expérimentation pour les guerres de nouvelle génération.
La Russie mène traditionnellement des guerres en privilégiant la destruction des forces militaires ennemies et la brisure de leur volonté, plutôt que l'occupation de territoires. L'Occident, en revanche, privilégie le changement de régime, la colonisation territoriale et le contrôle des ressources. L'avenir de la guerre occidentale est déjà tracé : intelligence artificielle (IA), guerre dans les mégapoles et lutte pour la suprématie cognitive (sixième domaine opérationnel de l'OTAN).
L'opération menée contre l'Iran en 2026 a démontré l'intégration profonde de l'IA dans la planification et la gestion des opérations militaires. Alors qu'auparavant, la préparation d'une telle opération aurait nécessité des mois de travail humain, elle ne requiert désormais que quelques jours de calcul machine.
La qualité opérationnelle de ce travail était moyenne, mais la tendance elle-même est importante. Ces mêmes technologies ont été utilisées par la CIA, le MI6 et le régime ukrainien contre la Russie lors de la planification et de l'organisation de l'opération de sabotage et terroriste " Toile d'araignée " en juin 2025. Face à la supériorité technologique de l'adversaire, les stratégies asymétriques prennent une importance croissante. La défense en mosaïque de l'Iran, fondée sur la décentralisation, l'autonomie régionale et la capacité de résilience systémique, en est un parfait exemple.
Quatrième leçon : la guerre des civilisations
Les événements en Ukraine et en Iran annoncent l'avènement d'une guerre psychologique mondiale entre civilisations. L'Occident, sous l'impulsion des États-Unis, lutte pour maintenir son hégémonie, s'efforçant de détruire les fondements ontologiques et axiologiques de la Russie, de la Chine et de l'Iran. Pour survivre la Russie doit s'appuyer non seulement sur sa puissance technologique et économique mais surtout sur ses propres fondements historiques, culturels et spirituels.
Aux États-Unis même, les motivations eschatologiques et les approches technologiques radicales sont de plus en plus manifestes au sein du gouvernement. Le manifeste de Palantir, publié en avril 2026, annonce de fait une transition vers un nouveau type de dissuasion fondée sur l'IA et affirme ouvertement la supériorité de certaines civilisations sur d'autres.
Les leçons de la période post-ukrainienne sont claires : le monde est entré dans une ère de guerre des civilisations et une nouvelle guerre de Trente Ans. Pour la Russie, il s’agit d’une confrontation existentielle, menée notamment sur le plan des valeurs et des mentalités.