Par Alexander Panetta, La Presse Canadienne
Le gouvernement russe a décrit le Canada comme étant un allié potentiel, et non un adversaire, dans la lutte internationale que se livrent plusieurs pays quant à la souveraineté de
l'Arctique.
Tout en plaidant une coopération plus étroite avec le Canada, un haut diplomate de l'ambassade de Russie, Sergey Petrov, a reproché à d'autres pays de faire des incursions qui ne sont pas les bienvenues dans le dossier de la souveraineté de la région nordique.
Le chargé d'affaires de l'ambassade russe a notamment souligné la participation excessive de l'Union européenne au débat, laquelle s'est opposée au fait que le Canada revendique exclusivement le Passage du Nord-Ouest.
Alors qu'un potentiel de ressources naturelles équivalant à des milliards de dollars gît sous le sol de la région, M. Petrov a avancé que les pays qui possèdent des terres dans l'Arctique devraient travailler de concert. Ces cinq pays se diviseraient alors le quart, ou le tiers, des ressources mondiales, a-t-il détaillé, en conférence de presse mardi, à Ottawa.
Ce n'est pas dans l'intérêt du Canada - mais cette décision relève de son gouvernement - ni dans l'intérêt de la Russie de permettre à des joueurs extérieurs de participer à la division du territoire, a soutenu M. Petrov.
Le Canada, les Etats-Unis, la Norvège, le Danemark et la Russie ont accepté de se soumettre au droit international, pendant que les scientifiques cartographient le fond océanique de l'Arctique. Selon M. Petrov, ce sont ces experts qui devraient départager les revendications territoriales, et non les politiciens.
Et plutôt que de se faire concurrence, le Canada et la Russie auraient avantage à combiner leurs efforts afin d'améliorer le transport, les infrastructures et la situation des populations inuites de la région, a-t-il maintenu.
Un différend diplomatique oppose les deux pays depuis qu'une équipe de chercheurs a planté un drapeau russe sous le Pôle Nord, en 2007. M. Petrov a toutefois soulevé que l'équipe de scientifiques comptait des experts qui n'étaient pas russes.
A l'époque, le ministre de la Défense, Peter MacKay, avait tourné la chose en ridicule, en affirmant que les pays ne pouvaient pas planter des drapeaux et revendiquer des territoires comme au 15e siècle.
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